Splaneimosquelëite
DCGXXI. Splanchnosquelette de la tête. Une chose très-remarquable, c’est qu’à sa région antérieure , il est développé comme continuation bien manifeste du dermatosquelette , de même que la surface cutanée et la surface viscérale se continuent d’une manière immédiate l’une avec l’autre à la bouche ét à l’anus. Dans d’autres circonstances, nous avons vu des tritovertèbres rayonnantes et tournées en dehors du dermatosquelette ^ c’est-à-dire des épines * se continuer, à la partie antérieure de la cavité splanchnique de la tête, sous Informe de tritovertèbres rayonnantes tournées en dedans , ou de dents. Ici, les plaques prolovertébriformes du dermatosquelette , dont je parlerai plus loin , dégénèrent de même en lames protovertébriformes , divisées elles mêmes en arceaux supérieurs
(x) Spix les a très-bien représentées d’après le Caret ( Cephalog pl. xv , fig.xiï, xv ) et d’après la Tortue franche ( Isis , 1819 , pl. 16, fig 5 J. Les pièces /S,3’ sont , dans Spix , 5 et 6 j et y sont 3 et 7 '*. et » sont ï et 4.
5 CO squelette des reptiles.
et inférieurs (pl.xxx , fig. xyii,à.), qui revêtent la mâchoire supérieure et la mâchoire inférieure. Non-seulement ces plaques sont intimement unies avec les plaques extérieures voisines du dermatosquelette , de manière à ne faire qu’un avec elles, mais encore la substance cutanée du dermatosquelette se continue avec celles de ces plaques tenant lieu de dents , à peu près de même que les plaques pétrifiées de l’épithélion, dans les Bioions , parmi les Poissons, doivent être considérées comme une répétition et une prolongation des plaques osseuses du dermatosquelette.
En un mot , l’enduit des plaques cornées , internes et exterternes , soudées ensemble , de la mâchoire inférieure , forme un véritable ongle simple ou un sabot sur les articles terminaux réunis de la paire antérieure des membres crâniens. Si cette disposition se répète sur les côtes maxillaires et intermaxillaires, et d’une manière exactement semblable, c’est que, aussi , il y a en puissance place pour le développement d’une paire de membres faciaux , qui , bien qu’ils ne se réalisent point dans le névrosquelette , sont positivement indiqués ici par la répétition de la forme que le dermatosquelette et le splanchnosquelette affectent à la mâchoire inférieure, de même qu’ils le sont , dans d’autres circonstances , par des dents.
DCLXXII. La portion postérieure du splanchnosquelette de la tête présente également plusieurs particularités dans les Chéloniens.
On est surtout frappé de la forme parfaitement semblable à celle d’arcs branchiaux qu’affecte ce qu’on a coutume d’appeler l’hyoïde. Nous connaissons encore trop peu l’histoire du développement des Chéloniens pour pouvoir décider la question de savoir s’il n’y aurait peut-être point là réellement des fentes branchiales à une époque peu avancée de la vie. Mais ce qu’on aperçoit sur-le-champ , c’est qu’indépendamment de ces côtes linguales , la forme des deux premières côtes branchiales est répétée telle que nous avons appris à la connaître chez les Poissons; d’où il résulte en même temps que la plaque osseuse , garnie de six cornes , ne doit point être considérée tout entière comme hyoïde , ainsi que l’a fait Bojanus,
5or
mais qu’il n’y a que sa partie antérieure qui corresponde à cet os , tandis que la postérieure , avec ses cornes , est l’analogue du cartilage thyroïde. C’est ce qui explique pourquoi Bojanus n’a décrit et figuré aq larynx que les cartilages cricoïde et aryténoïde.
