‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 223 sur 318 · DIVERSES FORMES DU SQUELETTE · texte numérisé non relu

DIVERSES FORMES DU SQUELETTE

' CXIV. Ayant déjà vu plus haut (S 4, 12) qu'il y a trois sortes de squelettes , savoir : un dermatosquelette , un splanchnosquelette

en opèrent l'endurcissement soient acidifiées. En effet, cette circonstance rattache les os ou le testa d'autres substances excrémentitielles (exhalation pulmonaire, urine, sueur), qui sont toutes acidifiées, tandis que les sécrétions relatives à la vie intérieure sont Ke nature alcaline. Or , il ne faut pas de grands efforts pour concevoir que cette anaJogie se rallie étroitement à la signification du squelette, qui est destiné à limiter, qui, par conséquent, est devenu extérieur, en un mot, i>our apercevoir que la formation de la sulistance testacée et de la substance osseuse rentre immédiatement dans la classe des excrétions. Cette remarque conduit sans doule à rechercher la cause qui fait que l'acidification en général est destinée aux excrétions. Mais elle nous jette ainsi dans le champ d'une chimie philosophique qui n'est encore aujourd'hui qu'en germe . parce qu'on n'a point eu jusqu'à présent égard aux divers degrés de dignité des substances et des combinaisons chimiques. Tout ce qu'il est donc permis de dire à cet égard , c'est que , relativement à la réaction de l'individualité organique et de la totalité cosmique, cette organisation nous apparaît comme une subordination de la substance organique à l'al- Hiosphère caractérisée par l'oxigène , subordination qui, sous l'influence du monde extérieur, doit avoir pour conséquence une cessation de la vie individuelle intérieure, l'exhalation ou lé rejet delà substance acidifiée.

2». Nous devons avoir égard à la diversité de l'acidification et à la signification de cette diversité. En effet , nous voyons que quand la chaux , propre à l'animal comme élément alcalin, se trouve rejetée tout entière vers la limite du monde extérieur, sous la forme de dermatosquelette terreux, de test, elle est comme soumise et saturée par l'acide carbonique, qui appartient en propre à la nature extérieure , mais surtout au règne végétal, tandis que, quand elle sépare les parties animales les plus supérieures , ou les masses nerveuses centrales , du reste de l'organisme, elle doit apparaître pénétrée et saturée d'acide phosphorique , attendu que le phosphore étant la partie caractéristique des nerfs et notamment de la substance cérébrale, les matières excrémentitielles des masses nerveuses centrales doivent être caractérisées surtout par l'acide p'iosphorique.

3°. La considération de ces trois substances squellettiques essentiellement différentes, cartilage, corne et masse calcaire testacée ou osseuse, fournit im résultat Intéressant par rapport aux éléments essentiels de la nature en général, car .si l'on doit considérer la vie intérieure de l'animal et spécialement sa vie nerveuse comme ayant de l'affinité avec les force."^ électro-magnétiques, avec le principe du feu , et si cette vie intérieure se sépare , par la formation squelettique , de la vie intérieure , c'est-à-dire des autres éléments, air , eau et terre , il est digne de remarque que , dans ces trois différents moyens de délimitation , qui , comme tels , doivent être en partie aussi subordonnés à l'élément contre lequel ils servent de limite, les trois éléments eux-mêmes se répètent, savoir: l'air dans la corne , l'eau dans le cartilage , la terre dans l'os et le test calcaire.

et un névrosquelette , nous avons intérêt maintenant à rechercher quels rapports existent entre les différents modes de formation, d'accroissement et de composition de ces trois squelettes.

CXV. Mais le commencement de toute formation squelettique a été la séparation établie entre le corps entier de l'animal et le monde extérieur , d'abord par coagulation de la substance animale morte , sous la forme de peau et de dermatosquelette. C'est là la première et par conséquent la plus inférieure des formes du squelette, qui, dans les degrés les plus élevés de la forme animale , doit de nouveau se réduire presque à une simple peau. Elle a pour caractères , sous le point de vue de sa formation , de devoir naissance à la pétrification et à la coagulation (cristallisation) de liquides exhalés (S CVlll , CIX, CX ) ;sous celui de son accroissement, de ne faire que s'agrandir par des additions du dehors, soit qu'elle persiste toujours, soit qu'elle ne dure qu'un certain laps de temps , au bout duquel elle tombe pour se reproduire de nouveau ( g CXll) ; sous celui de sa substance , de consister en cartilage , en substance terreuse testacée , et tout au plus en substance cornée , attendu que les formations cutanées des animaux supérieurs sont entourées d'air (§ CXlll).

CXVI. La seconde forme de squelette est la séparation établie entre le corps et les éléments qui pénètrent dans son intérieur , ou le splanchnosquelette. Celui-ci répète en luimême le type du dermatosquelette. De même que ce dernier, il occupe un rang subordonné à l'égard , tant de sa formation , que de son accroissement et de sa substance. Cependant il est déjà susceptible, ch«z les animaux supérieurs , de se former par un dépôt terreux dans des parties molles , de croître par un renouvellement continuel de ses matériaux, et de développer une véritable substance osseuse. Quoi qu'ilensoit, il est caractérisé dans les animaux supérieurspar le cartilage, comme le dermatosquelette l'est également là par la corne , et ce phénomène tient à la même cause précisément, c'est-à-dire que les milieux qui entourent le splanchnosquelette sont les liquides qui pénètrent dans le corps.

Enfin le névrosquelette, ou le véritable squelette , étant celui des trois qui a la signification la plus relevée , est aussi celui qui

CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE DU SQUELETTE

ni

offre le plus haut type dans sa formation , son accroissement et sa composition. Il nait par un dépôt terreux dans l'intérieur d'organes cartilagineux et vasculaires ( § CXI ) , il est assujetti à un renouvellement continuel de ses matériaux (SCXII),etil est absolument formé de véritable substance osseuse (§ CXIII) (1).

ARTICLE III

CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE DES FORMES DU SQUELETTE, c'EST-A-DIRE DE LA SPHÈRE CREUSE ET DES FORMES QUI EN DÉCOULENT.

CXVII. Les considérations dans lesquelles je suis entré sur la forme primaire du corps animal et la signification originelle de ses parties solides , comme enveloppes propres , soit à l'isoler lui-même du monde extérieur , soit à isoler des autres la principale et la plus essentielle de ses parties, ont déjà démontré que la sphère creuse est à proprement parler le prototype de tout développement de squelette. Maintenant , si nous voulons poursuivre la construction véritablement scientifique de la formation qui a pour résultat de produire un squelette , nous avons d'abord à examiner, dans un esprit purement géométrique , et sans avoir encore nul égard au squelette en luimême , quelles sont les formes qui émanent immédiatement de cette forme sphérique primaire.

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