‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 227 sur 318 · IV · texte numérisé non relu

IV

Portion tergale inférieure ou antérieure (m).

Portions sternales ( parce qu'elles sont les plus voisines du sternum ) (fig. xv, ii , 1 ).

Portion sternale supérieure ou postérieure (h).

Portion sternaleinférieure ou antérieureii).

Lames tectrices (parce qu'elles couvrent le ganglion par le haut) , ou portions épineuses (parce qu'elles tiennent immédiatement à l'apophyse épineuse).

Lame tectrice supérieure ou portion épineuse supérieure {fi^. xix, 4).

Lame tectrice inférieure, ou portion épineuse inférieure (fig. XIX, 3).

Lames basilaires (parce que le ganglion repose^sur elles) , oiiportions de corps (parce qu'elles se rapprochent le plus de la tritovertèbre ou corps vertébral).

Lame basilaire supérieure , ou portion supérieure du carpe ( fig. xix , 2 ).

Lame basilaire inférieure , ou portion inférieure du corps (fig. xix, 1).

APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE

CLXXXII. Les parties que je viens d'énumérer étant , à proprement parler, \es>parties primaires d'où proviennent toutes les formes POSSIBLES d'un squelette supérieur, par les modifications les plus variées , l'accroissement des unes et l'oblitération des autres, il importe de les avoir toujours présentes à l'esprit dans l'histoire que je vais tracer des parties solides de l'animal. Aussi , pour rendre plus facile de concevoir clairement la manière dont la loi géométrique de la formation du squelette se réalise dans la nature , ai-je fait graver (pi. xxni) un tableau en lettres, dans lequel 1 désigne la protovertèbre , 2 les deutovertèbres, et 3 les tritovertèbres. Ce tableau , joint à la fig. xv, pi. xxu , suffira pour donner une idée exacte de toutes les parties primaires d'un squelette , et dispensera d'employer un modèle analogue à ceux dont on se sert avec tant d'avantage pour l'étude des formes cristallines. Cependant il serait facile d^obtenir un modèle de ce genre en faisant tourner une grosse boule de bois , détachant la zone médiane de manière à représenter un anneau protovertébral, comme dans le tableau , et fixant ensuite à ce dernier d'autres anneaux en bois plus petits , pour figurer les deutovertèbres , et des corps diconiques plus petits encore pour correspondre aux tritovertèbres (1).

CLXXXIII. Si maintenant nous jetons encore un coup d'œil général sur la diversité des

(1) Il ne me paraît pas hors de propos d'ajouter encore quelques mots sur les dénominations des parties primaires du squelette qui viennent d'être passées en revue. J'étais fort éloigné de vouloir introduire des noms nouveaux créés d'une manière arbitraire ; mais la connaissance d'une certaine forme primaire qui se répète à trois reprises différentes dans le système osseux exigeait que cette forme elle-même et ses répétitions fussent désignées par certains mots qui devaient être nouveaux, puisque les idées à exprimer par eux étaient elles-mêmes nouvelles. Or, les dénominations ûe vertèbres primaires (protoverbères), secondaires (deutovertèbres) et tertiaires (tritovertèbres) , m'ont paru être les plus claires, et , quoiqu'il m'eût été facile de forger des mots pour les remplacer , j'ai préféré la clarté à la brièveté. Une fois que ces formes fondamentales simples seront plus généralement connues, on n'aura pas de peine à trouver , soit pour ellesmêmes, soit pour les parties squelettiques qu'on observe réellement chez les animaux et chez l'homme , des noms qui, puisés , non dans des ressemblances accidentelles de configuration , mais dans une notion exacte de l'essence même du sujet, pourront mériter d'être adoptés généralement.

