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a. Vaisseimx sangii'ns.
La circulation du sang des Poissons est inverse de celle des Gastéropodes. Tandis que ces derniers ont un cœur situé à la réunion des vaisseaux provenant des branchies ou des poumons , celui des Poissons est placé à l’origine des vaisseaux qui se distribuent aux branchies. Le sang du corps arrive à ce cœur, non-seulement par deux gros troncs veineux (veines caves), logés sous la colonne vertébrale, qui proviennent du tronc et de la tête, et contournent le pharynx pour atteindre au sinus commun des Veines? mais encore
SaS TUAÏTjé d’amAtomie comparée.
par le tronc ordinairement multiple dés veines hépatiques qui ramènent le sang distribué dans le foie par le système de là veiné porte. C’est ici pour la première fois que nous rencontrons ce dernier système , qui , dans les Cyprins , d’après les belles observations de Rathke (1) , ne doit pas uniquement naissance aux veines des organes digestifs , mais reçoit aussi celles de l’appareil génital. Du cœur, le sang traverse plusieurs anses vasculaires (2), ramifiées sur les arcs branchiaux , contourne ainsi le canal alimentaire, et parvient enfin au commencement de l’aorte. De ce que le cœur dés Poissons envoie d’abord le sang dans les branchies^ on a souvent conclu que ces animaux avaient seulement un cœur pulmonaire , ou une oreillette droite , mais sans plus de fondement qu’il n’y en aurait , par exemple , à prétendre que ,quand la nature a rétabli la circulation par les artères collatérales , après la ligature d’un tronc principal , les collatérales situées âu dessous de l’ obstacle méritent seules lé nom d’artères , tandis que .celles placées au dessus et qui reportent le sang dans le tronc, sont des veines. Ainsi; comme l’ont déjà fait observer d’àutresanatomistes, chez les Poissons , et partout où il n’existe qu’un cœur simple, ce cœur est aortique. Assurément , il est fort remarquable qué le sang soit envoyé aux branchies par l’aorte elle-même ; mais la circulation des Insectes , par exemple , nous a déjà montré quelque chose d’analogue , quoiqu’en sens inverse ; car il n’y a que des branches accessoires du courant veineux qui parcourent les lames branchiales et les ailes.
Du reste , dans les Poissons osseux, le cœur est situé à la région gutturale , immédiatement sous la tête , hors du thorax formé par les arcs branchiaux et leurs muscles. Il est entouré d’un péricarde mince, qui, inférieurement, forme
(1) Meckel’s Archiv , 1826, pag. 126.
(2) Ces hnsés vasculaires, qui se réduisent à une seule chez les Reptiles , rappellent le cercle vasculaire qui se forme déjà autour du pharynx, dans les Eçhinddériï>és et les Céphalopodes,
SYSTÈME vasculaire. 3^^
avec le pérîtoîrie une duplicatufë pair laquelle le cœur se trouvé séparé des viscères abdonniinaüx: , liotammeut du foie , placé tout auprès de lui. Le coeur lüi-mêHië a un si petit volume , que , d’après Tiedemann (1) , sa masse n est que de d/768 à 1/351 dé Cellë du corps , tandis que la propdrtibn est de 1/160 chez l’iiomme. Il y adonc, soüs ce rapport, une concordance remarquablë entré lé cœUr et le cerveau , quoique le premier de ces ôrganës sùriiassé généralement l’autre en volume dé beaucoup , et jusqu’au cëntuplë dans l’Esturgeon. En outre , la petitesse dü cœur se rattaché au peu d’abondance du sang chez lés Poissons , ainsi qu’au petit nombre et au calibre médiocre dé leurs vaisseaux. Ûn fait digne de remarque , c’est la diiréren'cé qui éxiste entre le cœur dés Torpilles et celui des Raies ordinaires , le prémier étant d’un cinquième plus voluminéux proportionnellement que l’autre , d’après les observations de Griràrdi et Pratalongo , confirmées par Meckel (2).
