III. ORGANES DE LA VUE
Donner de la lumière , éclairer , n'est , à proprement parler , qu'établir une polarité , faire naître un rapport polaire de tension dans la substance essentiellement éthérée des choses. Pour que la tension polaire soit sentie comme lumière , il faut qu'une papille nerveuse ( rudiment de tous les organes sensoriels ) se développe de manière à ce que son nerf soit susceptible de se polariser lui-même par l'effet de cette tension étrangère , ce qui exige que la moelle nerveuse ne soit couverte que d'une enveloppe transparente. Cette condition étant donnée , il s'y rattache , comme action de la polarisation de la lumière sur la substance animale , un certain degré de carbonisation de la matière animale qui entoure l'expansion nerveuse , et de là résultent trois parties essentielles , sans lesquelles il n'est pas plus possible de concevoir l'organe visuel , ou lœil , qu'il ne Test de concevoir l'organe auditif , ou l'oreille , sans la substance nerveuse ou animale primaire sentant les ébranlements. Ce sont : 1° les parties transparentes de l'œil, qui propagent presque sans changement la polarisation
ORGANES DES SEKS.
del'éther; 2° l'expansion nerveuse c|iii reçoit en elle cette polarisation ; 3° la matière animale carbonée, ou le pigment, qui entoure l'expansion nerveuse. Plus ces parties fondamentales se développent , et plus il s'y joint d'appareils accessoires diversifiés , plus aussi l'idée de l'œil devient parfaite. Du reste , la vue étant plus que tout autre sens encore sous la dépendance immédiate des nerfs , le développement de son appareil suit davantage pas à pas celui du système nerveux. C'est pourquoi il n'y a point d'organe sensoriel qu'on trouve plus répandu parmi les différentes classes du règne animal ; mais il n'en est aucun non plus qui offre moins de fixité sous le rapport de la symétrie , du nombre et de la situation.