‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 34 sur 71 · C. Ophidiens · texte numérisé non relu

C. Ophidiens

Si les doubles vessies pulmonaires des Grenouilles et des Salamandres rappellent les doubles vessies natatoires du

(r) Voyez , sor le larynx des Grenonilles et des Salamandres., laforma* tionet le mouvement de leur hyoïde, et les métamorphoses de l’app^eil liranchial qu’elles ont à l’état de têtard , d’intéressans travaux par J. G' Martin Saint-Ange, Recherches anatomiques et physiologiques sur les organesjrnjisitqires et la métamorphose des Batraciens , avec lo planches (^Annales des scitnces natureîlesef^ti^i J tom, xxiv, pag.366).

OJIGANES ftÊSEiEAÏÔÎB.ES ÈT VOCitJX. 20^

Bichir et autres Poissons, le sac pulmonaire simple des Ophidiens, qui s’étend au dessous du rachis, jusque vers l’extrémité caudale , peut être comparé avec la vessie natatoire simple et adhérente à l’épine du dos de beaucoup d’autres Poissons, le Brochet ou lâ Lophie, par exemple. En effet, chez la plupart des Serpens proprement dits, la trachée-artère «)mmence , au dessus dé la gâîne de la langue , par un renflement situé à peu près au dessous des arrière-narines, et offrant une petite fente longitudinale , Ou glotte , qui sert au passage de l’air. Du reste , cette entrée est quelquefois portée fort en avant, comme , par exemple, dans VHyirus Ucolor, ou' üne ligne à peine la sépare du bord antériepr de l’articulation des branches de la mâchoire, ce qui met ce Serpent aquatique en état de respirer sans être obligé d’élever au dessus de l’eau plus que l’extrémité de son museau (1) .

La trachée-artère est ordinairement deux à quatre fois aussi longue que le larynx , et formée de petits anneaux cartilagineux , dont il n’y a cependant que les supérieurs qui soient parfaitement circulaires , tandis que les inférieurs , semblables à ceux de la trachée-artère de l’homme , ne cou^ Vrent que la partie antérieure du canal (pl. xiii , fig. X, à). Le nombre de ces anneaux varie beaucoup ; on en compte à peu près quarante dans l’Orvet , environ cent dans la Couleuvre à collier , et plus de trois cent cinquante dans le Python figris (2). Au Coté tergal se trouve une membrane mince , contenant des fibres musculaires, avec beaucoup de vaisseaux sanguins , qui , en se dilatant peu à peu , produit le sac pulmonaire droit , dans lequel par conséquent les anneaux de la trachée-artère finissent par se perdre en pointe*

Quant au larynx fort imparfait , il n’a point de cordes vocales. Aussi les Serpens ne produisent-ils qu’une sorte de sifflement; ils n’ont pas de voix proprement ditei

(i)lltiDOLPHi , Physiologie , tom. II , P. i., pag. Sôa. ,

(3) Mecsei., SyHem dsr vergleichenden Anatomie ^ Xonii yi , p. a56.

2o8 traité d’anatomie comparée.

Avant que la trachée-artère ne cesse , je trouve , dans les Coluher natrix et thuringicus , à gauche et en arrière , un petit enfoncement en cul-de-sac , qui , suivant la remarque faite par Nitzsch (1) , doit être considéré comme le rudiment du poumon gauche

Le poumon droit , qui seul existe ici , est situé immédiatement au dessous du rachis , et s’étend en arrière jusqu’à la région rénale. Dans la Couleuvre à collier, il a cinq à sept pouces de long, sur six à neuf lignes de large. A l’endroit où cessent les anneaux de la trachée-artère , ses parois sont plus épaisses , revêtues d’une couche fibreuse en dehors , et couvertes en dedans d’un réseau vasculaire à très-petites mailles (pl. XIII, fig, X, b). Plus en arrière, ses parois deviennent de plus en plus minces, jusqu’à ce qu’ enfin elles soient simplement membraneuses, et que l’organe entier acquière de plus en plus de la ressemblance avec une vessie natatoire. Les Vipera et Pseudoboa , plusieurs espèces de Couleuvres , le Typhlops crocotatus (2) et le Pelamis fuliginosus Ont un poumon tout-à-fait simple , d’après Meckel (3) ; mais il est bien plus commun de rencontrer le rudiment du poumon gauche , et même chez certains Serpens , comme les Boas et les Pythons, les deux poumons ont un volume presque égal,

