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MOINS QUE LA FORME DE VERTEBRE DÉVELOPPÉE AU PLUS HAUT DEGRÉ

CXC. On peut aussi exprimer cette importante loi de la manière suivante : La forme réelle ou naturelle du squelette est toujours plus complexe que celle absolument simple de la sphère squelettique primaire , et toujours plus simple que ne peut l'être cette même sphère , parvenue à son dernier degré d'évolution (1).

(1) Cette loi est d'une application si géne'rale que, par exemple , dans le nombre immense des formations organiques globuleuses , nous n'en trouvons aucune qui, parvenue à son plein et entier développement, corresponde à l'idée géométrique pure de la sphère. Leur figure est toujours celle d'un ellipsoïde, d'un œuf, d'une sphère aplatie, etc. La Terre elle même n'est pas parfaitement ronde. 11 n'y a que les premiers germes d'êtres organiques , les premiers linéaments de

CXCI. Si donc il résulte de là que , dans une formation squelettique réelle, une ou plusieurs des deutovertèbres où des tritovertèbres qui procèdent en idée de la protovertèbre , doivent toujours manquer nécessairement, on se demande maintenant quelles sont celles de ces parties qui restent le plus rarement sans se développer.

CXCII. Quand la sphère squelettique primaire , ou la protovertèbre , vient à être divisée par un rapport numérique simple, comme par quatre^ ou parsfa;^ ou par cinq, seulement , la formation de toutes les deutovertèbres qui procèdent des points d'intersection et cette division elle-même sont sollicitées au même degré (par exemple , fig. V , A, pi. XXV). Lorsqu'au contraire le rapport numérique d'après lequel se divise la protovertèbre est double , comme lorsqu'elle est partagée à la fois par quatre et six (fig. xv , pi. xxv), les divisions qui résultent de ces deux rapports numériques réunis par exemple , t et if (fig. xv) , et les deutovertèbres qui eu procèdent (2,3, fig. xv) sont celles qui se trouvent le plus fortement sollicitées, et qui peuvent le moins souvent manquer. La même chose s'applique aux deutovertèbres , sous le rapport de leur division et de leur développement en trito vertèbres (2).

CXCIII. De plus, comme, en idée, le développement des protovertèbres , des deutovertèbres et des tritovertèbres est sollicité dans le même temps , c'est aux endroits où ces trois sortes de vertèbres coïncident ensemble que la manifestation réelle des parties squelettiques se trouve le plus impérieusement

l'œuf et de la graine, qui puissent être des splières parfaites , précisément parce qu'ils se rapprochent beaucoup de la goutte indifférente.

(2) Nous trouvons surtout en cela la cause qui fait que , dans toutes les formes supérieures du squelette , il y a prédominance du développement des vertèbres tergales et sternales qui procèdent de la colonne protovertébrale ; car c'est précisément en ces points que coïncident les deux divisions primaires delà protovertèbre déduites de la périphérie et du rayon. On explique de même pourquoi, parmi les tritovertèbres rayonnantes, ou apophyses de la deuto vertèbre , ce sont les médianes supérieures , ou apophyses épineuses supérieures , qui se développent le plus à la deutovertèbre médiane supérieure (fig. xv , 2) , et à la deutovertèbre médiane inférieure (lig. xv , 2) , les tritovertèbres médianes inférieures ou apophyses épineuses inférieures (fig. XV, 3) ; en effet c'est parce qu'elles sont sollicitées sous deux rapports , comme rayons de la deutovertèbre et comme rayons de la protovertèbre. ■

APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE

soUicilée. Mais il suit des constructions précédentes que les points où les tritovertèbres inférieures tombent sur les deutovertèbres parallèles coïncident en même temps avec les protovertèbres. Ces points sont donc précisément aussi ceux où la manifestation de parties squelettiques réelles est sollicitée d'une manière plus spéciale (pi. xxu , fig. xv, a, a) (1).

CXClV. Enfin, comme la protovertèbre est toujours la première partie essentielle , et que , parmi les deutovertèbres et les tritovertèbres, il n'y a jamais que celles qui se trouvent parallèles à cette protovertèbre qui se rapportent immédiatement à elle , il faut aussi toujours , quand le développement d'ordres entiers de vertèbres vient à manquer, que ce soient les colonnes rayonnantes de tritovertèbres ou de deutovertèbres qui les premières fassent défaut ( voy. par exemple , fig. xvii ou fig. xvm) (2).

CXCV. Des idées plus précises encore sur le développement ou le non-développement de certaines parties primaires du squelette naissent de l'attention portée à la troisième

La sphère squelettique primaire correspond

La protovertèbre ,

Les arcs de la protovertèbre.

La colonne prolover tébrale.

(1) Ceci explique pourquoi, dans un squelette supérieur , quoique toutes les autres parties d'une protovertèbre manquent souvent, le corps de la vertèbre tergale est cependant encore développé ( pi. xxii , fig. XVIII, « /3), et en même temps pourquoi, dans l'histoire de l'évolution du squelette chez l'embryon, ce sont toujours précisément les corps des vertèbres

des circonstances dont j'ai parlé plus haut, et qui embrasse la détermination de la formation squelettique par les parties molles , et notamment par les parties les plus essentielles de l'animal , c est-à-dire par les nerfs.

