ORIGINE ET COMPOSITION DES PARTIES SOLIDES
sera facile d'apercevoir que toutes les formes principales du squelette et de ses parties, tant du dermastosquelette que du splanchnosquelette et du névrosquelette, peuvent se déduire de la sphère creuse , qui a déjà été représentée précédemment comme la forme primaire de toute formation relative à un squelette quelconque.
ARTICLE il.
DIFFÉRENTS MODES d'oRIGINE ET DE COMPOSITION DES PARTIES SOLIDES DU CORPS DES ANIMAUX.
CVIII. L'histoire des formes internes et externes du monde animal , mentionnées sous les noms de croûte, tige, pierre, coquille, test , piquant , plume , soie , poil , corne , ongle, dent, écaille, plaque, cartilage^ os, offre une série extrêmement diversifiée de parties solides , entre lesquelles il devient facile d'établir des divisions , dès qu'on a égard à leur mode d'origine et d'accroissement et à leur composition chimique.
CIX. Sous le rapport du mode d'origine, on trouve entre elles trois différences principales. En effet :
1° Les unes se forment par une véritable pétri^cation de la substance animale molle.
C'est là le mode de formation le plus grossier , le plus incomplet , qui égale l'animal aux derniers des corps terrestres , aux minéraux. On peut le comparer à la coagulation d'une goutte d'eau chargée de sels calcaires en une stalacite , et généralement à la cristallisation. Ce mode ne peut se rencontrer qu'aux plus bas degrés de l'échelle animale , par exemple chez les Coraux, et en particulier chez les Nullipores. Il se répète souvent dans les organisations supérieures, mais comme formation pathologique (ossification accidentelle).
ex. 2° D'autres se produisent par la coagulation ou la pétrification en fibres ou en lamelles {!) de liquides exsudés par des sur^ faces membraneuses la pluimrt du temps richement pourvues de vaisseaux, de sorte qu'après la formation de ce corps solide , il n'y a plus aucune réaction plastique entre
(1) A proprement parler, c'est une répétition de la formation décrite dans le paragraphe qui précède; car, ce qui a lieu là pour l'animal entier, arrive ici au liquide exsudé.
lui et le reste de la substance animale , parce qu'aucun vaisseau nourricier ne pénètre dans son intérieur.
Ce mode de formation est déjà un peu plu» relevé que le précédent ; mais le corps solide qui en résulte n'est encore qu'une excrétion absolument privée de vie.
Ici se rangent les coquilles des Mollusques , les tests des Crustacés , l'émail des dents , les formations cornées, jusqu'à la plus délicate de toutes , l'épiderme , en un mot toutes les parties solides qui , une fois formées par cristallisation d'un liquide exsudé à la surface d'une partie molle et ordinairement vasculaire , cessent de croître.
Au reste , on peut encore établir plusieiu's coupes dans ce mode de formation ; mais le but que je me propose ici ne me permet pas de les développer en détail. Ainsi , par exemple , la formation de la coquille ou du test chez les Mollusques et les Crustacés , qui sont pourvus d'un système vasculaire , diffère assurément de celle du test corné des Insectes ; ainsi la formation cornée , chez les Insectes , ne ressemble point à ce qu'elle est chez les Mammifères , où la corne est sohdement enracinée dans les parties molles , continue toujours à s'y reproduire , et est repoussée de dedans en dehors. Mais toutes ces formations de coquilles , de cornes , d'écaillés , de soies , de piquants , de plumes et de poils , ont cela de commun qu'une fois complètement développées , elles ne croissent plus , qu'elles cessent dès lors d'être en conflit avec les autres parties molles vivantes , et que leur accroissement tient à de nouveaux dépôts , sur le point où elles touchent à ces dernières , de liquides coagulables , qui , en s'adjoignant à la masse déjà produite , augmentent ses dimensions.
CXI. 3° Enfin certaines parties solides doivent naissance à V accumulation d'une substance terreuse dans l'intérieur de tissus mous, membraneux et vasculaires , de telle sorte cependant que la masse entière ne se pétrifie pas , comme dans le premier cas , mais que le tissu solidifié demeure pénétré de vaisseaux et en conflit continuel avec les parties molles , circonstance qui élève également ce rnode de formation au-dessus du second.
C'est de cette manière que se développent le cartilage et l'os, dont aucune partie ne