‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 89 sur 129 · SECONDE FORMATION. POISSONS POURVUS DE MEMBRES · texte numérisé non relu

SECONDE FORMATION. POISSONS POURVUS DE MEMBRES

I. Poissons dont les membres et la respiration se rapportent essentiellement à la tête (1).

■Ài» NÉvkbs^uÈiîÈTTï:. ;-

CCCCLYIIL En retraçant l’histoire du développement d’un squelette supérieur , nous avons vu qu’au degré où le squelette entier est simplement càrtilagineuxï thesis ) , en succède un où l’on voit apparaître une multitude de points osseux isolés ( antithesis) , et qui est suivi d’un troisième caractérisé par la fusion de ceux-ci en certaines parties squelettiques plus grandes ( synthesis ). Si les Poissons apodes occupent le premier échelon , le second appartient aux Poissons osseux. De là vient que le squelette de eeüx-ci se partage en une multitude de pièces distinctes , qui sont caractérisées par l’enjambement de leurs bords les uns sur les autres , c’est-à-dire par des sutures écailleuses , et qui , en conséquence , croissent pendant toute la durée de la vie, (2).

(1) Ce sont les Poissons osseux , qu’on pourrait appeler aussi Poissons à membres céphaliqués , Ils sont, à proprement parler , les représentans de la classe. Le genre Cyprinus est celui chez lequel tout ce qui caractérise cette section se présente dans les rapports numériques les plus simples et sous la -forme la plus pure. En donnant à çés' Poissons l’épithète de réguliers ou normaux j’entends seulement par là que le type, la forme mathématique , s’exprime chez eux d’une manière pins claire que dans tous lés autres, .

(2) Il est très-remarquable que cet antagonisme entre les trois sections principales delà classe des Poissons s’exprime aussi dans les modifications de là forme de leurs protovertèbres , ou dans la forme dominante de la périphérie d’àne coupe verticale de leur corps. En effet, tandis que le pourtour du corps dés Âpôdès conserve la forme primaire du cercle, et que la direction en longueur prédomine chez eux, on voit se manifester, chez les Poissons

CCCCLIX. Tout premier développement d’un squelette supérieur indique constamment une égalité primordiale entre la tête et le tronc, entre le corps animal etle corps végétatif ( § CXC1X), tandis que , quand le développement fait des progrès , la prépondérance , sous le rapport de la masse , écheoit au corps végétatif, et celle sous le point de vue de la dignité , au corps animal. Chez les] Poissons osseux , l’équilibre entre ces deux moitiés du corps est matériel encore , et relatif à la masse des deux portions , qui se ressemblent même un peu quant à leur segmentation. On explique par là pourquoi c’est chez ces Poissons seuls qu’on rencontre un équilibre parfait entre le tronc et la tête , comme , par exemple , dans le Tetrodon mola, et pourquoi leur cœur , centre de la vie végétative , occupe la région jugulaire , qui est la limite entre la tête et le tronc.

CCCCLX. Enfin, pour ce qui concerne les divisions de la tête et du tronc , on doit encore prendre en considération le caractère spécial des animaux compris dans la classe , qui sont des Céphalo-ædoiozoaires. Voilà pourquoi le tronc continue à netre essentiellement qu’une cavité génitale , c’est-à-dire un bassin, et se trouve entièrement rempli par les ovaires ou les testicules, qui s’étendent vers le haut jusqu’à la tête , et pourquoi les autres régions contenues dans le tronc ( § CXCIX ) ne s e distinguent pas complètement les unes des* autres. Le bassin englobe encore en quelque sorte les régions hypogastrique et épigastre que , et, quant à la poitrine , on n’en aperçoit que de faibles indices. La respiration du tronc devient aussi plus manifestement respiration allantoïdienne ou pelvienne , si ce n’est néanmoins que la vessie agit seulement comme organe exhalateur d’air. La tête elle-même est en antagonisme pur avec le tronc, et , des deux régions respiratoires qui lui appartiennent primordialement , il ne se développe bien que celle qui correspond à la respiration allantoïdienne, ou la respiration branchiale , c’est-à-dire la postérieure.

osseux, la dimension en hauteur, par conséquent aussi la division en moitiés droite et gauche, et l’aplatissement latéral du corps; chez les Poissons cartilagineux supérieurs , au contraire, dominent la dimension en largeur, la division en côtés tergal et ventral , et la dépression du corps, ou son aplatissement de haut en lias.

