OR&AHES EESPIK.AT0I11ES ET VOCAUX
deux dans, les Seiches , les Calmars et les Poulpes ( pl. ly , fîg . I V , h , h) , une de chaque côté du sac péritonéalqui enveloppe les viscères ( n). Chacune d’elles est formée par l’artère et la veine branchiales , qui en suivent les bords , et qui communiquent fréquemment ensemble par des ramifications vasculaires transversales. Ces vaisseaux transversaux sont pe^ts et nombreux dans la Seiche, moins nomlDi’eux, mais plus forts et garnis de flocons sur les bords, dans le Poulpe. ,|dais constamment un ligament menibraneux fpi. iv , fig. viii , X ) les fixe à la face interne du manteau. C’est ce dernier , avec rentohnoir , qui détermine le mécanisme de la respiration , qui pousse beau vers les branchies et l’en fait ressortir., En éfîet, le manteau (fîg. iv , i, i) , sac charnu et ouvert par Je haut, qui entoure les viscères abdominaux , paraît laisser affluer l’eau quand il se dilate , et la, refouler par l’entonnoir (fig. IV, a) quand il se contracte , de sorte que ce mouvement respiratoire ressemble beauceup, à celui des Bivalves , chez lesquels aussi l’eau entrepar la fenîe^du maiitean etressôrt par le tube anal. ...
A;u "reste , je remarque encore dans le Poulpe une cloison charnue de la cavité du mantepu , cpii naît de la paroi antérieure du sac musculaire , etpostériéqj;çmeat ,.làoù elle contient le rectum , s’ attaché à Jâ partie supéd’innretie.ia paroi dorsale et du sac péritonéal , de sorte qu’il reste eu bas une cdihmunicâtion libre entre lés deux ‘moitiés de la cavité du manteau (fig. iv, g, fig. viii*). Cette cloison doit surtout contribuer à accroître rénergie des contractions du manteau.
L’Argonaute esf organisé de même , sous ce rapport , et il offre également une branchie de chaque côté, Quant au Nautile, il a de chaque côté du corps , d’après les recherches
grandé différence entre la respiration des animaux infërietjrs et celle des animanx supérieurs. Voyez Nasse , '-Mémoire sur -la dans
^PC^el’s drehivf topi, II,
1(58 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
d’Owen , deux branchies qui d’ailleurs ressemblent à celles dés autres Céphalopodes (1).
Je ne puis passer sous silence que plusieurs observations semblent établir qu’il y a aussi des amas d’air, notamment dans le sac péritonéal des Seiches. Ainsi , Tilesius (2) a vu ces animaux s’élever avec rapidité au sein des eaux , en gonflant leuÉ corps ; assez souvent des bulles d’air se dégagent lorsqu’ils meurent ou qu’on les ouvre ; enfin l’organe appelé os de Seiche a une structure poreuse , et renferme de l’air dans ses cellules (8). Cependant ces amas d’air ne doiventpas plus que ceux qu’on rencontre chez certains Zoophytes, être considérés comme des preuves d’une véritable respiration aérienne ; ils tiennent seulement à des gaz qui se dégagent du sang ; c’est-à-dire qu’ils résultent d’une véritable expiration.
Du reste , Delle Chiaje croit avoir trouvé aussi un système de tubes aquifères ( § 627 ) dans les Céphalopodes ; il a entrevu , dans" la Seiche , l’Argonaute et le Poulpe , le long des bras , un canal qui , injecté avec du mercure , laissait ce métal s’écouler en partie par l’extrémité du bras , et pénétrer en partie dans les suçoirs. Meckel (4) nie qu’il soit tel que i’anatomiste italien le représente , et je partage en cela son opinion , car le canal logé dans l’intérieur des bras paraît être
(1) ’Voyez de Belles figures des organes respiratoires des Céphalopodes dans •.Descriptive and ïllustraded catalogue of the physiological sériés of comparative anatomy contained in the muséum of the royal college of
surgeons , tom. ïl. JjOndreSf 1834 f in- 4° •
(2) De respiratione sepiœ officinalis , pag. 64 > 68. Ges observations , an dire de l’antenr, avaient déjà été faites en partie par Rondelet, Lecat et Monro.
