‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 110 sur 129 · Squelette de la. t£te · texte numérisé non relu

Squelette de la. t£te

DCCXLYI. Le développement plus considérable du cerveau des Oiseaux en exige un correspondant du squelette de leur tête. Aussi , quoique le nombre des parties primaires demeure le même que dans les classes précédentes , quoique l’ensemble de la formation rappelle encore beaucoup le squelette de la tête des Reptiles , aperçoit-on en général les importantes particularités suivantes.

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1° Les vertèbres crâniennes sont, comme deutovertèbres , plus grandes et plus sphériques que dans les classes précédentes. •

2° Elles ne s’annexent plus en ligne parfaitement horizontale à la colonne vertébrale rachidienne , ce qui fait que le grand trou occipital s’abaisse davantage vers la base du crâne.

3° L’ossification n’est , dans aucune colonne vertébrale crânienne, aussi active qu’ici, les diverses parties primaires du crâne se réunissant de très-bonne heure en une simple capsule osseuse , dont la face interne offre le moule exact du cerveau.

4° Par antagonisme avec le grand développement dès deutovertèbres crâniennes, les côtes céphaliques sont minces êt mobiles.

Cette dernière opposition , jointe aux particularités précédentes , indique un typé supérieur (pi. xxviii , fig. i , pl. xxxï , %• O-

DCCXLVII. Vertèbre occipitale. Ici, comme partout, c’est celle de toutes qui conserve le plus de ressemblance avec une vertèbre. Elle se partage en deux lames tectrices , dont la réunion forme la partie squameuse de l’os occipital (t cj, et en lames basilaires (i b), entre lesquelles s’insinue une trito vertèbre parallèle inférieure (la), qui continue- encore ici à opérer l’articulation avec lè rachis. Toute cette vertèbre perd la situation verticale quelle avait ordinairement chez les Poissons et les Reptiles ; lorsque la tête se trouve horizontale , elle forme en arrière un angle de 45 degrés. Sâ forme et sa situation varient , mais très-peu , la seconde plus toutefois que la première ; car , par exemple dans la Bécasse , le trou occipital descend jusqu’à la base du crâne.

Un vestige d’apophyses transvërses , qui font saillie jusque derrière le tympan, donne à cètte vertèbre une plus grande largeur (-1). *

(i) Les lames lectrices de la vertèbre auditive semblent se souder ici de très-bonne heure , comme chez l’homme, avec celles de la vertèbre occipitale , et même faire la plus grande partie de la pièce nniqüé qui résulte de lâj d’où il suit qu’on aperçoit quelquefois, par exemple dans les Chouettes , et

5üO SQUELETTE UES OISEAUX.'

DCCXLVIII. Vertèbre auditive. Elle n’est développée quec d’une manière fragmentaire. Les lames tectrices ne paraissent jamais séparées ; elles se soudent avec celles de leur vertèbre occipitale. Les basilaires supérieures ne sont point divisées en portion antérieure et portion postérieure , mais ne forment de chaque côté qu’une seule pièce (pl. xxvm , fig. i, ib a) , qui correspond par conséquent aux portions squameuse et mastoïdienne du temporal. Il faudrait donc alors admettre que la portion mastoïdienne est réunie avec l’apophyse transverse de la vertèbre occipitale , ce qui serait très-possible aussi. Entre les lames basilaires supérieure et inférieure ( là par conséquent où existent en puissance les tritovertèbres latérales inférieures), on rencontre souvent d’assez fortes apophyses pointues , qui sont ordinairement décrites comme apophyses zygomatiques du temporal , mais qui ne correspondent point à cette partie chez l’homme , et constituent plutôt une formation propre à la tête des Oiseaux , qui ne se développe nulle part ailleurs. Les lames basilaires inférieures se soudent de meilleure heure avec la vertèbre occipitale qu’avec les lames basilaires supérieures , et contiennent le labyrinthe. Elles sont distinctement divisées en portions antérieure et postérieure , et correspondent au rocher, dont Geoffroy Saint-Hilaire et Meckel admettent avec raison l’existence chez les Oiseaux, tandis que Tiedemann la nie à tort.

Le labyrinthe mou des Oiseaux ne renferme plus de concrétions dans son intérieur.

