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REPTILES PULMONÉS

A. Batraciens. (1)

La structure du squelette des Batraciens à l'état de têtard ressemble presque en tous points à ce qu'elle est chez les Reptiles branchies , et même , dans l'état parfait , le névrosquelette de ces animaux ne diffère essen-

(I) A. Dugès , Recherches surVostèologie et la myologie des Batraciens à leurs différents âges. Paris, 1 C:! S . in-4, avec 20 planches.

tiellement de celui de ces derniers que chez les espèces anoures ( Grenouilles et Crapauds ).

Névrosquelette. — Squelette du tronc. Le rachis des Batraciens anoures est remarquable en ce que ces Reptiles , lorsqu'ils ont atteint leur état parfait , sont de tous les Céphalozoaires ceux chez lesquels il offre le moins de vertèbres libres , dont le nombre n'est qu'égal précisément à celui des vertèbres et des intervertèbres céphaliques , c'est-à-dire de neuf, savoir : dans la Grenouille (pi. xi , fig. II ) et le Crapaud , huit vertèbres dorsales libres (sept seulement dans le Pipa) , une vertèbre sacrée et un long corps vertébral unique , qui résulte de la soudure et de l'oblitération de la colonne vertébrale caudale existante chez le têtard.

Les Batraciens urodèles ont quinze à dixsept vertèbres au tronc , et vingt-sept à trente vertèbres caudales.

Les vertèbres sont plus plates , les apophyses transverses fortement prononcées , et les apophyses épineuses très-peu développées.

On aperçoit encore , dans les Salamandres , des traces de la forme diconique des corps des vertèbres.

Les côtes manquent , comme chez les reptiles branchies , à cela près de petits appendices qu'on trouve , dans le Pipa , à la seconde et à la troisième vertèbre du dos , dans la Salamandre terrestre , à douze ou quatorze vertèbres dorsales. Cette dernière offre aussi , sous les vertèbres de sa queue , des apophyses épineuses produites par de pareils rudiments de côtes , et embrassant le prolongement de l'aorte.

Les protovertèbres développées en ceintures de membres , chez ces Reptiles , se manifestent toujours sous la forme d'os de l'épaule et d'os du bassin , et , à plusieurs égards, elles ont de l'importance pour l'interprétation des formations squelettiques.

Dans les Grenouilles et les Crapauds, la ceinture scapulaire se soude avec les corps vertébraux d'un sternum scapulaire (pi. xi , fig. II , 0 , p ) , dont l'appendice en forme de plaque (q) devient très-large dans le Pipa et prépare en quelque sorte par là le plastron des Tortues. La ceinture elle-même se partage , dans sa moitié sternale (r ) , en un col

d'omoplate simple et en doubles clavicules (clavicule et apophyse coracorde). De sa moitié supérieure (s) , il n'y a, comme à l'ordinaire , que la large plaque de l'omoplate qui se développe. Dans les Salamandres , ces pièces sternales de la ceinture scapulaire ne forment , de chaque côté , qu'une large plaque cartilagineuse , qui ne tient qu'aux chairs, et entre laquelle et celle du côté opposé se trouve un petit rudiment du sternum.

La ceinture pelvienne des Salamandres consiste , de chaque côté , en une courte pièce tergale ayant la forme d'une côte et tenant au sacrum , une pièce sternale qui se partage elle-même en un os ilion et une plaque produite par la soudure de l'ischion et du pubis , enfin , un rudiment médian et figuré comme un y d'un sternum pelvien. Chez les Batraciens anoures , elle ne consiste , de chaque côté , qu'en un très-long os ilion et une courte pièce , représentant les os ischion et pubis ( fig. Il , t ) , qui se réunit immédiatement à celle du côté opposé , pour produire la symphyse pubienne.

Les os des membres (comp. fig. ii) sont déjà disposés , quant aux points essentiels , comme chez l'homme ; mais ce qui les rend remarquables , c'est l'évidence avec laquelle chacun de leurs os offre la forme diconique , qui , du reste , leur appartient toujours , à proprement parler , par cela seul qu'ils sont une répétition des corps des vertèbres.

Un membre pectoral se compose de l'^itmérus, du radius et du cubitus ^ dont les deux derniers ont cependant coutume d'être solidement soudés ensemble , dans l'état de pronation. Viennent ensuite trois rangées de petits os carpiens, puis quatre os métacarpiens, auxquels les phalanges s'adaptent de telle sorte que le pouce et le second doigt obtiennent deux phalanges , tandis que chacun des trois autres doigts en a trois. Dans le Pipa , on trouve , à l'articulation du coude , un os en poulie , une espèce de rotule , qui est en quelque sorte un olécrâne libre et mobile.

