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DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX

cette exigence est remplie d'une manière extrêmement remarquable.

En effet , la masse moyenne du cerveau , celle des tubercules quadrijumeaux , est , comme je l'ai fait voir, celle qui correspond au tubercule lumineux de l'anneau nerveux céphalique ; mais ses nerfs sont tout simplement rayonnants, et il ne se forme plus d'anneaux nerveux autour de l'œsophage. Or les nerfs les plus élevés en dignité de cette masse , ceux qui , déjà chez les Corpozoaires , rayonnent librement, les nerfs optiques, offrent une disposition qui répète cette formation annulaire au plus haut degré de puissance. Les racines provenant du côté lumineux entourent ( ce qu'aucun autre nerf ne fait ) les cordons médullaires longitudinaux , étendus de la masse cérébrale moyenne à l'antérieure , se pénètrent dime manière intime au côté terrestre du cerveau , entrecroisent partiellement leurs fibres , et ne se dirigent cpi'ensuite de dedans en dehors , pour aller se terminer à la rétine dans l'œil. Nous voyons donc , dans cette direction demi-circulaire des racines des nerfs optiques , et dans l'occlusion du cercle que les deux nerfs décrivent ensemble , l'anneau médullaire des Corpozoaires se reproduire à une plus haute puissance , et dès-lors nous concevons très-bien le sens qu'il faut attacher à cette disposition insolite.

LXVI. Il ne nous reste donc plus à discuter qu'un seul point de l'histoire du système nerveux supérieur, la formation d'un système nerveux spécial pour les viscères.

En parcourant les principales formes du système nerveux dans les Corpozoaires , nous avons reconnu qu'à proprement parler ce système se développait primairement comme système nerveux splanchnique; que, plus tard, destiné à établir une relation intime entre le monde et l'individu , il se tournait davantage vers la surface cutanée , opposée à la surface viscérale , et qu'enfin la première de ces deux circonstances rendait nécessaire , chez les Corpozoaires placés au sommet de l'échelle , que la chaîne ganglionnaire se répétât intérieurement pour produire un système nerveux splanchnique spécial. Si cet effet a dû avoir lieu déjà chez les Corpozoaires , le système nerveux des Céphalozoaircs étant parvenu à un bien plus haut degré de formation, mais aussi se rattachant plus inti-

mement à la sphère animale , pour être l'intermédiaire des relations avec l'univers, une répétition de la première forme de ce système , destinée à la sphère végétative , devenait plus impérieusement commandée encore chez ces animaux.

Dans les Corpozoaires supérieurs , la chaîne ganglionnaire nerveuse essentielle occupait le côté terrestre , et le cordon nerveux splanchnique se trouvait au-dessus d'elle , réuni avec le ganglion cérébral. Dans les Céphalozoaircs, la chaîne ganglionnaire nerveuse essentielle est située au côté lumineux ; par conséquent , le système nerveux splanchnique devait se trouver au-dessous d'elle ^ et, pour qu'un antagonisme pur pût se manifester, il devait partir du ganglion terminal inférieur de l'anneau nerveux primaire de la tête (pi. i, fig. XIV , «, /«, 7, ^). Mais des causes d'un ordre supérieur s'opposant à la manifestation complète de l'arc nerveux primaire chez les Céphalozoaircs , et faisant aussi que les ganglions analogues aux ganglions du côté terrestre des Corpozoaires manquent entièrement , la réalisation de cet antagonisme pur était par cela même impossible. On explique donc par là : 1° pourquoi le système nerveux splanchnique doit être placé au-dessous de la chaîne nerveuse centrale; 2° pourquoi les ganglions de ce système ne pouvant plus se rapporter à un ganglion jointif inférieur d'un anneau nerveux primaire , ils doivent au moins s'accoller aux paires nerveuses demi-circulaires de la moelle épinière, qui répètent à plusieurs reprises cet anneau nerveux primaire; 3" pourquoi la chaîne nerveuse splanchnique , qui est simple chez les Corpozoaires, doit devenir double chez les Céphalozoaircs , où elle se rapporte à deux demi-cercles nerveux latéraux (pi. xxi, fig. XIV, '^^\ '^^j; 4° pourquoi le système nerveux splanchnique se développe davantage au tronc , et s'efface dans la tête , puisque c'est au tronc que les paires nerveuses demicirculaires de la moelle épinière apparaissent le plus développées, et que le tronc est en général le siège proprement dit de la vie végétative; 5° pourquoi enfin ce système doit se terminer, dans la tête , à celles des paires nerveuses qui représentent les nerfs intervertébraux, en particulier aux nerfs pulmonaire (vague) et maxillaire (trijumeau).

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