DCCXLIX. Vertèbre centricipitale . C’est la plus grande de toutes les vertèbres du crâne , celle à laquelle la tête doit sa largeur , qui est surtout considérable chez les Oiseaux de proie. Ses lames tectrices (ne, pariétal) (1) se maintiennént un peu plus long temps distinctes que celles de la vertèbre occipitale. Les basilaires (n b) se soudent de très-bonne •

surtout chez les jeunes individus, une ouverture particulière au dessus du trou occipital.

(i) Geoffroy Saint-Hilaire les regarde assez singulièrement comme des os interpariétaux , tandis qu’il donne le nom d’os pariétaux aux lames basiiaites supérieures de la vertèbre auditive.

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heure avec le rudiment d’un corps de vertèbre ( h a , corps antérieur du sphénoïde). Du reste, cette vertèbre est imparfaitement formée ; il semblerait qu’on l’ait écartée de force , parce que les lames basilaires supérieures de la vertèbre auditive s’insinuent entre ses lames tectrices et basilaires.

DCCL. Intervertèbre moyenne, ou vertèbre oculaire. Elle n’est indiquée par aucun os spécial , mais seulement par ses arcs costaux, qui eux-mêmes se développent rarement d’une manière complète.

DCCLI. Vertèbre sincipitale. Elle a également une étendue considérable. Elle surpasse souvent la centricipitale èn largeur, et toujours elle est plus longue. Ses portions les plus développées sont les lames tectrices (me, os frontaux ) , qui déterminent toujours la forme du sinciput , et qui varient beaucoup suivant les familles. Les lames basilaires (m b, ailes antérieures du sphénoïde) (1) m’ont paru très-bien développées , quant à leur signification, dans une jeune Chouette, où, des deux côtés, elles partent de la partie antérieure du corps du sphénoïde , sous la forme d’os distincts, qui appuient supérieurement le frontal. De leur milieu , c’est-à-dire du point où l’on doit concevoir la réunion des lames basilaires supérieure et inférieure , et qui est en conséquence le lieu d’un rayonnement tertiaire , on aperçoit souvent , comme à la vertèbre auditive , des apophyses (tritovertèbres rayonnantes), qui, lorsqu’on les envisage superficiellement, ressemblent aux apophyses zygomatiques des os temporaux , qui ont même été décrites sous le nom d’apophyses zygomatiques supérieures , mais qui ont une tout autre signification. Les lames basilaires sont primitivement séparées de leur tritovertèbre parallèle (ma, corps antérieur du sphénoïde) ; mais le tout ne tarde pas à se confondre en une seule masse osseuse.

Cette vertèbre offre encore une particularité remarquable , dans le commencement de division qu’on aperçoit entre la direction de son canal et celle de son corps. Ce dernier est à peu près horizontal , tandis que le canal se redresse fortement , et

(i) Geoffroy Saint-Hilaire les nomme à tort portion squameuse du temporal , à cause de leur prolongement.

que même , dans la Bécasse , il s’infléchit en arrière à tel point que son extrémité se trouve perpendiculaire sur le bord postérieur du trou occipital. G5 est donc ici qu’on trouve , pour la première fois , exprimée d’une manière bien précise cette division dans la direction de la colonne vertébrale céphalique dont j’ai déjà parlé plus haut ( § CCCLXXIX ) comme caractérisant la fin des vertèbres crâniennes. La colonne deutovertébrale du crâne forme donc un arc ascendant (pl. xxxi, fig. i, i), tandis que la colonne tritovertébrale continue à suivre sa direction droite.

DCCLII. La troisième intervertèbre , OU la vertèbre olfactive^ n’arrive point non plus jusqu’à s’ossifier comme deutovertèbre, et elle n’est indiquée que par ses arcs protovertébraux. Je ne me prononcerai pas sur la question de savoir s’il n’y a point quelques parties du cartilage nasal qui lui correspondent (1). *

