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ce. Nous avons constaté précédemment que la multiplication centrale purement mathématique de la sphère offre déjà la répétition sextuple du nombre six, comme un rapport légitime pur, que ce nombre est représenté, dans la formation du système nerveux, par la division six fois sextuple de la masse nerveuse centrale , et que la segmentation des systèmes organiques essentiels reproduit encore une nouvelle manifestation du nombre six. Maintenant il n'est pas sans importance de rechercher si cette division sénaire n'est point déjà fondée sur le mode de développement du corps animal dans l'œuf.
CCI. Or, les organismes supérieurs, dans lesquels seulson peut démontrer cette division sénaire du corps proprement dit et de la masse nerveuse centrale, se forment constamment, comme tous les autres , autour de l'organe essentiel de l'œuf, c'est-à-dire autour de la vésicule vitelline, sous la figure d'une zone entourant celle-ci, et qui, partant d'un point, tend, par les progrès de l'accroissement, à entourer peu à peu la vésicule entière. (On peut voir la fig. xxiv, a, pi. xii, et se figurer le cercle intérieur comme étant la vésicule ombilicale et le point a comme le commence- 'tnent du corps, qui, en grossissant peu à peu, envahit la circonférence entière de la vésicule, de sorte que ses extrémités b c finissent par se toucher en b' c, au point opposé du jaune.)
Maintenant, si la nécessité veut que, par les progrès du développement d'un pareil corps, il s'opère des divisions en lui, puisque toute évolution repose sur une manifestation progressive de nouvelles différences, ces divisions peuvent être déterminées d'après les trois considérations suivantes :
1° D'après la division en deux et trois ; car il résulte des idées fondamentales développées précédemment, que ce sont là les nombres primaires de toutes les divisions organiques ;
2° D'après les principales fonctions originellement différentes de la vie animale, d'où résulte la division en une moitié animale de corps et en une moitié végétative de corps, c'est-à-dire en tète et en tronc;
3° Enfin, comme ce corps qui arrive à l'existence se rapporte à la périphérie d'une sphère, un mode de division devra être tiré aussi des propriétés géométriques du cercle lui-même. Or, j'ai fait voir que la plus simple
division qui procède immédiatement de la nature du cercle est celle que détermine le rayon de ce cercle, c'est-à-dire la division en six. Nous trouvons donc là une nouvelle raison de la nécessité de la division sénaire du corps des animaux supérieurs.
CCII. Ainsi du partage en six portions du cercle de la sphère vitelline résulte la division en six de la zone du corps animal (fig. xxiv, a). Et attendu que toujours, dans un organisme, la partie vit et agit comme cause déterminante dans le tout, et le tout dans les parties, il s'ensuit aussi que chacun de ces six grands segments de l'animal doit avoir la tendance à se partager également en six, d'où résulte la division ultérieure en 6 x 6 = 36 [V. la fig. B, où la zone animale , précédemment courbée en cercle , est représentée étendue en ligne droite. 1
CCIII. Après avoir reconnu ainsi la cause de cette division du corps de l'animal supérieur en 6x6, déjà démontrée deux fois dans la nature, il faut examiner le mode de division en moitié de corps animale et moitié de corps végétative. Si nous jetons les yeux sur la fig. B, divisée par six, nous pouvons concevoir de plusieurs manières différentes ce partage en deux segments principaux. Effectivement il peut se faire en deux moitiés parfaitement égales , de sorte que la proportion entre ces moitiés soit = 3:3. Une pareille division est la plus inférieure de toutes, puisqu'elle donne un volume égal à deux segments de l'animal aussi différents l'un de l'autre que la tête et le tronc. Mais, si nous y réfléchissons bien, nous voyons que la sphère végétative a une prééminence réelle, et la sphère animale une prééminence idéale. Or, de cela seul doit résulter une disproportion dans le volume, ayant pour effet que l'étendue plus considérable appartient à la moitié végétative, et le développement intérieur plus parfait à la moitié animale. Nous aurions donc déjà une proportion d'un ordre supérieur, si, dans la fig. B, le point d'intersection était reporté jusqu'à 2, et que le rapport entre les deux parties fût = 2 : 4. Mais la proportion la plus élevée est celle où le point d'intersection arrive à 1 , et où le rapport devient =1:5. Si maintenant le rapport fondamental six fois divisé persiste dans la moitié idéale ou animale 1 , et qu'en outre la quintuple division de la moitié végétative depuis
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2 jusqu'à 6 s'y répète par de nouvelles divisions, le but de cette série de formation est atteint.
CCIV. Des recherches plus approfondies démontrent de la manière la plus explicite que les divisions du squelette osseux, dans la série animale, obéissent parfaitement à ces lois ; que, par exemple chez les Poissons et les Reptiles, on les trouve encore dans le rapport de 3 : 3 entre la tête et le tronc ; que chez d'autres elles sont dans le rapport de 2 : 4 ; mais que le rapport de 1 : 5 est propre aux seuls animaux supérieurs et en particulier à l'homme. Ces considérations sont d'autant plus importantes , qu'elles donnent la clef de quelques autres particularités de l'organisation animale et humaine, par exemple de la division des membres du tronc d'après le nombre cinq, tandis que les membres céphaliques tendent à se diviser d'après le nombre six, de la signification moins relevée de la division quinaire en général, etc.
CCV. Après avoir jeté un coup d'œil sur la division du corps animal en général, il reste à déterminer, d'après l'ordre dans lequel les diverses subdivisions se groupent les unes avec les autres, si , dans les deux segments principaux , les portions subordonnées qui se correspondent réciproquement, forment, à partir du point de départ, une série opposée, par exemple 54321 — 1234 5, ou une série homologue, par exemple 1 2 3 4 5 — 12345.
CCVI. Pour résoudre cette question, il suffit de jeter un coup d'œil sur l'organisation des animaux chez lesquels c'est un acte essentiel de propagation que l'animal-mère se partage, par une division intérieurement arrêtée, en deux corps, dont l'un se détache comme animal de nouvelle formation : car, dans le cas précédent aussi, il s'agit, à proprement parler, de la division d'un individu en deux animaux différents. Ces divisions naturelles ne s'observent nulle part plus distinctement que chez les Vers, en particulier les Nais (1). Or, dans ces animaux, on reconnaît bientôt que la série n'est pas opposée à partir du point d'intersection, mais que la plus haute moitié (ici l'animal mère) devient la cause détermi-
(1) Voyez les belles recherches de Gruithuisen à ce sujet , dans Abhandl. des Leopold. Akad. T. XI , p. 233.
nante de l'autre (ici le nouvel animal) , de sorte que les segments de celle-ci répètent parfaitement ceux de l'autre, et que l'ordre légitime demeure par conséquent 1 2 345 — 1 2 3 4 5 , ce qui se confirme mieux encore quand on arrive à comparer les divisions de la tête et du tronc en particulier (2).
