CCCCXCI .Intervertèbres. La première et la troisième étaient
(i) Bojanus avait déjà très-bien reconnu la signification de ces os, lorsqu ’i a cru plus tard devoir changer d’opinion sur leur compte. Les connexions et le passage des nerfs justifient manifestement ses premières vues.
les plus développées dans les Poissons apodes , quoiqu’elles n’arrivassent point encore chez eux à se diviser complètement en lames basilaires et tectrices. Elles sont bien plus développées chez les Poissons osseux.
Première inter vertèbre. Chez les Poissons réguliers , elle offre bien manifestement de chaque côté les quatre arceaux qui appartiennent en puissance à toute vertèbre.
Les lames basilaires inférieures (pl. xxix, fig. m, iv, ia)-se ferment si complètement (ce .qui n’a lieu dans aucune autre classe, et ne se voit non plus ici que dans les Poissons les plus réguliers, de sorte qu’on n’en découvre déjà plus aucune trace , par exemple dans le Brochet) , qu’entre elles et le corps vertébral de la vertèbre occipitale se forme une cavité qui s’ouvre, par deux trous particuliers, dans le grand trou occipital (1). D’après la découverte de Weber, celle cavité loge des parties dii labyrinthe membraneux, ce qui paraît très conséquent lorsqu’on songe que Ips lames basilaires de l’inter vertèbre ont la signification du rocher.
Les lames basilaires supérieures se partagent d’une manière bien évidente , et presque dans tous les genres , en un segment postérieur et un segment antérieur ( pl. xxix, fig. m , iv, d b, dû»*); elles ressemblent déjà , sous le rapport de la situation et de la forme , aux portions squameuse et mastoïdienne de l’os temporal humain , et ordinairement elles occupent une portion considérable des, parties latérales de la tête.
Les lames tectrices inférieures ( pl. xxix , fig. m , iv, 1 c ) ne sont généralement pas plus que les basilaires inférieures divisées en moitié antérieure et moitié postérieure. Il est souvent arrivé qu’on les a faussement rapportées à l’occipital , comme l’a fait entre autres Rosenthal (2).
Les lames tectrices supérieures (pl. xxix, fig. m , iv , le*) sont également indivises et soudées tant entre elles qu’avec une tritovertèbre rayonnante conique et redressée ( apophyse épineuse) (pl. xxix , fig. m , iv, 1 , f ) , d’où résulte une pièce
(1) Bojanus, Parergon ad anatomen Testudinis , fig, igo,
(2) fchthypl. Tafeln, cah. I, pl. m, fig. 5.
qu’en général les auteurs , Rosenthal , par exemple . ont rapportée aussi à l’occipital (1).
Ainsi la première intervertèbre , qui prend ici la forme d’un anneau osseux complet , (a une segmentation très-complexe. Mais ce qui mérite encore une attention spéciale, c’est qu’intérieurement , au centre de l’organe sensoriel qu’elle enveloppe , l’ossification éprouve une tendance à se répéter , aussi prononcée que celle qui porte , chez l’homme , l’ossification de la sphère crânienne entière à se répéter autour de la formation centrale interne du cerveau , la glande pinéale, Cette vue explique les ossifications qu’on rencontre dans l’intérieur du labyrinthe. Ainsi, on trouve , dans la chambre antérieure de ce dernier ( a,lveus) Çl), une petite pierre ( lapillus ) , et dans la chambre postérieure ( saccus ) une autre petite pierre divisée en deux moitiés ( sagitta et asteriscus ).
CCCCXCH. La seconde et la troisième intervertèbre ont une structure moins développée et moins complexe.
Seconde intervertèbre. Aucune partie de cette vertèbre n’est libre et distincte dans lès Poissons réguliers -, ce qui prouve seulement qu’on doit l’admettre comme existante en puissance (pl. xxix, fig. ni, 26), c’est qu’on voit sensiblement apparaître les arcs protovertébraux ou costaux qui lui appartiennent. Mais je ne doute pas qu’en examinant avec soin les formes si diversifiées des Poissons osseux , on n’en rencontre quelqu’une où cette partie soit réellement développée et démontrable. Du reste , si la première intervertèbre offre des ossifications internes dans l’oreille , la seconde offre des cartilaginifications à l’œil, chez beaucoup de Poissons , l’Esturgeon, par exemple.
