‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 209 sur 318 · Poissons · texte numérisé non relu

Poissons

LXVIII. La première circonstance , et la plus essentielle , qui annonce que la formation du système nerveux des Poissons est encore imparfaite , consiste dans VégalUé et VhorizontaJité du cerveau et de la moelle épinière , ces deux parties principales de la masse nerveuse centrale.

Si l'on n'a égard qu'à la masse , la moelle épinière l'emporte encore de beaucoup sous ce rapport. En revanche , cependant , la balance penche un peu en faveur du cerveau, parce que sa structure est plus complexe. Il se trouve néanmoins quelques espèces (Tetrodon mola , par exemple) où la moelle épinière et le cerveau sont véritablement presque égaux , la première, dont la longueur ne dépasse pas celle du second , s'élevant jusqu'à produire de

forts renflements gangUonnaires au côté lumineux. Quelquefois aussi ces renflements se montrent au voisinage du cerveau, sur une moelle épinière d'ailleurs beaucoup plus longue , et alors (pi. xxi , fig. xvn, h...n) ils répètent le nombre des masses cérébrales, c'est-à-dire le nombre six. C'est le cas de la Trigla lyra , d'après Aisaky. Toujours aussi la cavité est encore développée dans la moelle épinière des Poissons (à l'exception de celle des Cyclostomes , qui est rubanée ) , et le nombre de ses paires de nerfs varie presque dans chaque genre, mais en général il est très-considérable.

LXIX. L'infériorité du type du cerveau des Poissons s'exprime 1° par la petitesse extraordinaire du cerveau entier, en proportion du corps ; 2° par la simple formation des trois masses cérébrales ; 3° par la prédominance de la masse cérébrale moyenne ( comme étant la primaire) (pi. xxi , fig. xvn, b) , sous le rapport du volume , de la cavernosité et de la structure ; 4° par la tendance à représenter le nombre six essentiel au cerveau , et qui n'a point encore été atteint par la segmentation des trois masses cérébrales , en répétant celle-ci en avant du cerveau proprement dit, c'est-à-dire à l'origine du nerf olfactif (pi. xxi , fig. xvn, e,f,g) (1).

Voilà pourquoi , chez la plupart des Poissons , on trouve la masse cérébrale antérieure (à proprement parler la plus élevée de toutes en dignité) petite encore et dépourvue de ventricule , souvent même tout à fait indivise (Torpille), ou divisée et réunie par une commissure simple (commissure antérieure ( comme chez tous les Poisscwis osseux ) , et n'offrant un plus grand volume , avec des ventricules , que chez les Poissons les plus supérieurs (par exemple les Squales).

De même, le développement de l'autre masse essentielle du cerveau , c'est-à-dire de la postérieure ou du cervelet, est encore fort arriéré ici. Dans les Cyclostomes , le cervelet ne consiste guère qu'en une simple commissure entre les deux bords du quatrième ventricule produit par le déploiement du canal de la moelle épinière. Dans les Poissons osseux, où la duplication des trois masses cérébrales tombe encore à la région de la masse anté-

(1) V. aussi le cerveau de la Murccna conger et Arsary, loc. cit., j)l. I, fis- !•

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