La meilleure manière de concevoir la segmentation dés arcs protovertébraux du splanchnosquelette céphalique postérieur, est de l’envisager comme le représente la pl. xxx,fig. xxn, B. Nous y retrouvons , en effet , les cinq paires de côtes , qui déjà représentaient Fhyoïdë et les arcs branchiaux chez les Poissons, et qui font ici la base du tout. La plus oblitérée est l’antérieure (vi 7), ou la tritovertèbre {II) , et les pièces sternales inférieures des côtes ( / ) sont soudées entre elles , comme ces dernières le sont avec la tritovertèbre de la côte suivante ( l de sorte qu’entre vi 7 et v 7, il reste un trou. On n’aperçoit plus qu’un petit rudiment ( ff) de la pièce sternale supérieure de la côte antérieure. Viennent ensuite deux tritovertèbres soudées (lm l“) avec les deux arcs costaux v 7 , iv 7 , qui ailleurs se développent en cartilage thyroïde , mais ici répètent assez bien la simple forme costale des Reptiles les plus inférieurs. Peutêtre trouverait-on des branchies à ces côtes , chez les embryons de Tortue. Enfin on aperçoit les deux protovertèbres postérieures très- oblitérées (111 7, 11 7), qui produisent le cartilage cricoïde et les cartilages aryténoïdes , mais qui cependant , comme les premiers anneaux du squelette trachéal , remontent au dessus des tritovertèbres de la quatrième et de la cinquième splanchnocôte. __
Nulle part on n’aperçoit de rayonnemens d’aucune espèce à ces anneaux protovertébraux. !
JDCXXIII. Le splanchnosquelette du tronc n’est développé , comme chez les Sauriens , que dans les anneaux de la trachéeartère et des branchies.
. Il n’existe aucun vestige de splanchnosquelette à la région pelvienne.
€?. Dermatosquelette.
DCCXXIV. La conformation du dermatosquelette offre les particularités les plus remarquables chez les Chéloniens , et ,
5oa SQUELETTE DES RETTILES.
ce qui la distingue surtout ici, c’est qu’il se développe, non pas seulement des plaques cornées , mais même des plaques osseuses , comme parties constituantes du squelette cutané. Nous en trouvons la cause dans ce que les Reptiles et les Mollusques, de même que les Oiseaux, répètent les animaux articulés , en sorte qu’ils doivent représenter aussi les formations particulières à cette classe inférieure. Ainsi , comme le développement des plumes était appelé , dans le dermatosquelette des Oiseaux, par la nécessité de reproduire les rayonnemens de la peau des Insectes , de même les Reptiles doivent nécessairement répéter les coquilles calcaires qui entourent le corps des Mollusques. Dès lors , nous concevons très-bien là formation de leur carapace et de leur plastron.
DCCXXY. Examinons d’abord le dermatosquelette osseux au tronc , où , par analogie avec les Mollusques , il se développe d’une manière plus complète , et acquiert plus de solidité , afin d’envelopper les viscères abdominaux, quoique d’ailleurs il permette à l’animal de retirer ses membres et même sa tête sous ce test général , absolument comme le fait un Limaçon qui rentre dans sa coquille.
Lé dermatosquelette du tronc consiste d’abord en une couche cartilagineuse commune , qui s’applique immédiatement aux os du névrosquelette, ' notamment aux vertèbres étaux côtes rachidiennes , ainsi qu’au sternum scapulaire et au sternum pelvien. Peu à peu , un certain laps de temps après que l’animal a quitté son dermatosquelette primitif ou la coquille de l’œuf , cette couche s’ossifie, et alors elle se divise normalement en certains segmens , d’après la segmentation du névrosquelette. La pl. Xxvii , fig. xxi, représente la disposition de ce dépôt, qui naturellement rend impossible le développement de tous les muscles rachidiens et pectoraux extérieurs ( 6' est la couche osseuse du dermatosquelette, et Sla couche de corne qui recouvre cette couche osseuse en dehors). On voit, fig. xix et xx , comment le test osseux se divise ordinairement en plaques. Ces figures montrent que, dans la plupart des cas, deux deutovertèbres supérieures sont couvertes et unies par une plaque médiane , tandis que deux arcs protovertébraux le sont par une plaque latérale. Cependant il est facile de reconnaître,
SQUELETTE DES REPTILES. 5.o 3
même à la carapace d’une Tortue adulte , et en pratiquant une coupe transversale à cette dernière , que la substance de la plaque surajoutée du dermatosquelette diffère tout à-fait de l’os costal (i).