SQUELETTE DES POISSOKS,

ï. Squelette du tronc,

CCCCLXI. Le développement de tritovertèbres parallèles ou de corps vertébraux demeure essentiel aussi au squelette du tronc des Poissons osseux , et il se trouve des genres , parmi ces derniers ( Murœnu , Fistularia, etc. ), où ce squelette entier paraît n être encore qu’une colonne de corps vertébraux, comme dans les Petromyzon. Il est un point cependant à l’égard duquel ces tritovertèbres s’élèvent d’une manière absolue au dessus des parties qui leur correspondent chez les Poissons apodes , c’est leur séparation, et, comme conséquence immédiate, la forme diconique de chacune , qu’on n’aperçoit dans aucune autre classe aussi prononcée et aussi pure que dans celle-ci. Du reste , la direction de cette colonne de corps vertébraux n’est plus tout-à-fait horizontale ; elle se courbe en voûte , de manière que , quand on place un Cyprin dans une situation parfaitement horizontale, le milieu du rachis se trouve le point le plus élevé , circonstance qui indique qu’ici la moelle épinière prédomine encore sur le cerveau. Dans beaucoup d’autres genres cependant ( Murœna, Esox, Gadus ) , la colonne est encore horizontale. Les corps vertébraux euxmêmes sont généralement égaux entre eux ; ils vont en diminuant vers la partie postérieure du corps , et se terminent par une vertèbre simplemént conique.

CCCCLXII.Les deutovertèbres ne sont égalementqu’à un degré de plus que chez les Poissons apodes , c’est-à-dire que leurs arcs, absolument clos, à la vérité, sont fort minces , et ne couvrent la moelle épinière que d’une manière très-incomplète. Mais ce qui atteste surtout l’infériorité de leur développement comme deutovertèbres , c’est la prépondérance des tritovertèbres parallèles ( corps vertébraux ) et rayonnantes (apophyses vertébrales) qui leur appartiennent. Ces tritovertèbres rayonnantes sont de simples cônes , fort allongés et minces ; la médiane supérieure , fortement soudée y constitue l’apophyse épineuse ; les latérales rayonnantes vers le haut et le bas se multiplient; la première pièce des latérales infé-

rieures est soudée et constitue les apophyses transverses (1) ; les autres pièces , tant des supérieures que des inférieures , sont libres , quelquefois divisées elles-mêmes (pl. xxvï , fig. vi,

2 , P P ' ) , et forment les arêtes musculaires ( ossicula musculorum ) ( pl. xxii , fig. xix , ® <? ). La tritovertèbre rayonnante médiane inférieure manque presque toujours , à cause du grand développement de la tritovertèbre parallèle médiane inférieure. On peut donc dire que la vertèbre rachidienne , au lieu d’être essentiellement deutovertèbre , passe à la formation des tritovertèbres.

CCCCLXIII. Quant au nombre des vertèbres, il devrait être, à proprement parler , déterminé par le nombre des régions développées au tronc ; mais , comme nous avons vu que, d’après des motifs d’ordre supérieur , le nombre des vertèbres céphaliques essentielles , qui s’élève à six , est aussi la première détermination de celui des vertèbres dans chaque sègment du tronc, le nombre six devrait rigoureusement se répéter autant de fois qu’on trouve de ces régions. Mais des cinq régions qui appartiennent primordialement au tronc , il ne s’est développé ici que la génitale ou pelvienne , qui enveloppe en elle l’intestinale ou' hypogastrique , èt l’hépatique ou épigastrique ; et la région respiratoire , c’est-à-dire la poitrine , n’est indiquée qu’imparfaitement. Ainsi , comme trois régions du corps sont .entièrement développées , et qu’une l’est en partie seulement, nous aurions 3 x 6'q 3 = 21 ( pl. xxvï, fig. iv ). Tel est réellement le nombre des vertèbres du tronc chez les Poissons réguliers, par exemple dans la Brême (2). Les trois rudimens de vertèbres thoraciques se signalent alors par, une ossification plus prononcée ( leurs apophyses deviennent plus larges et plus longues ’el par leur soudure lès uns avec les autres , tandis que les vertèbres des autres régions

(x) Les arcs protovertébraux s’unissent ordinairement aux vertèbres rachidiennes parle moyen décès apophyses transveres (pl. xxvï , fig. v, i à, 2 a); mais , anx vertèbres céphaliques , ils deviennent plus forts, par antagonisme avec les côtes, qui sont petites et rentrées en dedans (x a, 2 a, 3 à); ils y prennent même quelquefois la forme de vésicules osseuses (fig. V -p) » sur lesquelles je reviendrai plus loin.

(?) pi. b &»• b -

SQUELETTE DES POISSONS. 35ç)

sont complètement libres. Chez les Poissons moins réguliers , les vertèbres thoraciques ne se distinguent point encore des autres , et le nombre total des vertèbres rachidiennes est si peu déterminé, qu’il dépasse du double, ou même au-delà, celui qui vient d’être assigné (1).

CCCCLXIY. Comme la colonne vertébrale est susceptible de se prolonger indéfiniment en arrière, pour produire un membre terminal impair , une colonne vertébrale caudale , et qu’elle a d’autant plus de prédisposition à cette exubérance , que son organisation intérieure, comme colonne vertébrale du tronc, est moins avancée , la série des vertèbres rachidiennes n’est point close par celles dont je viens de parler , et qui sont situées au dessus de la cavité du tronc ; il se forme encore un prolongement. Mais l’idée d’un prolongement implique toujours celle de répétition d’une chose déjà existante ; donc le nombre le plus régulier des vertèbres caudales sera celui qui répétera le nombre des vertèbres du tronc ( pl. xxvi , fig. iv ). En effet la Brême a exactement vingt et une vertèbres caudales. Mais ce n’est point assez que la colonne vertébrale caudale répète le nombre des vertèbres du tronc ; le nombre des vertèbres céphaliques ( six ) doit être répété aussi, mais en vertèbres soudées , où les deutovertèbres se transforment entièrement en corps vertébraux , c’est-à-dire en tritovertèbres, demêmeque, danslesvertèbrescéphaliquessoudées, les trîto vertèbres se transforment en deutovertèbres et en protovertèbres. De là résulte la pièce simplement conique par la-

