CCCXVII. Enfin, c'est dans les Arachnides
(1) En général l'antagonisme entre le dermatosquelette et le splanchnosquelette , tel qu'il se montre ici pendant la vie, est extrêmement remarquable ; car dès que le squelette extérieur commence à cesser de se former, des dépôts terreux ont lieu sur les côtés de l'estomac , et y produisent ce qu'on nomme les yeux d'Écreyisse.
N'existent que chez les femelles, et manquent chez les mâles.
que le type de la segmentation générale du corps se rapproche le plus de celui du premier ordre de la classe des animaux articulés, les Insectes. Ici la segmentation commence d'une manière très-simple dans les Acarides; elle devient déjà mieux déterminée dans les Aranéides ; elle se prononce encore davantage dans les Faucheurs, et se rapporte tout à fait à celle des Insectes dans les Scorpionides. Je ne puis indiquer ici que les points les plus essentiels de ces transformations.
A l'égard des Acarides , souvent encore leur corps entier n'est point articulé ; et , comme l'indique la ligne ponctuée extérieure, (fig. XX , pi. XXIV ) 5 il représente une simple sphère creuse à test mou. C'est ce qu'on voit, par exemple , dans VHydrachna et VEylaïs , où il n'y a que le rayonnement de quatre paires de membres qui indique la segmentation du corps. D'autres Acarides, tels que les Acarus et les Gamasus^ se rapprochent déjà des Arachnides par un commencement de division du corps en tête, poitrine et abdomen ; ce dernier continue néanmoins encore à être simplement sphérique.
SQUELETTE DES ANIMAUX ARTICULÉS
Dans les Aranéides , le dermatosquelette est encore fort mou , et il se divise d'une manière très -simple en une protovertèbre céphalique , quatre protovertèbres thoraciques , étroitement unies tant ensemble qu'avec celle de la tête, et une grande protovertèbre abdominale sphérique ( pi. xxiv , fig. XX ). Cependant cette subdivision du nombre six, 1:4:1, est encore un rapport fort peu harmonique.
Quant aux membres, c'est ici pouv la première fois qu'on voit des membres latéraux partir de la protovertèbre céphalique en rayonnant vers le haut et vers le bas. Comme la figure l'indique, et comme en général aussi nous le voyons à la première vertèbre faciale des Insectes, on trouve ici, sur les côtés, en haut, des mandibules, et en bas , des maxilles , dont les palpes à six articles rappellent encore la conformation des pattes. A la poitrine, il y a quatre paires de membres , dont chacun répète deux fois la proportion numérique des vertèbres thoraciques dans les huit articles qui le constituent. A l'abdomen, les lames branchiales des Branchiopodes et des Décapodes se convertissent en deux paires de palpes voisins des fihères, de telle sorte que, par leur nombre et par leur conformation , ils répètent les membres céphaliques.
Un fait remarquable, c'est qu'ici , comme chez les Faucheurs , la formation pileuse se déploie sous l'apparence de tritovertèbres rayonnantes , simplement coniques, en nombre indéterminé, et d'une ténuité extrême , dont la manifestation paraît se rattacher à la disparition des branchies , puisqu'on n'en aperçoit plus de traces dans les Scorpionides. CCCXVIII. Chez les Faucheurs , la segmentation se prononce davantage, et l'abdomen surtout , qui avait été jusque-là d'une seule pièce, commence à se diviser d'une manière évidente. A la vérité, il n'est point encore segmenté dans les Phalangium ; mais il l'est dans les Galeodes. Ces derniers Arachnides ont , d'après la figure de Pallas , neuf ou dix articles à l'abdomen , quatre à la poitrine , et un seul à la tête. La tête et la poitrine continuent toujours à n'être point séparées. Les palpes maxillaires deviennent presque entièrement des pieds , de sorte qu'en comptant les quatre paires de pattes thoraciques , l'animal semble , au
premier aspect, avoir dix paires de membres.