CCVII. Tant de circonstances diverses se réunissant pour prouver que la segmentation du corps animal s'opère d'après le nombre six, si nous nous rappelons aussi les propriétés remarquables de ce nombre comme premier nombre parfait, et si nous réfléchissons ensuite que l'eau, élément de tout ce qui est organique, cristallise d'après les nombres trois et six, toutes ces considérations réunies nous permettent de plonger un long regard scrutateur dans le beau phénomène de la formation légitime d'une créature vivante parfaitement développée. Nous apercevons une mesure admirable , un ordre sublime, là où le grossier témoignage des sens donnait à penser que le seul arbitraire règne, et la connaissance de cette mesure nous fournit en même temps une échelle précieuse pour bien apprécier diverses formations animales dans lesquelles nous voyons qu'il a été plus ou moins satisfait à cette mesure.
CCVllI. En elîet, on s'est beaucoup occupé jusqu'à ce jour de la dignité des divers organismes, de leur développement plus ou moins parfait, et c'est sur cette donnée principalement qu'on a fondé les classifications de l'histoire naturelle. Mais il faut avouer que la mesure dont on s'est servi pour apprécier cette dignité était en grande partie fort arbitraire, et qu'en général on se laissait plutôt guider par un vague pressentiment que par des rapr ports évidents. Dès qu'on se sera bien pénétré de la méthode proposée ici, on pourra, sans le moindre doute, substituer des raisons ma* thématiques à cet arbitraire. La preuve en est fournie par les détails dans lesquels je suis entré sur les diverses formes de squelettes. Cependant je ne puis me dispenser de citer ici quelques exemples :
Ayant reconnu que le rapport assigné pré-
(2) Un barreau aimanté peut être , d'après la même loi, partagé en plusieurs autres plus petits, de la manière suivante : Nord — Sud.
IT^^^^N. - sT
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cédemmentest plus parfait par exemple qu'une division en sept ou en neuf, ou que tout autre nombre quelconque de segments, dont chacun à son tour contiendrait tantôthuit, tantôt dix, tantôt trois, tantôt quatre subdivisions, nous sommes obbgés de regarder comme ayant une base mathématique le jugement en veitu duquel nous considérons comme plus parfaite une organisation dans laquelle règne le premier mode de division, et comme moins parfaite celle dans laquelle domine le second. Ainsi, par exemple, quand nous voyons que le corps de l'insecte parfait se divise de la manière suivante en protovertèbres , 1 (tète) , 3 (poitrine), 6 (^abdomen), c'est là évidemment une segmentation qui procède d'après des rapports numériques très-purs ; mais lorsque nous voyons qu'au contraire, dans d'autres Insectes, la division marche comme il suit : 1 (tête), 2 (poitrine), 10 (abdomen), ce n'est point là, mathématiquement parlant, une segmentation qui procède d'une manière légitime , et l'organisation dans laquelle on l'observe sera déclarée moins parfaite. Des cas parfaitement analogues s'offrent à nous dans le nombre des vertèbres rachidiennes , et là surtout on peut constater que les oiganisations inférieures se caractérisent encore parmi enjambement des nombres, qui varient en dehors de toute proportion, tandis que les organisations supérieures sont toujours astreintes à des rapports numériques plus purs. Du reste, l'échelle fournie par les rapports primaires de ces membres s'applique nonseulement aux colonnes vertébrales parallèles à la colonne protovertébrale, mais encore aux colonnes vertébrales rayonnantes ou de membres, de sorte qu'un membre qui se partage d'après la proportion de 3 à 6 est supérieur, sous le point de vue de la segmentation, à celui qui se divise par 2,4, 7 , etc.
CCIX. De la division du corps animal dont il a été parlé précédemment, nous avons des conclusions à tirer pour la terminologie du système osseux. En effet, la division du corps animal parfaitement développé en six régions j, nous servira pour assigner des dénominations scientifiques aux diverses vertèbres primaires ^ secondaires e t tertiaires .
Ainsi , par exemple , les arcs protovertébraux de la région thoracique devraient être appelés arcs protovertébraux ihoraciques, ou
arcs thoraciques , ou côtes thoraciques ; ceux du cou , qui ordinan-ement se réunissent en un support des membres thoraciques , ou en une ceinture scapulaire, arcs protovertébraux cervicaux , ou arcs primaires cervicaux , ou cotes cervicales ; ceux de la tête ( par exemple les intermaxillaires, les maxillaires supérieurs , les os palatins) , arcs protovertébraux céplialiques , ou arcs primaires céphaliques , ou côtes céphaliques , etc.
En outre , si nous conservons le nom de vertèbre tout court aux deutovertèbres , afin de ne pas trop nous écarter du langage reçu , les deutovertèbres de la tête doivent être appelées vertèbres céphaliques , et celles de la poitrine vertèbres thoraciques , qu'on distingue elles-mêmes en vertèbres thoraciques rachidiennes et vertèbres thoraciques sternoies.
On peut également distinguer de la même manière les tritovertèbres et les parties des arcs protovertébraux et deutovertébraux.
Du reste, comme une région du corps comprend ordinairement plusieurs protovertèbres , avec ses deutovertèbres et ses tritovertèbres , il est nécessaire de compter , et pour cela nous nous en tenons au principe déjà admis , c'est-à-dire qu'à partir du point d'intersection entre la tête et le tronc ^ nous comptons en sens inverse , d'avant en arrière au tronc j et d'arrière en avant à la tête. Ainsi nous comptons au rachis 1 , 2,3, 4 vertèbres cervicales , etc. , en allant de la tête en arrière , et à la tête 1 , 2,3,4 vertèbres céphaliques , etc. , en allant du cou en avant.
Cette terminologie est applicable aussi aux membres , dont on détermine les colonnes cérébrales, non-seulement d'après la protovertèbre d'où elles procèdent , mais encore , quant au nombre , d'après leurs segmens , comptés à partir de la deuto vertèbre. Ici l'on doit admettre de même des divisions principales et des subdivisions , par exemple 1,2, 3 divisions principales d'un membre , ou l'article supérieur , l'article inférieur et l'article terminal , puis 1,2,3,4,5,6 subdivisions d'une division principale , par exemple de l'article terminal.
