‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 42 sur 71 · JI · texte numérisé non relu

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290 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

un organe sécrétoire spécial et constituant un tout à part. Ceux de la Baleine consistent en plus de deux cenls lobules coniques et isolés , dont le côté le plus large regarde en dehors , de manière que Hunter (1) compare la face externe de l’organe entier au pavé d’une rue. Chacun de ces lobules offre à l’intérieur une substance tubuleuse bien marquée , et Il se termine par une papille qu’entoure un calice membraneux. Les calices eux-mêmes vont toujours en se rétrécissant, et finissent par se réunir tous en un seul uretère, qui sort de l’extrémité inférieure et la plus étroite du rein.

La structure de ces organes est tout-à-fait la même aussi dans les Phoques (,pl. xix , fig. xxv ) , la Loutre et l’Ours , quoique le nombre des lobules aille toujours en diminuant , et que les calices n’aboutissent plus immédiatement à l’uretère , mais se^uéunissent d’abord en un réservoir commun , le bassinet.

La division des reins en lobes distincts devient moins sensible encore chez la plupart des autres Mammifères , où elle s’aperçoit surtout pendant les premières périodes de la vie , même chez l’homme. Mais le nombre des lobes , indiqué à l’intérieur par celui des papilles , va toujours en diminuant , à tel point qu On nè trouve plus qu’une seule papille chez les Rongeurs , dont le rein est lisse à l’extérieur et de forme conique.

Je dois èncore faire remarquer , par rapport à la situation des reins , que celui du côté droit est presque toujours plus élevé que cëiui du côté gauche , chez les grands Mammifères comme chez les pètits.

Le trajet des uretères ressemble à celui que ces canauV suivent chez l’homme. Tous deux finissent par aboutir à une vessie urinaire. Il n’y a d’exception sous ce rapport que pour les Monotrèmes , qui rappellent la conformation des

Philos, Trans,, 1787, pag, 41 3,

organes sécrétoires^

Reptiles , eu ce sens que leurs uretères s’ouvrent dans un canal commun à l’appareil urinaire et à l’appareil génital , et qui mène dans le éloaque , de sorte qu’ils n’ont point de communication immédiate avec la vessie (pl. xx , fig. VHi:, ix). Cette organisation semble prouver que , chez les Monotrèmes comme chez les Reptiles et les Oiseaux , l’allantoïde , del’ou-^ raque de laquelle la vessie des Mammifères est un résidu , doit naissance à une dilatation du rectum , à un cloaque , origine qu’il est beaucoup plus difficile de démontrer chez les autres Mammifères. '

La forme de la vessie ne varie guère. Cependant , la forme allongée que cet organe revêt chez plusieurs Rongeurs et notamment chez de jeunes Mammifères , par exemple dans le y eau, est remarquable en ce quelle démontre que l’organe lui-même n’est bien réellement qu’une partie de l’ouraque. -

Du reste, il est fréquent de rencontrer la vessie fort petite , surtout en proportion des organes génitaux (vésicules séminales, testicules, ovaires). Le Hérisson et beaucoup de Rongeurs ( pj. xx , fig. yi , d ) en fournissent des exemples. On avait prétendu que la vessie des Mammifères herbivores était toujours plus volumineuse que celle des Carnivores ; Cuvier a réfuté cette erreur , et fait voir que la différence du volume ne tient pas au genre de nourriture , mais au plus ou moins d’épaisseur des couches musculaires , de sorte que les Carnivores ont une vessie plus petite, parce que cet organe a chez eux une texture musculeuse plus prononcée, qui d’ailleurs prédomine évidemment dans toutes les parties de leur corps,

Les capsules surrénales sont en harmonie avec les reins. Ainsi, d’après Cuvier, elles se partagent, comme ceux-ci, en plusieurs lobes distincts, dans les Pinnipèdes , tandis que leur forme , tantôt semblable à celle d’un haricot et tantôt triangulaire , chez les Mammifères terrestres , rappelle égale-

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ment celle que les reins affectent le plus souvent dans ces animaux. Au reste , il est digne de remarque qu’il existe, entre leur masse et celle des reins , le même rapport qu’entre celle du foie et de la rate , c’est-à-dire qu’om les trouve d’autant plus petites que les reins sont plus volumineux. Ainsi , elles sont fort grosses dans les Rongeurs , où leur rapport au rein est de 1 ; 8 à 5 dans le Cochon d’Inde , selon Cuvier, tandis qu’ elles sont très-petites dans les Pinnipèdes ( i ; 150 , dans le Phoque , d’après Cuvier). Cuvier n’a observé de cavité, dans leur intérieur , que chez l’Éléphant ; mais j’en ai aperçu quelquefois une aussi dans de jeunes Cochons et Chiens.

