ÉPINIÈEE ET. DE CERVEAU
Jusqu’à présent on n’a trouvé, chez les Oozoaires , aucun vestige d’organes qui puissent être comparés aux reins. Ehrenberg décrit bien , dans lés Rotifères , deux corps glanduliformes situés auprès du canal intestinal /mais il pense qu’on doit lès considérer plutôt comme des organes salivaires que comme des organes urinaires.
L’appareil urinaire est plus sensiblement indiqué chez les Mollusques , où la sécrétion d’acide urique qui s’opère , d’après les observations de Jacobson (d)’, ne permet guère de ne point admettre son existence.
Le premier organe analogue aux réins qu’on rencontre dans cette classe, est le corps celluleux, souvent noirâtre , et ouvert au dehors par deux fissures , qui s’aperçoit sous le
(i) JouTOfl!? tpjn, XÇI, pag.:3i8, . . \
ÏRAlTÉ d’anatomie comparée.
Gcëür dés Pélécypodes, et qui a été regardé par Poli comme Fopganë d’une sécrétion calcaire, par Bojanus comme un poumon. Bans nos Bivalves (4) , on trouve un de ces organes de ctiaque côté , auprès de la fissure qui sert d’orifice à l’O; vaire ,:(pl: ii, fîg. Xviii , e). Treviranus les regardé aussi comme des rudimens de reins (2).
Treviranus a décrit ces organes dans les Gastéropodes , qui sont ceux d’entre les Mollusques chez lesquels Jacobsofl a démontré qu’une sécrétion d’acide urique était opérée par certains organes unis à l’appareil génital. On ne peut nier effectivement que , dans les Limaces surtout , ces organes , sur lesquels je reviendrai lorsqu’il sera question des fonctions génitales, qui consistent en une vésicule et un corps glanduleux , et qui se vident au moyen de la cavité génitale , ont beaucoup d’analogie avec les reins et la vessie urinaire (3). Blainviile , dans Une note annexée au mémoire de Jacobson, adopte ce rapprocliement , mais il va trop loin en voulant rapporter également ici la bourse du noir des Céphalopodes, Quant aux animaux articulés , dans aucun des ordres inférieurs de cette classe on ne rencontre d’organe qui puisse être positivement considéré comme appareil urinaire. Les Insectes sont les seuls chez lesquels on soit dans le doute dç; savoir si l’on doit admettre quelque chose d’analogue. Ainsi que je l’ai déjà dit en traitant des organes biliaires , Meckel,i sé fondant sur ce que John a trouvé de l’urate d’ammonfc que dans les vaisseaux des Insectes qui portent ce dernier npjn , pense qu’on doit voir en eux de véritables organes urinaires (4) ; mais son. opinion ne me paraît point probable. On pourrait plutôt regarder comme des rudimens de vessies urinaires les vésicules qui garnissent les oi’ganes génitaux de plusieurs Insectes ; il serait même possible de, soutenir l’hy-
y(^')iNlàv.,acU ' ' '
q&);Pans Txedemakn’s tOto. L pâg, 53i
(3) Ibid., tom. I, cah. I , fîg. i.
i4) 4^^ ver gleichendén 'Anatomie, ttniii I>âg. 84.
0B.GA.KES siOBÉTOIBES.
pothèse qùe les poches à venin qui occupent la Base dé Faîguillon des Hyménoptères sont comparables aux organes urinaires.
Organes BKiN.AiKp dans les anisîaux poua-vus de moelle épinière et de
Poissons.
De même que ces animaux à respiration branchiale ont un très-gros foie, de même aussi ils sont pourvus de reins volumineux , formant une masse unique , qui s’ étend lè long du rachis , â la paroi postérieure de la cavité abdominale , dont il lui arrive même quelquefois , par exemple dans laLote (pl. ix , ôgl XVI, n) , de remplir F extrémité en augmentant d’épaisseùr. Chez certains Poissons cependant , comme la Truite et le Saumon (pl. ix , fig. xv, tt) , la massé rénale est étroite’, longue , terminée en pointe arrondie aux deux Bouts , et elïe ne s’étend pas jusqu’à l’extrémité inférieure dé la cavité ventrale. Ailleurs, par exemple dans les Cyprins , elle est munie d’un appendice de chaque coté, ce qui lui donne Fap parenee d’une croix allongée.
