‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 194 sur 318 · MASSE PONCTIFORME DE LA MOELLE NERVEUSE · texte numérisé non relu

MASSE PONCTIFORME DE LA MOELLE NERVEUSE

(système nerveux ) ( système vasculaire )

SPERME JAUNE DE l'OEUF

(testicule) (ovaire).

XVIL Si donc la génération ou la formation tout court est le caractère essentiel de la végétalité , une détermination de la généra-

DÉVELOPPEMENT DU RÈGNE ANIMAL

tion, au moyen de rantagoriisme entre moelle nerveuse et sang , est celui de l'animalité, et l'animal chez lequel s'exprimera, eu égard aux rapports de forme, de substance et de nombre, du système nerveux, la détermination la plus pure et la plus libre des systèmes émanés du sang , sera le plus complet, celui dans l'intérieur duquel régnera l'unité la plus parfaite, celui enfin (puisqu'on ne peut concevoir de détermination spontanée sans la perception des rapports que les parties sur lesquelles elle doit porter ont entre elles et le monde extérieur) qui aura la sensibilité la plus exquise , qui possédera la raison la plus développée , qui jouira de la plus grande liberté.

Mais , sous ce rapport , l'homme seul répond à Vidée d'un être animal parfait , de sorte que lui seul est en pur antagonisme avec le monde végétal , et que seul aussi il peut être considéré comme le représentant du monde animal entier. On peut dire qu'il est la manifestation réelle ou sensible de l'unité dans laquelle les antagonismes de la vie animale doivent se confondre , conformément à l'idée de l'animalité. Par la même raison , il est impossible de concevoir plus d'une espèce humaine (1).

XVIII. L'animalité diffère donc de l'humanité au même titre que la pluralité diffère de l'unité. Tout ce qu'on peut demander, c'est de savoir quelle est , au milieu de la tendance du monde animal à se rapprocher de la perfection humaine , la gradation suivant laquelle il s'avance vers ce but. Mais comme, dans une série organique quelconque , les membres supérieurs répètent toujours en eux les inférieurs , et comme aussi l'homme est le membre le plus élevé d'une série infiniment variée d'êtres animaux , on doit le concevoir, par la pensée , embrassant en lui toute la diversité du règne animal, et il n'y a que le règne ani-

(1) Le monde ve'gétal, se terminant , d'après son idée , par une dualité , il est impossible , par la même raison , d'y concevoir une plante plus parfaite qui soit opposée à toutes les autres dans la même proportion que l'homme l'est aux animaux. Le règne végétal semble conduire à plusieurs sommets, qui eux-mêmes sont moins désignés par des genres particuliers , que par des familles de genres. Le rapport de la plante la plus parfaite aux autres n'est comparable qu'à celui de l'animal le plus parfait aux autres animaux , et non à celui de l'homme aux animaux.

mal entier qu'on puisse comparer à Tunique espèce humaine.

Etant parvenus à ce point , il nous reste à chercher dans les données de la philosophie quelle est la cause qui fait que la segmentation de l'organisation humaine peut offrir le reflet de la divison du règne animal , tandis que chaque animal se présente à nous comme un tout complet en lui-même à la vérité , mais qui , au lieu du caractère total ou supérieur de l'animalité, exprime seulement la prédominance d'un certain côté de telle ou telle partie de cette animalité , avec tantôt plus et tantôt moins de diversité , en sorte , par conséquent, que les diverses classes du règne animal peuvent être dénommées d'après les parties de l'organisme humain qui sont prédominantes en elles.

Je vais tracer ici le sommaire des résultats d'une pareille contemplation du règne animal , basé sur le type idéal que la forme humaine nous offre et sur les principes de subordination précédemment exposés. Cet aperçu servira de guide aux recherches dont je m'occuperai plus loin.

Le seul principe auquel nous puissions maintenant avoir recours pour reconnaître la subordination des classes et des espèces du règne animal , consiste en ce que l'organisme est d'autant plus élevé qu'il répète plus parfaitement en lui le caractère du grand tout auquel il appartient , qu'en conséquence une classe animale devra être placée d'autant plus haut qu'elle offrira la répétition la plus complète et la plus diversifiée de l'idée de l'animalité , c'est-à-dire de la détermination pénétrante de la formation , au moyen de l'antagonisme du sang et de la moelle nerveuse. De même , une espèce .sera d'autant plus supérieure que le caractère de la classe s'exprimera plus purement en elle.