(i) Des exemples de vertèbres thoraciques incomplètement développées se voient dans les genres Esox , Exocœtus , Salmo , Gadus , où il n’en existe qu’une ou deiux , qui ne diffèrent pas essentiellement des autres vertèbres rachidiennes et ne s’en écartent que parce que les arcs costaux y sont un peu oblitérés, ou manquent tout-à-fait. Dans VEsox lucius , il n’y a qu’une seule vertèbre thoracique, peu forte, et munie d’arêtes costales faibles. L’ Exocœtus voUtans est dans le même cas; mais ici les côtes manquent tout-àfait, La Lote a deux vertèbres sans côtes, e'.c.

Cuvier donne à ces vertèbres thoraciques le nom de cervicales, et il en attribue quatre an Brochet. Rosentha] , qui les appelle aussi cervicales ou pectorales, n’en compte pas une seule chez cé Poisson , ce qui est plus exact. En général, les tables que Cuvier donne ici sont fausses ; ainsi , par exemple, il n’accorde qu’une seule vertèbre thoracique aux Cyprins.

36o SQUELETTE DES POISSOKS.

quelle la queue se termine, et dont les rayons de nageoire indiquent manifestement les six vertèbres qui en elle se trouvent fondues ensemble ( pl. xxvi,fig. iv, i, b). Du reste, il n’est pas sans importance que cette pièce impaire soit parfaitement dirigée vers le haut (1).

CCCCLXV. Les arcs protovertèhraux se présentent sous quatre formes au squelette du tronc des Poissons réguliers : celle de côtes incomplètes (fausses), qui correspondent aux régions hypogastrique et épigastrique ; celle de rudimens de côtes pectorales plus libres ; celle d’anneaux protovertébraux oblitérés, qui ne renferment plus que des vaisseaux sanguins; celle enfin d’arcs protovertébraux de membres.

CCCCLXVI. La première forme appartient aux vertèbres proprement dites du tronc ; elle constitue ce qu’on appelle ordinairement des côtes, arcs très-simples qui entourent la cavité du tronc sans se fermer par le bas , ni sans manifester aucune division intérieure (2) , et correspondent d’une manière exacte au nombre des vertèbres du tronc , aux apophyses transverses desquelles ils tiennent, sans être mobiles sur elles ( plxxvi, fig iv). Dans d’autres genres ( Fistularia , par exemple), les côtes s’oblitèrent beaucoup plus, et même tout-à-fait(B).

CCCCLXVII. Chez lesPoissons réguliers , les seuls arcs protovertébraux qui s’écartent de cette formation simple sont ceux qui appartiennent aux rudimens des vertèbres thoraciques, parce que des motifs d’une haute valeur exigent que les côtes pectorales affectent un type plus élevé. De la résulte la seconde forme.

CCCCLXVIII. Ce type supérieur ne s’exprime cependant pas tant par la grandeur et la division multiple , que par la mobilité plus grande , la délicatesse de la conformation , et la relation

(r) Le nombre des vertèbres caudales varie aussi beaucoup dans les genres moins réguliers, mais il ne varie point autant que celui des vertèbres du tronc.

(a) Il n’y a qn*un petit nombre de genres ( Perça, par exemple ) où dn milieu de la côte parte une apophyse dirigée en arrière, qu’on doit considérer comme le rudiment d’une tritovertèbre parallèle latérale ( pl. xxvr > fig- v, ? ?).

(3) RosF.NTHAt,, loc, cit, Cali. II, pi. ix , fig. 8.

avec la vessie respiratoire et l’oreille. Ces côtes sont, comme les vertèbres thoraciques , au nombre de trois paires ( pl. xxvi , fig.v. I7, 2y, 3 7). Une chose remarquable , c’est que la paire postérieure est toujours celle qui présente au plus haut degré le type des côtes postérieures du tronc. Ainsi , dans le Silurus glanit et la Carpe , elle se soude intimement avec l’apophyse transverse , et se ferme par le bas , comme le font les arcs protovertébraux oblitérés des vertèbres caudales , pour livrer passage , de même que ees derniers , à l’aorte. L’antérieure , par sa ténuité , et par ses rapports avec un prolongement du labyrinthe membraneux , devient analogue aux côtes céphaliques. Enfin la médiane, qui est plus forte et plus mobile, et qui a des connexions avec la vessie natatoire , apparaît comme une côte thoracique rentrée en dedans.