Le cœur lui-même se compose d’uné seule oreillette et d’un seul ventricule. L’oreillette a dés parois assez minces et une couleur foncée. Elle reçoit lé sang veineux du corps par plusieurs troncs réums ensemble. Elle est ordinairement située derrière le ventricule. Un sinus veineux, la plupart dû temps considérable , placé hors du péritoine, et auquel aboutissent les grosses veines du corps , contribué àragrandir. Le ventricule (3) , presque toujours de formé allongée, a des parois plus épaisses et plus rouges. Deux valv'tftés: sémi- Tunaires (pl. x , fig. vin ) empêchent le sang qui y tombe de refluer dans l’oreillette. Il pousse ce liquide dans le tronc aortique, qui office une dilatation à sa base , et à l’orifice duquel se trouvent aussi des valvulés semilunaires. Ces val-
(1) Anatomie des Fischkerzens. Landshut, 1809 , in-4o.
(2) System der vergleîchenden' Anatomie , tom. V, pag. 146.
(3) C’est à tort qu’on a attribué au cçgut des Polissons an second veptçU paie fermé de toutes ^arts,
3'-i8 TRAITÉ d’anatomie COMPAIIÉE.
vules sont ordinairement au nombre de deux (%. ix, a); mais il y en a davantage chez les Poissons cartilagineux ; et, dans l’Esturgeon , par exemple (fig. v , h , i , k ) , j’en compte trois rangées, chacune de trois valvules. Le bulbe de l’aorte est plus long et plus mince dans les Chondroptérygiens , pyriforme chez les Poissons osseux. L’aorte elle-même fournit des deux côtés , à chaque arc branchial , une branche qui en parcourt la face inférieure (pl. x, fig. vu). Après que les ramifications de ces branches se sont répandues sur les lames branchiales (pl. x, fig. x , xi) , et qu’elles ont enfin donné naissance aux veines branchiales , celles-ci se réunissent ensemble , à la partie supérieure des branchies ou à la base du crâne , pour produire lé commencement de l’aorte , qui marche le long de la colonne vertébrale. Cuvier a donc eu raison de dire qu’ici la petite circulation n’est qu’une fraction de la grande. Une fois reproduit , le tronc aortique traverse d’abord , dans la Carpe , le trou d’une apophyse épineuse inférieure que porte l’os occipital ; puis , chez ce Poisson , comme chez la plupart des autres , il parcourt la cavité abdominale ,, en passant derrière la masse rénale et fournissant des branches aux organes voisins ; après quoi il pénètre dans le canal formé par les apophyses épineuses inférieures des vertèbres caudales. Dans l’Esturgeon , au con. traire , l’aorte perd entièrement ses tuniques sous la colonne vertébrale, et le sang ne coule plus là que dans un canal creusé à travers la substance cartilagineuse du rachis.
Au reste , les vaisseaux désignés à tort sous le nom de veines branchiales , fournissent des ramifications avant même de se réunir en tronc aortique.
Les Plagiostomes s’écartent de ce type général. Leur cœur est proportionnellement plus volumineux que dans les Poissons osseux. Il y a plus de valvules aussi. Ainsi , d’après Tiedemann, la Jîa/» ruhus (1) en possède trois à l’orifice
(i) J’observe la même chose dans le cœar de l’Estargeon (fig. v, c).
SV SXÈME vasculaire. > 3 2g
auriculaire du ventricule , et cinq rangées , chacune de trois , au bulbe de l’aorte. Du reste, comme les branchies des Chondroptérygiens sont plus reculées en arrière , leur cœur se trouve également à une plus grande distance de la tête ; et , comme le nombre de ces branchies elles-mêmes est plus considérable , puisqu’on en compte cinq dans les Raies et les Squales , celui des anses vasculaires aortiques qui s’y distribue est différent aussi. A cet égard , Cuvier (1) fait observer que , dans les Raies , les veines branchiales sont doubles sur chaque arc branchial.