DCCLIII. La première vertèbre faciale , OU quatrième céphalique , est le dernier article de la colonne deutovertébrale de la tête qui arrive à se manifester pleinement. On y distingué surtout la lame mitoyenne (lame perpendiculaire de l’ethmoïde, iy d ) du canal vertébral, qui , à partir de ce point, est toujours partagé en deux. Supérieurement, elle se termine en une longue et étroite lame tectrice , que je crois devoir considérer comme les lames tectrices supérieures soudées avec la lame mitoyenne , tandis que les lames tectrices inférieures de cette vertèbre ( iv c ) , ou les os propres du nez (qui ordinairement résultent des plaques tectrices non divisées) , en sont tout-àfait séparées , et apparaissent derrière les narines , sous la forme de larges arceaux situés en travers. On doit considérer comme un vestige de lames basilaires ( laminœ papyraceæ) des lames écartées latéralement de la lame perpendiculaire , que j’ai déjà signalées , dans la première édition de mon Manuel d1 Anatomie comparée , d’après le Coq d’Inde et

(i) On aperçoit encore dans le Poulet , entre les os propres dn nez et les frontaux, une pièce qui s’ossifie à part, et que Geoffroy Saint-Hilaire appelle nasal etbmoïdal; il me paraît probable que ces points d’ossification correspondent aux lames tectrices de la troisième intervertèbre.

le Faisan, et que Meckel. cite comme lames latérales dô l’éthmoïde. On les aperçoit très-distinctement dans T Outarde. Un vestige de corps vertébral est constitué par le vomer ( pi. xxxi , fig. i,iv«), qui est surtout très-développé dans les Palmipèdes, mais qui paraît manquer dans les Perroquets, où Meckel ne l’a point vu non plus.

DGGLIY. Quant à la seconde et à la troisième vertèbre faciale , cinquième et sixième céphaliques , elles sont ici , de même que dans les Reptiles, celles de toutes qui se développent le moins comme deutovertèbres. On ne les trouve indiquées que par d’étroites lames tectrices , qui révèlent leur caractère de lames tectrices vertébrales par cela qu’elles font corps avec les os du front et du nez, et qu’elles déterminent le contour supérieur de la face , de la meme manière que les lames tectrices de la vertèbre faciale déterminent celui du crâne. Elles se soudent sur-le-champ avec la sixième paire de côtes céphaliques (intermâchoire), de manière à ne faire qu’un avec elle , de sorte qu’on les appelle ordinairement branches ascendantes de cette intermâchoire , quoiqu’elles aient à coup sûr la signification que je leur assigne ( pl. xxxi , fig. i , v • , vi , c ) . La partie supérieure de ces étroites lames osseuses flexibles ( qui correspondent par conséquent à la cinquième vertèbre ) paraît même être déterminée par un point particulier d’ossification.

DCCLY. Si l’on considère tout F ensemble de la colonne deutovertébrale de la tête de l’Oiseau , la largeur et la hauteur du crâne , proportionnellement à l’étroitesse et à la dépression delà face, se manifestent surtout chez ceux des Oiseaux que nous devons appeler les plus réguliers , parce qu’ils portent au plus haut degré de pureté le caractère de la classe , c’est-à-dire chez les Rapaces supérieurs. Aussi est-ce chez ces animaux que , pour la première fois , nous trouvons l’angle facial un peu ouvert. Nous sommes frappés aussi de la mobilité de la face sur le crâne , qui a lieu également chez les Oiseaux de proie plus que chez tous les autres , et qui rappelle la séparation complète de ces deux parties de la tête chez les Poissons apodes.

DCCLYI. Si maintenant nous portons nos regards sur les

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arcs costaux , nous voyons qu’ils présentent aussi des particularités remarquables , et on peut dire d’eux en général que, par leur mobilité, ou du moins par la plus longue durée de leur séparation , ils rappellent les côtes de la tête des Ophidiens.

La vertèbre occipitale n'a point non plus ici d’arcs costaux particuliers.

Ceux de la première intervertèbre , OU de la vertèbre auditive , n’en sont que plus développés , et d’une manière sur laquelle les arcs costaux de la tête des Serpens répandent une vive lumière. Ils n’ont été si souvent mal interprétés ; que parce qu’en les considérant, on n’avait point égard aux formations analogues antérieures. Les parties les plus développées de ces côtes sont les pièces sternales ; et ici , pas plus qu’à la deutovertèbre elle-même , on n’aperçoit de distinction entre la portion antérieure et la portion postérieure. L’arc protovertébral tout entier se divise par conséquent en deux pièces.

