‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 36 sur 71 · II. ï · texte numérisé non relu

II. ï

24'^ TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE,

terminés en cul-de-sac (1). La salive probablement alcaline de cet ïïyménoptère sert aussi à l’élaboration de la cire. '

Enfin on connaît assez bien les vaisseaux salivaires de la Chenille du bois de Saule , qui s’ouvrent dans la bouche. Ce sont deux sacs , longs d’un pouce , situés des deux côtés de r œsophage , et qui ont beaucoup d’analogie avec les vaisseaux salivaires des Araignées,

Les Coléoptères paraissent être ceux de tous les animaux articulés chez lesquels les vaisseaux salivaires se développent le plus rarement et de la manière la plus imparfaite,

Avant de quitter l’histoire de la sécrétion salivaire chez les animaux invertébrés en général, et les Insectes en particulier, nous avons encore quelques mots à dire des organes qui sécrètent la liqueur avec laquelle les Chenilles filent leurs cocons, car ils ont une grande aflinité avec ceux de la salivation , tant pour la situation que pour la forme. En effet , ce sont également des vaisseaux déliés et terminés en cul-desac , dont on trouve un de chaque côté du canal intestinal (pl. VII, fîg. XXIII , h , 1). Leur longueur surpasse de beaucoup celle du corps , car elle s’élève à un pied dans le Ver à soie. Ils aboutissent, par des conduits excréteurs très-fins, à une ouverture située au dessous de la filière , à là lèvre inférieure , à peu près comme la glande sublinguale sous la langue. Leur sécrétion se concrète à l’air, et y prend la forme de fils , avec lesquels la Chenille construit la coque dans laquelle elle doit se métamorphoser. On sait que nous devons la soie à la Chenille de la Phalœna mori , dont le cocon , du poids de deux grains et demi , résulte d’un fil qui a environ neuf cents pieds de long.

Ces organes sont évidemment une répétition de ceux du même genre qu’on observe à l’anus des Insectes moins par-

(l) TRÉViRAHüSjdaas TLfKonukTHni'sZeitsckrîft fuer Physiologie, tom, IIÎ, pag* 62. :

OKéÀKES SÈCBÉTOIRES.

faits , notamment dès Araignées ^ et il est intéressant d’observer que , chez ces derniers , les cocons servent principament à envelopper les œufs, e-ést-à-dire qu’ils sont en qüel^ que sorte un moydn de développementpour les petits, tandis que , dans les Ghenilles , ils servent seulement à la métamorphose et au propre développement de l’animal.

d. Poissons. . ?

|.a hr ièveté et l’ampleur de l’ œsophage , chez la plupart des Poissons, I ointes àlapi omptitude avec laquelle ils avalent leurs aiimens , qui ne s’arrêtent point dans la bouche et y sontrarenient soumis à la mastication , font que ces animaux manquent presque tous d’organes salivaires spéciaux, et que, sous jçe rapport , ils se rapprochent des Oozoairês. Cependant la sécrétion salivaire proprement dite est suppléée jusqu’à im certain point chez eux par une plus grande abondancê de l’humeur exhalée par la membrane muqueuse de la bouche, . qui, dans plusieurs Poissons , tels que les Cyprins , les baies êt les Squales , offre des couches bien apparentes de cryptes mur queuses. Meckel a néanmoins cru devoir admettre une sorte de glande salivaire dans la Baudroie, où il a trouvé, derrière la large ouverture branchiale , une petite glande lobuleuse , située immédiatement sous la peau (1). ^

, ; ; • . e. Repaies,

Les ordres des Reptiles branchiés et des Batraciens se rapprochent des Poissons en ce qu’ils n’ont pas tant de véritables glandes agglomérées , que des couches glandulaires aplaties dans la membrane interne de la bouche , notamment de la langue. Ces follicules sécrètent un mucus gluant, qui tient lieu de véritable salive.

Les glandes salivaires sont plus prononcées dans les Ophi-

(i) Srstem der 'vergJeîchendén Ancttomie ^ Xara, ÎV, pag, 214.

