Oiseatis
a. Vaisseaux sanguins.
Le développement du système vasculaire est proportionné, chez les Oiseaux , à l’extension qu’a prise la respiration et à la prédominance que le système musculaire a acquise sous tant de rapports. En effet , ces animaux sont les premiers chez lesquels nous trouvions le sang chaud. Leurs globules sanguins sont proportionnellement un peu plus petits , puisqu’ils n’ont que 1/200 à 1/125 de ligne de diamètre ; mais, du reste, iis conservent une forme elliptique et aplatie. H y a un cœur pulmonaire et un cœur aortique, distincts l’un de l’autre, mais
(i) Handbueh der Physiologie des Menschen, Coblenlz, i833, tom. I, pag. aSg.
(a) Panizza (Yopra iViîifc/wa Unfaîico dei reltili , ricerche zootomiche» Pavie, i833, in-fol.) fig., a troavé anssi ces cœurs on vésicules lymphatiques dans les Coluber flavescens et natrix, ainsi que dans le Boa ameihystina , à la hase de la queue , et de chaque côté de l’anus. Il fait remarquer que le système lymphatique des Reptiles n’a point de glandes , mais qu’en revanche on y aperçoit un très-grand nomhre delacisplexifbrmes. * ■
34^ TRAITÉ d’anatomie C05IPARÊE.
réunis en un seul organe. €e n’est plus une partie seulement de la masse des humeurs, comme dans la classe précédente , mais la totalité de cette masse qui subit l’influence de l’air ^ celui-ci agit même deux fois sur elle, d’abord dans les poumons, puis dans les sacs aériens du reste du corps. Cependant On ne peut méconnaître une transition sensible des Reptiles , et principalement des Sauriens , aux Oiseaux , sous le point de vue de la forme du cœur et de la distribution des vaisseaux. En effet, si nous avons égard à l’intégrité, déjà existante dans le Crocodile , de la cloison interventriculaire ( § 776 ), si nous considérons le tronc aorlico-carotido-axillaire qui sort du ventricule aortique comme le seul tronc aortique , enfin si , au lieu d’une artère pulmonaire et d’une aorte gauche sortant du cœur droit , nous nous représentons ce dernier donnant seulement naissance à l’artère pulmonaire , nous avons une idée exacte delà disposition du cœur des Oiseaux , et nous voyons en outre que ces animaux,, du moins dans l’étàt de développement parfait , sont les premiers chez lesquels on n’observe plus d’ anneau vasculaire autour de l’œsophage. Cependant cet anneau existe encore pendant la vie embryonnaire ; car , ainsi que Haller l’avait déjà remarqué , les deux artères pulmonaires se continuent alors avec l’aorte , dont la portion abdominale résulte par conséquent de trois racines , les deux conduits artériels et l’aorte proprement dite ; ces racines entourent ainsi l’œsophage (pl. xvi , fig. x), et les artères pulmonaires proprement dites n’en sont que de simples ramifications collatérales , à peu près comme celles de la GrenouiHe sortent du cercle aortique.
Le cœur des Oiseaux, enveloppé par un péricarde , avec lequel il n’a aucune adhérence , est logé dans le milieu de l’espace supérieur de la cavité pectorale , immédiatement au dessus du foie , entre les poumons , derrière le plastron sternal. Suivant Tiedemann , sa pointe est tournée un peu vers
droite ; surtout chez les oiseaux qui ont un estomac forte-»
SYSTÈME VÀSCULA.iaE. 3^3
ment musculeux, tandis quïl dccupe précisément. le milieu de la poitrine dans, les Rapaces ét quelques Échassièlrs , cômme aussi , d’après mes propres observations , danslesRerroquets. Cependant Mèckel considère l’ exception rélallvé atix Ôiseaûx à gésiér robuste comme une clrcenstancè purémëat accidentelle, et qui lient à la réplétion de rësto'mâc. Là formé du cœur est conique , ét sa couleur d’ un Cougè fon^é . .Ses pàroià musculeuses, celles surtout du ventricule gauche, 'sént extrêmement robustes. Il se distingué principaleniênt par son volume proportionnel, dont le râppéftà éëiui du corps dépassé tout ce qu’on observe à Cet égârd dàhs les ahtrésélâssëë. En , effet , d’après les pesées de Éiedetnann (1) , sàn péids est depuis 1/122 Jusqu’à 1/49 de celui du cériis , èt contbastê par conséquent beaucoup avec ce qü’oti obSerVé chéz les héissotts et lés Reptiles surtout. '
La structure du coeur des Oiseaui kè rapproche déjà beaucoup dé celle du coéür humain. On trouvé deux oreillettes séparées , à parois minces , et cependant âSsez mûscüléusés , dont la droite a plus de capacité que la gâüche. Il y a deux ventricules. L’oreillette du côté gauchë reçoit lé sang, des veines pulmonaires , dont le reflux est rendu impossible par une valvule , et lé verse dans le ventricule gauche , qu’on peut considérer en quelque sorte comme lé noyau du cosur entier , attendu qüè lé ventricule droit se borné à i’énlourèr dé son côté comme ùné espèce de coquille. Ici égàleméntle reflux du Sang dans V oreillette est prévenu, tant par üné sorte de muscle sphincter, qué par Uné valvule membraneuse fixée à dés cordes tendinëüses , ét qui correspond à là vàlvule mitrale du cœur humain(pl. xvï, fig. iiv ). De cé ventricule, qui est vaste et allongé ^ et dont les parois musculeuses ont une force extrême i le sang coule dans l’aorte , dont la base offi-e trois valvules semi-circulaires , et qui , aussitôt après sa naissance , se partage en trois branches.