La première est une pièce sternale supérieure (os carré), qui comprend en elle les pièces tergales, encore indiquées par une apophyse antérieure et une apophyse postérieure annexées à la vertèbre auditive ( i g , i g* , fig. i, pl. xxxi | La partie qui correspond spécialement à la signification de pièce sternale supérieure ( i g’ ) est aussi reportée en avant, chez les Oiseaux, quelle l’est en arrière dans les Ophidiens (pl. xxx, fig. xii) ; son apophyse se dirige vers l’orbite, et en bas , où elle porte le membre céphalique postérieur , elle s’unit avec la pièce sternale inférieure.

Cette pièce sternale inférieure ( apophyse zygomatique de l’os temporal) est très-mince et très-longue (ig"')- Elle s’unit avec le rudiment de la troisième intercôte et de la cinquième côte céphalique, de la même manière quelle le fait chez les Poissons osseux , certains Sauriens et les Chéloniens (1).

(x) Ces denx pièces osseuses ont été très-diversement interprétées. A l’égard de la pièce sternale supérieure, soudée avec lés pièces tergales, on l’a en général appelée os carré , chez l’Oiseau, parce qu’on n’avait égard qti’à sa figure. Hérissant et Cuvier l’ont regardée comme la branche ascendante) devenue libre ici, de la mâchoire inférieure : j’ai cm voir jadis en elle

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DCCLVII. La paire de côtes centricipitales est partout trèssensiblement développée sous la forme d’un os annexé , comme une courte côte du tronc , aux deux côtés du corps vertébral qui lui appartient , mais néanmoins consistant uniquement en pièces tergales , et par conséquent non fermée. Sa direction est d’avant en arrière ( pl". xxxi , %. I , ng) , et elle rencontre la partie antérieure de la côte auditive , avec laquelle elle s’unit (1).

DCCLYIII. La côte de la seconde intervertèhre (qui ne s’est point du tout développée comme deutovertèbre ) est très-peu

l’analogue de l’enclume. Elle a été rapportée à la portion articulaire du temporal par Tiedemann , au cercle tympanique et à une portion de l’apophyse styloïde par Geoffroy Saint-Hilaire , par Spix et par Cuvier dans ces derniers temps. Meckel la croit analogue au tympan des Mammifères, mais non précisément au cercle tympanique , et à l’os styloïde. Naguère encore on pensait assez généralement que c’est la partie qui plus tard devient tont entière l’os temporal; ce qui semblerait peut-être plus probable encore en ayant égardà ses formes antérieures, qui nous la font paraître en effet analogue à l’anneau tympanique, à la caisse, au conduit auditif externe, et à la cavité glénoïde de l’os temporal.

On a également méconnu toujours la signification de la pièce sternale inférieure, puisqu’on la rapportait constamment tout entière à l’os jugal, ce qui est cependant d’autant moins admissible que , dans le Psittacus cristatus , l’os jugal se trouve évidemment ait dessus de l'apophyse zygomatique qui, chez les Oiseaux , continue encore , comme chez les Poissons, à s’étendre jusqu’à là région maxillaire supérieure (pl. xxxr, fig. i, i, g’”, pl. xxix, %• »! b g’"}. •

Cette côte auditive embrasse donc l’organe auditif, comme dans les Reptiles; ici encore nous retrouvons , au milieu de l’organe sensoriel, des reflets ou des répétitions dés parties squelettiques environnantes, dans les ossifications intérieures , qui ressemblent parfaitement à celles des Reptiles, et qui se présentent aussi constamment sous la forme de columelle diconique de la caisse du tympan ( pl. xxxt , fig. n a ), tandis qu’il est général de voir manquer tout- à-fait les ossifications intérieures, et même les condensations amylacées dans l’intérieur de la vertèbre auditive.

(i) Ces os ont également reçu des dénominations et des interprétations très-diverses. La plus connue de ces dernières est celle d’os omoïdes. Meckel, Geoffroy Saint-Hilaire et Spix les appellent ailes inférieures du sphénoïde , quoiqu’ils ne correspondent qu’à la lame externe de celles-ci , la lame interne ( kamulus pterygoideus) étant la côte sincipitale.