Les capsules surrénales varient suivant l’âge, dans les Mammifères , eomme chez l’homme , où l’on sait qu’ elles sont tot grosses pendant la vie foetale , plus petites chez l’adulte , et réduites presque à rien dans un âge avancé.

ô. Organes des sécrétions qui se rapportent à l’appareil respira-, toire lui-même.

Nous avons eu plus d’une fois l’occasion de remarquer qu’aux sécrétions les plus importantes viennent s’en joindre d’autres encore "qui sont moins essentielles , ce dont la sécrétion muqueuse dont- la vessie urinaire est le siège fournit un exemple. Quelque chose de semblable se passe aussi dans les voies respiratoires , et l’on doit rapporter ici non-seulement la perspiration de substances aqueuses qui s’opère par la peau et les poumons , mais encore les sécrétions muqueuses qui ont lieu dans l’appareil respiratoire proprement dit , tant branchial que pulmonaire. Cependant les organes qui accomplissent ces excrétions accessoires font tellem^ partie intégrante de ceux dans lesquels on les rencontre, qu’il appartient plus à la physiologie qu’à l’anatomie d’en retracer l’histoire. Je ne m’occuperai donc point d’eux , quoique leur étude promette , de toutes manières , plusieurs résultats inléressans , parmi lesquels il suflîra de rappeler la

ORGÂKES SÉCE.ÉTOIUES.

perspiration pulmonaire , si abondante chez les Mammifères, tandis qu elle se réduit presqu à rien chez les, Oiseaux (§732).

Je me bornerai à parler de certains organes glanduleux qui, bien qu’ils ne fournissent pas plus de sécrétion apparente que les capsules surrénales , n’eh peuvent et doivent pas moins, si l’on en juge déjà par leur présence ou par leur diminution de volume ( voyez la note au § 734 ) , avoir d’importantes connexions avec la fonction respiratoire , puisque , soit chez des animaux divers , soit chez un même animal à différentes époques de sa vie , ils subissent des modifications considérables et proportionnées à celles qu’éprouvela fonction elle-même. On voit qu’il s’agit du thymus et de la thyroïde.

Thymus et Thyroïde .

Chez l’homme , ces deux organes semblent appartenir spécialement aux premières périodes de la vie , et le thymus s’efface même peu à peu par les progrès de l’âge. Au premier aperçu , on serait tenté de croire qu’il y a contradiction entre ce fait et celui que le thymus et la thyroïde manquent chez les animaux inférieurs , qu’on ne les trou e pas partout chez les Reptiles et les Oiseaux , et que les Mammifères sont les seuls chez lesquels on puisse admettre bien positivement leur existence. Mais la contradiction disparaît en partie lorsque nous pensons que , la cavité respiratoire étant moins parfaite, ou , ce qui mérite surtout d’être pris en considération , moins isolée du reste du corps , dans les classes inférieures , la respiration elle-même peut y être plus aisément suppléée par un surcroît de développement et d’activité d’autres organes , notamment du foie (d) et des reins , tandis

(i) Sous ce rapport il est digne de remarque que le foie des Reptiles, et en partie aussi des Oiseaux , qui se porte si loin au devant des poumons et entoure le cœur presque à la manière du thymus, semblent être nn indice de ce dernier organe , même eu égard à sa position, absolument comme les glandes salivaires des Mollusques, qui s’enfoncent dans la cavité abdominale, sont celui du pancréas.

2g4 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

que , l’appareil respiratoire des Mammifères étant plus parfait, on conçoit saiis peine la formation, chez ces animaux, d’organes propres à compenser la faiblesse plus ^ànde avec laquelle la respiration s’opère en eux , pendant la vie fœtâle surtout.