(j) Zoologie, toœ.Iljpag. 53§.
344 TRAITÉ d’ANATOAÎIE COMPAUÉJE.
L’oreillette droite reçoit le sang veineux du corps par deux yeines caves supérieures , pourvues chacune d’une valvule, ot par une veine cave inférieure , qui a deux valvules. Cette oreillette est un peu plus ample que la gauche. Elle s’abouche avec le ventricule droit, dont l’orifice est pourvu d’unp, large valvule triangulaire, tout-à-fait charnue et attachée à la paroi externe (pl. xvi, %. xni). Le ventricule lui-même est plus court et plus aplati que le gauche, qu’il entoure concentriquement. Tout-à-fait sur la gauche, il donne naissance, à l’artère pulmonaire , protégée par trois valvules semi-lunaires , et qui , sur-le-champ aussi, se partage en deux branches , mais dont le tronc est d’ailleurs moins gros que celui de l’aorte (1) ( pl. xvi , fig. xiii ).
Les artères elles-mêmes ont des parois très-épaisses et une texture fibreuse bien prononcée. Leur distribution ressemble déjà , en général , à celle qu’ elles afTectent chez l’homme. Je ferai seulement remarquer , à l’égard des trois troncs principaux qui se voient au commencement de l’aorte , que celui du côté droit, est l’aorte descendante , que le médian, confondu encore pendant quelque temps avec le précédent , est la sous-clavière droite,, et que celui du côté gauche est la sousclavière gauche. L’union de l’aorte descendante avec la sousclavière droite annonce une prédominance de la portion droite du système vasculaire , qui est remarquable , sous le point de vue physiologique^ à cause de sa liaison avec celle de la respiration dans le côté droit du corps. La carotide primitive, qui fournit toujours une forte artère vertébrale , varie beaucoup dans sa manière de se comporter , d’après Meckel (2),
(1) Tiedemann fait rema'rqner, contre l’observation de Cnvier, que l’artère palmonaire injectée lui parait supérieare en calibre à l’aorte (/oc, c/t., tom. II, pag. 58o)', ce que confirme aussi MeckeJ {System dor 'vergleickenden Anatomie , tom. lî, pag. 2 85).
(2) System der Dergleichenden Anatomie , tom, V, pag. 275. — Jrchiv, 182S, pag. 20,
' , SYSTÈME VASCXJLÀ^IRE. 3^5
Nitzsch (l)et Barkow (2)^ à qui nous devons de belles recherches sur le système vasculaire des Oiseaux. Le plus ordinairement, il naît, de chaque côté, une carotide de la sousclavière (3). Il est rare que les deux carotides s’unissent ensemble et se séparent ensuite un peu plus haut. Ce cas a lieu , suivant Nitzsch et Meckel , dans XArdea sfellaris ^ où cependant Barkow n’a rien vu de semblable. Le plus souvent il n’y a qu’un seul tronc carotidien d’un côté, qui alors naît presque toujours de la sous-clavière gauche , comme on le voit, d’après Bauer (4) , dans l’Alouette, le Bruant et l’Hirondelle, selon Meckel dans l’Autruche , et qui , par sa scission , produit les deux carotides. Meckel l’a vu provenir de la sousclavière droite dans le Flamant.