Du reste , les reins dès Poissons sont formés, d’une masse entièrement homogène et comparable à la substance de la rate humaine. Les uretères en naissent par de nombreüsés racines , à peu près comme le conduit biliaire provient de la substance du foie.
Mais , en général , ces organes sont si intimement unisén semble , qu’on peut les considérer comme ne forniânt tous deux qu’un seul corps , et qùe leur séparation est indiquée seulement tant pâr la présence d’un double uretèré.que par la disposition de la veine cave, qui sé plonge , entré cés'dëux conduits , dans la substance rénale éommuhe. Cëpéndant on voit quelquefois , par exemple dans la Truite , les ùretéres eux-mêmes sé réunir en un seul tronc pèiï âpr es léur 'sôrtiè, de manière que, quand on contemple îes Æeux moitiés rénales
zSo TRAITÉ d'anatomie COMPARÉE.
couvertes par le péritoine , il est impossible de les prendre pour autre chose que pour un rein unique.
Il leur arrive même , chez les Poissons les moins développés , c’est-à-dire chez les Cyclostomes , VAmmocœtes Iranchialis par exemple , de se confondre en une seule niasse avec les corps adipeux dont Rathke (1) a donné la description, et auxquels s’associent aussi les ovaires (pl. ix, fig. xvii, 25 et 26) , de telle sorte qu’on ne les reconnaît qu’aux uretères qui naissent de leur bord extérieur et s’ouvrent à l’extrémité anale du rectum.
Les reins des Poissons sont donc placés précisément au dessus ou en arrière de la vessie natatoire , ce qui devient surtout très-manifeste lorsque cette dernière se trouve fixée à la colonne vertébrale, comme dans la Lote ou la Truite.
Suivant Cuvier , ils sont proportionnellement moins gros chez les Poissons plus parfsdts que les autres sous plusieurs rapports, c’est-à-dire dans les Raies et Squales. J’ai constaté l’exactitude de cette assertion dans la Torpille,
Comme les reins des Poissons s"* étendent ordinairement jusqu’auprès de l’anus, et que parfois même ils descendent plus bas, les uretères sont en général fort courts. Tel est le cas de la Carpe , du Brochet , de la Truite , du Saumon, Quelquefois , par exemple dans la Truite , ils se réunissent en un seul tronc , qui ne tarde pas à se dilater en un réservoir oblong , auquel le nom de vessie urinaire ne saurait cependant être appliqué , et qui aboutit enfin , par un conduit excréteur allongé et terminé en pointe , au bord de l’ouverture génitale située derrière l’anus ( pl. ix , fîg. xv , s ),
Je trouve , au contraire, une véritable vessie urinaire trèsconsidérable dans la Lote (pl. ix, fig, xvi , m). Cuvier dit que cet. organe existe également dans la Baudroie , le Lièvre de mer et quelques autres Poissons cartilagineux (2). Suivant
(i) Beitreege zur Geschichte der Thierwelt, tom. IV, pag. 92.
(?) Pour Lien comprendre les caqses delà présence ou <|e l'absence de 1?
^organes sécrétoires. 281.
Treviranus , il paraît être remplacé , dans les Raies et les Squales , par une poche annexée à l’extrémité de l’intestin , sorte d’allantoïde persistante , qui ne communique point avec les reins , tandis que , d’après Home (1) , les uretères aboutissent dans une dilatation qui produit une saillie cordiforme derrière l’anus , et qui doit être considérée en même temps comme verge chez les mâles , et comme clitoris chez les femelles , attendu que la semence et les œufs sortent aussi du corps par là (pl. x, fîg. ii, iii , 1). J’aperçois également dans la Lamproie une saillie conique , par laquelle s’ouvrent les voies urinaites et génitales.
Il n’existe encore aucune trace, chez les Poissons , ni des capsules surrénales , ni d’un développement complet de la substance même des reins , tel qu’on l’observe , par exemple chez l’homme.
b. Repaies.
Chez les Reptiles , la masse rénale est plus manifestement divisée^en deux reins. Quoique son volume soit fort inférieur à celui qu elle offre dans la classe précédente , cependant ou peut dire qu’il est encore considérable , puisque , dans la Salamandre , par exemple , sa longueur égale presque la moitié de celle de la cavité du tronc , et que , dans la Grenouille , elle en fait à peu près le tiers.
La forme et la situation des reins présentent plusieurs variétés dans les divers ordres de cette classe.