Il a donc été impossible j usqu’à ce jour de découvrir aucune trace dé thymus ni de thyroïde dans les Poissons , à moins qii’onne veuille y rapporter une structure glanduleuse dont je parlerai plus tard en décrivant lé cœur de l’Esturgeon. Si même on était tenté d’établir un parallélè , d’ailleurs curieux, entre la vessie natatoire et le thymus , on ne tarderait pl^nt à sp trouver arrêté , en voyant qu’il semble résulter d’uhè étude approfondie du rôle joué par la vessie natatoire , que l’office exhalatoire de la respiration ne lui appartient qu’en partie , qu’elle continue à. remplir sa fonction avec la même aelivité après qu’avànt le complet développement de l’ànimalv et qu’on ne saurait démontrer , entre elle et les branchies. Un antagonismé semblable à celui qui existe entre les poumons et le thymus.

A l’égard de la classe des Reptiles, je trouve, dans les Grenouilles, de chaque côté de l’hyoïde, et à la partie interne de la vésicule laryngienne , deux corps rougeâtres (pl. xiif, fig. IV , d ) , qui portent , à n’en pas douter , le caractère de thyroïdes. Leur structure évidemment glanduleuse , jointe à leur couleur , les distingue très-bien des petits amas dé graisse que G. -R. Treviranus (1) a décrits sous le nom dè

, . (i) Fer^mucîite Schnften, toro. I, pag, 96. A celte occasion -TrevieanQs dit que les ganglions décrits par moi au nerf grand sympathique de la ©renonilJe, sont de simples amas de graisse autour des nerfs; cependant il aurait pu se convaincre , par nn examen attentif de la figure que j’en ai donnée , que je n’entendais point parler des ganglions situés à la partie antérieure du. cou, mais des gros ganglions supérieurs qui se voient sur les nerfs intervertébranx dn Cervean et de la moelle épinière [Versuch tieher

N^iyensystem , pag, i8oj , et que Weber aqssi {Anat.'coinp, nervi syirt"

org-Anes sécrétoires. agS

thyroïde et de thymus, et qui, se développaut à l’arrièresaison, disparaissent au printemps (1). Comme la production de la graisse se rapproche de la respiration , en ce qu elle est due à une sécrétion de matériaux combustibles , on pourrait , jusqu’à un certain point , comparer ces corpuscules adipeux à la thyroïde et au thymus , qui paraissent être destinés par leur conformation à consommer des matériaux analogues -, mais ils semblent se rapprocher davantage des accumulations de graisse qui ont lieu chez les animaux hibernans.

Je trouve aussi un thymus bien développé dans la TOrtue bourbeuse. C’est un corps rougeâtre , presque cordiformè , et long d’un demi-pouce environ , qu’on aperçoit entre les artères axillaires émanées de l’aorte ascendante.

Un corps glanduleux oblong, qui Se voit au dessus du cœur , dans les Ophidiens , semble également pouvoir être considéré avec raison comme le représentant de la thyroïde et du thymus.

Enfin je suis tenté de rapporter ici deux corps allongés , demi-adipeux et demi-glanduleux , que j’ai trouvés des deux côtés du cou , chez quelques jeunes Crocodiles ( pl. xii , fig. xix,e).

Il n’y a non plus , chez les Oiseaux , qu’un organe équivoque qui puisse être rapproché de ceux dont je m’occupe ici. En effet , on aperçoit des deux côtés de la trachée-artère, au voisinage du larynx inférieur , et par conséquent à l’entrée de la cavité pectorale , une paire de glandes ovales , rougeâtres, à grains fins, qui, d’après Meckel(2), appartiennent

pachici, pag. 4i) a démontré apparlenlr, en grande partie, aa nerf grand sympathique.

(i) Huschke partage aussi cette opinion , dans ses heUes observations sur la métamorphose da canal intestinal et des branchies dans les têtards de grenouille, (/iw, i 826 , pag. 6i3.)

{%y Abjiandîungen ans der me nschlichen iind 'vergleichenden Anatomie und Physiologie, Halle, 1807.

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