(3) Aussi , comme le dit Swammerdani ( Bibel der Natur, pàg. 354 ) l'os de Seiche est-il si léger au moment où. on le retire dq. corps de l'animal, c^u’il surnage l’eau.
(4) Loc, cit., pag. 84.
OB.GÀKEÇ EESPIRAXÔIRES ET VOCAtJX. 169
uniquement destiné à des nerfs et à des vaisseaux ; d’ailleurs il est rempli d’un tissu cellulaire dense ; c’est ainsi, du moins, que je le trouve dans les Calmars , les Poulpes et les Seiches,
Il n’est point encore question d’organes vocaux chez les Mollusques ; tout au plus peut-on considérer comme un indice fort éloigné de la voix qui doit apparaître plus loin , le bruit simple que les Gastéropodes pulmonés produisent quelquefois en fermant ou ouvrant l’orifice de leur poumon.
s. Organes respiratoires des animaux articulés.
A. Enxhelminthes,
Quoique ce soit précisément chez les animaux articulés que la respiration arrive peu-à peu au plus haut degré de développement , le premier ordre de cette classe ne comprend que des êtres chez lesquels la fonction ne se rattache à aucun organe spécial , et où l’existence d’une respiration quelconque paraît même douteuse. Cependant, si l’on réfléchit qu’il est impossible de concevoir une organisation animale entièrement privée de conflit avec l’atmosphère, on aura de la peine à croire que les Enthelminthes ne respirent réellement point , et l’on pensera plutôt que ces êtres , engendrés et vivant dans le corps d’autres animaux , sont mis en relation avec l’atmosphère , c’est-rà-dire respirent , d’une manière médiate, par le moyen du corps dans lequel ils ont pris racine, et qui est en quelque sorte leur sol ou leur terre (1). Ainsi , de même qu’ils se nourrissent absolument comme le fait une partie du corps , un segment d’intestin , un vaissèau , de même aussi ils ne respirent que comme cette partie , en se pénétrant des sucs du grand organisme qu’ils habitent , et qui ont respiré. Leur cas me paraît donc se rapprocher un peu de celui des animaux à respiration aérienne qui n’ont pas be-
(i) Rndolphi ( Æ/ifo«. hist. nat,, roi. I, pag- a43) admet ausslnne respiration chez les Ver; intestinanx.
ïrAité d’anatomie comparée.
soin d’entrer en contact avec l’air atmosphérique lui-même, et dont la fonction respiratoire s’accomplit par riiitermède de l’eau pénétrée d’air.
s. Annét-ides.
Quelques Vers , comme les Gordms , les Siponcles , les Nemèrfes , paraissent n’avoir pas non plus d’organes respiratoires spéciaux. Chez d’autres , au contraire , tels que les Vers à sang rouge surtout , ces organes sont parfaitement dessinés. Nous en trouvons même ici de deux sortes , comme chez les Gastéropodes, c’est-à-dire des cavités ou cellules et des branchies. Le premier cas est celui des Lombrics et des Sangsues.
' Dans le Ver de terre (Luntbr^cè’s ierfestris) , on aperçoit lé long du dos, au bord antérieur de chaque seghiént du cérps , üné sérié de trous , dont un est toujours visible , et qne Willis a déjà décrits. Je distingué surtout très-bien cëstrôüs bu stigmates à la partie moyenne(pi. V ,bg. x, b); ilssemblent s’effacer peu à peu vers l’extrémité céphaîîque. Les vé- ' sibülés réspiratoires internes élles-mêmés sont situées le Idng du corps entier , entre la peau et l’intestin ; elles repréSêhteht des sacs blanchâtres pairs, développés principalement au milieu et à la partie postérieure du corps‘(pl. v, fig. xv, é|, biais devenant de plus eh plhs petits vers la tètèj jusqü’envifôn âre^âcë compris entré le pharynx ', la tête et resWihac ; où ils semblent tout a coup grossir "beaucoup , niais où ils ùe Jbùéht cependant plus le rôle' d’0%ahes réspn’atoires èt dêviéhnént partie intégrante- dé l’appareil génital.