CCCCLXIX. Cette structure est surtout d’une grande régularité dans les Cyprins (3) , les Silures (2) , les Cobites (3), les OphicUum, et probablement aussi plusieurs autres genres. Les Esoæ, Gadus , Murœna , etc. , n’ont, aux vertèbres thoraciques, que des côtes ordinaires oblitérées, ou même n’en ont point du tout (4).

(1) Voy. Bojanus , dans Isis , i8ai, 1. 1, pl. iv, fig. g. — Weber, Deaure, pi. in , Gg. g.

(2) Wf.ber., toc. cit., pi. v, Gg. 3o, 3i. \

(3) Ici cependant , les apophyses transverses des deux vertèbres pectorales postérieurés se dilatent en nne ampoule osseuse, qui enveloppe ce rudiment de côtes. ( Weber , toc. cit., pl. vr, fig. 46)»

(4) Weber, à qui nous devons les premières recherches exactes sur les formations extrêmement remarquables dont il s’agit ici , a décrit ces rudimens de côtes sous le nom d’osselets de l’ouïe; il a appelé le second maliens (ancora, d’après Bojanus), et les parties du premier in cas, étapes, claustruin ( norma , trulla , poclllum , d’après Bojanus ). Si l’on veut dira par là que ces os remplissent , chez les Cyprins , les Silures et les Cobites , das fonctions analogues à celles du marteau , de l’enclume et de l’étrier chez l’homme, je n’ai rien à objecter ; mais si l’on prétendait qu’en se développant dans la série du règne animal , ils deviennent réellement les osselets humains de l’ouïe , ainsi qu’on peut suivre et démontrer pas à pas la manière dont le bras se développe de la nageoire pectorale , la jambe de la nageoire ventrale, et le larynx des arcs branchiaux, une telle opinion ne serait justifiable par rien, et serait tout aussi inadmissible que celle qui tendrait à faire considérer les aile3 des

36a SQUELETTE DES POISSONS.

CCCCLXX. La fermeture incomplète de tous ces arcs protovertébraux du tronc est déjà cause qu’il ne peut point y avoir de deutovertèbres , ni même seulement de corps vertébraux inférieurs , c’est-à-dire de vertèbres sternales , de même absolument qu’on n’en voit pas aux régions épigastrique et hypogastrique chez l’homme. En effet , les Poissons régulièrement segmentés n’offrent aucune trace de vertèbres sternales ( pl. xxvi , fîg. iv, Il ). Il y en a bien un vestige dans le Hareng, mais elles y passent déjà aux conditions de dermatosquelette (1). La colonne vertébrale , semblable à un sternum , qui se voit dans le Saïmo surinamensis , appartient encore davantage au dermatosquelette , quoique Cuvier la considère comme un sternum (2).

CCCCLXXI. La troisième forme des protovertèbres du tronc est celle dans laquelle on les trouve réduites à de petits anneaux qui ne surpassent point les deutovertèbres. Si l’ou excepte Vanneau que les rudimens de côtes sternales postérieures forment chez les Cyprins ( pl. xxvi , fîg.v, 3® .), rien de semblable ne se voit, excepté dans la répétition incomplète des vertèbres du tronc à la colonne vertébrale caudale , d’après le type pl.xxvi, fig. vi , l' et fig. i\,ww . Il pourrait donc se développer dès deutovertèbres inférieures ou des tritovertèbres dans ces proto vertèbres , puisqu’elles se ferment complètement. Mais comme les protovertèbres elles-mêmes s’oblitèrent beaucoup , les choses ne vont que jusqu’à la manifestation d’une vertèbre rayonnante médiane inférieure,

Oiseaux comme un développement des ailes du Dragon, constitués par les côtes abdominales. Ces côtes pectorales sont bien plutôt àes formes propres', appartenant à un genre seul, dont la manifestation dépend tellement du rapport spécial existant ici entre la colonne vertébrale du tronc et celle de la tête, que celui qui s’est fait une idée nette de ce rapport jugera impossible que, dans les classes supérieures, où il a disparu, on retrouve les parties qui s’y rattachent. Il est, au contraire , tout-à-fait dans l’esprit delà métamorphose organique incessamment progressive, que le type de cette formation puisse être adopté, dans les classes supérieures j par d’autres parties , notamment par les membres du segment postérieur de la première intervertèbre céphalique.

(1) RosENTHAt. , loc. Cit., pl. IV, fig. !,«««,

(2) Rosenthau , loc. cit., pl. vr fig. 12 , as x.

d’ane apophyse épineuse (pl. xxvi, fig. vi , a, et fig. iv, wf f' )• Du reste l’anneau protovertébral , par antagonisme pur avec la deutovertèbre , enveloppe ici l’organe central de la vie végétative , comme cette deutovertèbre enveloppe l’organe central de la vie sensitive (4).