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prononcée aussi comme arc proto vertébral. Souvent même elle paraît manquer tout-à-fait , par exemple chez les Palmipèdes, les Gallinacés , les Passereaux et les Rapaces (pl. xxxi,fig.i, 2g ). Cependant, lorsqu’on y regarde de près, on trouve, chez les jeunes sujets , les Poulets surtout , un os filiforme , qui se soude avec l’apophyse zygomatique de l’os temporal et du maxillaire supérieur , et qui complète l’arc osseux grêle auquel on donne ordinairement et à tort le nom de jugal. Je ne connais que le Psittacus cristatns et la Bécasse où , comme chez les Poissons osseux réguliers , il forme au dessous de l’œil un arc osseux complet , qui , par sa séparation d’avec l’arc osseux situé au dessous de lui (ig'"), annonce qu’il constitue une formation particulière (1).

• DÇCLIX. Les côtes sincipitales des Oiseaux ( pl. xxxi, fig. I, ni g ) sont réunies en une seule pièce avec les premières côtes faciales (iyg) , de même qu’ elles l’étaient avec les côtes centricipitales chez les Chéloniens. Cette paire de côtes réunies , qu’on a coutume d’appeler os palatins tout court , quoiqu’elle représente les palatins antérieurs et médians , dénote manifes-

(i) Le plein arc osseux du Kakatoès et de la Bécasse est rapporté par Meckel à l’os lacrymal ; mais la force de cet arc autorise à admettre en lui des points spéciaux d’ossification , qu’on retrouvera sans doute chez les jeunes snjet|. S’il n’y en avait point, et que les arcs appartinssent réellement à l’os lacrymal, on retrouverait à coup sûr ici, dans l’arc ossenx inférieur, les pièces médianes qui seules , chez les autres Oiseaux , peuvent être considérées comme rudimens de l’os jugal. Geoffroy donne au vrai rudiment de l’os jugal le nom de pièce antérieure du jugal. On en trouve une belle figure dans Spix ( Cephalogenesis , pl. iv, fig. iv, où 8 et 9 désignent la paire des côtes auditives , 30 la paire des côtes centricipitales , i5 la paire des côtes oculaires, ai les paires de côtes sincipitales et nasales, et 12 la seconde paire de côtes faciales ).

Le développement, en général maigre et purement fragmentaire, de cette côte oculaire, parait tenir au développement considérable de l’organe du sens de la vue , dans lequel se manifeste avec la plus grande constance une ossification intérieure, dont on voit la représentation pl. xxxi, fig. xi, b, ét qui entoure l’hémisphère antérieur de l’œil sous la forme d’un anneau protovertébral divisé en 3 X 4> et souvent même davantage. Ce type rappelle , comme dans les Reptiles , où on le rencontre , le commencement primaire du squelette t par exemple l’enneaq des Holothuries.

tement sa nature costale , comme le font les çôtes'centricipitales , par la mobilité de son adhésion au corps de la vertèbre sincipitale et de la première faciale. Du reste , elle est tellement tirée en largeur (ou, par rapporta la colonne vertébrale, en longueur ) , qu’elle entre en contact postérieurement avec la côte centricipitale et antérieurement avec la seconde côte faciale. La forme de cet os varie beaucoup. On est surtout frappé. Chez les Perroquets , et en particulier chez les Kakatoès , de l’agrandissement de sa partie postérieure, correspondante au crochet ptérygoïdien. Meckel a déjà signalé, comme une analogie avec les Mammifères , son union solide avec les côtes centrieipitales dans l’Autruche et lé Casoar. Ces côtes ne sont jamais fermées au coté sternal , et on ne peut les considérer que comme produites par des portions ter gales.

DCCLX. Troisième inter côte (os lacrymal , pi. xxxi, fig. I , ing ). Partout elle est fortement développée , et dans aucune autre classe elle n’a un volume aussi considérable , proportion gardée avec les autres os de la tête. Son type costal n’apparaît pas toujours avec autant d’évidence, Jamais non plus elle n’est mobile. Cependant elle existe presque constamment comme os à part , et dans bien des cas elle ressemble de la manière la plus parfaite aux rudimens de côtes qui tiennent aux vertèbres cervicales, attendu qu’elle naît, comme elles, par deux branches , l’une supérieure , insérée entre les lames tectrices de la troisième et de la quatrième vertèbre céphalique , l’autre inférieure , fixéé aux lames basilaires de la quatrième vertèbre céphalique, branches entre lesquelles reste un espace qui entoure le canal lacrymal. Cette disposition est surtout bien prononcée dans l’Outarde , quand on considère la tête de côté , et dans les Faucons. La côte est petite dans les Gallinacés. Chez les Rapaces, elle est très-forte, et sa branche supérieure se prolonge fort loin au dessus de l’orbite (1).

