Animaux articulés
Dans les ordres inférieurs de cette classe, l’organe cutané ressemble encore, quant au fond, à ce qu’il est chez lés Apodes gélatineux parmi les Mollusques.
C’est ce qui a lieu en particulier chez les Entlielminthes , presque toujours incolores (1) , dont la surface cutanée diffère encore si peu delà surface intestinale, qu’ellè joue également le rôle d’un organe très-actif d’absorption.
L’organisation de la peau est la même dans les Annélides terrestres et aquatiques , ainsi que dans beaucoup de larves d’insectes , surtout parini celles qui sont apodes.
Chez les Crustacés , la peau ressemble à celle des Mollusques conchylifères , sous le rapport du squelette qui s’y est développé.
cependant, même dans les Vers , l’épiderme paraît être déjà plus séparé du corps. Ainsi , par exemple, dans le Ver de terre , on parvient très-aisément à enlever la couche extérieure, qui se montre alors parfaitement semblable à l’épiderme humain. Il ÿ a même , au dessous de cet épiderme , une autre peau, qui tient davantage , il est vrai , à la couche libréuse sous-jacente , mais qui reproduit avec le temps un nouvel épiderme quand on l’a dépouillée du sien. Il en est de mèmè de la peau des Crustacés , des Arachnides et des larves d’insectes. L’épiderme, formé d’abord par la coagulation du mucus, se soude avec le réseau muqueux devenu tantôt corné, tantôt osseux ou plutôt calcaire, et produit ainsi un test corné ou terreux, analogue à la coquille desMôh lusques , avec cette seule différence que , quoique dans un cas comme dans l’autre , le derinatOsquelette une fois formé
(i) Le Seal LeucocMoridium paradoxtim , dont j’ai le pi;emier donné une description exacte , et qui vit dans la Succinea amphibia , fait ici exception , par les belles bandes vertes qui entourent son corps blanc. Voye* Nov. act, Leop,XQva.,'SJfll.
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ne soit plus nourri par dès vaisseaux, ce qui distingue toujours un test ou une coquille d’un os , cependant le test des animaux articulés ne s’accroît pas , comme la coquille des'Mollusqués , par raccollement de nouvelles couches au dessous des anciennes ; toutes les fois qu ici ünë nouvelle couche se forme , elle devient un test entier après la cliüte de celle qui la précédait , à peu ‘près comirie Une dent de remplacement chasse la dent dë laitH)' : . r •
Cèpéndant il ést uU geilrè âé productions de la surface cutanée qui arrivent à un assez grand degré de dévèlOppemênt chez les animaux articulés , et dont la prèfnièré Origine rè monte au régné végétal; je veux parler dés pOils. Dans Ja plante en effet , ou fépiderme est principalement destiné à là respiration , lés poils paraissent d’un côté concourir à cêtte fdnetiôn , et de ràutre àccôînpïir déjà des sécrétiqhs plüS mâtérielies (â). Nous les voyons réparaîtré, bhëz les animaux, lorsque répidermé commencé à prendre plus distihctemeht le caractère dé formation spèciale , et qu’en même temps la Tespration îsè prÔnohce d’une manière plus décidée. J’ai déjà dit précédemment (§ 59Ô ) • et plus haut ericqre (§ 156 , 15ff ) , en traitant du squelette, qué ces fayonnemens simples dé -la surface dû corps , qui affectent d’âbôrd la forme de cils ; sont lés premiers rudimens de toute formation , non seulement de branchies , mais même de membres. On s’en aperçoit déjà dans les Oozoâires et les Mollusques (§ 590 , W% ) , mais plus encore dans lés Ver s , et il faut ranger ici les soies déliées Me éertains Enthelminthes , par éxëînple du Beiûasioma A^ntïc'iàcùtum , celles dû Ver de terre , qUi servent én partie d’organes locomoteurs, celles dés Néréides ,
.r(-r) L’Histologie de Herisinger ( pag. aSS ) contient an grand nombre d!obserratiôns précieuses: snr ce sujet,, de même que sur ceux qui seront traités dans les paragraphes snivans. - ;
(2) JitESER , M/trtiomte t/er , pag. i6o.