En un mot , cette méthode nous permet d'appliquer une terminologie rigoureusement scientifique aux parties même les plus exiguës
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d'un squelette quelconque , cutané , splanchnique ou nerval , et d'éviter toutes les dénominations tirées uniquement des dimensions ou de la configuration individuelle.
CCX. Enfin nous avons encore une conclusion importante à tirer de la division précédemment assignée au corps entier de l'animal, c'est-à-dire qu'il nous faut examiner l'influence que les diverses régions de l'activité végétative doivent exercer sur le développement des parties squelettiques ^ quant à leur nature.
J'ai montré jusqu'à quel point les diverses circonstances de l'activité vitale animale exercent une influence déterminante sur la formation du squelette , comment , par exemple , on doit considérer comme un résultat du mode particulier de développement du système nerveux que les deutovertèbres correspondantes aux masses cérébrales se développent au plus haut degré dans la tête , que , dans toutes les colonnes deutovertébrales , les tritovertèbres parallèles aillent en s'effaçant de plus en plus vers la tète et en prédominant de plus en plus vers le bassin , etc. Mais les diverses circonstances de la vie végétative ne peuvent pas demeurer non plus sans influence sur la formation du squelette , et , pour bien apprécier cette influence , il faut rechercher d'abord quels sont les points de la formation squelettique qu'elles doivent , d'après leur nature , favoriser plus ou moins.
CCXl. Nous reconnaissons l'activité inhalante et l'activité exhalante pour les deux principaux points de la vie végétative. Elles donnent lieu au développement , la première d'une région digestive , et la seconde d'une région respiratoire. Dans l'organisme le plus simple , celui dont le corps n'est point encore partagé en plusieurs régions , la surface respiratoire est la face externe du corps , et la surface digestive en est la face interne; la première est la peau , et la seconde l'intestin. Sur ces deux surfaces se répandent originairement la sensibilité , la motilité et la séparation du monde absolument ou relativement extérieur par la production d'un squelette solide. Mais comme la nature qui entoure l'organisme au dehors l'emporte infiniment sur celle qui pénètre dans son intéi'ieur , de même aussi non-seulement le conflit animal avec d'autres activités naturelles , qui se ma-
nifeste par le mouvement et le sentiment , mais encore la tendance à la production d'une enveloppe solide sur la surface extérieure de l'animal (la peau) , doivent l'emporter sur ce même conflit et cette même tendance à la surface interne du corps (l'intestin).
CCXII. Ainsi un développement plus considérable des organes tant sensitifs que locomoteurs , et une tendance particulière à la production d'un squelette, se rattachent primordialement A' une manière parfaite au côté primitivement exhalant , respiratoire, c'est-àdire extérieur, du corps de l'animal, et de là résulte qu'au milieu des infinies modifications dont la configuration du corps animal est susceptible , on ne peut jamais méconnaître un certain rapport fixe et homologue entre la respiration, la sensibilité , le mouvement et la formation du squelette. Nous devons même regarder comme une proposition avouée par la raison et par l'observation , qu'ww grand développement de la sensibilité et de la motilité et un déloppement complet du squelette ne peuvent avoir lieu qu'en concurrence avec la respiration la plus parfaite , c'est-à-dire avec la respiration aérienne.
CCXIII. Cette proposition est extrêmement importante à cause des résultats qui en découlent pour la connaissance de la formation légitime dans les différents corps organisés. Je n'examinerai cependant ici que l'influence qu'elle exerce sur la production du squelette.
CCXIV. Or , il en découle d'abord , nonseulement un nouveau motif, diff'érent de celui que j'ai indiqué plus haut, pour que le dermatosquelette soit de toutes les formes possibles de squelette la première qui se réalise , mais encore la cause qui fait que , dans aucun cas , le splanchnosquelette ne peut arriver à un développement qui égale celui dont le dermatosquelette est susceptible. De plus , en ce qui concerne le névrosquelette , il découle de cette connaissance d'une connexion originelle entre l'énergie du développement du squelette et de la respiration , que , la segmentation du névrosquelette se rapportant en général à la vie végétative , son plus ou moins de développement dans telle ou telle région du corps est déterminé par les rapports plus ou moins intimes de cette région avec la respiration. Mais on a vu précédem-
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ment que , parmi les parties du névrosquelette , c'est la protovertèbre qui coi-respond surtout à la vie végétative; donc le développement de la protovertèbre d'une région donnée du corps et celui de ses expansions en colonnes deulovertébrales et triioverlébrales rayonnantes, décèlent surtout l'influence d'une respiration plus ou moins développée dans cette région.
CCXV. D'après cela , pour trouver les points où, soit dans un squelette quelconque, soit principalement dans un squelette arrivé à un haut degré d'évolution , se développent surtout des arcs protovertébraux , et même se réalisent les expansions rayonnantes en membres , qui peuvent idéalement surve-
nir à toute protovertèbre , nous devons commencer par examiner quels sont les points où prédomine la fonction respiratoire.
En suivant la même marche , après avoir reconnu le point où la formation ganglionnaire se montre au plus haut degré dans la masse centrale nerveuse, c'est-à-dire le cerveau , nous avons déterminé aussi que là devait avoir lieu le plus grand développement des deutovertèbres , d'où résulte le crâne.
CCXVI. Mais, en prenant pour base le tableau qui a été tracé précédemment , nous trouvons que , chez l'animal parfait , les régions respiratoires sont celles qu'indique le signe + dans le tableau suivant :
TETE
par rapport à ses fonctions végétatives
-■i?Mw^iT;"'mtJi^j'JJ*^*B^
rapport à l'accroissement de l'individu
rapport à l'accroissement de l'espèce
région respiratoire
3 vertèbres céphaliques
régions nasale et orale.
région digestive.
4 vertèbres céphaliques
régions oculaire etjugulaire.
région respiratoire
2 vertèbres céphaliques
région
auriculaire.
région digestive
1 vertèbre céphalique
région pharyngienne
région linguale
TRONC
par rapport à ses fonctions végétatives
rapport à la propagation de l'individu
rapport à la propagation de l'espèce.
corps respiratoire
vertèbres du tronc.
régions
cervicale et
pectorale
corps digesteur
vertèbres du tronc
régions épigas-
trique et hypogastrique.
CCXVII. Nous trouvons donc qu'au tronc les régions cervicale , pectorale et sacrée , à la tête , les régions nasale et auriculaire , sont celles où la formation des arcs protovertébraux et des membres doit arriver au plus haut degré de développement , et l'observation nous apprend qu'il en est réellement
respiration
2X3 = 6 vertèbres du tronc
régions sacrée çt vésicale
digestion
vertèbres du tronc
I régions coccy- 1 gienne.