Les autres artères n’offrent que quelques particularités dignes d’être signalées.
En premier lieu, on estfrappé dupeude grosseur de l’aorte descendante , qui tient à ce que le cou , la tête et les ailes forment une grande partie du corps. La première branche un peu forte qu’elle fournit est le tronc cœliaque , pour l’estomac, le foie, etc. On trouve ensuite l’artère mésentérique, destinée à l’intestin , puis les artères crurales , enfin la terminaison de l’aorte, qui correspond à l’artère sacrée moyenne de l’homme , et constitue l’artère caudale.
La physiologie attache surtout un grand intérêt aux plexus artériels ( réseaux admirables ) qu’on rencontre sur plusieurs points , et qui se voient pour la première fois dans la classe des Oiseaux , ainsi qu’à la texture éminemment vasculaire de
(1) Observ, de avitim arteria communi. Halle , 1829.
(2) Meckei.’s v4rc/ijV, 1829, pag. 3o5.
(3) C’est ce que Halin a figuré, d’après le Canard {Commentatio de arte-
«« Hanovre, i83o , in-4 , fig.).
(4) Disquisîciones cire a nonnullorum aviurn systema arteriosUm. Berlin,
346 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
l’organe incubateur de ces animaux , dont nous devons k première description exacte à Barkow.
Quant aux réseaux artériels, on en trouve à la tête J dans le fond de la cavité abdominale et à la jambe. Halin a figuré le réseau temporal du Canard , Barkow ceux du cloaque de la Poule d’eau et de la poule domestique, et le réseau tibiâl du Manchot.
Al’égard de l’organe incubateur, il estformé d’une multitude d’artères fréquemment anatomosées ensemble et flexueuses, avec un nombre correspondant de veines. On le trouve sous la peau du ventre , et il fournit du sang en abondance aux parties qui sont destinées à l’incubation des œufs (1). Barkow en a donné une fort belle figure d’après le Podiceps crîstatus.
La distribution des artères pulmonaires n’offire rien dé particulier. -
Les veines des Oiseaux ne suivent pas toujours une marche parfaitement semblable à celle des artères: Ainsi, par exemple, les carotides sont presque toujours entièrement séparées des veines jugulaires. D’ailleurs ces vaisseaux ont des parois plus fortes que chez d’autres animaux , et il est très-facile d’apercevoir leur texture fibreuse sur les individus de grande taille. Cuvier et Meckel assignent à la veine cave inférieure des Oiseaux plongeurs un calibre considérable, circonstance importante sous le point de vue physiologique ; car elle
O) A cet organe incubateur, formé par le système vasculaire, correspondent extérieurement des portions de peau privées de plumes, qni s’appliquent sur les oeufs et leur communiquent immédiatement la chaleur. Nitzscb, qui doit nons donner sons peu'une excellente ptérylographie des Oiseaux , distingue les régions de leur peau en rases (apteria\ et emplumées pterylce). Il compte huit des premières et neuf des secondes , d'après les parties du corps où elles se trouvent. Le siège des organes incubateurs tantôt appartient aux régions naturellement rases, tantôt est formé on du jppins agrandi par le soin que prend l'Oiseau de s’y arracher les plumes.
SYSTÈME VASCfLÂ-lRE. 347
explique en partie îâ faculté dont ces âniinaux joiiissent de suspendre assez long-temps leur respiration , et elle rappelle en même temps les réservoirs mialegnes qui se voient aux principaux troncs veineux des Tortues ( § 774 ).
La veine porte reçoit le sang des organes digestifs , comme à l’ordinaire 5 mais les reelTerchés de îîicolaï surtout (1) Ont appris qu’il s’y rend aussi une partie du sang revenu dés membres pelviens et du bassin , ce qui çonstiîùé une analogie frappante avec les Repliles'et un état dé cboses dû à la persistance de ce qui avait lieu pendant la vie fœtale.
A l’égard des veines rénales^ Jacobson croyait en avoir trouvé aussi, cbez les Oiseaux,qui amènent le sang auX reins pour prendre part à la séerëtion de rurine ; mais les recberelïès’ auxquelles on s’est livré depuis ne confirment point son opinion , qu’a déjà réfutée Nicolaï , qui l’admet toutefois en ce qui concerne les Reptiles et les Poissons.
Les veines pulmonaires se réunissent de chaque côté en un seul tronc , et même les troncs communs des deux côtés pénètrent ensemble dans l’oreillette gauche.
b, Faisséaux lj;mphatiq.iies .