BCCXXVI. A l’égard des formations cornées du dermatosquelette au tronc , elles ressemblent beaucoup à celles des autres Reptiles , notamment des Sauriens. Les unes entourent les régions enveloppées par le dermatosquelette osseux , la segmentation de leurs plaques se réglant sur celle des plaques osseuses. Les autres forment des anneaux , c’est-à-dire des protovertèbres de petites plaques (écailles), la plupart du temps affectant des figures géométriques , autour des autres régions du tronc (le cou et la queue), ainsi qu’ autour des membres , et, la plupart du temps , elles se terminent, à l’extrémité de ces dernières, par des productions simplement puniques , c’est-à-dire par des ongles.
Du reste , le dermatosquelette corné n’offre pas plus de formations rayonnantes que le dermatosquelette osseux (2).
DCCXXYII. Le dermatosquelette de la tête donne lieu aux mêmes considérations que celui du tronc, chez les Chéloniens. En effet , nous le trouvons développé en plaques cornées , qui sont placées , tantôt sur des parties molles (muscles et autres) , tantôt sur des os. Assez souvent aussi il forme , aux os du névrosquelette , des prolongemens qui se comportent absolument de même que les plaques osseuses du dermatosquelette osseux
(i) Comme on peut s'en convaincre dans mes Tabiil illustr., cah. Il, pl. xi. — • V. dans Bojanus , Anat. testud., le dépiécement général de la carapace et. da plastron, de la Tortue d’Europe , sans mélange toutefois avec aucun os du névrosquelette.
(a) Je ne puis passer ici en revue la multitude de modifications diverses que les formations cutanées cornées offrent dans les différentes espèces , et je dois me contenter d’avoir fait connaître en général quelle est leur signification. Mais certainement l’anatomie philosophique doit se promettre une ample récolte de recherches ayant pour objet les angles réguliers que présentent souvent les grandes plaques du tronc, l’absence des écailles dans les Tortues coriaces , et la résolution de la substance cornée en formations pileuses, par exemple dans la Ckelys fimbriata, et plus encore dans la Tortue velue du Japon , que Tiiesius a décrite.
5o4 squelette des oiseaux.
au tronc , et qu’on doit considérer comme des indices d’un
dermatosquelette osseux à la tête .
DCCXXVIII. Les plaques cornées ont ordinairement des formes géométriques pures , tels que hexagone , pentagone , etc. Souvent elles reflètent, dans leur segmentation, comme chez d’autres Reptiles (§ DCXLIY) , des parties profondément situées, par exemple les divisions de la masse cérébrale, celles de pièces osseuses , etc. C’est autour de l’ouverture de la bouche qu’elles s’épaississent le plus ; elles y deviennent en quelque sorte des ongles de la mâchoire supérieure et de lamaachoire inférieure (§DCGXXI), et elles s’y réfléchissent en dedans pour constituer les plaques antérieures du splanchnosquelette de la tête (pl.xxx,fig. xvn, A).
DCGXXIX. On doit considérer comme plaques osseuses du dermatosquelette à la tête, dans les Chelonia surtout , les grandes expansions latérales des pariétaux et les expansions latérales desjugaux. Les premières ne recouvrent pas le cerveau , mais bien les fosses temporales ( fig. xvi a^), et les dernières ressemblent parfaitement aux côtes élargies par l’adjonction des plaques du dermatosquelette. Il suffit de comparer la fig. xvi , pl. xxx , ou le crâne d’une Tortue franche , vu par le côté occipital , avec la fig. xxi , pl. xxn , pour se convaincre que le rapport entre les plaques et les deutovertèbres est le même à la tête qu’au tronc.