I et rectale.
région génitale
ainsi. Seulement il importe encore de remarquer que , comme les régions respiratoires et digestives individuelles du tronc (cou et poitrine, épigastre ethypogastre) et les régions respiratoires et digestives de la tète (régions nasale et orale ) se partagent de nouveau en deux , qui répètent en elles l'opposition d'in-
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hatation et d'exhalation , il résulte de là des modifications particulières , par suite desquelles la formation de membres procédant d'arcs protovertébraux prédomine dans une moitié de la région respiratoire proprement dite (au cou) , tandis que l'autre moitié (la poitrine) est caractérisée par le développement pur d'arcs protovertébraux fermés. De là vient aussi que la moitié du corps digestif où prédomine l'exhalation , c'est-à-dire l'épigastre (à la région du foie) , offre de la tendance à manifester des arcs protovertébraux , d'ailleurs incomplets, qu'on appelle fausses
côtes (1). La même chose doit avoir lieu également à la tête , où la région respiratoire proprement dite tend à former des arcs protovertébraux avec des membres et des arcs protovertébraux fermés , c'est-à-dire des côtes , et où l'une des moitiés de la région digestive manifeste aussi la tendance à produire des côtes incomplètes. Mais le segment respiraratoire de la région génitale est simple à la tête et au tronc ; il ne saurait donc s'y développer qu'une espèce d'arcs protovertébraux. Ces divers détails peuvent être retracés sous forme de tableau de la manière suivante :
cavités nasales
côte de membre
cotes
TRONC
régions oculaire et jugulaire.
côtes incomplètes
région génitale
région région
auriculaire pharyngienne I I
cotes de —
membres
TETE
cou
côtes de membres
poitrine
région hépatique
côtes incomplètes
CCXVllI. Je ne dois point omettre de rechercher quelle peut encore être en particulier l'influence du développement des membres sur la respiration.
La respiration est un conflit de l'organisme avec ce qui l'entoure , et à cette occasion je ferai remarquer en passant que , précisément à cause de cela, c'est-à-dire parce qu'elle consiste en un conflit d'une individualité avec une totalité , elle doit animer spirituellement davantage l'individu, par le rapport qu'elle établit entre lui et un tout supérieur, mais en même temps contribuer à le détruire matériellement , tandis que l'inverse a lieu dans la digestion, où l'individualité jouissant pleinement de la vie réagit contre une autre individualité mise à mort, d'où il doit résulter pour elle vivification matérielle , mais en même temps dégradation spirituelle.
(1) Elles deviennent même des côtes propres au vol chez certains Reptiles.
région hypogastrique
région génitale.
(allantoïde) région vésicale
côtes de membres
région
rectale
Mais , de ce que la respiration est un coïiflit avec une substance originairement et absolument extérieure , il s'ensuit que les organes respiratoires se forment primordialement à la surface extérieure de l'animal. Une grande activité de la fonction respiratoire ne peut donc s'exprimer que par le prolongement de la surface extérieure de l'animal dans le milieu ambiant, c'est-à-dire par la production d'appendices.
CCXIX. Les prolongements qui partent de la surface extérieure de l'animal ont donc pour destination primordiale d'être des organes respiratoires, des branchies; et, ce point bien établi , nous sommes fondés à dire aussi que les prolongements arrivés à un plus haut degré de développement qui émanent de la surface du corps , et qui , en tant qu'ils sont mobiles et articulés , reçoivent le nom de mtmbres, doivent être considérés comme des branchies métamorphosées. L'étude des
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gradations par lesquelles les membres passent, dans la série animale , en se développant , confirme pleinement cette proposition; car nous voyons déjà chez les Mollusques ( par exemple CUo, Cleodora, etc. ) les lames branchiales apparaître comme premiers membres locomoteurs pinniformes. La chose est plus évidente encore chez les animaux articulés , où les membres naissent des feuillets branchiaux , et où les plus parfaits d'entre eux , les ailes , ne se montrent à nous que comme des lames branchiales desséchées (1).
CCXX. Ceux d'entre les Céphalozoaires chez lesquels l'opposition des squelettes cutané, splanchnique et nerval se dessine , sont , par cela même , ceux des animaux chez lesquels les prolongements du dermatosquelette conservent de la manière la plus complète la signification de branchies , et la plume , en sa qualité de plus parfait des prolongements du squelette cutané , est une branchie complète, d'abord riche en vaisseaux, et qui plus tard se dessèche. Un fait fort remarquable , et parfaitement d'accord avec ce qui précède , c'est que, même dans le névrosquelette , ce sont les colonnes de deutovertèbres rayonnantes d'après le nmnbre six qui déterminent la formation des membres, mais que ces mêmes deutovertèbres proviennent d'une répétition périphérique de la protovertèbre, c'està-dire (d'après le S CXLVI) d'une multiplication partant de la surface extérieure de la sphère primaire.
CCXXl. Tous les détails réunis dans lesquels je viens d'entrer expliquent d'une manière satisfaisante pourquoi les membres se développent surtout , d'après une progression astreinte à des lois, dans les régions spécialement consacrées à la respiration , pourquoi ils acquièrent leur plus haut degré de développement au tronc, où toutes les
(1) Veut-on avoir un exemple bien sensible de l'idenlité des ailes et des lames branchiales , il suffit de jeter les yeux sur la figure de la larve de l'ÉpIiémère , dans Swammerdam {Bibel derNatur, pi. xiv). Mais la preuve la plus péremptoire de cette proposition, qui jusqu'à présent n'avait été admise que d'une manière pour ainsi dire rationnelle, est fournie par les larves des Libellules , chez lesquelles j'ai découvert le premier une véritable circulation. Chez ces animaux, le sang circule à travers les branchies des ailes , absolument de même qu'à travers des branchies , tandis que , dans l'insecte parfait, l'aile paraît entièrement desséchée et n'offre plus aucune trace de circulation.
fonctions végétatives et par conséquent aussi la respiration jouissent d'une plus grande énergie, pourquoi enfin ils sont plus petits , et en partie élevés au caractère d'organes sensoriels , à la tête , où la respiration , comme toutes les fonctions végétatives , est faible en elle-même , mais se montre ennoblie et en quelque sorte spiritualisée par ses rapports avec la fonction sensorielle ( odorat et ouïe).