4*214 traité d’anatomie comparée.
mais surtout les grandes soies dorées , creuses et mues par
des muscles particuliers , des Aphrodites.
Les poils ne disparaissent même point chez les Crustacés, malgré la pétrification partielle de la surface cutanée , et l’on en aperçoit , par exemple , au bord des boucliers , aux pattes, où ils semblent sortir des pores du test , et principalement à la paire externe de mâchoires dans l’Écrevisse : ils sont même ordinairement disposés par paquets ou faisceaux, comme chez les Annélides (1). Du reste , ces poils diffèrent toujours de ceux des animaux supérieurs et de l’homme , en ce qu’ils sont plutôt des prolongemens immédiats de l’épiderme, que des organes libres, naissant de follicules propres. Les seuls poils àparois celluleuses qui garnissent la membrane respiratoire des Cancérides, qui naissent par faisceaux, dans des enfoncemens particuliers , et qui ont été décrits pour la première fois par Heusinger, s’éloignent de la conformation qu’on a coutume d’observer dans la classe des Crustacés, et peuvent être comparés aux cils des classes précédentes, comme formations ayant l’apparence de branchies.
Les poils des Arachnides ressemblent à ceux des Crustacés. Ils acquièrent surtout une grande longueur et sont d’une belle couleur brune dans les espèces du genre Teraphosa.
La même chose peut s’appliquer à une foule de larves d’insectes , chez lesquelles nous voyons ces productions se développer en grand nombre et avec une grande perfection, dès que l’épiderme s’éloigne de la membrane muqueuse des Mollusques et devient un peu plus corné. Ainsi , on trouve des soies peu colorées , disposées seulement par faisceaux , dans les larves des Cousins , des Fourmilions et des Dermestes. Ceux des Chenilles sont souvent très-longs , parfois ra-
(i) On ponrrait considérer les poils en qnelqne sorte comme des zoo* pby tes implantés sur des animaux ; le groupement en faisceaux qu’ils affectent presque toujours d’abord, rappelle celui de certains Polypes, qui se réunissent également en espèces de pinceaux.
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meux , tantôt mous , tantôt durs , et de couleurs variées.
Des observations microscopiques faites tant sur les poils des Chenilles que sur les soies des Crustacés , m’ont appris qu’ils forment la plupart du temps des canaux non interrompus , et qu’il est rare de trouver dans leur intérieur du tissü cellulaire semblable à celui qu’on rencontre dans les poils humains. Les poils coinpiosés, comme ceux des Chenilles hérissohnées , ont des épines latérales pointues et inclinées , ce qui fait que , quand on y touche , ils restent engagés dans la peau , où ils causent une douleur cuisante , et qu’ils s’implantent dans la membrane interne de l’estomac du Coucou (§ 554). Du reste, ces poils aussi naissent déjà manifestement de petites fossettes particulières (4).
Enfin , dans les Insectes parfaits , le tégument cutané est souvent arrivé- à un degré extraordinaire de développement', sous le rapport des parties qui en émanent. Les Aptères, lés Coléoptères j les Diptères , les Hyménoptères , les Névroptères ont un dermatosquelette corné construit d’après le même type que celui des Araignées et des Scorpions, mais ordinairement orné déjà de couleurs plus vives, et souvent même doué d’un véritable éclat métallique. Aux ailes surtout la peau cornée devient d’une finesse excessive et presque semblable à l’épiderme humain. On doit cependant excepter à cet égard les Coléoptères et les Hémiptères , dont les ailes supérieurès <élytrës) constituent des plaqués cornées plus épaisses. Au reste / -nous retrouvons dans tous les ordres que je viens d’énumérer, soit des écaillés , soit des poils , qui tantôt sont isolés les urtsdes autres/'mais fort nombreux, comme, par exemple / dans beaucoup de Mouches, les Bourdons , où ceux
' ^r) ' Voÿéz Eèà , Lehrevon Ûën'Bdàrén.'Vïe.nné, i83i, tom.I, p. 119, ÿl.' VI, fig. 57 ,58 et 59, ouvrage dans lequel on trouve beaucoup d’obseï'vaiions précieuses sur ce sujet; on y voit la figure des papilles d’où sortent les faisceaux de Ipoils de la .Chenille du Bambjx caja.