formations squelettiques qui procèdent d'une protovertèbre , si nous réfléchissons que , par la multiplication centrale de l'animal en un corps articulé , la protovertèbre elle-même devient multiple , qu'elle produit ainsi une colonne protovertébrale, et que toutes les diversités sans exception peuvent se répéter dans chacun des segments de cette colonne , nous nous formons l'idée d'une multiplicité possible , qui , au premier aperçu , menace d'être une source de confusion par le nombre immense des détails. Si nous songeons, en outre , que cette forme primaire du squelette peut se reproduire trois fois, savoir comme dermatosquelette, comme splanchnosquelette et comme névrosquelette , et que cette triple apparition est possible chez un seul et même individu , le nombre des parties élémentaires monte presque jusqu'à l'infini. Dans un tel état de choses , on doit commencer par bien se pénétrer de cette infinie diversité; car, pour me servir d'une comparaison , on trouve eu elle les diverses couleurs dont la nature a employé certaines, suivant un certain ordre, pour produire des tableaux donnés ; elle représente en quelque sorte une gamme , qui ne donne point d'harmonie quand tous les tons se font entendre à la fois , mais seulement lorsque certains d'entre eux frappent l'oreille dans un certain ordre , avec tantôt plus ou tantôt moins de force , ce qui n'empêche pas que nous ne soyons obligés de connaître la gamme entière pour bien saisir les diverses harmonies.

CLXXXIV. Avant de quitter ces considérations générales relatives aux parties primaires du squelette , il importe de jeter un coup d'œil sur leurs divers modes de connexions.

Sous ce rapport , il va sans dire que , comme toutes les parties du squelette émanent d'une substance animale molle , liquide même , et que comme le corps animal entier , originellement liquide et plus tard encore mou , forme une unité , toutes les parties squelettiques d'un corps doivent aussi être en connexion médiate : mais, indépendamment de cette connexion médiate, il peut aussi s'en manifester une immédiate , et celle-là peut être ou fixe ou mobile, c'est-à-dire avoir lieu , dans le premier cas , par coalescence , et dans le second par articulation. Plus d'une

APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE

fois déjà j'ai fait remarquer que le squelette n'acquiert sa perfection intérieure qu'en arrivant à son troisième degré de développement ou de puissance. Ainsi on voit se succéder dermatosquelette , splanchnosquelette et névrosquelette , coquille calcaire , formation cartilagineuse ou cornée, et véritable os, protovertèbre, deutovertèbre et tritovertèbre. De même , entre la simple connexion médiate des parties squelettiques par la substance animale générale ou la chair , la connexion immédiate par coalescence , et la réunion mobile par articulation, ce dernier mode , qui réunit en lui les deux autres , est le plus parfait. Mais nous avons reconnu , en outre , que ces divers degrés de développement du squelette marchent parallèlement les uns aux autres , et que , par exemple , on ne commence à voir paraître les tritovertèbres et la substance osseuse proprement dite que dans le névrosquelette. Il est donc tout simple qu'on ne trouve d'articulations qu'entre les tritovertèbres et par conséquent dans le seul névrosquelette.

En effet , une connexion mobile peut bien avoir lieu également entre d'autres parties primaires, par exemple entre deux anneaux protovertébraux , deux anneaux deutovertébraux, dans le dermatosquelette aussi bien que dans le splanchnosquelette, et même dans le névrosquelette ; mais il n'y a qu'aux tritovertèbres qu'on voie se former des capsules articulaires , qui , pleines de liquide animal primaire (albumineux) , n'enveloppent aucune autre partie (par exemple des nerfs ou des viscères) , et ne soient uniquement destinées qu'à établir cette connexion mobile. Quant à la condition de celle-ci elle-même , on la trouve déjà réellement dans la forme primaire de la tritovertèbre , c'est-à-dire dans le dicône. Comme le dicône , originellement creux , s'ouvre en forme de godet à chacun de ses bouts , il résulte de là une cavité pleine de hquide albumineux, qui, en s'appliquant à une autre cavité semblable , s'unit à elle par le moyen d'une capsule close , à peu près de même que dans cette figure > <o> <o.