CCXXII. Mais ce n'est pas assez que ces diverses considérations fassent concevoir la nécessité de la formation des membres en général, elles rendent encore raison de leurs modifications particulières, sujet à l'égard duquel je n'examinerai ici qu'un point important , les autres devant être traités dans l'histoire spéciale du squelette. Le point dont il s'agit concerne :
1° La différence des membres antérieurs et postérieurs du tronc , qui est déterminée par la respiration individuelle et génitale de ce dernier. En effet , si nous examinons les diversités que ces respirations du tronc offrent dans les différents animaux, nous trouvons que l'une d'elles , la respiration individuelle ou pectorale, est aérienne ou pulmonaire , et l'autre , la respiration génitale ou pelvienne , aqueuse ou branchiale. La première est essentielle pour l'état de l'individu parfait et arrivé à la vie indépendante ; la seconde l'est pour la période d'évolution , pour l'état fœtal. Cette différence doit exercer la plus grande influence sur les membres qui se développent à l'un et à l'autre point. Les deux sortes de membres doivent avoir en commun de commencer par être des lames branchiformes, des nageoires, quoique, par les progrès du développement , cette apparence pinniforme s'efface de plus en plus , et qu'en dedans du membre natatoire (auquel on donne plus tard le nom de segment terminal) , il s'en forme encore d'autres médians (appelés segment supérieur et segment inférieur). Même dans l'embryon humain, les premiers germes des membres sont ainsi des lamelles pinniformes. Mais ces lamelles doivent être différentes , parce que les unes , les membres thoraciques, auront la tendance à se développer en organes d'un mouvement délicat , en organes de toucher, même eu organes aériens proprement dits (ailes), tandis que les autres, les membres
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pelviens , auront celle à se déployer en organes d'un mouvement grossier, purement locomotif, en membres terrestres, même en membres aquatiques proprement dits (nageoires).
CCXXIII. 2° La différence entre les membres qui rayonnent en dessus ( vers la lumière) et ceux qui rayonnent en dessous (vers la terre). On a vu précédemment que les colonnes vertébrales des membres rayonnent dans la direction de l'hexagone. Il peut donc se développer à la circonférence de la colonne protovertébrale six membres, savoir, un médian supérieur (pi. xx , fig. xv , G ) , deux latéraux supérieurs (E E) , deux latéraux inférieurs (FF), et un médian inférieur (G ). Or , le côté de la lumière se montrant déjà supérieur à l'autre dans le développement du système nerveux , il devra y avoir, entre les membres tournés vers la lumière et les membres tournés vers la terre , un rapport comparable à celui qui existe entre les membres de la tête et ceux du tronc (SCCXIV), et entre les membres antérieurs et les membres postérieurs (§ CCXXII). Donc, lorsqu'il se développe simultanément des membres dirigés vers la lumière et des membres dirigés vers la terre , les premiers doivent l'emporter en dignité sur les seconds. Ainsi , dans les Insectes , les membres latéraux supérieurs deviennent des ailes , et les inférieurs des pattes. De même , dans la tête des Céphalozoaires, les supérieurs deviennent parties intégrantes d'appareils sensoriels , par exemple cartilages de l'oreille , et les inférieurs , membres locomoteurs, par exemple arcs de la mâchoire inférieure. Mais comme le tronc est plus particulièrement destiné aux organes végétatifs et au développement vers le côté terrestre , les membres dirigés vers la lumière s'y développeront aussi d'une manière moins constante qu'à la tête (1).
CCXXIV. Les preuves de toutes ces assertions doivent être renvoyées à l'examen spécial des formes particulières du squelette. Cependant je crois en avoir dit assez pour que le lecteur attentif puisse concevoir comment
(1) C'est donc une proposition fondée en philosophie, que la forme humaine elle-même s'ennoblit beaucoup par Vapposition au tronc de membres dirigés vers la lumière , c'est-à-dire par celle d'ailes au côté tergal
l'apparition réelle de certaines parties primaires du squelette est déterminée essentiellement par la disposition spéciale des parties molles de l'organisme , tant de celles qui appartiennent à la vie animale que de celles qui entrent dans le domaine de la vie végétative. Or , tel était précisément le but que je me proposais ici.
CCXXV. Nous avons appris à connaître trois circonstances qui exercent une influence essentielle sur la formation du squelette réel , la dignité des diverses parties primaires idéales du squelette, la nécessité mathématique de telles ou telles d'entre ces parties , enfin le rapport qu'elles ont avec les parties molles en général et le système nerveux en particulier. En ayant égard à ces trois circonstances, nous pouvons déjà construire d'une manière assez complète le type d'un squelette normal qui s'accorde assez bien avec celui que la nature nous offre de la forme la plus parfaite du squelette. Mais il en reste encore une , qui ne doit pas jouer un rôle moins important que les précédentes dans la réalisation d'une formation squelettique ; c'est celle de V antagonisme.
CCXXVI. J'ai déjà dit précédemment que, dans les formations naturelles , nous étions, toujours conduits à la considération d'un plus et d'un moins, et que , par suite des oppositions qui régnent dans toute formation naturelle quelconque , le développement plus considérable d'un des membres d'une opposition entraînait toujours un développement plus faible de l'autre membre. Cette loi , qu'on ne peut mieux désigner qu'en l'appelant loi de l'antagonisme , exerce aussi l'influence la plus prononcée sur la production du squelette , dans lequel les parties qui sont en antagonisme les unes avec les autres s'expriment par un plus ou un moins de développement.
CCXXVII. Si l'on demande à quoi peut être reconnu , dans un squelette , le plus ou le moins de son développement , nous trouvons surtout les points suivants qu'il me paraît à propos de mettre en regard les uns des autres :
de la poitrine (pi. xxii , fig. xx) , et la science démontre que les prévisions de l'art étaient parfaitement fondées lorsque , guidé par une sorte d'instinct prophétique, il accordait des ailes aux anges.
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Le développement plus considérable d'une partie squelettique s'annonce par
1° Accroissements suivant une ou plusieurs dimensions ;
2" Division en parties différentes , et par conséquent multiplication ;
3° Développement plus parfait de sa structure intime;
4° Manifestation plus pure de rapports potentiels , numériques et linéaires supérieurs dans sa forme extérieure ;
5° Dignité plus élevée des substances chimiques et des combinaisons de ces substances , qui entrent dans sa composition.
CCXXVIII. Si maintenant nous voulons apprendre à connaître Yeffet qu'un tel antagonisme produit dans le squelette, nous avons d'adord à nous occuper de résoudre le problème suivant : quelles sont les oppositions les plus essentielles dans le squelette en général?