Troisième intervertèbre. Elle est beaucoup plus complètement développée dans les Poissons réguliers , tels que ceux du genre Cyprin ; mais elle ne l’est néanmoins que dans ses lames basilaires inférieures et supérieures.
Les inférieures , des deux côtés , se soudent , comme celles de la première intervertèbre , en une seule pièce formant un demi-canal , dans lequel sont logés les nerfs olfactifs ( pl- XXIX>
(i) Rosksthaï. , loc.cit., fig. 5. I.
(?) Isis , 1821, to)g.-I, pl. XV, fig. 6. o.
fig. ni, 3 a). Cette pièce, que Rosenthal (1) nomme corps du sphénoïde , manque dans XEsox et autres genres.
Les lames supérieures , donnant issue aux nerfs olfactifs , représentent par cela même, d’une manière déjà plus précise, les deux moitiés de la lame cribleuse humaine. On peut les démontrer dans tous les genres ; elles sont surtout très-dévelop.; pées dans les Cyprins (pl. xxix , fig. iii , 3 b). Rosenthal, qui les rapporte à la mâchoire supérieure , les appelle pièces latérales ou ailes du nez.
Les lames tectrices , dont cette intervertèbre est dépourvue, sont remplacées par les lames tectrices de la troisième vertèbre crâniene (os frontaux) , qui se portent fort loin en avant.
CCCCXCIII. Vertèbres faciales. Elles n’étaient point encore développées dans les Poissons apodes , où il n’y avait que des protovertèbres faciales. Chez les Poissons osseux , des rudimens de deutovertèbres de la région faciale commencent àse séparer des arcs proto vertébraux. Cet effet n'a lieu cependant que peu à peu , et il n’est complet que chez les Poissons réguliers munis de côtes faciales mobiles (ou d’arcs maxillaires), et chez ceux-là même , il n’y a que les plus rapprochées du crâne qui arrivent à un développement un peu parfait. Mais ce qu’il y a d’essentiel , comme on a pu en juger d’après les considérations précédentes, c’est que les vertèbres faciales , en tant qu’ elles arrivent à être des deutovertèbres , forment un double canal , qui résulte du surajoutement d’une lame médiane ou cloison dans l’espace intercepté par elles. Sous ce rapport, les Cyprins offrent un état de choses d’une régularité frappante, comme on en pourra juger d’après la description des vertèbres elles-mêmes.
CCCCXCIY. Première vertèbre faciale, on quatrième céphalique. Dans les Cyprins , elle est forte , osseuse et développée presque uniquement comme cloison ( lame perpendiculaire de l’ethmoïde )et lames tectrices ( os propres du nez ). Cependant ceux-ci ne font qu’un , tant ensemble qu’avec la cloison ( pl. xxix, fig. ni, iv, c, c ). On est frappé de la manière dont la cessation du canal vertébral simple de la cavité crânienne est
(l ) Loc. cit., pl. m , fig. IO. a, fig.
SQUELETTE DES POISSOK S. $7,7
indiquée ici par un large cul-de-sac infundibuliforme creusé dans la cloison. Cet enfoncement se retrouve , quoique beaucoup plus petit, chez l’homme lui-même , où il représente le trou borgne , dont la signification devient par là bien évidente. On trouve également ici le rudiment d’une tritovertèbre parallèle inférieure , ou d’un corps vertébral ( vomer ) ( pl. xxix , fig. iii, iv a), qui s’unit avec le corps vertébral très-prolongé en avant de la vertèbre centricipitale ( destiné à remplacer le corps absent de la vertèbre sincipitale) , qui a la même forme que lui , et qui se termine antérieurement par deux surfaces articulaires, auxquelles s’appliquent les arcs costaux qui lui appartiennent ( os palatins).
La seconde vertèbre faciale , OU cinquième céphalique, est déjà beaucoup plus oblitérée. Dans les Cyprins , il n’en subsiste qu’un rudiment osseux de la cloison si développée à la première vertèbre faciale ( pl. xxix , fig. iii , v a ) , et auquel tiennent les côtes appartenant à la seconde vertèbre ( os maxillaires ).