Les reins de la Salamandre ressemblent encore beaucoup à ceux des Poissons. Ils sont allongés , fort étroits , plus volumineux à leur extrémité inférieure , et descendent très-bas dans le bassin (pl. XIII, fig. I , i).
vessie urinaire chez les Poissons, nous avons besoin de connaître mieux ^u’on ne le fait jusqu’à présent les organes extérieurs de développement du fœtus de ces animaux.'
(t) PAi7. 1810, pag. 2q5.
aSa TRÀITÉ d’anatomie COMPARÉE.
Leur forme est la même aussi dans leProtée, où Ruscom(l^ a cependant observé quelle varie suivant le sexe; car les reins du mâle forment deux corps fortement appliqués l’un contre l’autre , plus larges inférieurement et plus étroits à leur partie supérieure , où ils s’infléchissent pour loger les sacs pulmonaires (2) , tandis que ceux de la femelle représentent des masses à peu près aussi larges en haut qu’en bas , et dont les uretères sont moins contournés.
Dans les Grenouilles , les reins sont placés un peu plus haut; mais ils sont moins longs et étroits, quoique encore trèsrapprochés l’un de l’autre.
Ceux des Tortues sont plus ovales , et offrent à leur surface des divisions qui imitent presque les circonvolutions cérébrales (pl. XII , fig. XX , XXI , 0 ).
Dans la Couleuvre à collier et le Coluher thuringicus , je les ai vus allongés , évidemment composés de segmens placés à la suite les uns des autres , et situés à une assez grande hauteur, le droit toutefois plus haut que le gauche.
Enfin, les reins des Sauriens ressemblent presque à ceux des Grenouilles. Cependant je les trouve , dans un jeune Crocodile long de dix-huit pouces , composés de lobes analogues à ceux des Serpens , mais moins distincts les uns des autres (pl. XII, fig. XIX, V) (3).
, Les uretères sont courts dans les Grenouilles, les Salamandres et les Sauriens , et fort longs , au contraire , dans les Ophidiens. Chez les Reptiles , comme chez les Poissons , ils naissent de la substance rénale par des racines déliées , qui se réunissent en un seul tronc. Ce dernier s’ouvre dans le
(1) Monografia del proteo , pag. 87.
(2) Ce rapport des reins avec les sacs pnlmonaires et celai de ces organes avec la vessie natatoire , chez les Poissons , sont remarqaahles à plnsiënrs égards.
(3) Cuvier croyait avoir remarqué que les reins des Crocodiles âgés sont plus divisés que cens des jeunes. {Anat. comp., tom, V, pag. aSi.)
ORGÂKES SÉCrÆTOITvES. ^83
cloaque , après s’ être uni, chez les Grenouilles , avec les vaisseaux sperUiatiques.
Dans les Serpens, les Boas surtout, Davy (1) a trouvé, entre le cloaque et le rectum , un réservoir particulier d’urine, sépaf é de ces deux organes par des muscles Sphincters , et' qui , bien qu’une continuation de l’intestin , a cependant pour usage de recevoir et d’évacuer l’urine. Celle-ci ressemble à de ta bouillie , et consiste^ en acide urique presque pur'.
Mais ce qu’il a surtout de . remarquable , c’eSt la vessie fort anïple de certains Béptiles, qui cependant n’a que des connexions noédiates avec les uretères , dans le Protée et les Batraciens , car elle naît en devant du cloaque , tandis que les uretères s’ouvrent en arrière dans cette cavité. De pareilles vessies se rencontrent chez les Reptiles des deux prènâiërs ordres , c’est-à-dire chez les Grenouilles , les Saïalôandres èt les Gbéloniens , èt ellès y ont une ampleur considëtable , proportiGnneiement à la taiHè de ranimai. Ainsi , prar exemplè, dans la Salamandré, les dèüx moitiés de la poche , âprès avoir été soufflées , réprésentènl une capacité qui égalé lès deux tiers de celle du corps entier. Townson (2); a ffiême remîarqué qu’une Ràmètte faisait sortir dé cette poché une quantité dé liquide équivalente au quart de son propre poids , et il cite en outré l’observation de Perrault , qui y a trouvé plus de douze livrés d’un liquide clair comme de l’éâu, dans une grande Tortue terrestre.