Mais nous trouvons bientôt que nous avons ici quatre sortes d'antagonismes à distinguer: 1° l'antagonisme de la dignité des diverses parties primaires considérées en elles-mêmes; 2° l'antagonisme du lieu qu'occupent les diverses parties primaires , du point où elles se développent dans la protovertèbre et à ses dépens ; 3" l'antagonisme des parties primaires , suivant qu'elles se développent dans telle ou telle région du corps entier de l'animal ; 4° l'antagonisme des diverses parties primaires, suivant qu'elles se développent dans le dermatosquelette, le splanchnosquelette ou le névrosquelette.
CCXXIX. 1° Antagonisme de la dignité des diverses parties primaires .
Ici nous devons d'abord examiner l'antagonisme primordial quia lieu entre les principales espèces de ces parties primaires en général, c'est-à-dire mfre les vertèbres primaires , secondaires et tertiaires. Comme tout produit est nécessairement dans un certain antagonisme avec ce qui le donne, et comme , par suite de cet antagonisme primordial, la nature rattache fort souventla mort de l'individu vivant à la génération d'une nouvelle individualité, la partie qui se développe d'une autre est en antagonisme avec celle-ci, et son développement plus considérable entraînera l'oblitération de la partie primaire (1).
(!) Ainsi les cotylédons meurent lorsque la plante se
Le développement le plus faible (oblitération) d'une partie squelettique s'annonce par
1° Diminution suivant une ou suivant toutes les dimensions (disparition) ;
2° Non-apparition des divisions qui lui appartiennent essentiellement ;
3" Développement plus parfait de sa struc ture intime ;
4" Manifestation plus grossière de nombi'es arithmétiques simples et de lignes géométriques simples dans sa forme extérieure ;
5° Grossièreté plus grande des substances et de leurs modes de combinaison.
CCXXX. Par suite de cette loi , le degré de développement de la deutovertèbre est en antagonisme avec celui de la protovertèbre ^ et celui de la tritovertèbre avec celui de la deutovertèbre.
On trouve à chaque instant des applications de cette loi dans les diverses formes évolutives de l'ensemble du squelette osseux. Ainsi, jamais nous ne voyons le plus haut degré de développement des arcs protovertébraux (côtes ) coïncider avec un grand développement de la deutovertèbre ( par exemple tergale). Jamais, quand les tritovertèbres se développent de la manière la plus complète, les deutovertèbres n'acquièrent un développement considérable , ce dont la preuve est fourniesurtout parles membres, dont les colonnes osseuses , uniquement formées de tritovertèbres (corps vertébraux), dans le névrosquelette , excluent toute manifestation de deutovertèbres. Jamais non plus on ne rencontre une deutovertèbre bien développée (par exemple, comme vertèbre crânienne) qui oifre en même temps un grand développement de tritovertèbres (parexemple, comme corps vertébraux ou apophyses vertébrales).
CCXXXL 2° Antagonisme entre lesparties primaires, suivant le point où elles se développent dansla deutovertèbre, et à ses dépens.
Si nous contemplons l'image d'une protovertèbre complètement développée dans tous ses membres (pi. xxn , fig. xv) , nous voyons que l'antagonisme le plus essentiel en elle est celui qui a lieu entre les côtés supérieur et in-
développe , les corolles et les étamines périssent quand le fruit s'accroît, l'œuf s'anéantit quand l'animal arrive h pouvoir vivre par lui-même.
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férieur, tergal et mntral, ou plus exactement lumineux ei terrestre ; cdiY terre et univers, pesanteur et lumière, sont les deux circonstances qui exercent Tinfluence déterminante la plus puissante sur le développement, c'està-dire sur la segmentation de l'organisme. Mais ce premier antagonisme, dans lequel chaque membre est déterminé par une chose différente, donne l'idée des deux côtés comme étant égaux j car, droit et gauche^ envisagés en ce sens, sont soumis à des influences par f ai tement égales de la Terre et de l'univers, et doivent par conséquent aussi se former d'une manière égale. En un mot, le premier antagonisme relatif à l'espace nous donne aussi la première symétrie.
CCXXXII. Or, il résulte delà une loi dont nous trouvons l'application dans tout squelette complet, savoir : que, dans le développement d'une protovertèbre quelconque, toutes les parties qui se déploient avec la même signification et à la même région^ sur la droite et sur la gauche, doivent être, d'après leur nature intime, paires, c'est-à-dire parallèles, tandis que toutes celles qui naissent de la protovertèbre, de manière à laisser apercevoir un antagonisme entre haut et bas, soit dans la direction verticale, soit dans la direction oblique, doivent également offrir l'antagonisme d'un plus et d'un moins.
Ainsi, parmiles diverses parties primaires qui procèdent d'une protovertèbre , un arc protovertébral droit est pareil au gauche , un deutovertébral droit au gauche, un membre droit au gauche, une apophyse transverse ou articulaire droite à la gauche correspondante. En outre , les diverses parties qui se développent latéralement les unes des autres doivent être les unes avec les autres dans un certain rapport d'égalité , et le degré de développement des membres latéraux ou des apophyses latérales doit par conséquent être proportionné à celui des arcs protovertébraux ou deutovertébraux d'où ces membres ou ces apophyses procèdent (pi. xxn, fig. XV, B =B', B = B\ f, = f\ f=i').
CCXXXIII. Parmiles parties qui procèdent d'une protovertèbre,, les suivantes se développent avec antagonisme, c'est-à-dire qu'un plus grand développement de l'une entraîne un moindre développement de l'autre : les deutoverlèbres supérieures et inférieures, les moitiés supérieures et inférieures de la proto-
vertèbre et des arcs deutovertébraux, les trilovertèbres supérieures et inférieures, les membres et apophyses qui rayonnent vers le haut et vers le bas, les colonnes vertébrales rayonnantes en général, et celles qui sont parallèles à la protovertèbre (pi. xxu, fig. xv, 2:3, ce- : FF',>:«,G': G, F'=E: F, f' : ç, = e' : y, et 2. 3 :F. E.)
CCXXXIV. On trouve à faire les explications les plus variées de cette loi , en parcourant, les diverses formes particulières de squelettes.