(1) Comment, de respir, animal., pag. i3. — Meckel {^Arclùv , tom. IV, pag. 84; — System der mergleichenden Anatomie, toiu. VI, pag. aSg) considère bien le radiaient de ponmon desConleavresconune appartenant an cnié droit ; mais , en examinant de nonvean les Coluher natrix et thuringicus, je suis obligé d’adopter l’opinion de Nitzsch , et de voir en lui le vestige du ponmon gauche. Tout l’ensemble de la trachée et du sac pulmonaire se tord un peu, ce qui fait que le rudiment se trouve rejeté légèrement en arrière.

(2) Voyez la figure de ce singulier sac pulmonaire étranglé dans le milieu, et le long duqnelmarche la trachée-artère ouverte, dans Meckei.’s Archif, tom. IV, pl, 2 , fig. 8.

(3) S^stemder vergleichenden Anatomie, iom. VI^ pag, ^58,

ORGANES respiratoires ET VOCAUX. SOp

quoique le gauche soit un peu plus petit que l’autre (1). Ce dernier cas est aussi celui des Serpens qui passent aux Sauriens , par exemple , des Amphisbènes. L’Orvet a encore deux poumons , à peu près comme dans la Salamandre , mais le gauche est infiniment plus petit que le droit (2).

Chez les Serpens , pas plus que chez les autres Reptiles , les mouvemens respiratoires ne dépendent d’un diaphragme; ce sont les muscles des côtes et du ventre qui les accomplissent.

SS. Saueieks.

Le larynx est assez simple et généralement dépourvu de cordes vocales ; mais il offre un petit appendice sacciforme dans les Caméléons. Chez la plupart des Sauriens , le Crocodile, par exemple, il s’ouvre dans la cavité de la bouche par une fente longitudinale , mais cette fente est transversale chez le Caméléon. Jamais elle n’offre d’épiglotte. Dans le Crocodile , elle est placée fort en arrière , couverte un peu par le bord postérieur de la langue ; dans d’autres genres , elle se trouve située beaucoup plus en avant. Au reste , la tension volontaire de cette glotte elle-même permet à plu-

(r) Voyez dans Meckel (loc. cit. fig. 7 ) la figure dn poumon du Boa murina,

(2) Il est exrêmement remarquable que déjà dans les Limaçons les organes respiratoires sont surtout développés an côté droit du corps, que celle particularité se retrouve dans les Reptiles , et qu’enfin on en aperçoive des traces jusque chez l’homme, où.le poumon droit est également plus volumineux que l’autre ( SoEMMEamïtG , Vom Baue des inenschlichen Koerj>ers , tom. V, P. ir, pag. 14 ), Ce phénomène acquiert plus d’intérêt encore lorsqu’on se rappelle que les membres du côté droit ont plus de force, même déjà chez les Araignées, qui s’en servent de préférence pour tirer leurs fila , enfin, quela respiration et le mouvement marchent d’un pas égal sons une multitude de rapports. Au contraire , les principaux organes de l’assimilation se trouvent à gauche, l’estomac surtout, et le cœur aussi, chez l’organisme le plus parfait de Ions,

aïo TKAITÉ d’aiîAtoimie compAkée.

sieurs Sauriens de produire une voix. On sait que les Geckos surtout sont dans ce cas ; leur langue , qu’ils peuvent renver. serhorsde la bouche , comme les Grenouilles , paraît servir en même temps d’épiglotte. On ne trouve de véritable épiglotte que dans l’Iguane. Le larynx offre déjà , surtout dans le Crocodile , une grande plaque cartilagineuse antérieure et de forme pointue , qui correspond au cartilage thyroïde (pl. XII, fig. XIX, a). La trachée-artère des Sauriens est en général fort longue ; elle se partage en deux bronches, et elle est formée par des anneaux cartilagineux circulaires, plus rarement fendus. Ces anneaux sont très-larges et un peu aplatis dans le Gecko d’Égypte. Tiedemann (1) a trouvé la région supérieure de la trachée-artère dilatée en une cavité fort large et aplatie.