Le cœur des Cyclostomes présente plusieurs particularités. Il est logé dans un péricarde entièrement cartilagineux , à l’extrémité de l’appareil élastique des branchies. Son oreillette a des parois fort épaisses. Chez la Lamproie surtout (pl. X, fig. VI) , il est fixé au péricarde non-seulement par une sorte de ligament suspenseur , mais encore par de fortes fibres tendineuses , adhérences que l’on retrouve aussi chez d’autres Poissons , notamment dans le Lump et le Congre.
Haller (2) , d’après Valsalva , signale , au cœur de l’Esturgeon , des glandes qui seraient chargées de verser un suc noir dans le ventricule. Ce dernier fait est difficile à admettre ; mais la surface du cœur offre réellement une couche glanduleuse , que Meckel a considérée comme l’analogue du thymus (3).
Je dois rappeler aussi que, d’après la découverte de Marshall Hall (4) , les Anguilles ont encore , à l’extrémité postérieure de la colonne vertébrale , un organe particulier, analogue à un cœur, qu’on peut considérer comme preuve d’une centralisation moins avancée de la circulation , de même que
(i) Hist. hat, des Poissons , toro. ^>pag. 544- (a) tom.Lpag. 384.
System der 'verf^leichenden Anatomie, tom. V, pag. i6r,
(4) A critical and experimental essay on the circulation of the hlood, Lpndres, i83r.
33o tbaité d’asatomie comparée.
le sinus rhomboïdal , dans la moelle épinière des Oiseaux, est le symbole d’une concentration moindre du système nerveux. Ce cœur caudal , placé sur les côtés de la dernière vertèbre de la queue, dont les pulsations sont indépendantes dé celles du cœur proprement dit , et qu’on peut aisément apercevoir en examinant à contre-jour la queue coupée , depuis peu , d’une Anguille , est d’une nature plutôt veineuse qu’artérielle , et destiné à accélérer le mouvement du sang dans la veine caudale. Son existence se rattache sans nul doute à une anse vasculaire remarquaMe , dont je parlerai ën faisant l’histoire de l’embryon des Poissons , et dans laquelle la veine et l’artère caudales ont coutume de se confondre ensemble , sous la forme d’un , à l’endroit de leur communication; car lè cœur proprement dit naît lui-même d’une anse vasculaire , ainsi qu’il est facile de s’en convaincre dans Tembryon d’Oiseau.
Cuvier a donné une belle figure du système vasculaire injecté d’un Poisson (1).
J’ai déjà parlé plus haut (§ 766) du peu d’abondance du sang des Poissons , qui se rattache à la petitesse du cœur et au petit nombre des vaisseaux. Ce liquide contient des globules très-serrés les uns contre les autres , elliptiques, aplatis et plus gros que ceux de riiomme (2).
b. Vaisseaux lymphatiques.
Hewson a le premier décrit les vaisseaux qui ramènent les sucs lymphatiques des diverses parties du corps (3). D’après cet anatomiste , ils diffèrent de ceux de l’homme parles points
(1) Hist.nat. des Poissons , tom, I, pl. vu,
(2) D’après 'Wagner (2'«r vergleichenden Physiologie des Blutes , p. 33), les globnles da Barbeau sont longs Ue i^i56 de ligne, et larges de i/25o : ceux du Squales squatina longs de i^So à i^ioo. On trouve en outre, dans le sang, de petits globules lymphatiques longs de i^Sooà i/iooo.
(y) Philos. Trans., 1769, pag. 204. Monro les avait aperçus en mêmç
SYSTÈME YASCÜLÀIEE. SjÇi
suivans *. quoique formant de nombreux plexus , ils sont privés de glandes lymphatiques 5 2° on ne rencontre point dé valvules dans leur intérieur, en sorte qu’on peut les injecter aisément par les troncs -, ce caractère et le précédent semblent les rattacher d’une manière bien manifeste au système vasculaire des classes infériéures du règne animal -, 3“ dans la Morue , et probàblênient aussi dans béancoùp d’autres espèces , ils forment , entre les tuniques musculaire et villeuse du canal intestinal , un lr,ès-beau réseau , dans lequel le chyle absorbé semble sè réunir d’abord ; 4“ ils aboutissent à une large citerne située au côté droit du corps , près de l’orifice . supérieur de l’estomâc, et d’où la lymphe passe par des plexus et enfin par un étroit orifice dans la veine jugulaire.
