‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 24 sur 71 · Iffiollusques · texte numérisé non relu

Iffiollusques

La peau n’est éncOre nOn plus , chez la 'majeure par lie des Mollusques, qu’une membrane muqueuse ç sécrétant ure ‘.muoo'âté albutninéûse, et sé^ COacrétant fréquemment en ,7pèces: squelettiques., tantôt cartilagineuses , tantôt cornées ,

OUGANE COTÂNÉ. I IQ

mais le plus souvent calcaires. Elle ressemble , sous beaucoup de rapports , à la membrane muqueuse du canal intestinal, et quand elle ne devient point un dermatosquelette particulier , on a de la peine à la distinguer de la masse du corps située au dessous d’elle.

Cette peau extérieure est surtout difficile à détacher des parties molles dans les Apodes et les Pélécypodes. Elle est très-mince, et jouit souvent d" une grande élasticité , car on ne voit pas par exemple de plis bien marqués se former à la surface du pied des Moules , quand cet organe vient à se contracter , quoiqu’il soit cependant susceptible de s’allonger beaucoup.

Chez les Mollusques supérieurs , les Gastéropodes , les Ptéropodes , les Céphalopodes , la peau se sépare mieux des parties sous-jacentes , dans les régions où le corps est mou. Cette séparation s’opère surtout avec assez de facilité chez les Céphalopodes , tandis que , dans les'deux autres ordres , là peau adhéré ehcdrè d’une manière très-intime à l’envelôppè fibreuse générale du corps ( § 323 ) , en même temps quelle a moins d’élasticité que chez les' Pélécvpôdes , ce qui fait'que quand le corps (la surface' du pied exceptée ) se contracte , on y voit apparaître un assez grand nombre de plis.

Au reste , la peau est tantôt lisse, comme dans les Aplysies , tantôt couverte dé pàpilles , comme dans les Doris ; mais toujours ellé sécrète abondamment un mucus albumineux.

C’est Chez les Seiches et les Poulpes que son organisation ofre le plus de caractères particuliers. En effet , il suffit déjà de l’œil nu pour apercevoir, à la surface du corps de ces animaux. Une multitude de petits points d’une cOulêiir foncée , qui à la loupe paraissent comme des masses dé pigment logées dans des créùx dé la peau , mais qui , à un grossissement de six cent diamètres , deviennent des corpuscules ceE Julo-spongieux , pénétrés d’un pigment yipiet foncé:, qu’on

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pourrait très-bien comparer aux cotylédons épars sur le chorion des Ruminans. C’est principalement de ces points que dépend le jeu particulier de couleurs qu’offre la surface du corps des Céphalopodes vivans (1).

On ne trouve point encore de poils proprement dits à la surface molle du corps des Mollusques , à moins qu’on ne considère comme tels les byssus de certaines Bivalves ( My~ tilus edulis , Pinna nobilis), qui cependant doivent plutôt être comparés aux fils des Araignées, puisqu’ils sortent d’un organe glanduleux particulier du pied, sous la forme de fila ^ mens albumineux, acquérant bientôt la dureté de la corne (2). Mais les cils dont j’ai parlé plus haut ( § 590 ) s’aperçoivent aussi sur les branchies de plusieurs Mollusques , quoiqu’on ne puisse les distinguer qu’avec le secours du microscope.

Lorsqu’il se forme un dermatosquelette cartilagineux ou calcaire , comme dans les Ascidies , les Pélécypodes , les Gastéropodes , les Crépidopodes , etc. , on trouve toujours à sa surface extérieure un mince épiderme corné , d’où partent souvent des prolongemens particuliers, qui sont les premiers indices de la formation pileuse. C’est ce qu’on voit dans les foetus de la Paludina vivipara , où Swammerdam les a déjà décrits (3), et dans VArcapilosa. Mais cet épiderme doit être considéré comme le produit le plus extérieur de la surface qui sécrète la coquille, et qui appartient généralement au bord du manteau. Au dessous de lui vient une couche comparable au réseau muqueux des animaux supérieurs , qui est le siège du pigment, et par conséquent détermine la couleur.

(i) Voyez à ce sujet un Mémoire que j’ai inséré dans les ZVofa acta Leop, tom. XII. P. Il, pag. 3i3. Sangiovanni a décrit ces organes comme constituant unsystème organique particulier, qu’il appelle chromophore.

(a) Voyez Pont, Testacea utriusque Siciliœ , tome II, pl. xxxiv, fig. 3. Ou doit remarquer les larges plaques par lesquelles ces fils se terminent , ou plutôt commencent, car c’est par là que la matière vis(|uense se fizie d’abord , et que l’animal la tire ensuite en fils,

(3J /?/5eiî JVator, pag, 7A,

ORGÀNE CÜTAHÉ. l3l'

Sous ce réseau 56 déposent les couches du dermatosquelette, composées elles-mêmes de lamelles cornées et calcaires alternant ensemble , et dont les plus extérieures sont encore imprégnées des couleurs du réseau , tandis que les plus internes demeurent blanches (1).

La coloration de la surface du corps et des coquilles varie beaucoup dans cette classe. Souvent elle est déjà trèsvive , et elle a plus de vivacité dans les Mollusques marins que dans ceux d’eau douce (2).

Parmi les Apodes , les Biphores sont encore gélatineuses et presque incolores. Les Ascidies n’ont pas non plus de coloration bien tranchée. Chez lesPélécypodes, les coquilles sont ordinairement plus colorées que le corps qu’elles renferment, qui parfois cependant répand une lueur phosphorique (3) , et dont il n’y a souvent que le pied exsertile qui présente une teinte décidée, par exemple rouge ou jaune. La même chose s’applique , parmi les Gastéropodes , à ceux qui habitent des coquilles; mais les espèces nues , comme les Limaces , les Boris 5 ont parfois des couleurs très-vives , orangées, brunes, grises , bariolées , etc. Les Céphalopodes sont moins colorés ( rougeâtres , violets , etc. ) ; mais ils offrent en revanche ce jeu de lumière dont j’ai parlé plus haut , qu’accroissent encore les couleurs entoptiques et chatoyantes engendrées dans les couches albumineuses de la peau. Du reste , les dessins réguliers de la coquille des Gastéropodes s’expliquent par l’accroissement de cette dernière qui suit pas à pas celui de la surface cutanée sous-jacente , dont l’organisation sécrétoire n’est pas la même sur tous les points de son étendue,

(1) Voyez, potir.plas de détails , Heusiiîgkr. , Hittologie ^ tom. I , pag. 238.

(2) Goethe, Zur Parbenlehre , tom. I, pag. 286. — Il est digne de remarque que la phosphorescence appartient principalement anssi aux Mollusques marins.

(3) Par exemple dans les Pholades.

TnAlTÉ d’anatomie comparée.

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