I. DÉVELOPPEMENT DES OOZOAIRES
Nous trouvons l'image la plus simple d'une évolution individuelle dans le Volvox , parra i les Proto-organismes (pi. i , fig. i ). L'animal adulte ne représente qu'une vésicule sphérique : or , comme toute évolution part constamment de la sphère , le premier germe d'un Volvox ne ditîère de l'animal parfait que parce qu'il a moins d'extension.
Quant aux formes inférieures des Oozoaires , si nous en jugeons d'après le peu que
progrès et prend plus d'extension, tout aussi nécessairement qu'une pierre jetée dans l'eau produit des ondes circulaires , d'abord resserrées, rapides et élevées, qui se ralentissent et s'affaissent à mesure que le diamètre des cercles qu'elles décrivent augmente.
(2) Il est très-remarquable que souvent des causes , tantôt externes et tantôt internes , relardent ou même arrêtent tout à fait l'évolution de certains organismes. On doit ranger ici surtout un grand nombre de phénomènes qui ont lieu pendant l'évolution des Insectes, comme la persistance dans un même état de larve, le sommeil hivernal de quelques chenilles, etc. Cependant plusieurs suspensions de ce genre ne sont non plus qu'apparentes, comme par exemple l'immobilité extérieure des chrysalides de Lépidoptères, pendant la durée de laquelle s'accomplit le développement entier de l'Insecte parfait.
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nous savons à cet égard, l'évolution est déjà » moins simple ici , et l'œuf diffère considérablement de l'animal parfait.
Les observations de Grant (l)sur les Flustres et les Alcyons , et celle de Cavolini sur les Gorgones et les Sertulaires , ont conduit à ce résultat remarquable , pour ce qui concerne les Litliozoaires et les Phytozoaires , que les œufs de ces animaux sont de petites sphères blanchâtres ou rougeâtres ( pi. i , fig. xn , 2 , a ) , représentant le degré de certains Proto-organismes , par exemple du Volvox. Après avoir quitté la cellule dans laquelle elles s'étaient formées , ces sphères , pourvues de cils qui pourraient bien remplir chez elles le rôle de poils respiratoires ou de branchies (flocons du chorion ) , nagent librement dans l'eau pendant quelque temps , puis se fixent et fournissent alors , de leur propre sein , des pousses qui produisent la végétation des cellules de Flustres , d'Alcyons et de Sertulaires. On voit donc apparaître ici la plus remarquable opposition avec l'œuf des animaux supérieurs , puisque l'œuf est doué , comme un Volvox , de mouvements libres , et qu'il ne se fixe qu'après les avoir exercés, tandis que , dans les organismes supérieurs , l'œuf est fixé , et le corps développé devient seul libre.
J'ai fait remarquer précédemment que beaucoup de Phytozooaires se multiplient en outre par des gemmes , comme les végétaux.
Quelque chose d'analogue à ce qu'on observe dans les Phytozoaires se passe aussi chez les Protozoaires.
Ainsi , j'ai vu les œufs des Lacinularia sortir , sous la forme de corps ovales sphériques , entre les branches du faisceau ou buisson polypiaire fixé (2). Chaque œuf était composé d'une enveloppe mince (chorion) et du jaune , dont j'ai pu constater la métamorphose en embryon , car il m'est arrivé souvent, après avoir ouvert l'œuf, de voir déjà osciller les cils du bord de la bouche, qui représente une sorte de roue dentée.
Les œufs des Plumatelles ou des Alcyonelles se développent de la même manière.
(1) Voyez Iîelsinger's Zeilchrifl fuer organische Physik, lom. II, pag. S!5,§4JO.
(2) Voyez mes Tabulœ ilhislrantes, cah.III, pi. i.
Suivant Meyen (3), ils commencent aussi par nager librement, et sont garais de nombreux cils à l'extérieur, comme ceux des Gorgones; mais ils offrent cela de très-remarquable , qu'il se développe dans chacun d'eux des Polypes jumeaux qui ne brisent l'enveloppe qu'après que leurs bras se sont développés.
On n'a point observé d'œufs jusqu'à ce jour dans les Hydres, qui ne se reproduisent peut-être jamais que par gemmation.
Les œufs reparaissent cependant dans les Infusoires , mais sous des formes très-diverses.
Ils ont surtout un haut degré de développement dans les Mollusco-infusoires , c'est-àdire dans les Rotifères. L'œuf de ces animaux, car il ne s'en développe jamais à la fois qu'un seul , ou du moins qu'un très-petit nombre ( par exemple dans VHydatina senta ) ^ laisse apercevoir au microscope un chorion transparent, et un jaune grenu, grisâtre. Ce jaune produit le petit , qui , chez le Rotifère proprement dit , se développe déjà dans le corps de la mère. Ici le chorion n'est point garni de cils , et l'œuf ne nage point dans l'eau.
Quant aux Infusoires polygastriques , ils paraissent avoir encore eux-mêmes trop le caractère d'œuf , pour que des œufs puissent s'y développer. Beaucoup d'entre eux se multiphent par scission.
Ces animaux sont très-remarquables par la rapidité avec laquelle ils se multiplient, d'après les observations d'Ehrenberg (4\ En trois jours, trois individus d'Hydatina senta en produisirent vingt-deux, par le moyen d'œufs , et un seul individu pourrait en donner de cette manière 1,048,576 dans l'espace de dix jours. De même , un seul individu de Paramœcium aurelia en donne huit par scission transversale , dans l'espace de vingt-quatre heures.
Nous n'avons qu'une notion fort imparfaite du développement des œufs des Acalèphes et des Radiaires.
Gaede (5) a reconnu que les œufs de la Médusa aurita étaient globuleux avant et
(3) Isis, 1820, pag. 1223.
(4) Zur Erkennlniss der Organisation in der Rir.htung des klcinslen lîanms , 11Î32, pag. 7 ctl I.
(s) Beilrœga zur Ânalomie und Physiologie der Medtisen, pag. 19.
DEVELOPPEMENT DE L'ORGANISME INDIVIDUEL
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ovalaires après le développement. On y aperçoit l'embryon , qui se développe pendant qu'ils sont contenus dans les cellules du bras , c'est-à-dire encore dans l'intérieur même de la mère.
A l'égard des Radiaires, Rapp (1) a observé que les Actinies faisaient des petits vivants , et qu'elles s'en débarrassaient par l'ouverture orale. Ces petits, qui naissent d'œufs globuleux, dans le corps de leur mère, ont beaucoup moins de bras ou de tentacules qu'on n'en trouve chez l'adulte.
Les Holothuries , les Astéries et les Oursins sont , de tous les Oozoaires , ceux dont nous connaissons le moins le développement. Il paraît seulement que le test des Oursins est d'abord simple , et que ses deux ouvertures sont très-rapprochées l'une de l'autre , peutêtre même confondues d'abord en une seule (2).