, Dans ces derniers temps , Fohmann (1) a singulièrement accru la masse de nos connaissances sur les vaisseaux lymphatiques des Poissons, il a surtout donné d’excellentes figures des plexus énormes et compliqués qu’ils produisent, et de leurs communications variées avec divers points du système veineux,
2, B.eptiles.
a. Vaisseaux sanguins.
Le système vasculaire des Reptiles se rapproche de celui 'des Poissons , principalement sous les rapports qui suivent : le sang s’y oxide incomplètement, mais par d’autres causes que chez les Poissons ; 2° ce liquide a une température peu élevée , ce qui fait dire qu’il est froid ; 3° les vaisseaux san- ; guins sont peu nombreux et fort grêles (2): la quantité du sang est peu considérable aussi , du moins relativement aux classes supérieures ; car les Poissons ont moins de sang en-
{ï) Das Saiigadersystein der Weichthiere, \n~£6l., cah. i, 1827.
(a) Blamenhach a trouvé que , dans le Triton palustris , le poids du sang était à celui du corps •==: 2 i;2 : 36 , tandis que, chez l’homme, il I : 5 [Jiandbuch 4?»' 'vergleioh^nden Anatomie, pag. *34).
TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
core que les Reptiles ; 4“ le cœur, quoiqu’un peu plus gros que celui de ces derniers , est cependant bien plus petit que celui des classes supérieures ; j’ai trouvé , par exemple dans la Couleuvre à collier, que son poids était 4/276 de celui du corpîs ; 5° la grande artère du corps , au lieu de naître immé diatement du cœur, qui est encore essentiellement simple , eu égard à son ventricule , résulte d’une anastomose entre deux Où plusieurs troncs qui partent du cœur, et qui décrivent une anse autour du pharynx.
Les globules du sang se rapprochent également assez de ceux des Poissons. Cependant ils sont en général plus volumineux. Leur forme est très-sensiblement aplatie , et ils offrent dans leur milieu un renflement qui renferme un noyau elliptique. C’est chez les Batraciens qu’on trouve les piusgros; ils y ont depuis 4/190 jusqu’à 4/00 de ligne, d’après Wagner, qui assigne à ceux de la Tortue terrestre 4/425 de ligne.
C’est chez les Reptiles branchiés.que la circulation , comme la respiration , se rapproche le plus de celle des Poissons. Je citerai pour exemple le système vasculaire du Protée , que Rusconi a étudié avec soin (1).
Le cœur est situé derrière les branchies , au dessus du foie , et à la région gutturale , comme chez les Poissons. Use compose d’une oreillette , au devant de laquelle la grosse veine cave , qui monte du tronc , forme un sinus veineux également situé hors du péricarde , et d’un ventricule d’où l’aorte sort simple , avec un renflement pyriforme. Mais cette artère ne tarde pas à se partager en deux branches , l’une à droite , l’autre à gauche, qui fournissent à leur tour chacune deux rameaux, dont le plus postérieur se bifurque encore une fois , de manière qu’en correspondance av'ec les trois arcs branchiaux , on observe ici trois arcs vasculaires , dont le
(i) Monografia del Proteo. Pavie. iSig.
système vasculaire. 333
plus antérieur , après avoir donné des ramifications aux branchies , se réunit immédiatement avec celui du côté opposé pour produire un anneau complet autour du pharynx et de l’origine de l’aorte , tandis que le sang veineux oxidé qui revient des branchies se mêle pour la plus grande partie avec le sang aortique , attendu qu’il n’y a que la première veine branchiale qui verse le sien dank l’artère carotide.
Le système veineux du corps offre également ici un système de la veine porte , qui aboutit enfin à la veine cave par une veine hépatique particulière.