CGCCLXXII. La quatrième forme de protovertèbre du tronc est celle de protovertèbre de membre. Mais , ainsi qu’il résulte des discussions dans lesquelles je suis entré plus haut, le développement des membres n’est sollicité que par une fonction respiratoire énergique , et ici on ne trouve qu’une respiration analogue à l’allanloidienne , dont le siège est la poitrine incomplètement développée. Voilà pourquoi, dans les Cobités, les apophyses épineuses qui appartiennent aux rudjmens de côtes de la poitrine enveloppent encore entièrement la vessie natatoire , et pourquoi , dans les genres réguliers , la vessie natatoire , attachée à la cote thoracique moyenne , s’ouvrë au dehors dans cette région , par le moyen du canal alimentaire. Cependant, comme la respiration proprement dite, celle qui appartient essentiellement à toutes les espèces, s’opère encore ici par les branchies , l’endroit essentiellement favorable au développement d’arcs protovertébraux dé membres ne peut être autre que la jonction de la tète avec la poitrine, et de telle sorte même que ces arcs protovertébraux se rapportent plus encore à la tête qu’à la poitrine , qui est imparfaite.

CCCCLXXHI. Mais deux de ces arcs protovertébraux, les ceintures scapulaire et pelvienne , doivent plus particulièrement arriver à se développer «dans les Céphalozoaires. Chez les Poissons, où toute respiration reste purement allantojdierine, c’est-à-dire pelvienne , et où la respiration du tronc , c’est-àdire ia respiration thoracique et pelvienne, est indiquée par la vessie natatoire seule , ces ceintures , en tant qu’elles se développent , doivent avoir plutôt le type d’os du bassin que celui de vrais os de l’épaule ; chez un grand nombre même de ces. animaux ( tous les Apodes ), il ne se développe qu We seule protôvertèbre , et lorsque les deux se développent, elles le

(i) Rosenthai., foc, cit., pl. I , fi g. 12 , i3 , i4.

font essentiellement à un seul endroit, c’est à-dire l’une au dessous de l’autre.

CCCÇLXXIV. Les arcs protovertébraux des membres thoraciques ( os de l’épaule ), comme étant les plus élevés en dignité, sont toujours les plus rapprochés de la tête , et toujours aussi ceux qui prennent le plus grand développement. Yoici ce qu’ils offrent d’essentiel dans leur division et dans leur formation spéciale.

Comme chaque arc de la protovertèbre doit toujours être virtuellement divisé en quatre parties (pl. xxii , fig. xv, i-iv ) , chaque moitié latérale de cette ceinture se partage de haut en bas en quatre articles ; mais il survient aussi des divisions dans le sens de la largeur de la ceinture , ou d’avant en arrière , parce que chaque arc protovertébral destiné à une formation de membre se rapporte proprement à une région entière du tronc , la ceinture scapulaire au cou , la ceinture pelvienne aux régions lombaire et sacrée.

CCCCLXXY. Ainsi chaque arc scapulaire se divise de haut en [bas :

1° En portion ter gale supérieure , qui est petite et appliquée à l’occiput ( pl. xxvi , fig. iv, o ) ; elle correspond à la lame appendiculaire cartilagineuse de l’omoplate de certains Reptiles , et aux pièces qui ferment les trous dans les apophyses transverses des vertèbres cervicales de l’homme. Rosenthal donne à tort le nom d’omoplate à cette pièce. Dans le Brochet, elle est divisée , d’avant en arrière , en lame externe et lame interne. Arendt l’a le premier décrite avec exactitude, sous le nom bizarre d’os caligœforme.

2° En portion ter gale inférieure, qui est petite et unie plus solidement à la précédente qu’à la portion sternale supérieure ( fig. iv, oo ). Elle correspond aux lames appendiculaires osseuses de l’omoplate de certains Reptiles , et manque chez l’homme. Rosenthal la nomme à tort clavicule , puisque c’est une loi constante que le point d’intersection entre la clavicule et l’omoplate se trouve toujours là où rayonne le membre thoracique. Geoffroy Saint-Hilaire l’appelle omoplate.

CCGCLXXVI. 3° En portion sternale supérieure. 4° ~En portion sternale inférieure. Ces deux pièces sont soudées ensemble.

squelette DES POISSONS. ^0»

La première , longue et simple ( fig. iv, ooo et oh), correspond à l’omoplate de l’homme. La seconde, plus courte et plus large, est divisée, par une ouverture et ordinairement aussi par des sutures très-apparentes , en partie postérieure ,. clavicule fausse ou apophyse coracoïde ( o 4' ) , et partie antérieure , clavicule vraie ou os furculaire {oh). Elle correspond à la clavicule de l’homme ; seulement ici, comme chez beaucoup de Reptiles et certains Oiseaux, elle ne fait qu’un avec l’omoplate. Rosénthal appelle à tort humérus ces deux portions réunies de la ceinture scapulaire (1).

CCCCLXXVII. Les arcs protovertèhraux de la ceinture pelvienne , qui manquaient tout-à-fait chez les Apodes, n’ont ici qu’un développemént incomplet et en quelque sorte partiel.

Les portions ter g aies , supérieure et inférieure , ont l’aspect d’une pièce costiforme, souvent très-oblitérée , qui est toujours engrenée dans la ceinture scâpulaire , et qui adhère spécialement à sa portion sternale supérieure, ou à l’omoplate (fig. iv , u). Il n’y a rien , chez l’homme , qui corresponde à cette pièce. Geoffroy la nomme à tort os coracoïde. Rosénthal en a mieux saisi le sens , puisqu’il la considère comme un rudiment des os du bassin ; seulement ce n’est point à l’ilion (portion sternale supérieure) qu’on doit la rapporter , ainsi qu’il semble le faire , car alors le membre pelvien devrait être inséré entre elle et l’os de la nageoire ventrale , comme le bras entre l’omoplate et la clavicule.