De nos premières considérations sur l'essence du squelette , il est résulté que sa destination proprement dite consiste à établir une limite entre le corps animal et le monde extérieur , ainsi qu'entre la masse nerveuse et le reste du corps animal. Il s'ensuit nécessairement aussi que la manière dont les parties molles , et surtout les parties nerveuses , sont configurées , dans un animal quelconque , doit essentiellement déterminer la configuration de son squelette. Déjà plus haut j'ai appelé l'attention sur les points principaux du rapport qui existe entre le squelette et le système nerveux. Il me reste maintenant à descendre dans les détails , pour mettre en parallèle les parties primaires du squelette avec les parties primaires du système nerveux, et démontrer la correspondance qui existe entre elles. Or,

au corps animal entier simple et non encore divisé en systèmes organiques particuliers.

( Ex. La coquille de l'œuf au jaune , la celhde polypiaire au corps du polype. ) à l'anneau nerveux primaire.

(Ex. le test médian de l'Astérie à l'anneau nerveux (pi. xxiv, fig. V, a, pi. xxi , fig. i , C ) ; chaque anneau du corps d'une Chenille à un anneau de la chaîne ganglionnaire (pi. xxiv, fig. XIX, a, b; pi. xxi, fig. x, a,b)', chaque anneau costal d'un Céphalozoaire à un anneau nerveux ou à une paire de nerfs rachidiens (pi. xxn , fig. xvm -, a,b , pi. i^fig. xvn, «, /5).

aux arcs de Vanneau nerveux pnmaire.

( Ex. les arcs costaux aux paires de nerfs rachidiens).

à la chaîne d'anneaux nerveux primaires.

( Ex. les anneaux d'un animal articulé à la chaîne des anneaux nerveux réunis dans les

qui représentent les premiers germes de la colonne vertébrale entière.

(2) Voilà pourquoi, dans les squelettes, nous trouvons si souvent les colonnes protovertébrales sans membres , tandis qu'il ne peut jamais , même à titre de monstruosité , apparaître de membres , quand il n'y a aucun vestige de colonne protovertébrale.

APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE

La deutomrtèhre ,

La deutovertèbre parallèle , ou vertèbre.

La colonne deutovertébrale , ou colonne vertébrale parallèle j, ou rachis j,

La colonne vertébrale tergale, ou rachis tergal,

La colonne vertébrale ventrale , ou rachis ventral,

La colonne deutovertébrale rayonnante, ou de membre.

Les arcs de la deutovertèbre ,

Le crâne, provenant d'arcs protovertébraux agrandis,

La formation des tritovertèbres , La formation de tritovertèbres sur la deutovertèbre parallèle ,

La formation de la tritovertèbre rayonnante.

ganglions ventraux; les côtes et la colonne

vertébrale d'un Céphalozoaire à la chaîne des

nerfs des paires rachidiennes , réunis dans les

ganglions rachidiens).

aux organes nerveux supérieurs.

aux ganglions nerveux.

( Ex. chaque vertèbre rachidienne à chaque renflement de la moelle épinière (pi. xxn, fig. xvin , 2 2, pi. xxi , fig. XIV, a, 6).

à la chaîne nerveuse ^ à la moelle.

à la chaîne ganglionnaire tergale ^ à la moelle épinière.

à la chaîne ganglionnaire ventrale.

à la substance sensible des membres.

au renflement des masses nerveuses centrales.

au cerveau, formé des renflements grossis de la masse nerveuse centrale.

aux parties du mouvement.

à la faculté motrice inhérente à la masse nerveuse centrale et à ses cordons longitudinaux.

à la détermination du mouvement par d'autres organes , c'est-à-dire aux muscles.

(Voilà pourquoi les premières forment , comme corps de vertèbres, la jonction articulaire des deutovertèbres , les autres fournissant^ comme apophyses, des points d'attache aux muscles).

La formation de la tritovertèbre sur la deutwertèbre rayonnante ou de membre , à la substance mobile des membres.

La formation de la tritovertèbre parallèle, à la mobilité du nerf du membre, c'est-à-dire

à son cordon longitudinal.

La formation de la tritovertèbre rayonnante, à la détermination du mouvement par les

muscles des membres.

(Voilà pourquoi les premières forment le^ jonctions articulaires des os des membres » parce qu'elles sont les os des membres pro" prement dits eux-mêmes , tandis que les au" très fournissent principalement , comme apo' physes, des points d'attache à des muscles).

CXCVl. Il suffit presque de ce parallèle pour pouvoir , la configuration d'un système nerveux étant donnée , déterminer avec précision celle du système osseux qui y corres-

pond. Cependant je vais citer quelques exemples pour plus de clarté.