Mais les Scorpionides sont , de tous les Arachnides, ceux qui se rapprochent le plus des Insectes, sous ce point de vue principalement que, chez eux, pour la première fois, le nombre des paires de membres du tronc se trouve réduit , comme chez ces derniers animaux.
Si nous examinons d'abord la colonne protovertébrale du corps, sa plus grande imperfection , et ce qui l'éloigné le plus des Insectes , consiste en ce que les anneaux cornés qui enveloppent la tête et la poitrine, ne sont point encore séparés , et que , loin de là même , on ne peut guère juger de leur nombre qu'à l'aide de celui des paires de pattes. Ainsi je ne trouve , chez le Phrynus reniformis, qu'un disque arrondi, dans lequel se réunissent les trois protovertèbres thoraciques et la vertèbre céphalique, où les membres indiquent encore une division en anté rieure et postérieure. Il en est de même dans le Scorpio afer , avec cette seule différence que la poitrine et la tête prennent une forme plus cylindrique. Le nombre des protovertèbres abdominales varie. Dans le Phrynus reniformis j'en compte deux petites, six grandes et une petite ; dans le Scorpio afer (pi. xxv, fig. xxi) , sept grandes protovertèbres forment l'abdomen proprement dit, et six petites protovertèbres ovalaires (propres surtout à faire apprécier la forme primaire de toutes ces protovertèbres et la répétition de cette forme par celle des membres ) constituent ce qu'on appelle la queue , dont le dernier article se termine en une pointe simplement conique, à peu près comme le fait la proto vertèbre céphalique antérieure des Astacins. La segmentation du corps entier est donc représentée par la progression suivante , 2:3:7 + 6, qui n'est également point pure (1).
Si maintenant nous passons aux membres rayonnants sous la forme de colonnes deutovertèbrales, nous observons les particularités suivantes :
1° L'abdomen étant plus segmenté luimême, on n'y voit point de membres. Les Scorpions seuls offrent encore , à la protover-
(1) Il est toujours digne de remarque que ce sont précisément des animaux venimeux , tels que les Scolopendres et les Scorpions , qui se segmentent ainsi en des proportions numériques impaires.
SQUELETTE DES ANIMAUX ARTICULÉS
tèbre la plus antérieure , un vestige de la forme branchiale qui appartient primairement à cette région (pi. xxv, fig. xxi, x).
2" A la poitrine, il y a trois paires de colonnes deutovertébrales qui rayonnent latéralement de haut en bas , et constituent autant de membres , composés chacun de sept articles , dont le dernier se divise en deux pointes coniques. Ordinairement on compte quatre paires de pattes chez les Scorpions; mais les antérieures correspondent évidemment aux palpes maxillaires des hisectes, et appartiennent à la tète ; aussi manquent-elles dans d'autres genres de ce groupe, par exemple , les Phrynes.
3° A la tète, on peut distinguer des membres antérieurs et postérieurs.
Les postérieurs , situés à la partie de la tète qui correspond à la vertèbre crânienne proprement dite des Insectes , se développent , dans les Phrynes , sous la forme de grands rayonnements latéraux vers le haut , ou d'antennes , comme chez les Insectes. Ils n'existent point dans les Scorpions , où l'on trouve à leur place une paire postérieure de maxilles , qui correspond à la paire postérieure de maxilles des Crustacés , et qu'on peut comparer aussi aux palpes de la lèvre inférieure des Insectes , quoique ceux-ci reposent sur le rudiment de la vertèbre céphalique antérieure. Les articles radicaux de cette paire sont situés à côté de l'orifice buccal , et sept autres articles se comportent absolument comme aux pattes proprement dites.
Les membres antérieurs existent toujours sous la forme , tant de membres rayonnants vers le haut ( mandibules ) , que de membres rayonnants vers le bas (maxilles). Les supérieurs sont plus petits, mais plus importants pour la préhension des aliments, et du reste ils se terminent en pointes diconiques mobiles (pinces). Les inférieurs se comportent de même, mais sont beaucoup plus volumineux, et , par leurs six gros articles vésiculeux , ils répètent manifestement les vertèbres caudales ; leurs palpes représentent les grandes pinces.