‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 180 sur 318 · Ophidiens · texte numérisé non relu

Ophidiens

Les œufs de la Couleuvre à collier sont , comme ceux du Boa , très-allongés , et couverts d'une coquille coriace. On ne peut dis tinguer ni jaune ni blanc dans leur intérieur,

(3) Voyez une série de recherches sur le développement des Grenouilles et autres Reptiles dans le mémoire de Dutrochetsur les enveloppes du fœtus (if/ém. de la soc. méd. d'émul. Varis, 1817, t. VIII, p. 1, et 1826 , t. IX , p. n ) , et dans celui de Dugès sur les Batraciens. Voyez également un Mémoire de Baer sur la métamorphose de l'œuf des Batraciens avant l'apparition de l'embryon, dans Mueller's 4rc/«y., 1834, cah. VI,p.48i.

(4) Dans des larves plus avancées encore, le sac vitellin tout entier se convertit manifestement en une portion d intestin plusieurs fois recourbée sur ellemême, mais qui continue encore à offrir une teinte de jaune clair. F. pour plus de détails à ce sujet, Dresdner Zeitschr. fuer Natur-und Heilkundc, tom. I, pag. lo 5.

OÙ l'on trouve un mélange jaunâtre de ces deux substances. 11 me paraît assez important de faire remarquer que je les ai vus se gonfler considérablement lorsque je les plongeais dans l'eau. Après les avoir fait durcir dans l'alcool, je voyais le contenu solidifié remplir exactement la coquille , de sorte qu'il n'y a pas plus d'air dans les œufs des Serpents que dans ceux des Sauriens , d'après Emmert et Hœchstetter (1).

Au reste , d'après les observations que j'ai recueillies sur les œufs de la Couleuvre à collier et de la Vipère com.mune , l'évolution de l'œuf des Ophidiens paraît ne point différer essentiellement de celle de l'œuf des Sauriens. La seule différence consiste en ce que , comme je l'ai déjà dit plus haut , les œufs de quelques Serpents , par exemple de l'Orvet et de la Vipère , se développent et éclosent dans l'oviducte. Je me contenterai donc ici de dire que la séparation entre la sphère vitelline primitive et l'embryon, et la disposition des organes transitoires de respiration, diffèrent totalement de ce que nous avons observé jusqu'ici dans les Céphalozoaires.

Quant au premier acte, la séparation entre le fœtus et le jaune est ici des plus complètes , car la surface ventrale elle-même se ferme presque jusqu'à l'ouverture ombilicale, et le jaune, dont la forme se rapproche plus tard de celle d'un sac entourant le fœtus luimême (2), finit par entrer peu à peu dans la cavité abdominale. Il est surtout facile de s'en convaincre sur de petites Vipères (3), où le canal de jonction entre le jaune et l'intestin , c'est-à-dire le conduit vitello-intestinal , va toujours en diminuant de longueur (pi. xni, fig. xvn , b), jusqu'à ce que le jaune ait été absorbé tout entier par l'intestin. A cette séparation plus tranchée entre le sac vitellin et l'embryon , se rattache la formation d'une enveloppe propre de ce dernier , c'est-à-dire de l'amnios, que nous voyons apparaître ici pour la première fois dans la série animale.

A l'égard de la vésicule allantoïdienne , qu'on rencontre également pour la première

(1) Reil's Ârchiv., tom. X , cah. 1.

(2) Voyez mes Tabulœ illustrantes, cah. III, pi. vu.

fig. IX, 1).

(:i) IbicL, fiç. x-xn.

fois dans les Ophidiens, elle pousse peu à peu de la région sexuelle , sous la forme d'une poche branchiale parsemée d'un grand nombre de vaisseaux , et meurt dès avant que le fœtus quitte l'œuf. On peut dire que, comme les têtards de Grenouilles répètent le type des Poissons par leurs grandes branchies qui s'oblitèrent, de même les Ophidiens et les autres Reptiles supérieurs répètent la grande vessie urinaire des Grenouilles par leur allantoïde qui s'oblitère également.

Du reste, on aperçoit aussi des vestiges de fentes branchiales pendant les premières périodes de la vie embryonnaire des Ophidiens ; mais jamais on ne trouve de branchies développées.

Je ne dois point omettre non plus de faire remarquer que les œufs des Ophidiens non vivipares sont souvent , comme ceux des Mollusques et des Batraciens , réunis en longues masses par une sécrétion albumineuse des oviductes, qui les agglutine ensemble (4).

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