La troisième vertèbre faciale , ou sixième céphalique , n’est indiquée que par un cartilage oblong, auquel tiennent les côtes de lavertèbre(intermaxillaires)(pl.xxix , fig. iii, Via).
Ainsi, a mesure qu’on s’éloigne du point vital de la tête ( le milieu du cerveau ) , la deutovertèbre se résout de plus en plus en protovertèbre (1).
CCCCXCV. Arcs protovertébraux a la tête, OVl côtes céphaliques. L’antagonisme entre les protovertèbres et les deutovertèbres se prononce aussi d’une manière très-sensible dans ces
(x) Dans la plupart des autres genres , notamment dans tous ceux dont la mâchoire supérieure est immobile, comme Esox, Saîmo, Silurns, etc., on n’aperçoit aucune trace des deux vertèbres faciales antérieures, et même la première n’est encore en partie que cartilagineuse. En effet, le epi-ps de cette première vertèbre faciale (vomer) est osseux dans l 'Esox ; il s’applique sur les extrémités des os frontaux prolongés jusqu’au bout du museau et sur le corps postérieur du sphénoïde; il est même armé de dents ; on trouve ossifiées aussi deux pièces qui doivent être regardées comme moitiés latérales des lames tectrices, qui se terminent par des snrfaces articulaires destinées à recevoir les côtes correspondantes, et qui s’allongent beaucoup , de même que les extrémités antérieures des os fi ontaux , au desspus desquels elles sont situées.
Poissons , et l’on ne voit de côtes parfaitement formées qu’à celles des vertèbres qui se développent le moins comme deutoVértèbres. Ainsi donc, si nous divisons les arcs protovertébraüx de la tête en côtes crâniennes, intercôtes et côtes faciales, on doit s’attendre à ce que les premières soient les moins développées de toutes.
CCCCXCVI. Côtes crâniennes. Si les considérations dans lesquelles je suis entré précédemment ont établi que la vertèbre crânienne postérieure correspond à l’extrémité du rachis, tout comme l’antérieure représente la vertèbre crânienne en général, cette analogie, d’où résultait la ressemblance de la vertèbre occipitale avec les vertèbres rachidiennes , doit s’exprimer aussi dans les arcs costaux.
En effet , les Poissons parfaitement réguliers nous offrent , à la vertèbre crânienne postérieure , un anneau costal parfaitement semblable à celui dont j’ai parlé en décrivant les vertèbres caudales , c’est-à-dire un petit anneau simple et resserré sur lui-même , qui entoure le commencement de l’aorte, comme l’autre enveloppe la fin de cette artère. On trouve même l’indice d’une sorte de tritovertèbre parallèle inférieure ou de corps vertébral ( pl. xxix , fîg. m , i y, i a ) , à laquelle tient ordinairement une plaque dentaire du splanchnosquelette.(l).
CCCCXCVII. La seconde et la troisième vertèbre crânienne sont celles où il se développe le plus rarement des arcs costaux , à cause de la grande extension qu’ont prise ces deutovertèbres. On ne peut même considérer leur présence que comme indiquée par deux pièces libres , qui , de chaque côté, tiennent plus à la première inlercôte qu’à leurs deutovertèbres ( pl. xxix , fîg. m , il g , m g ) (2).
(i) La plupart des autres genres , tels que Esox , Salmo , Clupca , Gadus, Silurus , etc. , n’ont point du tout de côtes occipitales.
(a) Le rudiment de la seconde côte crânienne est appelé jpar Rosenthal pièce moyenne , ou os discoïde , à cause de la forme qu’il affecte dans la plupart des genres, et celui fie la troisième , pièce palatine , parce qu’il se montre partout uni avec le palais. Bojanus a reconnu, que ces deux pièces appartiennent à la seconde et à la troisième vertèbre du crâne ; il nomme la première apophyse ptérygoide ( à laquelle elle correspond en effet), et l’au-
CGCCXCVÏÏI. Inter côtes. Par antagonisme avec le développement fragmentaire des intervertèbres , les intercôtes se manifestent toujours sous la forme d’arcs complets. Les postérieures sont les plus développées à cause de la grande extension que la région respiratoire a prise là. Les antérieures sont celles qui acquièrent le moins de développement. Les moyennes en ont plus que les antérieures , mais moins que les postérieures, par antagonisme avec l’intervertèbre moyenne, qui est réduite à de très-faibles proportions ; elles deviennent même , par ce motif , les plus fortes de toutes dans les espèces supérieures.
