CHAPITRE XI
Importance de plusieurs formations squelettiques morbides pour V histoire des pai'ties primaires du squelette osseux.
DCCCCXLIII. Si quelque chose pouvait être propre à me faire apercevoir l’importance des connaissances que de longues années d’observation assidue et comparative m’avaient procurées sur les parties élémentaires du squelette ,, leurs rapports mutuels et la diversité de leur développement en raison de leur valeur intrinsèque , c’était l’application de ces données aux formations pathologiques si nombreuses qu’on rencontre dans le squelette. Combien n’est-il pas digne de remarque que des rapports et des significations à peine saisissables dans la forme normale , ressortent souvent tout à coup avec plus d’évidence dans une forme pathologique ; que des parties qui , dans l’état normal, acquièrent le plus grand développement , s’arrêtent , dans l’état pathologique, au même degré que d’autres d’un rang inférieur, qui sont essentiellement homologues avec elles; et que d’autres, peu développées dans l’état normal, s’élèvent par des influences morbides à un degré considérable de développement!
DCCCCXLIY. Je ne puis offrir ici que des fragmens à cet égard , mais on ne saurait nier qu’une anatomie pathologique complète du squelette, exécutée d’après de pareilles vues, et d’une manière plus conséquente que Geoffroy Saint-Hilaire ne l’a fait dans le second volume de sa Philosophie anatomique , est un des plus intéressans problèmes qui restent encore à résoudre.
Hans les remarques qui vont suivre, je parlerai d’abord des changemens pathologiques relatifs aux rapports de masse et de nombre du système osseux ; puis j’examinerai quelques anomalies dignes surtout d’être prises en considération , tant à la colonne deutovertébrale du côté tergal , qu’à la colonne
OSSIFICATION PATHOLOGIQUE. 6â§
tritovertébrale du côté ventral , et aux arcs protovertébraux, et je terminerai par celles qui ont trait aux membres.
ï. Ossification pathologique en général..
DCCCCXLV. La substance des parties squelettiques doit fixer d’abord notre attention. Si nous voyons certaines parties primaires du névrosquelette des animaux supérieurs et surtout de l’homme demeurer cartilagineuses dans l’état normal , tandis que d’autres s’ossifient, la formation pathologique est propre à nous démontrer qu’aucune de ces différences n’est assez essentielle pour ne pouvoir pas changer complètement , sans même que les parties subissent d’autres changement C’est ce qui arrive , en effet, dans les ramollissemens des os, lorsque ceux-ci repassent à l’état de cartilage mou , et dans les ossifications anormales , quand le cartilage devient os.
DCGCCXLVI. On rencontre aussi des formations osseuses pathologiques dans lesquelles le squelette entier offre un type inférieur à celui qu’il devrait avoir. Tel est le gonflement des os longs à leurs deux extrémités , chez les sujets rachitiques , d’où résulte une forme diconique plus prononcée qu’elle ne doit l’être dans le squelette développé.
J e dois citer encore ici la formation du cal entre les fragmens d’un os cassé , qui est remarquable comme manifestation intermédiaire (intervertèbre) , dont la signification est -toujours celle de la synthèse entre les portions d’os mises en antithèse par la fracture.
DCCCCXLVII. Quant aux rapports numériques, c’est-à-dire à la question de savoir jusqu’à quel point les parties primaires du squelette osseux , par exemple les protovertèbres ou les deutoverlèbres, peuvent se multiplier ou diminuer de nombre, ce problème n’est pas non plus d’un faible intérêt. Car comme, de ce que certaines parties du système osseux sont ou non trèsvariables dans leurs nombres, on peuttrès-bien conclure qu’ elles ont tel ou tel degré de dignité, de même aussi les variations de ces nombres par l’influence des causes pathologiques sont trèssignificatives. Ainsi , par exemple , dans le corps dé l’homme , les vertèbres Caudales sont les parties qui s’écartent le plus iii. 40