CCCCLXXVIII. Les portions sternales , supérieure et inférieure, ne forment également qu’une seule pièce; mais l’inférieure montre de la tendance à se diviser en deux portions, l’une postérieure (ischion) , l’autre antérieure ( pubis ) , tandis que la supérieure est ordinairement la plus oblitérée. Toute cette pièce oblitérée de la ceinture pelvienne correspond donc à l’os innominé de l’homme (fig. iv, uu)\ et, chez les Poissons

(i) Comme les portions sternales inférieures ne se réunissent point par le has, il n’y a, dans la règle, aucune trace de sternum scapulaire. Cependant, il serait à examiner s’il n’en existe pas çà et là quelques vestiges. Rosénthal figure, dans le Centrhcus scolopax , un os de la ceinture scapulaire, qui devrait peut-être être considéré comme tel, loc. cit cah. 2 t pl. x,

3 66 squelette des poissons.

leà plus réguliers , elle se montre éloignée des portions tergales â l'extrémite postérieure du tronc (fig. iv, u'}, tandis que , cliez d’autres , elle reste au dessous de sa portion tergale (fig. iv, u u) ’, et que môme dans les Zeus faber , Chcetodon strîatus et Centriscûs scolopax , elle se soude intimement avec elle. Quelquefois aussi on trouve les portions sternales dés dèüx côtés soudées ensemble ( peut-être avec un indice de sternum pelvien) , et alors elles forment un large bouclier, comme dans lé Cÿclopterus lumpus (1).

CCCCLXXIX. Membres , oti tritovertèbres rayonnantes du tronc. Par suite de la loi générale qui veut que les membres sortent toujours de la protovertèbre dans la direction de l’hexagone, on devrait s’attendre à trouver ici un membre médian supérieur impair (pl. xxvi, fig. yi, à), un médian inférieur impair (â), deux latéraux supérieurs ( b ), et deux latéraux inférieurs (c), tous encore au plus bas degré de formation des irièmbres , c’est-à-dire réduits à la condition de nageoire, kàis , parmi ces six rayonnemens , la nature ne nous offre point la pairë dés membres latéraux supérieurs (^^ précisément â cause de l’antagonisme résultant du grand développement des tritovertèbres parallèles supérieures, qui, dans Une portion encore mal segmentée du corps , ne permettait pas que les tritovertèbres rayonnantes supérieures se produisissent. il ne reste donc plus qu’un membre médian supérieur (nageoire dorsale), un médian inférieur (nageoire anale), qtii produit la nageoire caudale par sa réunion avec ie précédent, et deux paires de membres latéraux inférieurs (nageoires pectorales et ventrales ).

CCCCLXXX. 1° Nageoires impaires. Elles consistent en rayons isolés , dont le nombre correspond à celui des protovertèbres d’où ils se développent. Lé type essentiel de ces rayons est lé cône simple (pl. xxvi , fig. vk , dp) , formant une articulation par sa base , et on doit les considérer comme dés moitiés de deux tritovertèbres diconiques qui ne se sont point dévelop-

(î) V. Rathke dans Meckee’s Archiv, t. VII, cah. IV, p. 498 , pl. fig. ’z: — r. aussi les figures des deux proto vertèbres de membre engrence» Vaue dans l’autre , dans mes Tabulai illustrantes , cah, II , pl.iv > fig. 7’

squelette des. POISSONS. 36y

péés complètement par le haut et par le bas [p' o‘ ). Le cône inférieur {p ) , qu’on nomme porte-rayon , répète ainsi , seulement dans une situation inverse , le type de l’apophyse épineuse (7) , et il reste simple ; le supérieur , ou le rayon , n’étant point limité par une formation opposée , tend à se diviser , à se segmenter et à se prolonger indéfiniment , ce qui fait qu’il dévient , à proprement parler , une petite Colonne de corps vertébraux , dont la longueur n’a rien de déterminé (1).

CCCCLXXXI. Les nageoires insérées aux apophyses épineuses des vertèbres rachidiennes portent l’épithète de dorsales (pl. xxvi , fig. iv, E). Elles se partagent quelquefois en antérieure et postérieure. Des protovertèbres fermées par le bas, condition nécessaire a la formation d’apophyses épineuses inférieures , ne se voient qu’aux vertèbres de la queue ; c’est donc aussi là seulement qu’on trouve des nageoires impaires inférieures , qui sont appelées anales (#"). Lorsque les nageoires ibipairessUpérieurë et inférieure se réunissent, la dernière vertèbre caudale étant redressée (fig.Ÿ , jjj , il en résulte la nageoire caudale , et le nombre six qu affectent ici les rayons, chez les Poissons réguliers , atteste de nouveau qu’il y a six vertèbres contenues en puissance dans l’os terminal de la colonne vertébrale (2).