CCCCXCIX. Première incercôte. De même que la première intervertèbre est simple dans certains points , et déjà manifestement divisée , dans d’autres , en portion antérieure et portion postérieure , de même aussi une portion de cette intercôte , la pièce tergale supérieure , est toujours simple ( pl. xxix , fig. m , i g , i g*) , tandis que le reste se divise en partie antérieure et partie postérieure. Quant à la partie postérieure , il n’y a encore que la pièce tergale inférieure qui soit développée ( pl. xxix , fig. iii , i g** ) , mais elle l’est partout. A l’égard de la partie antérieure , les trois autres pièces d’un arc costal complet sont développées, et, à ce qu’il paraît, dans tous les genres ; ce sont :
1° La pièce tergale inférieure ( pl. xxix , fig. m , I g ) , qui est ordinairement petite ;
2° La pièce sternale supérieure , à l’extrémité de laquelle , parce qu’elle correspond à une omoplate ou à un iléon, la mâchoire inférieure s’articule , et qui paraît un peu plus forte (pl. xxix , fig. m , i g" ) ;
3° La pièce sternale inférieure , qui se suspend à la première côte faciale , et qui par conséquent ne se réunit point avec celle du côté opposé pour former un plein cercle, comme le fait une côte complète du tronc. Cette pièce est ordinairement aussi un peu plus petite ( pl. xxix , fig. m , i g'") il).
tre os palatin (ce qui est juste , si on la considère comme analogue de l’os palatin moyen des Oiseaux et du crochet ptérygoïdien seul des Mammifères).
(i) Ges quatre pièces de la portion antérieure se distinguent dans la plupart des genres , quoique à des degrés très-divers de développement. Les
D. Seconde intercôte ( os zygomatique). Chez les Poissons réguliers , elle est développée sous la forme d’un arc osseux pur , qui se partage d’une manière parfaitement normale en ses quatre pièces assez égales entre elles ( pl. xxix , fig. iii , 2g, 2g', g", g'"). Dans certains genres, elle comprend moins de pièces , qui alors sont plus inégales. Bojanus et Rosenthal l’appellent anneau oculaire.
DI. Troisième intercôte ( os lacrymal). C’est celle de toutes qui se développe le moins. Elle n’est jamais indiquée que par une simple lame osseuse , qui , chez les Poissons réguliers , se tourne en avant , sous la fosse nasale , comme une fausse côte courte (pl. xxix , fig. iii , 3g). Bojanus et Rosenthal la rapportent à l’anneau oculaire.
DU. Côtes faciales. Chez les Poissons apodes, la colonne vertébrale céphalique se terminait en avant par un arc protovertébral complet , représentant le premier et le plus simple
noms qu’on leur a donnés ont beaucoup varié, parce que, faute d’avoir étudié avec assez de soin les formes de transition, on ne s’apercevait pas que ces pièces ne sont autre chose que ce qu’on appelle chez l’homme apophyse zygomatique de l’os temporal , dont elles ne diffèrent que parce qu’en raison de leur plus grand développement, elles arrivent, séparées de l’ôs zygomatique, jusqu’à la première côte faciale , an lieu que chez l’homme , où elles ne sont que des côtes oblitérées , elles s’adossent à la seconde intércôte(os zygomatique ). Bojanus donne à la pièce tergale supérieure de cette côte (i g) le nom d’or carré (mais c’est l’ensemhle de tontes ses pièces jusqu’à l’articnlation de la mâchoire, qui correspond réellement à l’os carré des Oiseaux), à la tergale inférieure (i g’) celui d’or omolde , à la sternale supérieure (g”) celui d’or zygomatique moyen , et à la sternale inférieure (g’”) celui d’or zygomatique interne. (Comment l’articulation de la mâchoire inférieure peut-elle se concilier avec l’idée d’un os zygomatique P) Rosenthal appelle l’arc costal entier , ossa sulocularia , et eu désigne les diverses parties de la manière suivante : i g, os carré, i g’, sans nom , i g”, pièce articulaire triangulaire, i g’”, lamelle d’accession.