Il se forme donc de cette manière une colonne de tritovertèbres unies ensemble et mobiles les unes sur les autres , qui représente une chaîne d'os diconiques et de capsules ailiculaires. Or , la capsule articulaire devant être

considérée comme une répétition de l'ampoule ou sphère albumineuse de laquelle naît l'os diconique lui-même , on conçoit qu'il y ait tendance en elle à la production de noyaux cartilagineux ou osseux, dont la formation doit cependant être de toute nécessité en opposition avec celle du dicône , de sorte qu'il en résulte ou un os , qui se développe toujours à la périphérie , et constamment d'un seul côté , parce que l'ossification du dicône commence au centre et s'accroît en rayonnant des deux côtés , ou un cartilage , dont la cristallisation commence bien au milieu de la capsule , mais qui diffère essentiellement de la base cartilagineuse du dicône , parce que sa substance est fibro -cartilagineuse et parce qu'il ne se transforme jamais en os.

Au nombre de ces formations intermédiaires des articulations, se rangent principalement les os appliqués à la surface des capsules articulaires , comme les rotules et les os sésamoïdes , les disques cartilagineux libres dans V intérieur de ces mêmes capsules ^ comme ceux qu'on voit dans les articulations de la mâchoire ou du genou , et même les fibrocartilages interposés entre les corps des vertèbres rachidiennes.

CLXXXV. Ayant fait connaître les conditions des squelettes cutané , splanchnique et nerval qui appartiennent au règne animal , ainsi que leurs divisions essentielles primaires, il nous reste maintenant à rechercher quelles sont les causes qui font que telles ou telles parties primaires du squelette se réalisent plutôt que d'autres dans certaines espèces d' animaux , et donnent lieu par là à telle forme particulière de squelette.

Or, une pareille discussion ne peut reposer que sur les éléments suivants : 1° recherche des divers degrés de dignité de chacune des parties primaires du squelette lui-même; 2"appréciation de la nécessité mathématique de telle ou telle partie primaire dans le squelette , et par là j'entends la nécessité idéale de l'apparition d'une certaine partie , par exemple de la formation de deutovertèbres dans les points d'intersection de la protovertèbre déterminés par l'hexagone, ou de celle de quatre tritovertèbres parallèles et de six tritovertèbres rayonnantes à la surface de la deutovertèbre; 3" appréciation des parties qui déterminent la formation du squelette ,

et notamment des nerfs ; 4° attention à l'antagonisme qui a lieu entre ces parties primaires , eu égard au plus ou moins de développement

CLXXXVI. Quant à la digntié des diverses parties primaires , les plus essentielles d'entre elles sont la protovertèbre , la deutovertèbre secondaire et la tritovertèbre. Leur dignité ressort de l'office qu'elles remplissent , car la protovertèbre enveloppe tout le corps animal , avec ses viscères ; la deutovertèbre enveloppe la masse centrale nerveuse et la tritovertèbre devient la charpente osseuse solide gui sert à la sustentation et au mouvement. Elles ont donc rapport à la vie végétative, à la vie nerveuse et à la vie musculaire. Or , de ces trois vies, la seconde est d'un rang plus élevé que les autres. Le développement de la deutovertèbre doit donc être le plus grand, et plus la formation animale est élevée , en totalité ou dans quelqu'une des parties, plus aussi la formation de la deutovertèbre domine dans le squelette.

CLXXXVII. Mais il découle déjà de là plusieurs propositions fort importantes pour l'appréciation des formes squelettiques.

1° Le névrosquelette étant supérieur au dermatosquelette et au splanchnosquelette , il doit se signaler surtout par la formation de la deutovertèbre, ce que les détails de l'anatomie confirment en effet avec la plus grande précision.

2° Le dermatosquelette et le splanchnosquelette étant ceux des trois sortes de squelette qui correspondent à la vie végétative , la forme de vertèbre gui se rapporte à cette vie, c'est-à-dire la protovertèbre j, doit dominer en eux.

3° Comme la vie végétative prédomine dans les Oozoaires et les Corpozoaires , la vie animale, au contraire, dans les Céphalozoaires, il suit de ce qui précède que la formation de la protovertèbre doit dominer dans les sguelettes des premiers, et celle de la deutovertèbre dans ceux des autres. Cette proposition s'accorde parfaitement avec les précédentes , puisque, comme j'en ai déjà fait la remarque plus haut, le névrosquelette ne s'est point encore développé dans les Oozoaires ni dans les Corpozaires.