J. Hunter a découvert le premier les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux, auxquels Hewson, qui depuis les a étudiés avec plus de soin (2) , assigne les particularités suivantes pour caractères ; 1° ils contiennent un chyle transparent et incolore, ce qui né sé concilié cé|)èndant point avéc l’existence fréquenté d’un liquide lactescent mêlé avec le sang (3) ; 2® il n’y à ni giandes dans lé bas-véntre , ni canal thorâciqûé ; le cou
1826, pàgi4i4*
(2) Philos. Trans., 1768, png. 217. — ïIsWi-t {El'em. pkys., tora. Vil , pag. 198) rapporte bien quelques observations plus anctennes sur les vaisseaux lymphatiques des Poissons , des Reptiles et des Oiseaux ; mais il n’y ajoute pas foi,
(3) ïxxDXMÀJïïr , Zootomie , toxb, II, pag. 078,
348 traité d’anatomie comparée.
est la seule partie où l’on trouve quelques glandes , et partout ailleurs elles sont remplacées par des plexus ; 3“ ils oflrent de nombreuses dilatations variqueuses, qui peut-être néanmoins doivent être attribuées à la domesticité , et considérées comme des états pathologiques.
Au voisinage de l’artère cœliaque , les vaisseaux lymphatiques se réunissent en un grand plexus, qui remplace la citerne de Pecquet, et d’où partent deux canaux thoraciques, qui vont se jeter dans les veines sous-clavières.
Suivant Tiedemann , les glandes lymphatiques du cou sont plus développées dans les Échassiers et les Palmipèdes quedans les Oiseaux terrestres.
Les valvules sont encore imparfaites dans cette classe, car les injections passent en grande partie des troncs dans les branches.
Nous devons à E. Lauth (d) des observations faites avec soin, et accompagnées de bonnes figures , sur les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux. Le résultat de ce travail est que ces vaisseaux marchent moins près de la surface du corps qu’ils ne le font chez l’homme , et qu’indépendamment des deux canaux thoraciques , ils communiquent avec le système veineux par beaucoup d’autres points encore.
A, SSammifêres.
’ a. Vaisseaux sanguins.
Le type humain se reproduit presque exactement chez les Mammifères sous le rapport, non-seulement de la distribution des vaisseaux et de la structure du cœur, mais encore de la nature du sang et de ses globules , qui sont en général aussi disciformes , mais seulement un peu plus petits. Je if aurai donc que peu d’exceptions à signaler, et la plupart indiqueront encore, des rapprochemens avec les formes dévolues aux animaux inférieurs.
(i) Annales des Sc. natnr, Paris , iSaS , tom. lïl, pag. 38 r.
SYSTÈME VASCUEAIEE. 3/Jg
Sous ce rapport, les Cétacés et les Amphibies méritent d’être cités, non-seulement à cause de la quantité extraordinaire de leur sang, dans lequel Hunter (1) présume même qu’il y a dayantage de globules , mais encore à raison de la conformation particulière de leur cœur, comme aussi du volume et des nombreuses divisions de leurs vaisseaux , circonstances d’où l’on peut conclure que les organes consacrés à la vie nutritive prédominent en eux , quoique d’une toute autre manière c^ue dans les Poissons , ce qui ,, toutefois , ressortait déjà de la longueur du canal intestinal , delà pluralité des estomacs , de l’accumulation de la graisse , etc. Ainsi , Hunter a trouvé que l’aorte d’un Cachalot avait un pied de diamètre , et il a reconnu, eu outre , entre les côtes, autour de la colonne vertébrale , etc., une multitude de plexus artériels, qui semblaient presque destinés à remplir l’office de réservoirs du sang. Plusieurs Cétacés , tels que le Narwal et le Dauphin (2) , offrent même , à l’origine de l’aorte et de l’artère pulmonaire, des dilatations qui ne portent pas plus atteinte à leur santé , que les ossifications du cœur et les ampliations des veines caves, qui seront indiquées bientôt chez d’autres animaux , ne nuisent à l’existence de ceux-ci , quoique ces états , dont les longues suspensions de la respiration pendant l’action de plonger sont la source , constituent des maladies plus ou moins dangereuses , dès qu’ils viennent à se manifester chez l'homme.
Le cœur de la Baleine , en particulier, est très-plat et large , forme remarquable (pl. xx, fig. x , a ) en ce quelle se rapproche manifestement de celle du cœur des Tortues (§ 773) et de l’embryon humain.