Ainsi , par exemple, en ce qui concerne les antagonismes , elle explique pourquoi le développement des deutovertèbres parallèles, arrivé au point de produire un crâne , entraîne l'oblitération totale des deutovertèbres infé- , rieures qui, idéalement, devraient leur appartenir; pourquoi le développement considérable des deutovertèbres inférieures empêche celui des supérieures ; pourquoi le développement simultané des deutovertèbres parallèles supérieures et inférieures rend impossible celui des deutovertèbres parallèles latérales ; pourquoi un grand développement des portions tergales des arcs protovertébraux ne permet aux portions sternales que de se développer faiblement, et vice versa; pourquoi le développement considérable des membres et apophyses qui rayonnent verslaterre (c'est-à-dire des tritovertèbres ) entraîne l'oblitération ou l'absence des membres et des apophyses qui rayonnent vers le côté lumineux, et vice versa, etc.
A l'égard de la symétrie , c'est sur l'existence par paires des parties primaires dont j'ai fait rénumération, que repose la conformation symétrique qui s'observe dans tous les squelettes parvenus à un haut degré de développement.
CCXXXV. 3° Antagonisme des parties primaires, suivant qu'elles se déploient dans telle ou telle région de l'organisme , et procèdent par conséquent de protovertèbres différentes.
Pour bien l'apprécier, il faut partir de la considération des antagonismes qui ont lieu entre les diverses régions de l'organisme entier.
Si l'on jette les yeux sur le tableau que j'ai donné plus haut (§ CXCIX) des principales segmentations du corps animal, on trouvera
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un premier antagonisme entre la tête et le tronc, dont la première renferme le foyer de l'activité animale , le cerveau, et l'autre le foyer de l'activité végétative, le cœur.
CCXXXVI. De ce premier antagonisme résulte, pour la manifestation du système osseux supérieur, la nécessité que les deutovertèbres, qui ont particulièrement rapport à la vie sensible , se développent davantage à la tête, où elles deviennent vertèbres crâniennes, tandis que les protovertèbres et les tritovertèbres, qui ont trait à la vie végétative, prennent plus de développement au tronc, où elles deviennent arcs costaux et membres. Il s'ensuit aussi qu'en général le développement du squelette de la tête est plus idéal que matériel (dans l'espace), et celui du squelette du tronc plus matériel qu'idéal ; ainsi la tête estsphérique, et ses membres sont en partie soudés sous la forme d'arcs (mâchoires) , tandis que le tronc est cylindrique , avec des membres rayonnants libres ; la tête a en outre des membres plus délicats, qui rayonnent vers le côté lumineux (cartilages auriculaires, palpes), tandis que le tronc n'a que des meml)res rayonnants vers le côté terrestre , etc. Il s'ensuit encore qu'une légitimité plus rigoureuse est observée dans les rapports numériques de la tête, et qu'une imprécision plus grande règne dans ceux du tronc : ainsi, on trouve le même nombre de vertèbres céphaliques chez tous les Céphalozoaires, tandis que le nombre des vertèl3res du tronc varie prodigieusement. Ce premier antagonisme entraîne encore , pour la formation du squelette , plusieurs autres conséquences, dont l'exposition doit être réservée à l'anatomie spéciale.
CCXXXVII. Nous apercevons un second antagonisme entre les points centraux et les deux points terminaux ou pôles de leur moitié de corps. On peut l'exprimer de la manière suivante :
Moitié de corps animale.
TÈTE
Moitié de corps végétative.
TRONC
extrémité antérieure de la tête.
cerveau et en
particulier
glande
pinéale.
extrémité antérieure du tronc.
cœur.
extrémité postérieure du tronc.
extrémité postérieure de la tête.
De cet antagonisme résulte la nécessité que le squelette acquière son plus grand développement au voisinage du milieu de chaque moitié du corps, qui est le centre vital de cette dernière , et qu'il aille en s'oblitérant vers les deux extrémités. Ainsi les parties primaires les plus essentielles du squelette de la tête, les deuto vertèbres, prendront leur plus parfait développement au voisinage de la glande pinéale, c'est-à-dire aux masses cérébrales moyeime et antérieure, tandis qu'elles s'oblitéreront vers la face et vers le cou : de même, les parties pi^imaires les plus essentielles du squelette du tronc , les protovertèbres, arriveront à leur plus haut degré de développement dans le voisinage du coeiu% c'est-à-dire à la région thoracique, où elles produiront les arcs costaux , tandis qu'elles s'oblitéreront vers la tête et vers l'extrémité inférieure du tronc.
Mais les proto vertèbres et les deuto vertèbres ne sont pas seules soumises à cette loi : elle s'applique aussi aux tritovertèbres, et non moins aux colonnes vertébrales parallèles qu'aux rayonnantes (membres). Ces parties vont toujours en diminuant à partir du point où se trouve le foyer de leur vie, et de là vieiît aussi que les colonnes de dicônes se terminent par un os simplement conique, comme je l'ai déjà dit précédemment (§ CLI.)
CCXXXVIII. Un troisième antagonisme a lieu entre les deuxpom^s terminaux ou pôles, non-seulement de Vorganisme entier (a et ô'j dans le tableau précédent), mais encore de chaque moitié du corps {a et b, a' et 6').
Sous le premier point de vue, le développement du système nerveux nous a déjà présenté l'antagonisme entre les extrémités antérieure et postérieure de la masse centrale nerveuse , qui se sont converties entièrement la première en organes purement sensibles (nerfs du sentiment) , la seconde en organes réactionnaires ( nerfs du mouvement). De là un antagonisiTie correspondant dans le squelette parfait, celui qui se rapporte au système
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nerveux. La colonne deiitovertébrale qui correspond à la moelle épinière ( rachis et vertèbres céphaliques) doit donc ne plus offrir à son extrémité antérieure aucune trace de tritovertèbres, qui correspondent au mouvement, et y dégénérer en cartilages nasaux, formés par des deutovertèbres pures et n'enveloppant que des organes sensibles, tandis que les arcs deutovertébraux, correspondants aux parties sensibles , doivent disparaître à son extrémité postérieure ou inférieure, et celle-ci ne plus consister qu'en une série prolongée de tritovertèbres (corps de vertèbres).
CCXXXIX. Sous le second point de vue (l'antagonisme de a et 6 et de à et 6) , cet antagonisme doit déjà être important et influer sur la formation du squelette , en ce que les pôles tournés l'un vers l'autre de la tête et du tronc (6 a) ne peuvent manquer , précisément parce qu'il y a conflit organique entre eux , d'avoir plus d'importance que les deux autres pôles de la tête et du tronc {a h') , qui séparent l'individu du monde extérieur. Cet antagomsme s'exprime donc toujours de la manière la plus prononcée dans les squelettes supérieurs ; et , à cet effet , les parties essentielles du squelette céplialique sont plus développées du côté du tronc que vers l'extrémité antérieure de la tête , c'est-à-dire que le développement de la vertèbre occipitale est beaucoup plus parfait que celui de la vertèbre faciale antérieure , comme aussi le squelette du tronc est plus développé du côté de la tête que vers l'extrémité opposée , la vertèbre cervicale antérieure ayant acquis un développement bien plus complet que la dernière vertèbre caudale.