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diens , plusieurs Sauriens et quelques Ghéloniens. On doit^eû admettre de trois sortes chez les Serpens , une glande sublinguale , des glandes labiales ou gingivales , et des parotides , ou des glandes vénénifères proprement dites, qui, de même que les vaisseaux salivaires des Araignées , se vident ordinairement par une dent plissée et creuse , logée , avec plusieurs germes d’autres dents semblables, dans un petit sac membraneux et fendu. Cependant il importe de faire remarquer que, chez quelques Serpens venimeux ( JËlaps, Bungarus , Hydrus ^ etc: ) , les dents implantées dans la quatrième paire dé côtes céphaliques c’est-à-dire dans les os maxillaires supérieurs, ne diffèrent pas essentiellement, pour la conformation, de celles des Serpens non venimeux, et ne se distinguent que par le sillonnement de la dernière dent maxillaire, à laquelle aboutit le conduit excréteur d’une grosse glande à venin , de forme particulière , que Schlegel a le premier décrite et figurée dans V Homaïopsis monilis (1). Du reste , les glandes parotides sont très-volumineuses chez les Serpens venimeux (2). On les trouve derrière l’orbite , au dessus de l’articulation de la mâchoire ^ et elles sont comprimées par un muscle particulier ( pl. xii, fig. iii,'c).

Quant aux glandes du bord des mâchoires , elles sont ordinairement peu développées chez les Serpens venimeux, et le Trigonocéphale n’en a point ; mais elles acquièrent souvent un volume considérable dans les Serpens non venimeux (3). Leur structure ressemble beaucoup à celle des glandes de Meibomius. J’ai été frappé de voir, dans la Couleuvre à collier, mais surtout dans le Coluberthuringicus, que le tendon d’unmuscle situé à là nuque passait sur l’articulation de la mâchoire, pour

•' (j.) Noii. act^ Acad. Zeo/j. , totn. XIV, P. i, pag. i43.

■ ^(25 La structuré de cette glande conglomérée et les rapports de son canal excréteur avec le sac dentaire , chez la Vipère, sont très-bien représentés dans Brahdt et Ratzeborg, Medecinische Zoologie , tab. 1, pl. zx.

(3) Meckel a donné la figure de ces organes dans le PjtJion. Vgris et le olii ber varias {Arçhivy tom, I, fig* 9] et 5},, ,

• • OEGANÊS SÉCUÉTOIRES? ^^5

aller s’insérer aux écailles de la mâchoire supérieure , "après s’être partagé en plusieurs filamens. En effet / on conçoit ^sans peine que la tension de cé tendon applique les écailles avec plus de force , et favorise l’ écoulement de la salive; " ^ ^ *

A l’égard des glandes sous-màxillàires , dont nous devbns la première description exacte àMeCkel, relies constituent, «hÛÈ presque tous les Serpens , des corps lisses et oblongs ’, situés , un de chaqué côté,le long de la gaine de la langué^à'l’ôrifieé de laquelle ils s’ouvrent. Cuvier les avait déjà vues daUsT Am- . phisbène , où elles se font remarquer par leur volumdj^l^i Quelques Chélonièiis , par éxemple' ceux du geïùéf'É/feelone., d’après Meckel , sont privés de glandes salivùirtS/ comme les Batraciens , tandis que d’autres , ceuX par èxéïnple du genre Testudo ÿcmtzvi moins dès deux cotés de la- langue d’épaisses couches de follicules muqueux , qti’on'peut com^ parer aux glandes sous-maxillaires des animaux supériqurs.

Lea Sauriens but , suivant Cuvier , tantôt; des couchesîde follicules mucipafès ,: semblables à celles qu’on rencontre dans les deux premiers ordres^, tantôt des glandes au bord delamâchoire inférieure , comme les Serpens.non venimeux, ou bien des glandes linguales particulières , telles que tâelles que j’ai signalées à la langue du Caméléon ( § 340 ). Parfois aussi on ne trouve rien qui puisse être comparé à ces brgànes : tel est le cas du Crocodile , d’après Meckel.

f. Oiseaux.

C’est principalement chez les Oiseaux qui vivent de substances végétales que les organes de la salivation sonf trèsdéveloppés (2) , quoique les glandes salivaires continuent toujours à rappeler celles des classes précédentes , en ce que

(i) r'; encore snr les glandes des Serpens: Seifert, Spreilegia adenologica, Bèrlin , iSaS, et nn mémoire dé Tiedemann, dans ATMWcÆner Ùenkscliriften, pag. aS.