L'extrémité postérieure , qui est considérablement allongée dans les Batraciens anoures, consiste , chez eux , en un fémur j, un os de la jambe simple , sans nulle trace encore de rotule à l'articulation , et des os du tarse , dont les deux premiers , c'est-à-dire X astragale et

SQUELETTE

le calcanéum, sont très-allongés et placés l'un à côté de l'autre , comme le tibia et le péroné de l'homme . Après ces longs os tarsiens , qui cependant se raccourcissent beaucoup dans les Salamandres , dont les os de la jambe ont en revanche le double de longueur , on trouve une rangée , ou , dans les Salamandres, deux rangées d'osselets plus petits , auxquels succèdent les cinq os métatarsiens.

Le nombre des phalanges varie aux orteils. Ordinairement les orteils vont en augmentant de dedans en dehors , sous le rapport de la longueur et sous celui du nombre des phalanges , de sorte qu'il n'y a que le plus externe de tous qui recommence à se raccourcir un peu , et l'on peut admettre , non sans raison, qu'en cela, comme en ce qui concerne le nombre considérable des phalanges elles-mêmes , il y a une analogie notable avec la forme des nageoires de Poissons , dont les rayons , surtout dans celles si grandes de la Raie , vont également en diminuant peu-àpeu , et sous le point de vue de la longueur et sous celui des articles. Dans la Grenouille , l'orteil interne , qui est le plus petit , a deux phalanges ; le second , qui est plus grand , en a également deux ; le troisième , qui est plus long encore , en a trois ; le quatrième , qui est le plus long de tous , en a quatre ; et le cinquième , qui est un peu plus court que le précédent , en a trois. Dans la Salamandre, on compte une phalange à l'orteil interne , deux au suivant , trois à chacun des deux qui viennent après , et une seule au plus externe. Dans le Pipa , l'apophyse postérieure du calcanéum forme un os particulier, de même que l'olécrâne.

Squelette de la tête. La largeur des vertèbres crâniennes continue encore à ne surpasser celle des vertèbres rachidiennes que d'une manière à peine sensible , de sorte , par conséquent, que la cavité crânienne , qui se trouve encore dans le même plan cjue le rachiSj, et qui enveloppe exactement le crâne , nous apparaît comme une portion d'égale longueur du canal vertébral.

Dans la Grenouille , dont nous allons décrire le crâne , comme exemple de ce qu'il est dans cet ordre , la vertèbre crânienne postérieure ^ ou la vertèbre occipitale , est en-

core , de même que chez les Poissons , formée de quatre pièces , pourvue de condyles doubles (fig. n , ni , IV — i, a , c) , et destinée à constituer la face postérieure du crâne , qui est coupée droit et à pic.

La vertèbre crânienne médiane est formée par la partie postérieure du sphénoïde et en haut par les pariétaux (ii , a , c ). Elle est un peu plus longue que la première. Entre elle et l'os occipital , sont enclavés , de chaque côté , les temporaux contenant l'organe auditif.

La troisième vertèbre crânienne enfin est formée , en bas , par la portion antérieure du sphénoïde , et en haut par les longs et étroits os frontaux ( in , a, c). Ceux-ci offrent , chez les jeunes individus , une sorte de petite fontanelle , sur le milieu du crâne , à leur rencontre avec les pariétaux.

On aperçoit encore vers l'extrémité la plus antérieure du crâne , à moitié en avant et à moitié au-dessous des os frontaux , un os postérieurement échancré en demi-lune , qu'on doit considérer comme os ethmoide, ou comme arc d'une quatrième vertèbre céphalique (iv, a, b), attendu que, par le moyen d'une apophyse descendant de dehors en dedans , il partage l'issue antérieure de la cavité crânienne en deux petits canaux pour le nerf olfactif. 11 s'y applique deux lames osseuses tectrices , qu'il faut regarder comme os nasaux (iv, c).

En avant de ces os nasaux, et à l'extrémité du museau , se trouvent les os intermaxillaires , ou la côte céphalique la plus antérieure ( VI , g ) , dont chacun fournit en haut une apophyse pointue qui sert d'appui au trou nasal conduisant en dedans à l'ouverture du voile du palais.