Quelquefois, par exemple dans le Manati , la pointe du cœur est double , et alors la pointe gauche est plus longue , parce que le ventricule gauche descend plus t^bas que le droit , comme nous l’avons déjà vu dans les Oiseaux.
(1) Philos. Tm/îi., 1787, pag. 4r3.
(2) Meckei. , System (1er vergleichenden Anatomie , tom. Y, pag, 333'
35o TRAITÉ D^AîÏATOMÎE COMPAREE.
Les ventricules aortique et pulmonaire ne dilFèrent pas autant l’un de l’autre , par leur épaisseur, que chez l’homme et les autres Mammifères ; par conséquent celui du côté dr-oit est, proportion gardée , plus musculeux.
Les Cétacés, non plus] que l’Ornithorhy nque, qui plonge si bien , n’offrent que pendant la vie fœtale des communica- ; tions , soit entre les deux côtés du cœur , par le moyen du i
trou ovale, soit entre les systèmes artériels , pulmonaire et j
aortique , par l’intermède du canal artériel. Quand onies | rencontre chez l’adulte , c’est toujours par suite d’un vice de ' conformation (1).
La situation du cœur s’éloigne moins dans les Cétacés que dans la plupart des autres Mammifères , de ce qu’elle est chez l’homme ; car Hunter (2) a trouvé que le péricarde tenait au diaphragme par une large surface.
Enfin l’absence ou. l’imperfection des . membres pelviens 'fait que , comme chez les Poissons , les Reptiles , et même encore les Oiseaux , le tronc aortique se continue au dessous des vertèbres caudales , après avoir donné deux branches analogues aux iliaques.
La veine cave inférieure des Dauphins et des Phoques , de même que celle de l’Ornithorhynque , d’après Meckel (3) , forme , entre le foie et le diaphragme, une dilatation qui rappelle ce qu’on observe dans les Tortues et les Oiseaux plongeurs (§ 708). Du reste, on trouve aussi une dilatation analogue dans la Loutre , la Luira, ‘inar ina , le Castor et le S'orex moschatus
Chez les autres Mammifères , le cœur et les vaisseaux ressemblent davantage à ceux de l’homme. Voici quelles sont,
(ï)Meckél (/oc. c/A, pag. Sy, et S, .fte/w., tom. T, pag. 291 et 33Q a réuni les dtverses assertions relatives à ce point de doctrine.
(2) Zoo. c/a, pag. 4i4. ^
(3) Descrlpt. analom. ornitJiorhyncld , pag. 82,
(4) MEcuEt,, System der vergleichenden Anatomie ^ loin. V, pag. 34i.
SYSTÈME V4SCtILÂTEE. 35 j-
quant aux premiers de ces organes , les particularités qui méritent le plus d’être remarquées'.
Le cœur est toujours entouré d’un péricarde qui, lorsqu’il ue repose pas sur le diaphragme , paraît être de nature fibreuse et plus ferme. Il est d’une ténuité excessixe dans le Hérisson , à qui on l’avait même , par cette raison , refusé.
Si l’on excepte les Singes , qui ressemblent le plus à l’homme , la situation du cœur a cela de particulier , d’un côté que cet organe ne s’étend point jusqu’au diaphragme, et que sa pointe repose sur le sternum , de l’autre qu’il occupe la ligne médiane du corps et n’est point tourné à gauche comme chez l’homme. Cependant , le cœur de la Taupe fait une exception remarquable sous ce dernier rapport -, car il est fortement dirigé vers la gauche , situation qui, d’ailleurs , n’est point sans importance , attendu qu’elle semble annoncer que l’assimilation prédomine dans le coté gauche du corps , comme la respiration dans le côté droit , et qu’ici les poumons et le cœur sont dans les mêmes conditions par rapport à la cavité thoracique , que le foie et l’estomac à l’égard de la cavité abdominale.
Quant à la forme du cœur, celui de l’Éléphant est court et large , comme celui du Dauphin , selon Cuvier, ce qui , joint à plusieurs autres circonstances encore , prouve qu’il existe de l’analogie entre les Pachydermes et les Cétacés (1). On peut rapprocher, au contraire , du cœur des Chéloniens, celui des Paresseux et des Tatous, qui est aplati. Chez la plupart des autres Mammifères, cet organe est arrondi dans le sens
(i) Ün fait temarqnaLle anssijsonsce rapport, c’est la prédisposition da Pécari ans. dilatations morbides de l’aorte , que plasienrs anatomistes ont même décrites comme un état normal chez lui Daubenton dans Bus son , Bist. nat^y tom. X.). En effet, des dilatations analogues se rencontrent, comme je l’ai dit, dans les Cétacés, où elles appartiennent à l’état normal. Il n’est pas rare non plus d’observer de pareils anévrysmes chez d’autres Ongulés^ par exemple dans le Cheval,
2^2 traité d’anatomie COMPARÉE.
de son diamètre transversal, et il ressemble à un cône oblong , tronqué au sommet.
