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CCCLXXXin. Mais le rapport d'antagonisme entre les extrémités antérieure et postérieure , ou supérieure et inférieure , de la colonne vertébrale entière , s'exprime encore par la tendance qu'ont ces extrémités à se prolonger d'une manière indéfinie dans le cas d'exubérance de la force plastique. Au crâne , l'unité qui y domine fait que le nombre des vertèbres ne peut s'accroître ; aussi n'y ob ■ serve-t-on que des prolongements des vertèbres faciales. Mais, au bassin, rien ne s'oppose au développement d'une pluralité indéfinie , aussi , chez les espèces inférieures , les vertèbres coccygiennes se multiplientelles volontiers au point de devenir un membre terminal postérieur impair, une colonne vertébrale caudale. Si donc les rapports numériques des Corpozoaires , dans le règne animal , sont en général vagues et sans fixité , ceux des vertèbres caudales le sont toujours davantage, quoiqu'on aperçoive parfois en elles une tendance à répéter les rapports numériques des segments supérieurs de la colonne vertébrale, par exemple à former 30, ou 36 ou 39 vertèbres.
CCCLXXXIV. La direction des vertèbres rachidiennes doit nécessairement être paral-
(1) Voyez , sur la signification de ces nombres ,1a note au § CLVH.
Vertèbres
génitales.
Vertèbres
coccygiennes.
lèle à la colonne protovertébrale du tronc. Mais les segments de protovertébi'e du tronc procèdent originairement de la sphère simple de l'œuf proprement dit, c'est-à-dire du jaune, de la vésicule ombilicale. Par conséquent , à l'époque de sa première apparition , où la colonne vertébrale du tronc repose encore sous la forme de sphère , la colonne deutovertébrale , qui part de la cicatricule du jaune , forme nécessairement une ligne qui suit le contour de la sphère , c'est-à-dire une ligne circulaire incomplète, ou ouverte à l'une des extrémités. A mesure que la sphère primaire s'étend en colonne proto vertébrale, la colonne deutovertébrale s'étend aussi de plus en plus en ligne droite , mais de telle sorte cependant que des traces de sa courbure primordiale restent visibles tant à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. Voilà donc pourquoi nous trouvons généralement que la partie moyenne du rachis (la région du cœur et de l'estomac) est courbée encore de dedans en dehors , et pourquoi aussi les extrémités de ce même rachis montrent une tendance à se courber de dehors en dedans , l'une vers l'autre , et souvent celle de se contourner en spirale (1) , à
(1) La tendance d'un cercle ouvert à se rouler en spirale aux deux extrémilés, tendance qu'on observe dans tout anneau élastique qui vient à s'ouvrir , et qui
NÉVROSQUELETTE DES CÉPHALOZO AIRES.
peu près comme le font , aux veilèbres crâniennes , ceux des arcs qui ne sont pas clos. C'est ce qui expliqne pourquoi la colonne vertébrale libre et mobile de la queue tend à se rouler de dehors en dedans, pourquoi aussi la même tendance s'observe dans le prolongement libre de la vertèbre faciale dans la trompe de l'Éléphant (1).
CCCLXXXV. Indépendamment des diversités qui viennent d'être signalées dans la direction des vertèbres rachidiennes , il faut également prendre en considération celles qui ont rapport à cette direction envisagée eu égardà la terre ; et', sous ce point de vue, je ne dois pas parler seulement de la direction de la colonne deuto vertébrale, mais traiter en même temps de celle de la colonne proto vertébrale. Cependant la colonne deutovertébrale est la partie caractéristique pour les Céphalozoaires et pour le névrosquelette, de sorte qu'on doit plutôt admettre qu'elle détermine la direction entière de la colonne
Dénomination primaire.
Deutovertèbre du côté tergal.
c. Lames tectrices (3, 4, fig. xix).
b. Lames basilaires (1,2).
Quoique , d'après l'idée , chaque paire de plaques se divise encore , à proprement parler, en deux, une paire supérieure et une inférieure , cependant il est rare que l'on rencontre cette division ; fort souvent même on n'observe pas celle en lames tectrices et basilaires , et l'anneau paraît tout à fait simple (3).
protovertébrale , que de penser qu'à celui-ci appartient de déterminer la sienne. Mais ce qu'on pourrait dire, à cet égard, sur la direction tout à fait parallèle à la terre du rachis chez les animaux inférieurs, sur son élévation graduelle , principalement vers la tête , et enfin sur la verticalité de la colonne entière chez l'homme, ne diffère en rien de ce dont j'ai déjà parlé , sous ce rapport, en traitant des différentes directions de la moelle épinière et du cerveau (2).
CCCLXXXVl. J'arrive à la formation de la colonne vertébrale rachidienne, et ici il devient également nécessaire de reprendre chacune des parties dans lesquelles elle se divise primordialement , de la même manière que le font les vertèbres crâniennes, avec les portions de tritovertèbres qui lui appartiennent, de désigner toutes ces partis d'après leurs dénominations primaires , et de comparer ces noms avec ceux que l'usage a consacrés (F. pi. xxn, fig. xix).
Dénomination usitée.
Vertèbre rachidienne.
Arc de la vertèbre rachidienne.
est la source de formations si variées dans le règne animal et le règne végétal , doit être expliquée par le rapport entre l'essence intime de la ligne circulaire et celle de la ligne spirale ; car la ligne dont , à chaque point , la direction s'écarte uniformément de la droite, donne le cercle, tandis que celle dont la direction s'écarte de la droite d'une quantité uniformément croissante à chaque point , ne peut plus se former en cercle , mais se roule sur elle-même.
(1) Une idée claire et précise de cette manière dont se développe la direction du rachis nous explique un grand nombre de phénomènes que nous apercevons chez l'animal vivant, même chez l'homme, par exemple le ploiement en deux du fœtus , dont la tète est inclinée sur la poitrine ; la tendance à reprendre cette position quand on se tient en repos parfait, ou qu'on est las; l'ahaissement de la queue chez les Mammifères fatigués ou malades ; son redressement et son enroulement plus fort en avant dans le cas contraire ;
le redressement et l'abaissement du cou chez les Oiseaux surtout , etc.
(2) La connaissance de la signification des diverses directions du rachis par rapport à la terre explique beaucoup de phénomènes dans le mouvement de l'animal vivant et même de l'homme. L'obligation dans laquelle sont les animaux qui nagent de faire des eflbrts pour maintenir leur côté tergal ou supérieur dirigé vers le haut, tandis qu'une fois morts ils le tournent vers la terre , et cette circonstance que , pour l'homme, le decubitus horizontal indique une détente , le sommeil , en quelque sorte un retour à une forme inférieure de vie , fournissent déjà matière à des considérations très-variées. Il faut encore ranger ici l'observation que les animaux se refroidissent plus aisément lorsqu'on les tient couchés sur le dos , et beaucoup d'autres faits qu'il n'entre pas dans mon plan de signaler ici.
(3) Les vertèbres rachidiennes sont donc inférieures
NÉVROSQUELETTE DES CÉPHALOZOAIRES.
Tritovertèbrc appartenant à la clcutovcrtèbre.
rt. Tritovertèbre parallèle, a". Inférieure («, fig. xiXj.