CHAPITRE XI
Importance de plusieurs formations squelettiques morbides pour l'histoire des parties primaires du squelette osseux.
DCCCCXLIII. Si quelque chose pouvait être propre à me faire apercevoir l'importance des connaissances que de longues années d'observation assidue et comparative m'avaient procurées sur les parties élémentaires du squelette, leurs rapports mutuels et la diversité de leur développement en raison de leur valeur intrinsèque, c'était l'application de ces données aux formations pathologiques si nombreuses qu'on rencontre dans le squelette. Combien n'est-il pas digne de remarque que des rapports et des significations à peine saisissables dans la forme normale , ressortent souvent tout à coup , avec plus d'évidence dans une forme pathologique ; que des parties qui , dans l'état normal , acquièrent le plus grand développement , s'arrêtent , dans l'état patholo-
( I ) A différentes époques on a cherché à trouver dans le corps lui-même une échelle propre à déterminer la grandeur légitime de chaque partie , et l'on a considéré comme telle tantôt la longueur du pied, tantôt celle de la tête , tantôt aussi les parties de la face. Je suis persuadé, pour mon propre compte, qu'on ne peut emprunter cette échelle qu'à la colonne vertébrale. Mais la manière dont on doit s'y prendre pour y arriver , est un point qui réclame encore de nouvelles recherches; car l'égalité primaire des vertèbres disparaît par les progrès du développement, de sorte qu'on pourrait ici comparer la nature à un architecte qui, après avoir terminé sa construction, détruirait la mesure dont il s'est servi. Peut-être ce qu'il y aurait de mieux , serait-il de prendre la longueur totale du rachis , composé de 33 vertèbres , et de partager cette longueur en 33 parties égales ; car c'est une loi que la nature n'accroît jamais une partie qu'au détriment d'autres, qu'elle oblitère. Or, en procédant de cette manière , on obtiendrait la grandeur moyenne de chaque vertèbre.
gique , au même degré que d'autres d'un rang inférieur, qui sont essentiellement homologues avec elles ; et que d'autres , peu développées dans l'état normal , s'élèvent par des influences morbides à un degré considérable de développement.
DCCCCXLIV. Je ne puis offrir ici que des fragments à cet égard , mais on ne saurait nier qu'une anatomie pathologique complète du squelette , exécutée d'après de pareilles vues , et d'une manière plus conséquente que Geoffroy Saint-Hilaire ne l'a fait dans le second volume de sa Philosophie anatomique , est un des plus intéressants problèmes qui restent encore à résoudre.
Dans les remarques qui vont suivre , je parlerai d'abord des changements pathologiques relatifs aux rapports de masse et de nombre du système osseux , puis j'examinerai quelques anomalies dignes surtout d'être prises en considération , tant à la colonne deutovertébrale du côté tergal , qu'à la colonne tritovertébrale du côté ventral , et aux arcs protovertébraux , et je terminerai par celles qui ont trait aux membres.