(a) Tiedemann, Zoologie, tom, II, pag. dgS.

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tantôt elles sont situées immédiatement au dessous de la membrane: interne , et surtout à la partie inférieure de la bouche j tantôf chaque glandule , . pour ainsi dire, verse isolément dans la cavité orale le liquide qu’elle sécrète, gglia sécrétion elle-même consiste généralement plutôt en un simplfr mucus qu’en une véritable salive, car elle est épaissô et visqueuse. Elle a surtout ce caractère dans le Pic , où elle foinae pn enduit gluant à la langue, dont l’animal se sert pour attraperr sa; proie (§ 484 ),

Jig plus grosse paire de ces glandes estordinairement située eù&edtes branches de la mâchoire inférieure ( glandes squsmaîiiUaijres ) , et elle est même double dans le Dindon ( pl, xVj

Lesîglândes sont plus petites chez les Oiseaux de proie que chez; ceux qui se nourrissent de végétaux; mais leur nombre est plus CDnsidérable. Tiedemann en a trouvé de cinq sortes dans 1- Autour; deux, situées au dessus de l’articulation de la mâchoire; , rappellent les glandes vénénifères des Serpens, et sont en même temps analogues aux parotides dé l’homme ; deux autres , placées au palais, versent là salive par deux conduits situés à la voûte palatine , vers la pointe recourbée du bec (1) ; les autres occupent la partie inférieure de la câ-* vite opale; -

g. Mammifères, • ’ '

Nous devons considérer comme une nouvelle preuve de grande affinité entre les Poissons et les Cétacés, que toutes les recherches faites jusqu’à ce jour n’ont pu faire découvrir aucune Ipace de glandes salivaires chez ces derniers. Elles

(t) II e&iste nh rapport déterminé entre l’appareil salivaire et celoî dé la mastication. On pent s’en convaincre déjà dans les Araignées , ainsi qne dans les Serpens et les Oiseaux, et nous verrons plus loin que des traces bien sensibles s’en retrouvent aussi chez les Mammifères. Ordinairement, en effet, là salive s’épanche auprès des organes masticatoires , qui déploient lé plus d’activité.

organes SÉCT^ÉTOIUES.

n’ existent non plus qu’en partie , et sous un très-petit volume, dans les Phoques. Mais elles sont plus développées dans les Rongeurs et les Chéiroptères , qui se rapprochent à plusieurs égards des Oiseaux-, l'es glandes maxillaires surtout sont trèsgrosses, proportionnellement aux glandes parotidiennes , linguales et buccales , qui , du reste , existent chez la plupart des Mammifères , comme chez l’homme. Il n’y a point de parotides dans les Édentés , par exemple dans FÊchidné et le fourmilier ; mais ce dernier possède une glande particulière, qui s’ouvre à la lèvre inférieure par plusieurs conduits ëxcré^ teurs, et qui sécrète ün mucus visqueux destiné à engluer sa langue vermiforme , dont il se sert pour prendre lés Insectes. En général , chez les Mammifères , comme chez lès Oiseaux , les glandes salivaires sont plus développées dans les espèces herbivores. J’ai déjà cité les Rongeurs, chez lesquels ces glandes sont grosses , et versent la salive a la partie antérieure de la bouche , pour Correspondre à l’activité spéciale que déploient les dents incisives. Elles se font également remarquer par lèur volume dans les Ruminahs ètlés Solipèdes , où les glandes parotidiennes et bucèalés font couler principalement la salive vers les dents molaires , qui sOnt lès plus actives. La sécrétion des parotides est même accrné encore , chez le Boeuf et la Brebis , par une glande partiCu^ hère, qui est située dans la fosse zygomatique et l’orbite , et queNuck a observée aussi chez le Chien , avec quelques modifications. C’est peut-être chez quelques Pachydermes , eh particulier chez les COchons , que nés glandes acquièrent le plus de volume. Les parotides des Singes sont très-grossèS ; ainsi que Cuvier en avait déjà fait la remarque.

Sa Organes de quelques autres sécrétions qui s’épanchent dans le canal

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