XIX. Si d'abord nous examinons en général la formation du corps humain , nous voyons l'antagonisme primaire entre plastique ou végétatif et déterminant ou animal , dont les représentants internes sont le sang et la moelle nerveuse , le système vasculaire et le système sanguin , s'exprimer d'une manière tranchée par celui de la tête (corps animal) et du tronc (corps végétatif). La source primaire de ces deux corps , et dont tous les autres organes émanent par un développement progressif , est

DEVELOPPEMENT DU RÈGNE ANIMAL

la vésicule vUelline ou ombilicale. Cette vésicule contient le premier rudiment du tronc , sur lequel se développe la colonne vertébrale, notamment la partie de celle-ci qu'on nomme Ja tête.

Nous avons donc trouvé déjà trois circonstances primaires de formation qui , par suite des développements dans lesquels je suis entré plus haut , peuvent déterminer le nom à imposer aux divisions principales du régne animal. Ces circonstances sont l'œuf encore indifférent , le corps végétatif ou tronc, et le corps animal ou tète.

Donc , si nous trouvons des animaux chez lesquels V antagonisme primaire essentiel du sang et de la moelle nerveuse ne se soit point encore manifesté dans l'espace, ils ne peuvent correspondre qu'à l'œuf , dans lequel ne s'est encore développé aucun antagonisme supérieur. Ce sont des animaux primaires j des animaux-œufs, des Oozoaires. Ils constituent la dernière section du règne animal.

Si nous en voyons d'autres chez lesquels Vantagonisme primaire essentiel du sang et de la moelle nerveuse ne se soit manifesté que par des nerfs mous , et un système de sang blanc , ceux-là sont à un degré de développement comparable au tronc humain , dont les parties essentielles sont le système ganglionnaire et celui des vaisseaux chyleux. Ce sont des animaux-troncs j des Corpozoaires. Ils

forment la seconde section du règne animal.

Si enfin nous rencontrons des animaux chez lesquels Vantagonisme primaire essentiel du sang et de la moelle nerveuse soit porté à une plus haute puissance , c'est-à-dire se manifeste par un double antagonisme , celui d'un système nerveux mou et d'un système nerveux fibreux (ganglionnaire et cérébral) , enfin celui d'un système sanguin à sang blanc et d'un système sanguin à sang rouge ( lymphatique et sanguin proprement dit) , ceux-là sont à un degré de développement comparable à la tête humaine, dans laquelle le cerveau et le sang rouge sont essentiels. Ce sont des animaux- têtes j des animaux-cerveaux , des CéphalozoaireSj AesEncéphalozoaires. Ils constituent la première section du règne animal.

Une quatrième section , à laquelle aboutit le centre de toutes les autres , en considérant celles-ci comme des cercles enroulés sur euxmêmes, est formée par l'être chez lequel l'idée de l'animalité se manifeste par le plus parfait développement possible de l'unité intérieure (conscience de soi-même, raison), et par la plus belle segmentation du système nerveux , eu égard à la forme , à la substance et aux rapports numériques. Je veux dire l'homme.

La division de l'animalité pourrait être représentée sous la forme du petit tableau suivant :

Oozoaires.

Corpozoaires.

Homme.

XX. A. Animaux chez lesquels prédomine la signification de l'œuf humain , où l'antagonisme de sang et de moelle nerveuse ne s'est pas encore manifesté dans l'espace , où chaque point de la masse molle du corps l'éunit encore la signification de point nerveux et de point sanguin. Ce sont en quelque sorte des œufs vivants, qui se nourrissent et se meuvent.

B. Animaux chez lesquels l'antagonisme de sang et de moelle nerveuse se manifeste seulement comme système de sang blanc et système ganglionnaire simple , et où il s'est développé de l'œuf, outre les organes génitaux, un système digestif , un système respiratoire et un système vasculaire , c'est-à-dire des organes de tronc. Ce sont par conséquent des

Céphalozoaires.

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