DCCLXI. Quelquefois il s’insère à cette côte une lame ap-

(l) En dedans de cette côte nasale et de la quatrième vertèbre céphalique se trouve l’organe olfactif, dans l’intérieur duquel on aperçoit aussi des ossi« fications ou au moins des cartilaginifications internes, représentées par les cornet du nez.

pendiculaire (écaille surcilière , os orbitaire supérieur ) dont j’ai déjà dit ( § DLXXII , note ) que la signification était douteuse jusqu’à un certain point. Cependant si nous réfléchissons aux particularités que les côtes des Oiseaux présentent aux régions du tronc , et si nous considérons que là précisément les lames appendiculaires dirigées en arrière (pL xxviii, fig. h, a ) ont en général la signification de tritovertèbres, nous trouverons peut-être de quoi justifier l’opinion suivant laquelle les os orbitaires supérieurs appartiendraient à la même classe que les appendices costaux. Du reste on les rencontre particulièrement chez les Rapaces. Cuvier prétend même qu’on en a trouvé plusieurs dans l’Autruche ; si ce fait venait à être constaté et surtout à se représenter dans d’autres espèces encore, on pourrait finir par regarder la saillie qui surmonte l’orbite comme la côte proprement dite elle-même, arquée ici en arrière , de sorte que la plaque appendiculaire simple ou multiple représenterait les pièces sternales supérieure et inférieure. Lorsque l’on compare l’os lacrymal du Faucon avec une fausse côte du tronc, cette opinion devient réellement trèsvraisemblable , quoique je n’ose encore rien prononcer à cet égard.

Dans la Sterna hirundo , on trouve , d’ après Nitzsch (1) , un pareil os mince annexé à l’os lacrymal inférieurement ( os orbitaire inférieur) ; cet os a certainement la même signification que la plaque appendiculaire supérieure.

DCCLXII. Les deux côtes faciales antérieures (mâchoire supérieure et intermâchoire) se réunissent d’assez bonne heure, comme les troisième et quatrième côtes céphaliques , en une seule pièce dont la forme et la grandeur varient prodigieusement. En général, la paire la plus antérieure prédomine beaucoup (pl. xxxi ,fig. i). Celte côte se soude très-promptement , tant avec celle du côté opposé , dans le sens de sa longueur , parce que la colonne protovertébrale de la tête finit à elle , qu’avec les rudimens des lames tectrices de sa deutovertèbre faciale , qu’on a coutume de comprendre dans l’intermâchoire. Pour bien comprendre ce rapport, il faudra la

(i) Osuograph. Beitrcege , p. 70, 77,

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comparer avec ce que les côtes du tronc offrent d’analogue , et pour cela je renvoie surtout aux derniers arcs costaux du bassin delà Rhea americana , où les côtes ischiales s’étendent tout-à-fait en arrière , dans le même temps qu’ elles se soudent tant entre elles qu’avec le rachis.

L’accroissement considérable de cette paire de côtes, dans certains Échassiers , mais notamment dans le Calao , où , par l’énorme quantité des cellules aériennes , elle augmente beaucoup l’étendue de la région respiratoire de la tête, est trèscâractéristique pour une classe dans la signification de laquelle il iâqytre de représenter la respiration thoracique à son plus haut degré de développement ; car ici la région nasale de la tête , qui reflète la région respiratoire thoracique du tronc , fait passer l’air dans les os creux du sinciput, de même que les cavités auditives, analogues de la région pelvienne du tronc, le fournissent à ceux de l’occiput.

DCCLXIII. La cinquième côte céphalique , en particulier (pl.6 xxxi , fig. i, v g), est plus petite que la précédente ; cependant elle montre une tendance prononcée à se fermer dans le milieu du côté inférieur ou sternal , ce qui arrive en effet chez plusieurs Palmipèdes et Rapaces , comme nous l’avons vu déjà dans certains Reptiles.

DCCLXIY. Si nous passons maintenant aux membres céphaliques , nous avons d’abord à faire remarquer qu’on doit les distinguer en pairs et impairs.