CXCVII. Prenons le crâne et la colonne vertébrale chez l'homme , c'est-à-dire sous leur forme la plus parfaite , afin de reconnaître comment leur forme dérive , par une légitimité intérieure , de celle qu'affectent la moelle épinière et le cerveau. Si l'on se rappelle que la détermination pour le sentiment et celle pour le mouvement sont réunies dans la masse nerveuse centrale , que cette réunion

est exprimée par la fusion de la masse ganglionnaire et des cordons longitudinaux, qu'elle cesse aux deux extrémités, de telle sorte qu'en devant et en haut la formation ganglionnaire produit le cerveau, tandis qu'en arrière et en bas la formation de cordons nerveux donne naissance à la queue de cheval, enfin que, cette triade se répétant dans les masses cérébrales , le nombre des renflements médullaires de la moelle épinière se trouve ainsi porté à trente , il sera facile , en suivant le parallèle établi plus haut , de déterminer la formation de la colonne vertébrale dans tous ses points essentiels.

CXCVIII. En effet, dans la formation d'une colonne vertébrale correspondante à ces particularités de la masse nerveuse , celle des deutovertèbres et celle des tritovertèbres doivent se réunir ensemble , et cette union doit cesser vers les extrémités , de telle sorte qu'à l 'antérieure et supérieure la deutovertèbre arrive au point de développement , tandis qu'à la postérieure et inférieure la formation de la tritovertèbre devient prédominante, et donne lieu en quelque sorte à une simple colonne rayonnante de corps vertébraux, comme dans les membres , ou à un membre terminal impair, à une vertèbre caudale. Il faut en outre qu'à la triade des masses cérébrales corresponde une triade de deutovertèbres (vertèbres crâniennes) , et ce même nombre trois doit aussi déterminer la proportion numérique de l'ensemble des vertèbres rachidiennes proprement dites ( = 30 ). Il y a plus encore ! Si l'on se rappelle que chaque renflement de la moelle épinière se divise en deux parties latérales inférieures et en deux parties latérales supérieures (pi. xxi , fig. xn), dont les inférieures (2,3) correspondent au mouvement, et les supérieures (1, 4) au sentiment , il suit de là que la formation de la tritovertèbre doit prédominer au côté inférieur de la vertèbre rachidienne , sur le milieu du rachis , et que l'arc simple de la deutovertèbre doit s'off'rir d'une manière plus prononcée au côté supérieur (pi. xxn, fig. xix). On reconnaît, en outre , que nécessairement plus la tritovertèbre rayonnante ou les apophyses se développent à une vertèbre rachidienne ou crânienne , plus aussi celle-ci acquiert le caractère du mouvement et perd celui du sentiment , tandis qu'au contraire

plus la deutovertèbre se développe purement et simplement , plus aussi elle porte le caractère de la sensibilité et perd celui du mouvement , de sorte que la mobilité de cette sorte de vertèbre (par exemple des vertèbres crâniennes ) doit finir par cesser tout à fait. On reconnaît également , d'après les autres particularités d'un système nerveux arrivé à un haut degré de développement, pourquoi, dans la forme de squelette qui lui correspond, il ne doit pas se développer de deutovertèbres au côté ventral et dans les membres , où nul développement de masses nerveuses centrales n'a lieu; pourquoi les deutovertèbres ne sont indiquées sur ces points que par les tritovertèbres qui leur appartiennent ; pourquoi c'est dans les membres que les colonnes de tritovertèbres se développent le plus ; pourquoi les deutovertèbres, qui sont toujours rattachées à la formation de masses centrales nerveuses, se développent constamment en haut , vers le côté tergal ( par conséquent les inférieures dans la protovertèbre et les supérieures hors de cette vertèbre , pi. xxn , fig. XV ) , car la formation ganglionnaire dans l'anneau nerveux primaire a également toujours de la tendance à se porter vers le côté tergal (pi. xxi , fig. iv); pourquoi les apophyses tournées en bas , à la deutovertèbre (pi. xxn , fig. XV, tf) , et les membres tournés en bas , à la proto vertèbre ( fig. xv, f) , sont les plus développés , car les racines nerveuses qui sortent inférieurement de la masse nerveuse centrale sont des nerfs de mouvement, et celles qui en émanent supérieurement sont des nerfs de sentiment , etc.

CXCIX. En un mot, ce sont ces mêmes considérations qui nous apprennent à reconnaître que le squelette des animaux supérieurs est en quelque sorte Vempreinte solidifiée du système nerveux, vue à l'aide de laquelle seule on peut porter la lumière dans l'ostéologie et l'élever au rang de science.

Mais j'ai fait remarquer que si le squelette testacé et osseux est déterminé en particulier parle système nerveux, ill'est aussi en général par tout l'ensemble des parties molles. Il devient donc nécessaire d'examiner ici la division et la disposition des différentes parties molles essentielles. Cependant comme un examen détaillé de cette question m'entraînerait trop loin, je me bornerai à donner le

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APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE

résultat de mes méditations assidues sous la forme de tableau, avec la seule attention de rappeler que j'ai déjà indiqué la division des

fonctions de la vie en animales et végétatives, comme étant la plus essentielle et la première de toutes.

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