NOTIONS PRÉLIMINAIRES
1. Toute naissance , toute génération est, quant à son essence , la production d’une chose déterminée par une chose indéterminée , mais déterminable.
2. Tout décès , tout report en arrière de la génération est la résolution d’une chose déterminée en une chose indéterminée , qui par là devient apte à une nouvelle détermination.
3. Gomme tout ce qui a pris naissance dans le temps et l’espace a pris naissance par voie de génération et est sujet à la dissolution , nous sommes obligés de nous figurer la nature entière comme un tout infini , qui roule dans un cercle perpétuel de génération et de régénération.
4. Le déploiement spontané d’un être déterminé qui naît d’un être indéterminé , est le signe primordial et en même temps le symbole de la vie.
5. Une fois que nous avons reconnu la nature pour un tout agité d’un éternel travail intérieur de génération, nous devons aussi la considérer comme l 'être vivant absolu , dont la vie primaire est la source d’où dérivent les phénomènes vitaux de chaque être vivant individuel , c’est-à-dire toutes les forces particulières de la nature (1).
(i) L’idée de la vie n’étant autre chose que l’idée d’une manifestation éternelle de l’essence divine par la nature, elle est du nombre de ces intuitions intellectuelles primitives qui , aussi Lien que la plus élevée de toutes , l’idée de l’essence divine elle-même, n’arrivent point à l’homme du dehors, ne peuvent être ni démontrées , ni encore moins expliquées par l’intelligence appliquée au monde phénoménal, et en général ne peuvent être Obtenues par abstraction, mais doivent se révéler dans l’intérieur de l'homme , et se révèlent toujours à lui lorsque son développement organique est parvenu jusqu’à un certain degré. Il suit donc nécessairement de là que quand , dans la contemplation de l’être vivant , nous ne partons pas de l’idée primitive de la vie,' qui s’est déployée librement et clairement dans notre intérieur, nous ne pouvons jamais arriverà l’intuition de la vie par abstraction, pas plus que quand un homme n’est point doné? pour em-
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6. Puisque la nature est , de son essence , ce qui engendre perpétuellement ( «pûei; , de <pûw , natura, de nascor ) , et puisqu’elle est éternelle, il s’ensuit nécessairement de là que sa me est infinie aussi , et qu’on ne peut concevoir en elle une négation complète de la vie , c’esî-à-dire une mort absolue. Mais si la vie primaire de la nature est infinie , l’infinité et l’éternité doivent être également les attributs de toute manifestqtipn spéciale de la vie de la nature comme essentiellement infinie dans son espèce. Cependant la nature étant infime aussi sous le rapport de la diversité de ses manifestations de force , des forces naturelles agissant dans des directions différentes peuvent et doivent se limiter mutuellement dans leurs effets , et même supprimer ceux-ci pour un certain temps. De là l’idée d'une mort relative, c’est-à-dire de l’état que nous avons coutume de désigner sous le nom de mort , de décès (1).
7. La manifestation de la nature dans l'espace étant donc nécessairement limitée et finie sous le rapport de ses innumérables individualités , tandis que nous la trouvons toujours infinie et illimitée sous celui delà totalité , il en est de même de sa manifestation dansle temps. La vie de la nature, considérée en bloc , doit être envisagée comme infinie , comme éternelle, tandis que chaque phénomène particulier de cette vie -, c’està-dire chaque force spéciale de la nature dans son œuvre , est limitée , finie ou mortelle (2).
ployer les expressions de Jacobi , d’nne organisation assez supérieure pour s’élever à la connaissance de Dieu , cette idée , la plus sublime de tontes les idées rationnelles , ne peut lui être communiquée du dehors par démonstration et abstraction.
(1) Si l’on en vent un exemple des pins simples, que l’on se figure un pendule en oscillation. Il est clair, et la physique le démontre, que, dans un vide absolu, en l’absence de tout frottement, etc., la force oscillatrice devra nécessairement entretenir pendant l’éternité le mouvement une fois excité. Mais l’observation nous apprend que , dans la nature , l’effet ou le phénomène de cette force est bientôt diminué ou restreint, et qu’il finit par être entièrement détruit par la pression atmosphérique , le frottement , etc.
(2) La vie en elle-même, comme manifestation continuelle de l’essence divine par la nature et dans la nature, ayant pour attribut l’éternité, c’est là une preuve de ce que j’ai dit précédemment (noté au § 5) sur l’idée de la
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3. Tout être vivant porte le nom d 'organisme en tant qu’il crée de lui-même les moyens des divers effets qu’il produit , c’est-à-dire des organes. La nature , en tant qu’elle provoque sans interruption de nouveaux phénomènes ou signes de sa vie intérieure , est l’organisme absolu eu macrocosme. Tout être naturel qui se développe de lui-même ne pouvant subsister que dans l'organisme général de la nature , et sa vie n’étant qu’une émanation de là vie supérieure et primaire , on rappelle organisme partiel , fini, injçfiyidjiel ,‘..oji microcosme , et son développement n’est possible que sous l’influence de là vie générale de la nature.
9. D’après la loi générale ( § 1 ) , tout organisme individuel doit son développement à une chose indéterminée > quant à l’espace , mais déterminable , et qui , dans un certain temps , devient une chose déterminée quant à l’espace. Nous donnons le nom de -fluide à une substance dont les limites dans l’espace ne sont pas déterminables d’une manière finie. Le fluide (élastique ou liquide) est dope 1 élément de tout développement organique , ou de la génération naturelle en général.
40. En tant que tout être vivant particulier se sépare de l’infinité delà nature par individualisation, il entre, nécessairement en antagonisme avec les autres effets naturels , et son existence doit être limitée dans l’espace, comme elle l’est dans le temps , de sorte qu’il apparaît comme être fini, comme être périssable , tandis que la nature , prise dans son ensemble , doit être considérée comme infinie et impérissable. Ce rapport entre un tout et ses parties se répète aussi dans l’organisme individuel lui-même , à l’égard de sa totalité et de ses diverses parties , et la masse organique vivante doit être regardée comme se trouvant à chaque instant dans un état continuel de dissolution et de régénération (4) .
vie comme idée rationnelle pure ; car, provenir de l’étemel est le caractère de U idée, comme provenir du particulier est celui de l’abstraction.
, (i) p ne des principales conditions d’une bonne physiologie est de ne jamais considérer le corps vivant que comme la manifestation de forces vivantes exprimées dans certains élémens terrestres, et de ne jamais oublier qu’en aucun instant il n’est en repos, mais qu’il se régénère continuellement, à peu près comme un point éclairé sur un courant rapide semble