L’oreillette droite d’un grand nombre de Mammifères , par exemple , du Porc-épic , du Cochon d’Inde , du Kanguroo, de l’Ornithorhynque, etc., reçoit deux veines caves supérieures , comme dans les Reptiles et les Oiseaux. La valvule d’Eustache n’existe pas chez beaucoup d’entre -eux, par exemple ; les Cochons , les Soîipèdes , plusieurs Ruminans et Rongeurs , les Lions , les Ours et les Chiens , tandis que , d’après les observations de Meckei (1) ; elle est quadruple dans l’Ornithorhynque , où l’on en trouve deux au devant de la veine cave supérieure droite , une au devant de la gauche , et une au devant de l’inférieure. La valvule qui sépare l’oreillette droite de son ventricule , dans l’Ornithorhynque , offre, suivant Meckei , une analogie remarquable avec ce qu’on observe chez les Oiseaux ; car elle consiste , pour la plus grande partie , en un muscle sphincter, au lieu d’être membraneuse et tricuspide, comme chez l’homme et les autres Mammifères.
Chez plusieurs Ruminans , de même que chez le Cochon et l’Éléphant , la substance du cœur renferme , dans l’état normal, un os remarquable en ce qu’il rappelle les ossifications que la maladie développe quelquefois au même endroit chez l’homme. Cet os a la forme d’une croix chez le Cerf, et il est situé à l’origine de l’aorte , dans la cloison des ventricules. Son développement paraît avoir lieu vers l’âge de trois à quatre ans. Il est plus petit dans la Biche. On n’en trouve aucune trace ni chez le Chevreuil , ni chez le Daim (2).
(l) Ornithorhjnchi parad, descript. anat., pag. 3 r.
(a) Kielmeyer et Liiüthi , Diss. sistens obs. nonnullas zootom. os cordis cervi, clavictdatn felis , etc. spectantes. Tubingue, ïSr j. — Cependant Greve l’a trouvé aussi dans le Chevreuil èt le ilairà , d.- sorte que sa formation est sujette à varier.
SYSTÈME VASCüLAIRE.
Meckel (1) fait une remarque importante au sujet de la structure des artères, c’est qüe leur tunique fibreuse est plus mince , mais plus ferme , chez les Carnivores que chez les Herbivores , et que les artères de ces derniers ont une ampleur proportionnelle plus considérable.
Les branches de la crosse de l’aorte offrent en outre plusieurs dispositions particulières , qu’on retrouve néanmoins de temps en temps chez l’homme lui-même , à titre de variétés. L’aorte vèntrale se prolonge sous les vertèbres caudales, principalement chez les Mammifères à longue queue , et reproduit ainsi un état de choses propré surtout aux classes précédentes.
Plusieurs arcs et plexus artériels méritent d’être signalés aussi.
A l’égard de la division de l’aorte , l’homme et les Mammifères diffèrent des Oiseaux en ce que l’aorte descendante , qui , chez ces derniers , prenait sa direction à droite ( § 780 ), se porte ici à gauche , et fournit la sous-clavière de ce; côté. Le gros tronc qui naît du ventricule gauche a aussi beaucoup de tendance à se partager en une aorte ascendante , pour la tête et les membres inférieurs , et une aorte inférieure, pour le tronc et les membres pelviens. Cette tendance ne s’exprime nulle part plus clairement que chez les Ruminans et les Solipèdes. La longueur de l’aorte ascendante antérieure est si considérable, que je l’ai trouvée d’un pouce, par exemple , chez un Chevreuil tout jeune , qui’ n’avait que quinze pouces du sommet de la tête au bout de la queue. Elle donne d’abord l’axillaire et la vertébrale gauches , plus haut l’axillaire et la vertébrale droites , puis finit par produire, en se bifurquant, les deux longues carotides, qui vont gagner la tête sans se diviser , et qui , chez un animal si jeune , représentent à la partie antérieure du corps les
(i) System der mergleichenden Anatomie , tom, V , pag. 298.