" Chez là Sangsue { tiirudô Tnedicinaliéy, dé cinq en cinq anneaux dii corps ,. et sur chaque noté de la Surface ventrale, on décôüvré une série de petits stigmates, formant les entfééS de dix-sept vésicules blanchâtres , arrondies , revêtues intérieurement d’une membrane muqueuse riche en vaisseaux tpi. Vf fig-. XEX , b ) j qui communiquent avec un organe al-
OEGAKES BESPIUÀTOIEES ET VOGAEX.
longé en forme d‘anse , ét glanduleux à V intérieur (fig. xix, e). Ges Tésicules sont ordinairement considérées ^ et je pense avec raison , comme des Organes respiratoires (1) quoique Brândt (2) , qui en a décrit la structure mieux que n’avaient fait- tous ses prédécesseurs , les regarde comme de simples organes sécrétoirés > et n attribue la fonction deda respiration -qu’à la peau entière; Cependant , comme sécrétion et respî- -fatiOnsont deux actes qu’on rencontre presque toujours réunis , que la position dès stigmates correspond à celle d’autres <Bivertures respiratoires et qu’il y a une grande analogie entré eéSfvésiéules et ecMës du Lombrié, je ne me sens point enclin à partager ropinion d’e Brandt.- Beaucoup de Vers marins ont pour organes respiratoires des branchies , dont le nombre et la forme varientbeaucoup. Tantôt, presque semblables aux bras des Polypes, elles représentent des espèces d’éventails ou de plumes , souvent contournés en spirale , qui occupent les deux côtés dë la branciiie ; c’est ce qu’ on voit surtout chez les Vers qui habitent des tubes calcaires {$er^u^^ S'p ’irographü^^^ cès evèntaiîà, .ordinairement orués de beUes couleurs , et composés dé Mamens très-nombreux , dont chacun a plus de deux pouces de long dans la grande Sâhella ventilahfum , s’épanouissent comme des fleurs au dé, ssous ;d^ la surface fle l’eaii, ët Sént agités d’un mouvëment oscillatoire continuel , qui offre un spectacle fort agréable. Tafopt élies ressemblent à célles de plusieurs Gastéropodes ( Tritonia , Thetis, etc. )., et sônt ^ flisppsées en manière de pinceaux des deux côtés flu .corps ; c’est ce qui à lieu , par exemple , dans l’ Arénicole , qui porte trois pinceaux semblables de chaque côté.
Il reste encore des doutes à éclaircir au sujet des organes respiratoires des Aphrodites. Suivant Home , Ôken et Trevi-
; frf):V?yez les motif/s en faveur de .cette -opinjoti dans Meckel,der 'vergîeîchenden Anatomie , \.om. yi ,psk^. Vil.
Ar^neiliche Thkre j tom. II , pag. a 5 1 , pl, xsix , §7,»
172 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
ranus , ces Vers ont le dos couvert d’un feutre ouvert en arrière , au dessous duquel l’eau baigne les cæcums latéraux du canal intestinal, qui fout saillie entre les ligamens musculaires , et qui accomplissent ainsi la respiration. Mais Meckel (d) est disposé à considérer comme des branchies les prolongemens rougeâtres et semblables à des crêtes de coq qui s’élèvent du fond de la cavité respiratoire^ accessible à l’eau, qu’on aperçoit sous les écailles du dos. Quelques recherches Î2Llie?> SXXV Aphrodita squamata et acu~ leata me font pencher en faveur de cette dernière opinion; mais il faudrait avoir observé pluslong-temps l’animal vivant , pour être en droit de décider la question.