Les poumons eux-mêmes forment , chez les Sauriens , des sacs celluleux doubles. Ceux du Gecko ressemblent presque à ceux de la Salamandre , car ils s’étendent fort loin derrière le foie. Ceux du Crocodile , au contraire , ne dépassent point le foie , et restent par conséquent davantage dans le thorax; c’est du moins ainsi que je les trouve chez de jeunes individus ( pl. XII , fig. XIX , 1 ). Dans le Caméléon , les deux sacs pulmonaires descendent fort bas , et sont intérieurement divisés , suivant leur longueur, par deux cloisons , qui d’ailleurs offrent un grand nombre de trous , et dont la postérieure est fort incomplète; les deux poumons sont aussi pourvus inférieurement d’appendices particuliers digitiformes{2).

Le mécanisme de la respiration s’exerce également par le moyen des côtes et de leurs muscles , sans diaphragme.

J’ai parlé précédemment des sacs laryngiens de plusieurs Sauriens , que l’animal peut à volonté remplir de l’air qu’il expire. Ce sont des réservoirs destinés , soit à satisfaire un plus grand besoin de respiration qui se fait sentir pendant

(1) Meckei-’s Archiv , tom. IV, pag. 549.

(2) M J tom, IV, pl. Il , fig. 3,

OUGÀKES KESPlUiTOIHES ËT VOCAUX. 2 t t

les passions „ la colère par exemple , soit peut-être aussi à faciliter la locomotion , comme chez les Dragons.

La voix des Sauriens n’est ordinairement qu’un simple sifflément ; cependant les Crocodiles produisent de véritables intonations , suivant Humboldt.

Chéloîiiens.

L’appareil respiratoire des Tortues commence également par une fente longitudinale simple , située derrière la langue , et dépourvue d’épiglotte , qui mène dans un larynx simple , essentiellement formé des cartilages thyroïde et cricoïde , et privé de cordes vocales. La trachée-artère , qui se compose d’anneaux complets , diflere de celle des Sauriens , en ce que , surtout chez les Tortues terrestres , elle èsftrèscourte (1) , et partagée en bronches proportionnellement fort longues , qui deviennent très-flexueuses quand l’animal retire la tête en arrière. Cependant celle de la Tortue franche est trois fois plus longue que les bronches, selon Meckel. Je trouve aussi , dans la Tortue bourbeuse, les bronches courtes et le tronc très-long (2). Dans la Testudo caretta , le tronc comprend trente-huit anneaux entiers , et chaque brohché vingt-sept.

A l’égard des poumons , ce spnt deux grands sacs qui descendent jusqu’au dessous des reins , et dont les cellules sont étroites à la partie supérieure , larges à l’inférieure. Les bronches pénètrent ordinairement fort avant dans la siib-

(1) Parsons ( Philos, Traits. 17.66 , pag. 2l5 ) rapporte qn’on a trouvé les hronches longues de six pouces dans la grande Tortue terrestre de la côte de Coromandel. Une figure de la trachée-artère d’urie Tortue terrestre, qu’il donne d’après Blasius, indique que celui-ci a trouvé chaque tronche courhée en anse de dedans en dehors.

(2) Il en est de inênje dans la Testudo orbicidaris , d’après Townson loc^ ç,V., pag. 99 ),

212 TIÎAITÉ d’anATOMIË COMPARÉE.

Stance du poumon , et ne s’ouvrent jamais que latéralement dans les séries de cellules qui constituent ce dernier (i).

Le mécanisme de la respiration est aussi confié à la région laryngienne , mais surtout , d’après les recherches de Townson , à ceux des muscles abdominaux dont j’ai parlé plus haut (§ 347) qui remplacent en partie le diaphragme.

Il n’y a pas plus de voix ici que chez la plupart des Reptiles.

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