‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 48 sur 318 · REPTILES BRANCHIES · texte numérisé non relu

REPTILES BRANCHIES

Névrosquelette. Sa structure, en général fort peu compliquée , rappelle tout à fait celle des Poissons osseux les plus simples , notamment de la Murène.

Squelette du tronc. Le rachis se compose d'un grand nombre de vertèbres ayant la forme de deux cônes adossés par leur sommet (pi. XI , fig. i) , et dont les cavités correspondantes sont remplies d'une masse gélatineuse. Les régions du rachis sont peu distinctes dans le Protée , qui offre trois vertèbres du cou , six de la poitrine , vingt-une du ventre , et une du bassin ; après cette dernière , la colonne vertébrale se prolonge en trente-deux vertèbres caudales. Dans la Sirène , on trouve quarante-cinq vertèbres au tronc et trentecinq à la queue.

De toutes les apophyses de ces vertèbres , les transverses sont encore celles qui ont acquis le plus de développement. On ne trouve (le petits rudiments osseux , ayant l'apparence de côtes , qu'aux vertèbres thoraciques ; mais le Protée possède en outre des apophyses épineuses inférieures, composées de rudiments de côtes , que les gros vaisseaux traversent comme chez les Poissons. Les ceintures scapulaire et pelvienne sont faiblement développées aussi chez ce reptile , car les pièces tergales de la seconde , où les os liions tiennent au sacrum , sous la forme d'os arrondis et minces , tandis que les pubis et les ischions demeurent confondus en une large plaque ; les pièces tergalcs de la première , c'est-à-dire les omoplates , qui sont plus cartilagineuses qu'osseuses, se détachent du rachis (comme

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elles le font désormais dans tout le reste du règne animal) , et ses pièces sternales ne s'unissent pas non plus ensemble , quoiqu'on y aperçoive déjà des vestiges d'uue clavicule antérieure ou vraie , et d'une clavicule postérieure (apophyse coracolde de l'homme).

Les membres postérieurs , et avec eux les os du bassin , manquent à la Sirène.

La colonne vertébrale et son prolongement dans la queue sont encore l'appareil essentiel delà locomotion. On n'aperçoit de rayonnements ayant la forme de membres qu'à la poitrine chez la Sirène , où ils ne sont encore qu'ébauchés. Les pattes antérieures et postérieures du Protée sont cependant partagées en un article supérieur (humérus ou fémur , qui u'existait point encore chez les Poissons), un article inférieur double , et un article terminal , qui lui-même se divise déjà en carpe ou tarse , métacarpe ou métatarse , et doigts. La main présente trois doigts à trois phalanges et un qui n'en a que deux ; les deux doigts du pied sont munis de trois phalanges. La forme allongée et diconique de ces os des membres est remarquable , à cause de sa ressemblance avec celle des corps des vertèbres.

Squelette de la tête. Il consiste encore , dans le Protée , en os très-délicats , qui ont presque la transparence du verre pendant la vie de l'animal. Mais ces os sont plus consistants chez la Sirène. Leur disposition est essentiellement la même que celle qui a été décrite dans les Poissons Orthostomes , en particulier dans la Murène. Semblabe au raehis sous ce rapport , la colonne vertébrale crânienne s'étend beaucoup dans le sens de sa longueur (pi. xi , fig. i). Suivant Meckel, il existe une fontanelle occipitale considérable et permanente chez la Sirène, comme chez certaines Raies. Mais la forme des corps des vertèbres céphaliques diffère plus de celle des corps des vertèbres rachidiennes que dans les Poissons osseux. Ainsi , par exemple , dans le Protée, la vertèbre cervicale supérieure offre encore en arrière une cavité articulaire infundibuliforme à sOn corps conique, tandis que, par devant , elle s'étend en largeur et s'applique ainsi à la lame basilaire de l'os occipital (fig. I , I a) par deux surfaces articulaires latérales. Les côtes faciales sont unies en une mâchoire supérieure étroite et immobile sur

le crâne. Quant aux côtes crâniennes, les seules qui soient développées sont la paire de côtes de la vertèbre auditive ( ou os carrés ) , qui a la forme d'un os libre à son extrémité , et porte ici l'étroite mâchoire inférieure (seul membre céphalique ( fig. i, 1 g).

Dermatosquelette. Il n'est guère plus développé que dans les Poissons électriques , c'està-dire qu'il consiste en un simple épidémie mucilagineux.

Splanchnosquelelte. Celui-là, au contraire, se fait remarquer par son type extrêmement semblable à celui de la classe des Poissons. Il est eu outre indispensable de le connaître pour l'intelligence des métamorphoses de ses parties^. Comme appareil costal , il n'est développé qu'au-dessous et en arrière de la tête , de même que dans les Poissons osseux, mais d'une manière plus simple cependant. Il consiste :

1°. En cornes hyoïdiennes simples (pi. xi, fig. 1 '^).

2°. En arcs branchiaux antérieurs plus grands et composés de trois pièces ( /? ) entre lesquels et les cornes précédentes se trouve le rudiment d'un corps de vertèbre sternale («).

3°. En arcs branchiaux moyens , déjà beaucoup plus petits (y).

4°. En arcs branchiaux postérieurs , qui ne sont que très-peu développés ('*'').

Le quatrième arc branchial des Poissons et leurs mâchoires pharyngiennes n'existent donc point du tout ici.

On ne trouve comme article unguéal du spanchnosquelette de la tête , qu'une rangée de petites dents coniques au bord de la mâchoire supérieure et de l'inférieure.

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