Les deux portions d’arc de la moitié postérieure de la première intercôte se ressemblent à peu près partout, quant aux points essentiels. La pièce tergale supérieure est toujours soudée avec la pièce tergale supérieure de la moitié antérieure , et ne fait qu’un avec elle ( os carré de Bojanus et de Rosenthal ). La pièce tergale infétieuae est toujours libre; Bojanus l’appelle ci zygomatique postérieur , et llpsenthal arc de jonction de l’opercule.
SQUELETTE DËS POISSONS. 38 I
antagonisme avec la dernière tritovertèbre de la colonne vertébrale caudale. Mais, dans les formations animales supérieures , cet organisme se manifeste aussi , porté à une plus haute puissance, c’est-à-dire que, par opposition avec la dernière tritovertèbre du tronc , qui est entièrement ossifiée et mobile , la deutovertèbre la plus antérieure de la tête reste entièrement cartilagineuse et pour ainsi dire convertie en cavité sensorielle. Les formes de transition du premier degré au second consistent donc d’abord en ce qu’à la face apparaissent des deutovertèbres , dont le premier résultat est d’amener la division de leurs protovertèbres en paires de côtes faciales. Aussi , à partir des Poissons osseux , chez lesquels on aperçoit des deutovertèbres faciales, à la vérité très-imparfaites encore j devrons-nous toujours trouver la protovertèbre de la face divisée en paires de côtes, et précisément ici , ou les arès cos= taux, encore peu développés, ne sont que dë simples fausses côtes , c’est-à-dire ne sont point fermés par le bas , ils doivent apparaître plus clairement que partout ailleurs sous leur forme de côtes. C’est en effet ce qui a lieu dans lés Poissons très-réguliers , tels que les Cyprins.
DHL Première cote faciale (à la quatrième vertèbre céphalique). Le développement de cette paire de côtes ( os palatins ) est restreint par celui de là deutovertèbre qui lui appartient ( pi. xxiv , fig. iii , ivg ). Elle se divise en deux parties (tergale et sternale), toutes deux oblitérées, s’infléchit en avant, et s’unit tant avec la paire suivante de côtes faciales , qu’en arrière avec l’extrémité antérieure de la première intercôte. Chez les Poissons à long museau , sa portion sternale s’allonge, devient plus forte , et porte des dents : c’est ee qui a lieu par exemple dans le Brochet. Boj anus appelle ces côtes os susmaxillaires , et Rosenthal parties antérieures du palais .
DIY. Seconde cote faciale (à la cinquième vertèbre céphalique) (mâchoire supérieure). Le faible développement de sa deutovertèbre entraîne un développement plus considérable des pièces de l’arc. Chez les Poissons les plus réguliers, elle est, comme une véritable fausse côte,. d’une seule pièce, mobile etsans dents (pl. xxix, fig. in, vg). Dans d’autres genres, elle reste mobile aussi (comme dans le Brochet) et sans dents, et s’al-
longe seulement , ainsi qu’il arrive au museau , de sorte qu’on distingue le vestige d’une pièce sternale. Dans d’autres encore, elle est fixée et porte des dents (comme dans le Saumon), et alors son analogie avec la forme humaine devient des plus évidentes. Bojanus et Rosenthal appellent ces pièces interné.chaire ( ! ). Pour se convaincre de l’erreur grave dans laquelle ils sont tombés , on n’a qu’à jeter un coup d’œil sur la tête du Saumon , où ces os se comportent absolument de même que dans le Lézard.
DV. Troisième côte faciale ( à la sixième vertèbre céphalique) { intermâchoire ). Ordinairement la deutovertèbre n’est point encore développée ici ; aussi le développement de véritables; arcs costaux n’est-il limité que par la terminaison de k colonne vertébrale céphalique en cette région. Du reste, ces côtes ressemblent toujours beaucoup aux précédentes. Dans les Cyprins, elles sont libres, non fermées, mobiles, sans dents, et correspondent aussi parfaitement que possible à leur type primordial (pi. xxix, fig. iii , vig). Dans les Salmo , Em et autres, elles sont fixées , chargées de dents, et plus rapprochées de la forme que les os intermaxillaires affectent chez l’homme.
