‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 80 sur 318 · Poissons · texte numérisé non relu

Poissons

Les organes au moyen desquels les Poissons flairent de loin leurs aliments et jugent que l'eau convient ou non à leur respiration, consistent généralement en deux petites fosses situées à l'extrémité antérieure du museau et entourées d'un rebord saillant, un peu mobile. Ces fosses n'ont absolument aucune connexion avec la cavité orale et gutturale. Leur fond est tapissé d'une membrane muqueuse fine , et une sorte de valvule bouche souvent leur entrée. Quelquefois elles sont assez petites , comme dans l'Anguille ; parfois aussi une espèce de valvule partage leur orifice en deux , de manière qu'à l'extérieur on aperçoit deux trous de chaque côté, comme dans la Perche et le Brochet. Ailleurs elles sont extrêmement grandes , comme dans la plupart des Raies et des Squales. Enfin , dans la Baudroie , suivant Scarpa , elles font saillie, en manière de calice, sur la surface aplanie de la mâchoire supérieure (2). Chez aucun poisson leur forme ne ressemble davantage à celle du nez des animaux supérieurs que dans les Chimères , *où l'on est surtout frappé de les voir très-rapprochées l'une de l'autre , séparées seulement par une cloison , et pourvues d'espèces d'ailes du nez cartilagineuses. La membrane muqueuse qui en revêt le fond , tantôt est plissée en manière d'étoile , comme dans le Brochet , tcintôt forme un pli longitudinal , sur les deux côtés duquel on distingue des côtes transversales (Carpe, Raie, Squale) ou des saillies

(!) Vermischte Schriften , tom. II , pag. 146.

(2) C'est une analogie très-remarquable avec les organisations précédentes, où les organes olfactifs avaient la forme de palpes ou d'antennes (§410). !

imitant un pinceau , ainsi que je l'ai remarqué dans quelques petites espèces de Cyprins. Enfin les côtes transversales dont je viens de parler sont parfois elles-mêmes ramifiées, par exemple dans l'Esturgeon, d'après Cuvier. La première paire de nerfs se distribue dans ces fosses ; après avoir produit des renflements , elle envoie une multitude de branches déliées à la face postérieure de la membrane muqueuse qui les tapisse (pi. iv , fi g. XX v).

Je trouve cet organe sous une forme toutà-fait différente et très-simple daus les Lamproies (Petromyzon marinus et fluviatilis). Ici , c'est une sorte de bourse qui s'ouvre à l'extérieur , sur le milieu de la tête , à Textré mité antérieure du crâne proprement dit, immédiatement au devant du cartilage olfactif roulé en cornet , et qui se termine , à l'intérieur et en arrière , par un cul-de-sac dont le fond repose précisément sur la continuation de l'œsophage. On assure cependant que, dans les Myxines , ce sac communique avec l'œsophage par une ouverture (3). A sa partie moyenne , il offre une dilatation qu'un cornet cartilagineux entoure en arrière , et qui est tapissée d'une membrane noirâtre, derrière laquelle se terminent les nerfs olfactifs.

L'organe olfactif de V Ammocœtes branchialis est construit de la même manière , selon Rathke ; seulement on n'y trouve pas le cornet olfactif cartilagineux, non plus que la membrane olfactive plissée (pi. xvii, b ).

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