Toute trace de membres céphaliques impairs avait déjà disparu chez les Reptiles et même chez les Poissons réguliers. Il est donc extrêmement remarquable d’en trouver dans la classe des Oiseaux , phénomène dont on ne peut se rendre compte qu’en admettant que ces animaux sont destinésmême à offrir la manifestation la plus complète des membres locomoteurs , et qu’il serait en contradiction avec leur nature propre qu’une espèce tout entière de ces membres vînt à manquèr complètement entre eux.

DCCLXY. Le seul membre céphalique impair qu’on connaisse dans la classe des Oiseaux appartient au genre Carbo, et tant au Carbo cormoranus qu’au Carbo graculus , suivant Meckel , qui le compare déjà d’une manière très-convenable iii. 34

53o squelette des oiseaux.

aux nageoires céphaliques mobiles des Poissons. Il est situé à l’occiput , et probablement implanté sur les lames tectrices de la vertèbre auditive soudées avec celles de l’occipital, attendu que cette vertèbre, qui se rapporte àlarespiration,favorisepar celamêmele développement de membres (pi. xxxi,fig.

Il ressemble parfaitement à un rayon isolé d’une nageoire dorsale , et, par le moyen desmuscles qui s’y attachent, il aide au mouvement des membres latéraux inférieurs de la côte auditive, c’est-à-dire delà mâchoire inférieure (1).

DCCLXVI. Comme les Reptiles , les Oiseaux n’ont d’autres membres céphaliques pairs latéraux inférieurs , que les postérieurs. L’absence de membres pairs antérieurs est compensée 1° Parla mobilité des rudimens de vertèbres faciales antérieures et des côtes qui leur appartiennent , par conséquent de tout le bec supérieur ;

2° Par l’ agrandissement considérable que cette région acquiert dans plusieurs genres ;

3° Par la présence de certaines formations mobiles de la peau et du dermatosquelette , qui se développent sur ce point.

DCCLXVII. Il peut aussi , virtuellement, se développer aux côtes auditives , outre les membres inférieurs (mâchoire inférieure) , des membres latéraux supérieurs (opercule , conque de l’oreille ) * qui cependant n’arrivent point à se manifester en réalité , et qui sont tout au plus indiqués , comme chez les Chouettes, par des plaques cutanées un peu plus raides et écartées du corps.

DCCLXVIII. Les seuls membres qu’on trouve partout , et puissamment développés , sont les pairs latéraux inférieurs , ou les arcs de la mâchoire inférieure , qui offrent les particularités suivantes :

1° Ils continuent à n’être formés que d’un article inférieur et d’un article terminal, de sorte qu’ils ont tout-à-fait le type d’un avant-bras ; ils sont également toujours articulés par le moyen d’une cavité ;

(i) Cet os remarquable a été bien figuré et décrit, avec ses muscles , par Kudolphi , dans Denkschriften der Berliner Akademie der kFissenschaften.

SQUELETTE DES OISEAUX. 53 t

2° Chaque moitié de la mâchoire inférieure consiste donc en deux os d’article inférieur (pi. xxxi , fig. r, i h , p , p) , deux os intercalaires (7, S et deux os d’article terminal (à, s ) , qui restent longtemps séparés l’un de l’autre , comme les portions des cotes céphaliques , tandis que les deux arcs dé la mâchoire se. soudent de très-bonne heure ensemble.

3DGCLXIX. Certaines formations qui n’appartiennent qu’à certaines familles , n’en méritent pas moins d’être signalées , parce qu’elles jettent un grand jour sur la constitution de la mâchoire inférieure comme membres. Telles sont les suivantes :

î° L’existence d’une ou de deux ouvertures latérales à chaque moitié de cette mâchoire , par exemple dans l’Outarde, ainsi que dans plusieurs Échassiers, Passereaux et Rapaces diurnes. La fig. 1*, ** , pL xxxi , explique très-bien ces vides, qui , étant également remplis ici de tendons et de muscles , correspondent à l’intervalle, garni d’un ligament interosseux , qu’on remarque entre le radius et le cubitus.

2° L’accessibilité de la cavité intérieure de ces membres à l’air du dehors , chez la plupart des Oiseaux , ce en quoi ils ressemblent aux membres du tronc ;

3° La séparation des extrémités des membres dans la jeune Autruche , ce qui établit le passage à la formation des Mam mifères.

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