DYL . Membres de la tête. G’ est ici pour la première fois que nous lès rencontrons. En général , les membres sont pairs et impairs. Le développement des membres impairs ( supérieurs et inférieurs; ) indiqué , d’après la loi de rantagonisme , l’existence , mais faiblement prononcée , d’une colonne deutoverlébrale supérieure ou inférieure. Mais il n’y a point de colonne deutovertébrale inférieure à la tête , et la supérieure , en se développant, produit les vertèbres crâniennes et faciales. Doue U me peut point y avoir de membres céphaliques inférieurs , et il ne peut y en avoir de supérieurs que la où les vertèbres crâniennes et faciales sont peu développées. Voilà pourquoi nous ne rencontrons même pas de membres impairs supérieurs dans les Poissons les plus réguliers, tels que les Cyprins ; mais il s’en trouve dans d’autres genres.
DVII. Membres céphaliques impairs supérieurs de quelques Poissons (pi. xxix, fig. iii, æ"! ). Leur formation est déjà remarquable , en ce quelle démontre qu’à la tête , qui est le
corps animal proprement dit , la moitié la plus essentielle de l’animal , toute formation possible en puissance doit aussi se réaliser au moins quelquefois. Il y a plus encore. Précisément parce que la tête est la partie la plus essentielle de l’animal , les membres peuvent y acquérir une organisation plus parfaite qu’au tronc. Ainsi donc , tandis qu’au tronc le membre impair supérieur n’apparaît que comme nageoire dorsale ou portion supérieure de la nagèoire caudale , il peut se présenter à la tête, ou comme nageoire céphalique , ou comme organe de succion , ou comme barbillon.
lie premier cas a lieu dans les Chironectes (1) , les Pleuronectes (2) et le Balistes hasiliensis (3).
Le second se voit dans YEcheneis(&)i, dont la singulière ventouse n’est autre chose qu’une nageoire céphalique étalée , ce qui fait que chaque rayon latéral de ce disque est composé de deux parties , savoir : un porte-rayon et un rayon.
Le troisième enfin nous est offert par les longs filamens mobiles qui partent du milieu de la tête de la Baudroie , et que ce Poisson utilise , dit-on , pour attirer sa proie.
DYIII. La tête contenant l’extrémité antérieure de toutes les colonnes vertébrales du corps , comme le tronc en contient l’extrémité postérieure , la colonne vertébrale céphalique ellemême doit pouvoir se proîoger. en un membre terminal impair antérieur , comme la colonne vertébrale caudale du tronc le fait en un membre terminai impair postérieur. Mais comme la grande unité qui règne dans cette moitié du corps nécessite que le nombre des vertèbres céphaliques demeure invariablement fixé à trois , un indice de membre terminal impair antérieur ne peut dépendre que de l'accroissement et dçYla mobilité plus ou moins grande des vertèbres et des côtes faciales elles-mêmes. On explique donc ainsi la mobilisation des vertèbres et côtes faciales antérieures chez les Poissons réguliers, leur allongement , leur expansion rayonnante en forme
(i) Cuvier , Mém. du Muséum , t. III, pl. xvrir,
(•a) RosF.NTHAr, , loc. cit. j pl. xr. . J
(3) Id. ibid.y pl. xiix, %. 3.
(4) M ibid.t pl. xx.
384 S(VÜELET"ÏË DÈS POISSOKS.
de membre et leur immobilité dans d’autres espèces , telles que 1 ' Esox hellonne et le Xiphias gladius.
DIX. Membres céphaliques pairs. La présence d’une région respiratoire antérieure et postérieure ( respiration thoracique et pelvienne ) indique , comme on l’a vu précédemment, la possibilité de membres particuliers , antérieurs et postérieurs, à la tête. Il est difficile que des membres antérieurs se développent à cause de l'affaiblissement des dernières vertébrés céphaliques en général; mais les antérieurs acquièrent un grand développement , parce qu’ ici la respiration branchiale est la primitivé , comme au tronc l’allantoïdienne , ét au lieu d’être rayonnans de haut en bas, à l’instar de ceux du tronc , ils le sont de bas en haut et de dehors en dedans, à cause dù degré supérieur de dignité de la moitié du corps à laquelle ils appartiennent.