Parmi les Batraciens proprement dits, à respiration aérienne, la Grenouille se rapproche encore évidemment des Poissons, sous le rapport de la circulation. En effet, le cœur, enveloppé d’un péricarde et situé immédiatement derrière le sternum , au dessus du foie (1), est tout-à-fait simple. Il se compose d’une oreillette unique , simple et à parois minces, ainsi que d’un ventricule allongé, musculeux et rouge. À sa sortie de ce dernier , le tronc artériel se partage en deux branches , qui embrassent le canal alimentaire. Ces branches , absolument comme les vaisseaux branchiaux des Poissons , ne se réunissent qu’ auprès delà colonne vertébrale, à la région lombaire, pour produire l’aorte descendante (pl. xîii , fig. viii). C’est le cercle artériel ainsi formé qui , dans les têtards et les Reptiles branchiés, fournit les vaisseaux branchiaux , probablement de même que chez les Poissons. Les artères pulmonaires en naissent aussi , comme branches collatérales , dans l’animal parfait , de sorte qu’il n’y a ici qu’une partie de la masse du sang qui parcoure les poumons. Du reste , Swammerdam (2) dit que deux artères analogues aux carotides , qui s'élèvent de ce cercle , présentent deux points dilatés et
(i) Voyez dans la Salamandre, pl, xiii, fig. i. p.
(a) n/èe/ «fer ii'rzfnr, pag. Say, pl. 49. — Je ne trouve, non plus que Meckel , qu’une simple dilatation à chaque carotide (pl. xii , fig. vx, B, i).
334 TUAITÉ D^ANATOOTÉ COMPAuéE.
gris , paraissant indiquer l’endroit d’où les vaisseaux branchiaux tiraient primitivement leur origine.
Le système nerveux présente ici plusieurs particularités. D’abord on repcontre bien des yeines pulmonaires spéciales pour ramener le sang des poumons au cœur, tandis que, dans les Poissons , ce sont les veines dites branchiales qui produisent elles-mêmes l’aorte en se réunissant ensemble; mais elles s abouchent, avec les autres veines, dans deux veines caves , qui se portent des deux côtés à i’oreiilette. En second lieu , et ce phénomène est très-prononcé surtout dans les Salamandres , la veine ombilicale , qui , chez les animaux supérieurs , après la sortie de l’œuf , se transforme d’ordinaire en ligament rond du foie , demeure perméable ici pendant toute la vie , suivant les observations remarquables de Jaçobson (D , et reçoit tant les branches de la veine épigastrique, que les yeines de la grande poche allantoïdienne communément appelée vessie urinaire. On ne parvient à comprendre cette organisation qu’en se rappelant que les animaux chez qui elle a lieu se développent sans cordon ombilical ni placenta. Elle prouve que , chez eux , la surface de la peau elle-même joue primitivement le rôle de membrane respiratoire du fœtus, d’où il suit que la veine ombilicale doit naître de cette surface cutanée et de l’allantoïde , qui ici ne quitte jamais l’intérieur du corps.
La circulation est déjà un peu plus compliquée dans les
(l) Sidl, de Id, Soc. pkilom., iSiS. — -Voyez, pour plus de détails àcet égard, Meck.ei.’s Archîy , tom. III, cab. I, pag. 147 , et Jacobsoit, De systemate venoso pecuCiari in permultis animalibus observaio. Copenhague, 1821. Isis, 1822, pag, 114. ^ — Il résulte aussi de ces recherches que la sécrétion de l’urine serait" confiée en partie aux veines rénales infériétires; cependant Meckel a déjà fait voir que nous sommes encore dans le doute de savoir si les veines qui se distribuent en grande abondance aux reins, sont réellement afférentes, comme la veine porte, ou si elles ne sont pas efféyejjtés àd’iin^'r des autres veines.
• SŸSTÈMË VA,SCtJL\lKE. 335
Ghélpniens que dans l’ordre précédent. Le cœur se trouve immédiatement au dessus du foie et en même temps derrière le plastron. Il est déjà composé de deux oreillettes et d’un ventricule, représentant un large segment de cercle et partagé lui-même en plusieurs cellules qui s’abouchent ensemble.