CCXL. Un quatrième antagonisme est celui qui existe entre les différentes formes de squelette. Celui-là est double à son tour ; car 1" deux formes de squelette (le dermatosquelette et le splanchnosquelette) séparent l'organisme du monde extérieur ; 2° une autre (le névrosquelette) sépare le système nerveux du reste du corps animal , de sorte qu'il doit y avoir, 1° antagonisme entre le dermatosquelette et le splanchnosquelette pris ensemble et le névrosquelette ; 2" antagonisme entre le dermatosquelette et le splanchnosquelette.
CCXLI. Les conséquences de cette loi sont très-multipliées aussi dans les différentes for-
mes de parties animales solides. Ainsi , par exemple , quand le dermatosquelette est trèsdéveloppé , jamais le splanchnosquelette ne parvient à un égal degré de développement. Il arrive bien moins encore que , quand le dermatosquelette s'est développé beaucoup , et le splanchnosquelette autant que le permet l'antagonisme entre eux, un névrosquelette puisse apparaître , tandis qu'au contraire le développement parfait d'un véritable névrosquelette entraîne de toute nécessité un faible développement du dermatosquelette et du splanchnosquelette , et souvent même ne permet à ces deux derniers d'apparaître que là où cesse le premier. Ainsi, par exemple, chez l'homme , les restes du dermatosquelette des membres, c'est-à-dire les ongles, ne commencent à se manifester qu'à l'endroit où cessent les segmeuts terminaux des colonnes tritovertébrales du névrosquelette , c'est-àdire les os proprement dits.
CCXL II. Après avoir parcouru les divers antagonismes qui influent sur la formation du squelette , en tant qu'ils s'expriment par un plus ou un moins d'un ou d'autre côté , il reste à prendre en considération qu'au milieu de tous ces antagonismes on peut encore concevoir un terme moyen dans lequel les deux termes de l'opposition soient parfaitement égaux entre eux, où par exemple la tête et le tronc soient développés au même degré , où le dermatosquelette et le splanchnosquelette , tous deux aussi pris ensemble , et le névrosquelette, se déploient également, de sorte qu'il y ait parité absolue entre les deux membres ou facteurs. En pareil cas, il arriverait que , dans la supposition d'une certaine quantité de force et de substance plastique suffisante pour produire le plus grand développement d'un des membres s'il y avait antagonisme , le développement de tous deux serait uniforme , c'est-à-dire qu'aucun des deux ne pourrait s'élever au delà d'un certain état moyen.
CCXLIII. Nous trouvons déjà dans cette circonstance la cause au moins qui fait que , dans les animaux supérieurs , dont l'organisation doit se distinguer précisément par la perfection plus grande de leurs organes essentiels , ce développement égal de deux membres antagonistes l'un à l'autre ne peut jamais avoir lieu. Des lois d'un ordre plus
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élevé établissent d'une manière bien plus explicite encore l'impossibilité d'une formation parfaitement symétrique de deux membres du corps animal en général enti'e lesquels il y ait antagonisme. En effet , si nous considérons que la vie de la nature tient à l'égalité des antagonismes contenus en elle, qu'un équilibre absolu de forces opposées devrait nécessairement avoir pour résultat un repos absolu , c'est-à-dire la mort , et qu'au cou traire la prédominance tantôt de l'un , tantôt de l'autre facteur , est la source éternelle de toute diversité et de tout mouvement parmi les êtres naturels , on arrive à conclure que, dans la formation aussi du squelette , une égalité absolue de toutes les parties antagonistes les unes aux autres qui le constituent , est une chose absolument impossible. Or, l'étude de toutes les formes individuelles de squelettes qu'on rencontre dans le règne animal ne nous offre pas un seul exemple de cette égalité absolue d'éléments antagonistes, et elle nous force , au contraire , de reconnaître qu'il y a toujours du plus ou du moins dans ces divers antagonismes.
CCXLIV. Ayant appris à connaître d'une part les éléments géométriquement construits des parties solides du corps animal , de l'autre les influences spéciales qui modifient leur configuration et qui deviennent cause que certaines parties primaires se réalisent , tandis que d'autres restent sans se développer , dans certaines individualités animales , il serait possible , à l'aide de ces éléments et au moyen de ces modifications, de trouver, par une construction pure , la forme de squelette qui , correspondant de la manière la plus parfaite à toutes les exigences de la raison et de la légitimité, mériterait le nom de forme normale, de squelette normal. Je m'étais d'abord proposé de faire succéder aux considérations précédentes la construction de ce squelette normal. Mais , ayant réfléchi depuis que la réalisation la plus complète de la loi
rationnelle dans l'organisation animale a lieu chez l'homme seulement , de sorte qu'on peut prévoir par avance que l'idée d'un squelette normal devrait se rapprocher du squelette humain autant qu'il est possible ici-bas à une formation naturelle de se rapprocher d'une loi purement rationnelle , j'ai renoncé à mon projet primitif, et j'ai jugé plus convenable de passer immédiatement à l'étude des formes réelles du squelette.
CCXLV. Je terminerai ici les considérations générales et préparatiores , pour passer à l'examen des différentes formes de squelette que la nature nous offre. Mon but va être
1 " De poursuivre , d'après l'oidre précédemment tracé , le développement d'une forme parfaite de squelette à travers la série des diverses classes du règne animal ;
2° De peindre à grands traits le squelette humain , pour faire voir qu'il est celui qui correspond le mieux à la légitimité , et en même temps pour montrer quels sont les points où la construction géométrique pourrait exiger que cette forme de squelette , la plus parfaite qui nous soit connue , fût plus ennol3lie encore et exprimât une légitimité d'un rang plus élevé ;
3° De faire connaître le développement individuel des formes supérieures de squelette, en prenant l'état embryonnaire pour point de départ , et de montrer le retour à des formes inférieures ou moins parfaites dans l'état pathologique.
S'il ressort de cette discussion que les différentes formes du squelette animal ne sont en réalité que des tendances à réaliser plus ou moins une loi dont toutes présentent le reflet, et que le squelette humain seul répond par-' faitement aux exigences d'une légitimité supérieure , ce sera une preuve scientifique rigoureuse que je n'ai point erré dans ce que j'ai dit précédemment (§ 19 , 20) à l'égard de la signification de l'organisation humaine.