Qu’on se rappelle que , dans les classes inférieures , les précurseurs de membres rayonnans par le bas ( pattes ) étaient lès membres rayonnans par le haut , les élytres , les ailes, ou, au plus haut degré , des' organes sensoriels , et l’on se fera une juste idée du caractère légitime et normal qu’affecte le dëyèibppément des membres céphaliques.
DX. 1° Membres céphaliques postérieurs. Ils sont donc rayonnans de haut en bas et de bas en haut , et comme la première intercôte, qui, pour eux représente en quelque sorte les os du bassin , ils se divisent en deux portions , de telle sorte que les postérieurs supérieurs rayonnent entre les parties tergales supérieure et inférieure de la portion postérieure de cetarc costal, et les postérieurs inférieurs entre les parties sternales supérieure et inférieure de sa portion antérieure (pl. xxix,fig; iv, ik* ih).
DXr. Membres céphaliques postérieurs supérieurs ( opercules, analogues des élytres ). Leur rang de membres du côté lumineux fait que , dans les Poissons réguliers , ils acquièrent plus de masse, et affectent des rapports numériques plus simples, c’est-à-dire deviennent en quelque sorte des membres respiratoires purs , de manière qu’ils rappellent évidemment encore les élytres des Insectes , même l’opercule des Mollusques, et qu’en qualité de répétition de ce dernier , moitié mobile de la
sphère squelettique primaire , ils prennent la forme d’une valve de coquille bivalve , par l’aplatissement de leurs os , dans lesquels on ne saurait cependant méconnaître la forme diconique qui leur appartient primordialement. Le nombre de leurs parties est le simple nombre trois, ou 1 + 2 : un grand article radical conchiforme ( pi. xxix, fig. m , iv, i h* ), dans lequel on reconnaît encore la forme d’une moitié de dicône , et deux articles terminaux plus petits et squamiformes ( ibid. i h*' ,
iwm-
DXII. Membres céphaliques postérieurs inférieurs ( moitiés de la mâchoire inférieure, analogues des pattes ). Ceux-ci étant des membres du côté terrestre , èt se développant comme organes dé préhension , ils ont moins de masse et des rapports numériques plus simples que les précédens -, chez les Poissons réguliers.
A l’égard du nombre , il est déterminé légitimement par la duplication dë celui des membres lumineux; par conséquent il est de six. Cependant, ici comme à l’égard des membres pairs du tronc , des trois articles d’un membre complet , il ne s’est développé que l’inférieur et lé terminal , de telle sorte même encore que l’article terminal ( correspondant aux rayons des nageoires ) conserve la prédominance sous le rapport de la masse. Les six os sont : deux articles inférieurs (pl. xxix v fig- m , î h , p p' ), qu’on peut comparer à un radius et un cubitus, deux médians ( i h, 7 S), comparables à un olé-
(i) Meekel a déjà -prouvé suffisamment que ces trois pièces de l’opercule ne peuvent être rapportées à la mâchoire inférieure, comme le font Oken et Bojanus (ce dernier appelle la pièce i -h*, condylus , i h*’ et i h **’, lamina interior s. angulus et lamina exterior s, lamella maxillœ inferioris). On ne peut pas non plus ( comme le démontrent les métamorphoses des os de la tête dans les Poissons cartilagineux et les Reptiles) adopter, les vues de Geoffroy Saint-Hilaire, qui pensé que les pièces de l’opercule deviennent les osselets de l’oreille. Nous trouverons que le cartilage de l’oreille externe , qui part de la même intereôte, et qui, d’abord caché dans les chairs , se soulève ensuite comme une . sorte d’aile et s’enroulé sur lui-même, est la partie qui correspond à cet opercule. Sous ce rapport, comme à quelques autres égards, le langage usuel mérite attention, car il y a long- temps que les opercules des Poissons sont désignés sous le nom à'ouîcs, ,