‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 210 sur 318 · BIO · texte numérisé non relu

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DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX

rieiire ( comme chez les Anguilles ) , le cervelet n'est qu'un simple ganglion impair. Là , au contraire, où le cerveau est simple (par exemple dans les Cyprins) , le cervelet a de la tendance à se séparer en plusieurs segments. Les Poissons supérieurs (Squales) sont les seuls chez lesquels il s'élève à un plus haut degré de formation , par suite d'un plissement plusieurs fois répété.

La masse cérébrale moyenne, celle des tubercules quadrijumeaux , est en antagonisme avec le cerveau et le cervelet.

Aussi la trouve-t-on grosse chez la plupart des Poissons, et toujours déployée en une belle formation. Il n'y a que les Poissons supérieurs (Squales), chez lesquels elle se rapetisse beaucoup par rapport au cervelet et au cerveau : mais elle conserve toujours des ventricules.

De tout cela il résulte donc qu'on peut assigner au cerveau des Poissons un cinquième caractère qui atteste également son infériorité , et qui consiste en ce que sa conformation est extrêmement variée dans les diverses espèces.

Enfin , le volume de la glande pituitaire (troisième paire non développée des nerfs accessoires ) et le non-développement de la glande pinéale (tenante ce que le cerveau ne se partage pas encore au point qui exige la présence de cet organe comme point d'intersection ) sont un sixième caractère essentiel de la formation cérébrale chez les Poissons.

LXX. Quant aux nerfs cérébraux , d'une part ils sont encore peu distincts les uns des autres, et d'une autre part ils sont moins subordonnés au cerveau , sous le rapport de la masse. Les nerfs de la masse cérébrale moyenne paraissent être ceux qui sont le plus uniformément développés : de cette masse naissent partout , au côté supérieur , le nerf optique et son accessoire , au côté inférieur, la troisième, la cinquième et la sixième paire. La seule septième paire , souvent non distincte encore, n'est même point développée, suivant Desmoulins. A la masse cérébrale postérieure, son nerf sensoriel le plus essentiel, l'auditif, n'est point encore aussi libre que l'exigerait sa signification dans les organismes supérieurs. A la vérité , d'après les recherches de Treviranus , Wcber et Des-

raoulins , on ne doit point le considérer comme une simple branche du nerf maxillaire (trifacial) ; mais il est bien distinct encore de son nerf accessoire ( la paire vague), car des nerfs auditifs accessoires naissent souvent encore près de la paire vague, et le nerf auditif lui-même paraît sinon confondu, du moins réuni par des branches nerveuses avec le nerf accessoire essentiel de la masse moyenne. A l'égard du nerf olfactif, j'ai déjà parlé de plusieurs paires de ganglions qu'on y observe dans quelques espèces, et qui le font apparaître comme une répétition de la moelle épinière, attendu que quand cette disposition a lieu , il offre le même état de choses que celui qui arrive au commencement de la moelle épinière , par la répétition des ganglions cérébraux. Sa ressemblance avec cette dernière augmente encore lorsqu'il devient creux (comme dans les Squales), en admettant dans son intérieur un prolongement des ventricules du cerveau , qui ne sont eux-mêmes qu'un résultat du déploiement de la cavité de la moelle épinière.

LXXI. J'aurais encore à parler du nerf splanchnique. Mais on doit bien penser qu'ici, où le système nerveux central lui-même ne s'est point élevé beaucoup au dessus de l'idée d'un système ganglionnaire , ce nerf ne peut point encore acquérir un grand développement. Les Poissons vermif ormes et apodes , comme les Lamproies , paraissent donc en être totalement dépourvus. Chez les autres mêmes, il demeure extrêmement grêle et dépourvu de forts ganglions; cependant il se termine déjà bien distinctement dans la tête, où il aboutit aux deux paires de nerfs cérébraux dans lesquelles la formation de l'anneau nerveux primaire est encore le plus reconnaissable , c'est-à-dire aux deux nerfs accessoires ou intervertébraux de la tête.

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