‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 58 sur 318 · I. ORGANES LOCOMOTEURS DANS LES OOZOAIRES · texte numérisé non relu

I. ORGANES LOCOMOTEURS DANS LES OOZOAIRES

En général les fibres musculaires sont peu ou point développées encore dans les Oozoaires, chez lesquels on observe fréquemment des mouvements d'une vivacité extrême, sans que les plus forts microscopes puissent faire apercevoir aucune trace de ces fibres dans la substance ponctiforme homogène de la surface du corps. Cette assertion est vraie surtout à l'égard du mouvement en quelque sorte primaire de la série animale , celui des Oozoaires spécialement , qui déjà , dans les Proto-orvganismes (tel que le Volvox), se manifeste sous la forme de tremblement ou d'oscîillation , mouvement remarquable , à l'aide duquel sont excités , par exemple , les tourbillons qui se développent autour des couronnes polypiaires des Coraux et à la sur-

face du corps des Infusoires libres (1). Les mouvements lents des grandes Méduses s'accomplissent encore , en grande partie , sans fibres musculaires appréciables. Les premiers vestiges de formation musculaire se rencontrent, par exemple, dans les Polypes entourés de tubes , sous l'aspect de fibres opérant la rétraction de la couronne polypiaire dans le tube, que j'ai vues bien distinctement et que j'ai figurées chez lesPlumatelles (2); dans la membrane fibreuse de la tige des Pennatules, qui, comme l'avait déjà observé Rohadsch, est susceptible de se rétrécir et de se dilater, ou de se courber et de s'étendre alternativement ; dans quelques Acalèphes , par exemple , la Médusa capillata , d'après Gsede , et les Physalies, selon Eschschoitz (3), qui décrit^ chez ces derniers, des stries musculaires déliées allant de la crête à la poche aérienne si remarquable par le moyen de laquelle l'animal nage sur la surface de l'eau , et déterminant cet organe à se contracter avec assez de force sous l'influence d'une excitation extérieure; enfin , dans les Infusoires les plus parfaits , notamment les Rotifères (pi. i, fig, ix), où Ehrenberg (4) décrit, par exemple , dans VHydatina senta, huit couches musculaires longitudinales et très-développées, qui, dirigées les unes en avant et les autres en arrière, entourent les quatre côtés de l'animal. Je ne dois pas non plus omettre de faire remarquer que l'entrée de l'eau dans les tubes et sa sortie fortifient quelquefois le mécanisme locomoteur : c'est ce qui a heu dans les Hydres , où l'extension des bras tient à ce que la contraction de petites cavités situées à la base de ces appendices chasse l'eau dans le canal qui en parcourt la longueur , de sorte que le tentacule , d'un côté , devient semblable à un vaisseau exécutant des pulsations, et de l'au-

(1) On peut consulter, pour de plus amples détails sur la manière dont ce mouvement doit être interprété, mon ouvrage intitulé : Neue Untersuchungen iieber die Entwickelungsgeschichte unserer FlussmuscheL LeJpzick, 1832. — Voyez aussiiVoî;a act.nat. cur.,Wl, p. S8.

(2) Voyez mes Tabulœ illustrantes, cah. III , pi. i, fig. X. q.

(3) System des Akalephen , Berlin , 1829, in-40, avec IGplanch., pag. 6.

(4) Beitrœge zur Kenntniss der Organisation der Infusorien , cah. I, pag. 47. J.-B. Lamarck, Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, Paris, tom. I"^"", pag. 337 et suiv.

tre fournit le type du phénomène qu'on observe dans les classes supérieures, où certains membres sont allongés et mis en mouvement par le concours du système sanguin , qui les fait entrer en érection.

La fibre musculaire est plus développée dans l'ordre des Radiaires. Déjà les Actinies offrent , sous la peau coriace dont elles sont revêtues , un plan de fibres longitudinales, qui se réunissent en convergeant dans le disque particulier à l'aide duquel se retiennent ceux de ces animaux qui restent ordinairement fixés. Meckel a trouvé, en outre , dans les Actinies errantes , une couche de fibres musculaires transversales intimement unie à la précédente. Les muscles ont acquis un très-grand développement dans les Holothuries , dont l'enveloppe coriace est revêtue en dedans de cinq forts faisceaux musculaires. Le système musculaire n'est pas moins remarquable dans les Astéries , où quatre paires de muscles agissent à la base de chaque rayon , pour faire mouvoir cet appendice , sans compter que le tissu fibro-calcaire de la peau elle même, qui couvre chaque rayon en-dessus, et les fibres des épines adhérentes à ce tégument jouissent aussi de la contractilité , ce qui permet par exemple à l'extrémité des épines de s'infléchir de bas en haut quand l'Astérie se retourne d'elle-même après avoir été mise sur le dos. Les muscles des Oursins sont moins prononcés , à cause de la solidité plus grande que le dermatosquelette a acquise ; le splanchnosquelette ou appareil dentaire est seulement attaché au squelette cutané par un appareil musculaire assez comphqué. Mais ces animaux offrent encore , de même que les Astéries et les Holothuries, un grand nombre d'organes locomoteurs tubuleux, fermés en dehors, et terminés par une petite ventouse , qui se meuvent et s'allongent, comme les bras des Hydres ^ par l'effet de l'eau qu'ils aspirent. Ces tentacules sortent en nombre considérable, chez les Holothuries, de toute la surface du corps, chez les Oursins, le long des ambulacres, et chez les Astéries, le long de la face inférieure de chaque rayon. Tiedemann en a compté 830 dans YAsterias aurantiaca. L'eau y arrive par un système vasculaire particulier, dont nous parlerons plus loin. Les épines des Oursins se

meuvent également par le moyen de la membrane fibreuse qui les fixe.

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