Là fornie de cette veésiè h’ést point la mérae partout. Cepehdant, èn général, par ëxèmple dans les Grenouilles, lès Sâlamandrês (pl. xtii , fig. i, m) et plusieurs GhéïOnîehs , on la trouvé pourvue de deux cornes latérales arrondies , qjid me paraissent être une rëpétîtion du renflement vésiculeïix que i’^oviducté offre dé chaque côté , chez les Gréhouib léséùrtOué. Dii orgàne anâlogne existê , d’après Cuviér, dans
(1) Meckel’s tom. VI, pag. 346.
(2) Traets and observations în ndiviràl Mstoi^ > pag. 65. , ‘
284 traité D’ANATOMis COMPAREE.
les Iguanes, les Tupinambis, les Caméléons , les Dragons, les Stellions , et suivant les observations d’Emmert et Hœchstetter (1) , confirmées par les miennes , dans le Lézard gris et l’Orvet , où cependant il est plus petit. Les autres Reptiles, et particulièrement la plupart des Ophidiens , paraissent en êtreprivés.
L’étude du développement des Grenouilles et des Salamandres m’a fourni, sur la signification de cet organe, des données intéressantes , dont je vais présenter en peu de mots les points essentiels. Si l’on examine l’œuf de la Salamandre terrestre , on y voit le fœtus tout-à-fait libre et sans cordon ombilical. Ici, par conséquent, ce qui ne nous est connu, chez les animaux supérieurs, que comme organe externe de développement, se trouve déjà de très-bonne heure contenu dans l’embryon lui-même. Le sac vitellin est donc renfermé dans la cavité abdominale , et l’on doit en dire autant de l’allantoïde, qui n’apparaît néanmoins que comme simple vessie urinaire, puisqu’on ne l’aperçoit point hors du corps de l’embryon , tandis que , dans les Sauriens et les Oiseaux , elle fait saillie au dehors , pour jouer le rôle de branchie , meurt ensuite, et laisse encore une sorte d’ouraque , qui a quelquefois l’aspect d’une petite vessie urinaire. Or , ces diverses particularités expliquent le volume considérable de la vessie, sa structure' entièrement membraneuse, ou du moins trèsfaiblement musculeuse , et la mai-che particulière de ses veines , dont j’ai pu me convaincre sur la -Salamandre , à la faveur des injections; en effet, ces vaisseaux aboutissent aussi à la veine ombilicale , qui reste ici perméable pendant toute la vie, au lieu de se convertir, comme chez l’homme, en ligament rond du foie. Chez la Tortue bourbeuse , ils s’abouchent de même avec les deux vaisseaux analogues à la veine ombilicale simple de l’homme.
(i) Reil’s Archîvy torn. X, cah. r, pag 114. . . ■ • ■
OT.feAîîEâ SÉCRÉTOIRÈS.
La fonction dé cet organe a été , pendant long-temps , aussi peu connue que sa véritable signification. On ne le considérait jamais que com^me un réservoir de T urine , et l’on attribuait même des qualités vénéneuses au liquide que les Crapauds et les Grenouilles dardent dès qu’ils viennent à être poursuivis. L’ekcellent observateur To^viison a , le premier, émis sur ce : sujet dés idées plus exactes , dont j’ai déjà parlé plus haut. Il a toujours trouvé lé liquide en question limpide comme de l’eau , même chez les Crapauds, et absolument insipidé. En même temps , il fait remarquer que la secrétion rénale devrait s’accomplir avec une -rapidité extraordinaire , pour qu’il fut possible que les grands réservoirs , contenant ce liquidé , fussent de simples vessies urinaires. Aussi lui sëmblë-t4l'=vraisemblable qu’ils servent principalement de dépôt à l’humidité que là peau absorbé en si grande abondancer Bès lors , il ne reste plus de doute qu’à l’égard des voies par lesquelles le liquidé absorbé peut s’y rendre; mais je pensé qu’outré les veines , dont tant d’expériéncés modernes ont démontré la faculté absorbante , les grandes cellulés lymphatiques jôuérit ici un rôle conSidërablè. Quant à l’eau que l’animal darde éh fuyant , il ne s’en débarrasse ainsi que pour réndre son corps plus légér ; aussi Tqwnson n’a-t-il plus rien obsérvé de semblable chez lés Batraciehs devenus assez familiers pour hé plus s’èlK’àyer quand On y touchait. D’un autr^ côté , cependant , TownSOn a fait , sur la Tèstudo <yrbieiilaris {i) , : uné observatioh fort reraarquable , de laquelle il semb'è résulter que Cèttë dhftue a la faculié de pomper immédiatement l’eau par l’anus / car ; lorsqu’ elle avait été mise dans de- 1- eaù teinte hkee du tournesol , le liquide qui sortait ensuite de sa vessie était coloré. Ces phénomènes sont d’autant plus dignes dé 'fixer l’atténtion , qu’ils confirment pleinement ce que j’ai dit de la répétition
2^6 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE,
de la fonction respiratoire parla sécrétion urinaire. En effet, de même que les animaux qui respirent l’eau séparent celleci de l’air, qu’ils réunissent dans une vésicule, de même aussi ceux qui respirent l’air rassemblent , dans une autre poche, de l’eau qui pourrait tout aussi bien concourir à leur respiration que l’air de la vessie natatoire à celle des Poissons; surtout si cette pocbe doit être considérée précisémeBt comme allantoïde , c’est-à-dire comme un organe que les embryons de Sauriens et d’Oiseaux nous apprennent, être une véritable branchie , et s’il se confirme que certains Reptiles ont la faculté d’y pomper l’eau delà même manière que les animaux inférieurs l’attirent dans leurs cayités branchiales.