(1) V. pour les détails de cette formation Rosenthaù dans Rêil’s Ârcfùv J t. X , p. 35g , pl. iv, v, vi.

(2) Ces nageoires impaires nous redonnent les parties élémentaires da squelette de la classe , avec lesquelles la nature produit lès formes lès plus diversifiées , en les variant à l’infini.

Ainsi déjà la formation de la nageoire caudale varie beaucoup dans les différens genres. A la vérité , elle est , toujours formée chez le plus grand nombre, par l’os terminal immobile et redressé, au dessous duquel s’implantent les porte-rayons de la nageoire ( comp. Rosktsthai, , loc. cit., Salmo marcenula , pl. v , fig. r ; Salmo salar, pl. vi , fig. i ; Salmo rhombeus , fig. 12 ; Zeusfaber , pl. xm, fig. I ; Coryphœna lateà, fig. 4 j cependant plusieurs figures de Rosentbal manquent d’exactitude à l’égard de cette nageoire; ainsi , dans le Cyprinus brama , pl. i; fig. i , l’os terminal immobile n’est pas assez distinct des porte-rayons). Mais il se trouve aussi des espèces où la nageoire caudale résulte plus des rayons appartenant aux vertèbres’ caudales mobiles que de ceux qui lui sont propres. C’est ce qui arrive déjà en partie dans le Brochet ( Bosehthat. , loc, cit,, pl. vu, fift i ), mais bien plus

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CCCGLXXXII. ‘l0 Nageoires paires .. Les membres pairs , comme étant d’un rang supérieur, sont toujours bornés à certaines régions du corps plus spécialement favorables au développement des membres. Les nageoires paires appartiennent donc à la région thoracique. Mais la région thoracique elle-même ne se trouve , sous le rapport de sa respiration, qu’au niveau de la respiration pelvienne. C’est pour cela que les arcs protovertébraux d’où ces membres doivent naître, appartiennent tous deux à la région thoracique , et que , dans la plupart des

complètement dans le Thon , où les dernières vertèbres caudales , réduites à de faibles proportions et étroitement serrées les unes contre les autres, forment la grande nageoire, à moitié dn côté dorsal , à moitié du côté ventral, et où l'extrémité proprement dite du rachis ne prend qn’une faible part à celte nageoire (comp. Scbultz, danaMECKsn’s Archiv, t. IV, pl. ir, fig. 12), Il arrive même aussi quelquefois que la nageoire caudale , devenue en quelque sorte demi-dorsale et demi-anale , est formée uniquement par les côtés supérieur et inférieur du rachis , et que la terminaison proprement dite de ce dernier la traverse sous la forme d'un long filament cartilagineux simple , qui s’étend encore bien au-delà d’elle, comme dans 1» Fistularia tabacaria( Rosenthal , pl. t% , fig. 8

Les nageoires dorsale et anale varient également beancûnp , tant sous le rapport des dimensions , que sous celui de la formation.

Relativement à la grandeur , on aperçoit nn certain antagonisme entre elles ; car si , par exemple , dans le Silurus glanis , l’anale est très-grande e£ la dorsale fort petite (Rosenlhai , pl. ix , fig. 8) , dans la Carpe, au contraire, la dorsale est plus grande que l’anale; dans d'autres genres, par exemple la Fistularia tabacaria , elles sont d’égales dimensions (Id., pl, ix,fig.8).

A l’égard de la formation je dois signaler les modifications suivantes :

I* La nageoire dorsale , quand elle s’étend jusque vers le crâne , acquiert, par suite du développement plus considérable des vertèbres thoraciques , des rayons et des porte-rayon* plus forts , qui quelquefois deviennent libres , et prennent même la forme d’aiguillons barbelés. C’est ce qn’on voit dans la Carpe et dans le Ctnlriscus scolopax (Rosenthal, pl. x,fig. 11).

a0 De même, les rayons et porte-rayons delà nageoire anale de vfeunent souvent plus forts dti côté de la cavité abdominale, et il n’est pas rare surtout que les porte-rayons se réunissent plusieurs ensemble pour produire un fort os falciforme. C’est ce qui a lieu par exemple dans les Plcuroneetes flesus et mancus ( Rosenthal. pl. xi , fig. 1 , q , z), et dans le Z eus faber(idetn , pl. xrii , fig. I ). On doit également rapporter ici le singulier os wormidi aplati qui se trouve dans les Chœtodon.

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Poissons ( Jugulaires et Thoraciques) , les deux paires de nageoires se voient à la poitrine. Les Poissons plus réguliers (abdominaux) sont les seuls chez lesquels l’antagonisme entre la respiration thoracique et la respiration pelvienne s’exprime aussi par la position des nageoires.