4° Enfin la remarque précédente sur la

dignité des diverses vertèbres est encore confirmée par la proposition suivante que , dans l'animal arrivé au maximum de développement, le tronc étant caractérisé essentiellement par la vie végétative, la tête par la vie sensitive, et les membres par la vie locomotive , le tronc doit l'être aussi surtout par le développement des protovertèbres (côtes) , la tête par celui des deutovertèbres ( vertèbres crâniennes) et les membres par celui des tritovertèbres( os de membres) (1).

CLXXXVIII. Mais la dignité des diverses parties primaires du squelette n'est qu'une des conditions déterminantes de leur réalisation et de leur développement plus ou moins considérable. Une autre condition tient à la sollicitation simjyle ou plusieurs fois répétée de l'apparition d'une partie quelconque , par suite des lois géométriques qui président à ces formations. Or, en idée, la réalisation de tout ce qui est possible doit nécessairement s'opérer dans un temps , dans un lieu quelconque. Mais il est impossible à la nature d'être opposée à sa propre essence , c'est-àdire d'être et cependant de ne point être. De là vient aussi qu'elle est, mais que nulle part elle n'est raison pure, c'est-à-dire que nw//e part elle ne peut correspondre parfaitement et absolument à la raison, à la loi, à Vidée d'une existence antérieure à toute existence (2).

CLXXXIX. Ainsi , sous le rapport du squelette , toutes les formations sont possi-

(1) Un lecteur impartial qui me'ditera ces propositions et les comparera avec la forme d'un squelette parfait , se convaincra bientôt de la simplicité' et de la justesse de la voie que je propose ici pour arriver à l'interprétation philosophique de la structure du squelette. Il sera forcé de convenir que les détails dans lesquels je suis entré lui font déjà concevoir plus clairement la nécessité du développement des diverses formes de vertèbres d'après les différentes formes et régions du squelette. Il reconnaîtra combien sont peu propres à satisfaire les considérations auxquelles on s'est livré jusqu'ici sur les causes suffisantes de ces formes, et se sentira engagé par là à s'exercer luimême dans l'application des lois mathématiques de la formation à l'infinie multiplicité des formes particulières.

(2) Par conséquent nulle formation naturelle n'est idéale , en tant que ce mot exprime une légitimité pure, quoique, d'après son essence, elle n'en doive pas moins être parfaite. Les formes géométriques sont le moyen le plus simple de nous en convaincre ; car quiconque sait qu'il ne peut y avoir de point, de ligne , de corps, qui corresponde parfaitement à l'idée exprimée par ces mots , n'aura pas besoin d'autre preuve.

bles ; mais la manifestation du tableau pur de ses formes primaires légitimes ne l'est point. Ce tableau ne fait pour ainsi dire que marquer les limites en dedans desquelles se concentre l'infinie diversité de formes de squelettes testacés et osseux produits par la nature. Il représente en quelque sorte les asymptotes dont la nature , comme l'hyperbole , s'approche toujours sans jamais y atteindre. Mais , entre la construction de la forme élémentaire d'une simple sphère et le développement légitime de toutes celles qui peuvent en procéder, comme autant de points auxquels aboutit en idée une série d'évolution de formes squelettiques , il y a la possibilité de l'apparition infiniment diversifiée des diverses parties primaires du squelette , tant sous le rapport du nombre et de la grandeur, que sous celui de la forme et de la substance. Ceci établi, il s'ensuit :

1° Que toutes les formations squelettiques réelles ou naturelles tiennent le milieu entre la sphère creuse purement géométrique et la complète manifestation simultanée de toutes les vertèbres qui procèdent de la vertèbre primaire (à peu près comme dans la fàg. xv, pi. xxn) :

2° Qu'il est aussi impossible à l'une qu'à l'autre de ces deux formes de se présenter à l'état parfait dans la nature ellemême ;

3° Que, par conséquent , toute formation squelettique réelle et naturelle doit être plus que lajjure et simple forme sphérique^ mais

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