Au reste , ce, qui prouve o[ue le liquide contenu dans ees vessies ne peut nullement être de l’urine , c’ost-à-dire .une sécrétion des; reins , c’est que les belles expériences Schreibers (lAPut appris cjue ruiÿue des Lé^zards n’est poiiit liquide , mais constitue une masse blanche et friable .j. une sorte de . caîcur urinaire naturel , dont l’analyse, faite Scholz , a donné pour résultat quatre-vingt-quatorze parties d’acide urique ., deux d’ammoniaque , et trois trenfèrtrës centièines de phosphate calcaire (2). ;;
L’existence de vérit^les capsules surrénales ne peut point être démonpée partout dans la classe des Reptiles. Les orp;anes,que^quelq.ues anatomistes ont décrits comme tels, dans .les Grenouilles et les S^mandres ,.paraisseflt appartenir davantage à l’appqreil génital. Mais Bojanus a trouvé.,' dans les . jortues.^ audaord interne des reins , quelcpies corps glanduleux oblongs, qui ne peuvent être rapportés qu’aux capsules surrénales ( pL xii , ^ XX,, XXI , P ■
'{^lyCriïM^&T's'jirinaipn der Physjk ,
.(2) L’analyse, de l’iirine do Lézard, par Davy, et .celle de •rori.np des Tortues, .par Stçltze Ç<lans-MECitEi.’s Arçh'w., torn. V)., pag. 348 , 349b donnent aussi, somme totale, le même résultat,
(3) On trouvera encore plusieurs autres détails sur les orgiines urinaires des Reptiles dansFiKK, Be aniihibiorim systemate urapàëiiço, ftalle, 1827.
OR&ANES SÉCÎliTOIllES,
c. Oiseaux,
Si Ton ouvre la cavité du tronc d’un Oiseau , et qu’on en examiné avec soin la paroi ter gale , on trouve , dans la moitié supérieure et des deux côtés , antre les corps saillans des vertèbres du dos et les côtes , une masse âplàtie , spongieuse, d’un rouge clair, qui est le poumon ; mais , dans la moitié in- ^érieu^e , les enfoncemens compris entré les corps des ^ver^ tèbres sacrées et lès saillies en forme de Côtes des iliaques, logent d’autres masses plates , et d’une couleiif plus foncée , qui sont les reins (pl: xv, fîg. x , w). Ici donc les reins répètent le type dés poumons , mênie sous le point de vue de leur sitüation , pàr làqùêlle ils annoncent égàlëmënt j entre leur fonction et cëllë de la ‘génération j im rapport analogue à celui qui existe eïdre îà respirâtion.etlënïôtiyéinent.
La masse des reins est ‘èncorë très-considérable , proportion gardée , cbez les Oiseaux. On peut s’ ën çonvaitiéié déjà par leur Volume , mais plus encore par leur poids: Les Pëëhercbès de Tiedemann fl) nous apprennent qu’ils en Orit un fort grand chez les Palmipèdes ët les Échassiers , Où îè foie éstÆgalemettt fort gros , ét où leur poids va jusqu’à 1/62 ( Yanneau) , et m'ènie l/3^‘( Haflë ) de célm dU corps , tandis qu’il n’en est que 1/96 dans la Crësserelie.