Les os maxillaires supérieurs sont des arcs osseux, minces, plats et longs (v, g), qui s'unissent en arrière avec les os carrés.

Il y a plusieurs os palatins. Ceux" qu'on doit considérer comme des côtes de la troisième vertèbre céphalique ( ni , g) , bornent en devant la cavité orbitaire , qui est grande et sans plancher, tandis qu'en arrière ils tiennent aux os carrés. Ceux qu'on peut regarder comme des côtes de la quatrième vertèbre céphalique ( iv , g) , sont situés , à l'instar de véritables os palatins , devant l'ouverture des arrière-narines , qui existent

pour la première fois chez les Reptiles. Entre la mâchoire inférieure et le crâne , se trouve encore une côte de la vertèbre auditive , c'està-dire un os carré, qui est étendu en longueur , se partage en deux moitiés , l'une antérieure , l'autre postérieure , soutient la membrane du tympan , mais est moins mobile que chez les Poissons , à cause de ses connexions intimes avec l'os maxillaire supérieur et l'os palatin , et commence déjà , par conséquent, à prendre davantage le caractère d'une apophyse de l'os temporal (i, g).

La mâchoire inférieure elle-même (i, h) consiste en deux branches latérales , dont chacune à son tour est composée de deux pièces , qui ue tiennent ensemble que par de petits ligaments , de sorte que la mâchoire inférieure , considérée dans son entier , est susceptible de présenter quelques variations , eu égard à sa largeur , suivant que ces pièces s'éloignent ou se rapprochent un peu.

Si, maintenant , nous examinons ce que la colonne vertébrale céphalique offre de particulier, nous'sommes frappés de ce qu'ici (comme dans le Protée) le corps simple des vertèbres du rachis cesse au crâne , et de ce que ce dernier, par antagonisme direct avec les vertèbres caudales , qui finissent par ne plus représenter que des seuls corps de vertèbres , s'élève tout-à-fait à la formation d'arcs vertébraux entourant le cerveau , mais de telle manière cependant que la cavité vertébrale , par analogie avec la disposition du cerveau , que terminent en devant les deux nerfs olfactifs , se partage antérieurement en deux canaux , et se transforme ainsi en un organe sensoriel , comme la colonne vertébrale caudale se transforme en un organe locomoteur.

Dermatosquelette. Le squelette cutané, soit osseux , soit corné , manque , comme chez les Reptiles branchies.

Splanchnosquelette. Son progrès le plus important est ce qu'on aperçoit ici pour la première fois , c'est-à-dire un commencement de formation , autour des voies respiratoires aériennes , d'une portion de ce squelette appartenant au tronc , et qui doit être considérée comme une répétition de l'appareil costal de la portion céphalique du splanchnosquelette , si développé chez les Poissons. Je

veux parler des carlilagcs laryngiens, commencement d'une colonne de protovertèbres, qui va toujours en s'allongeant de plus en plus dans les ordres suivants , et à laquelle on donne le nom de trachée-artère (1). Ici le squelette laryngien est encore fort simple : un large arc costal , divisible en plusieurs pièces , qu'on appelle cartilage thyroïde , et deux anneaux situés l'un à côté de l'autre , pour la voie aérienne , qui se partage en deux bronches , immédiatement derrière le larynx, voilà ce qu'il nous offre d'essentiel.

Quant à la portion céphalique du splanchnosquelette , elle comprend l'appareil costal , qui est le prototype de l'appareil précédent , et qui , chose remarquable , s'efface d'autant plus que celui-ci se développe davantage. La structure est tout-à-fait analogue à celle des Poissons , dans les têtards des Ratraciens surtout , qui respirent réellement encore par des branchies , comme le Protée. On voit quatre paires d'arcs branchiaux , destinés à disparaître plus tard , qui sunissent en une plaque moyenne analogue à un sternum , et une paire d'arcs hyoïdiens , parfois même des vestiges de mâchoires pharyngiennes. La paire de côtes hyoïdiennes qui doit persister, est, chez les Ratraciens anoures , une plaque cartilagineuse oblongue , avec de longues cornes antérieures et quelques cornes postérieures plus courtes ; dans les Ratraciens urodèles , elle se divise en deux moitiés de l'arc antérieur et en arc postérieur pointu.

A l'égard des membres du splanchnosquelette , ou des ongles , ils consistent en de petites dents coniques , implantées , chez les Salamandres, dans les os maxillaires et palatins , chez les Grenouilles , dans la mâchoire supérieure seulement.

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