CCCÇLXXXIII. La signification plus relevée des membres pairs doit s’exprimer encore par un type plus élevé dans leur conformation. Par conséquent il y a tendance à ce qu’ils se développent d’après ce type , c’est-à-dire à ce qu’ils se partagent en article supérieur , article inférieur et article terminal. Mais l’article terminal, qui est le début de toute formation de membre , demeure constamment ce qu’il y a de plus essentiel dans la nageoire proprement dite , et il est même la seule partie qui se développe dans la nageoire ventrale , sans que d’ailleurs , sous le rapport de ses rayons , ceux-ci dépassent le degré d’évolution des rayons de nageoires impaires , dans leur constitution par des cônes simples. L’article inférieur ne se développe qu’aux nageoires pectorales , qui sont les- seules où Ton puisse distinguer des articles carpiens et des articles terminaux proprement dits. L’article supérieur manque encore partout.

Quant à la division des membres dans le sens de la largeur, elle suit ordinairement une proportion numérique très-régulière, etprocède de 2 (article inférieur) en 2X 3 (article earpien), et 2 X 3 X 2 ou S X 2X 3 (article terminal proprement dit) ( pl. xxvi, fig. iv , p ). Mais , de plus , les rayons de l’article terminal sont, comme ceux des nageoires impaires , segmentés , dans le sens de leur longueur , à l’instar de petites colonnes tritovertébrales.

Passons encore en revue quelques particularités relatives à la formation spéciale de ces nageoires.

CGCCLXXXIY. 1 0 Nageoires pectorales. Pour bien apprécier le type de leur formation dans la nature , il est nécessaire de les examiner d’abord dans des genres où elles aient acquis un grand développement. C’est ce qui a lieu , pour les nageoires pectorales, dans l 'Eæocœtus volituns, où ces nageoires sont si grandes qu.’ elles peuvent servir au vol, et dans le genre Lophius, mais plus encore dans le genre Chironectes, où l’article ml â4

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inférieur esttrès-développé. Dans ce dernier genre , où manque l’article supérieur , c’est-à-dire l’humérus ,- on aperçoit un article inférieur divisé en deux parties , tout-à-fait d’après le type de l’avant-bras. Cet article renferme un os interne, plus fort , le radius , et un os externe , plus faible , le cubitus. Dans d’autres genres, ces deux os se soudent avec les pièces sternales supérieure et inférieure de la ceinture scapulaire. Tel est le cas des Cyprinus , Salmo Sïlurus et autres (pl. xxvi , fig. iy , p , i, 2 >. Dans le Brochet, les os de l’avant-bras tiennent à la portion postérieure de la pièce sternale inférieure , qui est détachée de la ceinture scapulaire (1).

CCCCLXXXV. A la nageoire elle-même, les articles carpiens méritent une mention spéciale. D’après le § CCCCLXXXffi , leur nombrenormal est de six ( pl. xxvi, fig. iv, p , 1,2, 3, 4, 5, 6). Dans la nature , l’ interne et l’externe (1 et 6 ) sont assez intimement soudés avec les deux voisins , de sorte qu’on n’aperçoit que quatre grandes pièces, quoique , dans la Carpe, par exemple , on puisse encore très-bien distinguer les têtes articulaires de la pièce interne. Les six pièces sont parfaitement développées dans le Cyclopterus lumpus (2). :y

CCCCLXXXVI. Enfin, relativement aux rayons, leur nombre fondamental serait de douze ou dix-huit ( § CQCCLXXXIII) ; mais on trouve beaucoup de modifications à cet égard. Les deux premiers rayons, ou les supérieurs (analogues au pouce), sont ordinairement soudés en un fort rayon, en partie encore articulé d’une manière immédiate avec le radius , et à leur suite se placent les autres rayons , qui vont toujours en diminuant de dimensions; on compte de ces derniers 40 dans le Brochet (où le nombre normal est 12), et 16 dans la Carpe (oùle nombre normal est 18). Chaque rayon est divisé en nombreux segmens (3); il se partage, dans le sens de sa longueur, en feuillet

(x) Rosknthai., dans Reil’s Àrchiv, tom. X, *pl. iv, fig. i. a clavicula spurià , cm processus coracoïdeus , qu’il nomme grande pièce de l'avantbras ; bb radius et ulàa, qu’il nomme petite pièce de l’avant-bras.

(a) Voyez-en la figure dans Meckeu’s Atchiv\ tom. "VII , pl. vi, fig. 5, c c)> où Rathke a décrit assez singulièrement ces six os carpiens comme os dij bras.

(3) Rosenthai. , dans Reii, , tom. X , pl. iv.

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externe et feuillet interne-, mais, de plus, dans le sens de sa largeur , il se divise à l’extrémité en deux branches , souvent elles-mêmes bifurquées.

CCCCLXXXVII. 2° Nageoires ventrales. Ni l’article inférieur ( tibia et péroné ) , ni les articles tarsiens ne sont développés ici, et le nombre des rayons, qui sont conformés comme aux nageoires pectorales , ne s’élève généralement qu’à la moitié de celui qu’on trouve à ces dernières ; 3 et 6 peuvent donc en être considérés comme le nombre normal , qui cependant s’élève quelquefois à 9, et même plus. Dans le Cyclopterus lumpus , Le Chironectes Commersonii et le Brochet , on compte exactement six rayons. Il n’y en a que deux dans les Chœtodon striatus et cornutus (1).

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