Ce ventricule a des parois musculeuses très-robustes , et de même que dans quelques Poissons , son extrémité mousse inférieure adhère au péricarde par un ligament tendineux.
Les oreillettes sont extrêmement amples , puisque chacune d’elles égale presque le ventricule en volume. Elles sont séparées l’une de l’autre^par une cloison, perforée dans la Testudo sGorpioïdes , mais entière dans les autres espèces ; et l’on remarque déjà ici que, comme chez l’homme, la droite reçoit le sang du corps par les veines caves , tandis que les veines pulmonaires versent le sang oxidé dans la gauche , par une sorte de fente garnie de valvules. Du reste, la contextme intérieure du ventricule varie suivant les espèces. Dans quelques unes , par exemple la Tortue grecque , sa cavité n’ est guère qu’un espace simple, rendu seulement inégal par de / fortes colonnes charnues annexées aux parois, tandis que dans d’autres , la Testudo caretta par exemple , ces colonnes charnues font une saillie considérable, et semblent si bien partager le ventricule en plusieurs cellules, queMéry (1) s’est cru autorisé à conclure delà qu’indépendamment d’un ventricule droit et d’un ventricule gauche, il y en a encore un troisième pour l’artère pulmonaire et l’aorte. Cependant, que la cavité cardiaque soit simple ou compliquée, la marche du sang a travers le coeur est toujours telle que le sang pulmonaire s’épanche à gauche dans cet organe , qu’il se mêle , vers le côté tergal de celui-ci , avec le sang de la veine cave , que de là il passe dans l’aorte , et qu enfin au côté antérieur il coule dans l’artère pulmonaire (pl. xiii , fig, iii , iv ).
Du reste , Je ne puis omettre de dire que Bojanus a ren-
'ài-
(i) Mém, de l’Acad, des se., 1703.
336 TRAITÉ d’anatomie comparée.
contré chez les Tortues un noyau osseux dans la substance
du cœur, entre les artères qui en émanent (i),
Les troncs artériels du cœur produisent , comme chez les Grenouilles , l’anneau autour du canal alimentaire que je considère comme une répétition des artères branchiales. En eflèt , l’aorté est d’abord simple à sa naissance ; mais elle se divise sur-le-champ, et, dans la Testudo caretta, chaque tronc est garni à sa base de deux valvules semilunaires. Du côté droit du cœur , une branche s’élève de la division , pour former les artères axillaires et carotides ; mais les troncs latéraux s’infléchissent à droite et à gauche, de dedans en dehors, et le gauche , après avoir donné quelques branches au canal intestinal et au foie , se réunit de nouveau , le long de la cor lonne vertébrale , avec celui du côté droit , qui est plus fort, pour produire l’aorte descendante chargée d’alimenter le reste du corps , d’où résulte par conséquent un cercle vasculaire absolument semblable à celui qui existe dans la Grenouille (pi. XIII , fig. III ). Cependant les observations de Meckel et de Munniks nous aijprennent qu’un second cercle vasculaire doit naissance à ce qu’aussitôt après sa sortie , l’artère pulmonaire, qui est pourvue de deux valvules semilunaires, comme l’aorte , se partage en deux branches , l’une droite et l’autre gauche , dont chacune pénètre bien dans un poumon , mais dégénère en la branche aortique de son côté , par le moyen d’un canal artériel , qui probablement reste toujours perméable {ductus Botalli). Il suit de toutes ces dispositions qu’ici non plus il n’y a qu’une petite partie du sang qui soit exposée à l’action de l’air , que même l’oxidation de ce liquide serait plus incomplète qu’elle ne l’est chez les Poissons, où tout le sang passe par les branchies , si ces derniers n’étaient astreints à ne respirer que l’eau seule, et si les Chéloniens , comme d’autres Reptiles , n’avaient , outre
(i) Rnssische Sainmltmg fuer NaCurwissenschaft, tonj, II, cab. iv.