C. Dermatosquelette
DCCLXXXIV. Les Oiseaux étant des Céphalothoracozoaires, toutes les parties qui se rapportent à la respiration doivent avoir été portées chez eux au plus haut degré possible de développement. La peau , surtout , comme organe respiratoire primaire et généralement répandu, doit offrir ce caractère. En
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effet, la fonction respiratoire s’y développe avec une puissance et des spécialités qu’on ne rencontre nulle part ailleurs dans le règne animal , et au caractère essentiel desquelles on n’a eu aucun égard jusqu’à présent.
DCCLXXXV. La forme primaire d’organes respiratoires spéciaux, comme production ou pro’ongementde la peau, est celle de la branchie. Si un organe cutané doit représenter la respiration à son plus haut degré de développement, ce ne peut être qu’en manifestant le plus grand nombre possible de branchies sur toute la surface de la peau. Or c’est précisément cette formation de branchies qui distingue la classe des Oiseaux. De toute la surface du corps poussent des branchies coniques , molles , gélatineuses , abondamment pourvues de vaisseaux , dans l’intérieur desquelles s’exerce un conflit perpétuel , qui périssent et se renouvellent , et que l’on a coutume de décrire comme tissu vasculaire nourricier des plumes'. Ces faisceaux vasculaires ont absolument et essentiellement la signification de branchies ; ils amènent une masse considérable de sang au dehors, la mettent en contact avec l’air, et déposent un tissu muqueux , imprégné de carbone -, au sein duquel cristallisent la tige et les barbes de la plume. Ils s’entourent euxmêmes d’un tissu corné , ayant primairement la forme conique, qui, dès qu’il s’est endurci assez pour interdire tout accès à l’air , fait périr les vaisseaux , et nécessite le développement d’un nouveau germe.
Ce phénomène , si important pour la physiologie des Oiseaux, et qu’on n’a point encore envisagé sous un pareil point de vue, devait être décrit avant l’ exposition des formations dermatosquelettiques elles-mêmes.
En effet , de même que la peau est l’enveloppe générale du corps , et qu’elle fournit des expansions rayonnantes à la surface de ce corps , de même aussi les formations dermatosquelettiques doivent apparaître sous la forme les unes de protovertèbres , les autres de vertèbres rayonnantes.
DCCLXXXYI. Les formations protovertébrales ressemblent absolument à celles des Reptiles. Ce sont des plaques cornées, qui tantôt se déposent en larges surfaces autour de segmens
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du corps animal , tantôt entourent certaines parties du corps sous la forme d’ écailles isolées.
A la première catégorie appartiennent les plaques cornées, vertèbres faciales, côtes faciales et article terminal du membre crânien (pl. xxvm , fig. i , p l ) , qui , sous la forme de gaines cornées du bec, sont si prodigieusement diversifiées.
La seconde comprend les anneaux écailleux qu’on rencontre spécialement à l’article terminal des membres pelviens ( pl. xxvih , fig. i ,g) , et dans lesquels on reconnaît encore d’une manière bien positive la division géométrique régulière en six.
DCCLXXXVII. Les formations rayonnantes, et par cela même essentiellement coniques , du dermatosquelette , se présentent sous deux formes différentes. (
Les unes sont ou des parties cornées , solides /simplement coniques , qui garnissent surtout les articles terminaux du névrosquelette , comme les éperons alaires( par exemple dans les Parra ) , et les ongles des orteils (pl. xxvm , fig. i , 1 0 9 }; ou des formations dermatosquelettiques , qui remplacent des membres rayonnans du névrosquelette comme la crête cornée du bec des Buceros, tenant lieu en quelque sorte des apophyses épineuses des vertèbres faciales , qui ne sont point développées.
Les autres sont des cônes cornés qui rayonnent au pourtour entier du corps de l’animal , correspondent aux branchies cutanées , et ont une tendance a se diviser et se subdiviser en formations coniques toujours décroissantes. On les appelle plumes.
DCCLXXXVIÏI. Pour trouver le type le plus simple des plumes, il faut remonter jusqu’à l’histoire de leur formation.
1° La plume apparaît d’abord sous la forme d’une sphère , et dans une fossette de la peau ( pl. xxvm , fig. iv , eu).
2° Elle passe de la forme sphérique à la forme conique (fig. iv, b), qui, par des motifs supérieurs, appartient à toutes les formations secondaires et tertiaires rayonnantes terminées en dehors.
3° La manifestation des barbes , qui sont elles-mêmes des formations coniques plus petites ( fig. iv , c ) , est une répétition du type primitif ,• ou du simple cône , à une ou plusieurs
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puissances plus élevées. Elle représente la formation plumeuse du dermatosquelette des Insectes à un degré supérieur , et avec une plus grande perfection. Elle est en même temps la copie de la forme branchiale, telle que nous la trouvons, dans les basses classes du règne animal , sous l’aspect d’organe respiratoire véritablement plumeux , comme si les plumes devaient annoncer jusque par leur forme même que leur signification primordiale est celle de branchies aé« viennes (1).