On peut assigner pour Pauses à eette proportiOn eonsidérabledelamasse des feins Chez lëSÔiseaux, la prédominance de la respiration et dès sécrétiohS dans cetté/classe , lé peu d’ampleur dès poutoOnS, malgré la grande extension des “Voies respiratoires , la diminution de la perspiratiOn cütaneë, qui , même chez l’hOmmè , entraîne une activité plus énëfgique de la sécrétion rénale , enfin , la faible , quantité d’eau qui s’échappe par les voies respiratoires (2), les Oiseaux
,(l) ZeoZog-ie , toni. Il, pag, 542.. i
(2) Tiedemann a surtout signalé les deux dernières de cés causes.
a88 ® TRAITÉ c’anaîomie comparée.
n’ayant jamais l’haleine vaporeuse , même pendant les froids
les plus vifs.
Comme dans les classes précédentes , les reins des Oiseaux ont encore une structure peu complexe. Les uretères ont des racines simples provenant de chacun des lobes dans lesquels ces organes sont divisés, soit par les vaisseaux qui s’y rendent, soit par les crêtes osseuses sur lesquelles ils reposent , et dont on peut surtout distinguer deux, l’un supérieur plus petit, l’autre inférieur plus grand.
Les reins sont entourés de tissu cellulaire , et leur face antérieure , comme celle des poumons , est tapissée par le péritoine. Les uretères descendent le long de la paroi tergale du bassin; ils sont manifestement musculeux, et s’insèrent dans le cloaque , au bord du rectum.
L’urine des Oiseaux ressemble d’ailleurs beaucoup à celle des Sauriens (§ 731). Elle contient également une si grande quantité d’acide urique , de carbonate et de phosphate calcaires , que , semblable à celle de ces Reptiles, elle ne tarde pas à se concréter après sa sortie du corps , et forme ordinairement , autour des excrémens , un enduit blanc que l’action de l’air convertit bientôt en une masse friable.
Suivant Cuvier , l’Autruche et le Casoar sont les seuls Oiseaux qui aient la faculté d’évacuer séparément leur urine et leurs excrémens; cependant, il m’est souvent arrivé, chez d’autres espèces, notamment chez les Poules ayant un œuf engagé dans l’oviducte , de trouver la dernière dilatation du rectum fortement distendue par des matières fécales, sans qu’il eût pénétré aucune parcelle de ces dernières dans le cloaque, qui ne renfermait que quelques concrétions urinaires.
Il n’y a point de vessie urinaire chez les Oiseaux , parce que leur allantoïde , qui , durant l’âge fœtal , communique
avec le cloaque par l’ouraque, a coutume de s’oblitérer complètement.
Cette classe est la première dans laquelle les capsules surrénales existent partout; mais, comparées au volume énorme des reins , elles sont beaucoup plus petites que chez l’homme , par exemple. De même nous avons trouvé que la rate avait un volume inverse de celui du foie , et qu’elle n’existait pas chez les Mollusques pourvus d’un très-gros foie , tout comme il n’y a point de capsules surrénales chez les Poissons et les Reptiles branchiés , dont les reins sont si volumineux, Çes organes sont situés entre les lobes supérieurs des deux reins, tout-à-fait auprès des testicules ou des ovaires , un peu lobés la plupart du temps, ovales et d’un jaune rougeâtre. Meckely a observé deux substances différentes dans le Casoar. Suivant Tiedemann (1) , c’est pendant la saison des i amours qu’ils, sont le plus gros. Tannenberg assure aussi qu’un prolongement en cul-de^sac du conduit séminal se perd dans leur substance.
d. Mammifères.- f, ' ’•
Le type humain se reproduit ici chez la plupart des Mammifères. Aussi les reins ont-ils en général une structure plus compliquée , de sorte qu’on peut y distinguer plusieurs substances , des papilles qui exsudent l’urine , et des calices qui reçoivent ce liquide , pour le transmettre à un bassinet commun , d’où il coule , le long des uretères , jusque dans la Vessie chargée de l’évacuer enfin par les parties génitales. Cependant , il ne manque pas non plus de formes qui se rapprochent de celles dont j’ai parlé jusqu’ici.
Les reins ont une structure toute particulière dans les Cétacés. De même que ceux des animaux qui appartiennent aux classes précédentes , ils sont formés de lobes distincts , et ressemblent plus à une glande conglomérée ordinaire qu’à
(i)Ioc. ch,, pag. 556.