‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 52 sur 71 · II · texte numérisé non relu

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354 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

deux veines ombilicales que l’aorte descendante produit , à l’autre extrémité, en se bifurquant (1). L’aorte postérieure ou descendante est, au reste , plus grosse que l’autre. Cependant, il ne manque pas non plus de cas où les artères de la tête et des membres pectoraux naissent de la crosse dé l’aorte, dont la branche tournée de haut en bas produit l’aorte desceiidahle par sa prolongation. Ainsi , dans les Chéiroptères et aussi dans les Dauphins, selon Meckel, la crosse de l’aorte fournit deux courts troncs latéraux , dont chacuil Se divise en artères axillaire et carotide. Dans d’autres Mammifères , par exemple chez la plupart des Carnivores , l’artère axillaire .gauche seule sort de la crosse aortique , tandis que la droite et les deux carotides , qui sont souvent même encore réunies ensemble à leur base , proviennent d’un tronc commun, qu’on appelle artère innominée. Barkow assuré que la carotide gauche naît aussi à part dans le Hérisson.

La terminaison de l’aorte en arrière varie beaucoup aussi. Chez les Cétacés , qui n’ont point d’artères crurales , elle ressemble à ce qu’on voit dans les Poissons , c’est-à-dire qu’âprès avoir fourni les iliaques internes, pour les organes logés dans le bassin , l’aorte sè continue en ligne droite sous les vertèbres de la qüèue. Chez la plupart aussi des autres Mammifèrès , les artères iliaques internes sortent , séparées des crurales , de la prolongation médiane de l’aorte ( artère sacrée moyeimè ) , et chez le feétus , des artères ombilicales.

En ce qui Concerne les arcs et plexus artériels de plusieurs Mammifères , j’indiquerai les arcs remarquables que Barkow a décrits dans le Hérisson (2) , et qui , embrassant deux fois lé tronc , unissent ensemble les artères axillaires et crurales.

(i) Les carotides, foarnissent les vaisseanx des arcs branchiaux chez r embryon, et sont avec la respiration dans le même rapport que les vaisseaux üinbilic.iux.

(a) Disquisiiiones cîrca originem et decursum aTterarîwn mammalium^ l8l9,in-4^) pl.i, '

SYSTÈME YASCXILAIRE.

Quant:aux plexus , on distingue d’abord le réseau admirable très-composé qui existe à la base du cerveau de la Baleine ( § 123), puis les plexus que les artères destinées aux membres forment dans les Paresseux , les Myrmécophages , leÆe^wr tardigradus e,t\e Stenops gracilis ; ajprès quoi elles ne tardent pas à se constituer de nouveau en un tronc unique, à pem près comme l’aorte dès Poissons naît des veines branchiales , ou comme les troncs nerveux des membres proviennent de plexus. Le- nombre des branches longitudinales ainsi: agglomérées en faisceau est très-considérable, surtout aux plexus axillaires ; il l’ est principalement chez le Paresseux tridactyle , où l’on en compte trente-quatre à la patte de derrière et soixante-deux à celle de devant. C’est avec raison que Carlisle , à qui l’on doit la découverte de cette singulière eonformatmn: (L), voit en elle la cause de la lenteur des mouvemens musculaires du: Paresseux, et de la faculté dont cet animal jouit de conserver très-long-temps la même situation. D’après Meckel , il y a aussi des plexus analogues â la queue des Fourmiliers.

Les artères et les veines pulmonaires se comportent en général comme chez Fhomme. Les veines pulmonaires sont garnies de valvules chez la plupart des Mammifères , à ïexceptioa de ceux qui ont l’habitude de plonger (2). Presque toujours elles se réunissent de chaque côté en deux trônes. Cependant Meckel assure qu’il n’y en a qu’un seul de chaque côté dans le Daman. Les deux troncs se confondent même ensemble, à leur entrée dans l’oreillette gauche, chez le Hamster, qui, sous ce report , rappelle presque ce qu’on voit dans les Oiseaux. ;

Enfin Saissy (3) a constaté que , chez les Mammifères

(l) Philos. Trans. T%oa tt 1804. ' ^

(?) Voyez les recherches de Mayer sur lés valvules des veines puîmo-

naires, dans TiEDEMÀNif’s pag. iSS. . .

Recherches eacpérimentales suf* la pkf signe des (cnùnaux mammiferss hibernant Paris, i8o8 , in-S.

356 XKAITÉ d’aJSATOMIE COMPARÉE,

hibernans , les vaisseaux du poumon et du corps ont un trèspetit calibre comparativement à celui du cœur et des vaisseaux intérieurs de la poitrine et du ventre. Cette disproportion est remarquable en ce que, jointe à la difficulté avec laquelle le sang de ces animaux se coagule, elle aide à expliquer le phénomène de l’hibernation.

J’ai déjà dit plus haut que les veines caves inférieures sont dilatées et les supérieures' doubles. J’ajouterai qu’on ren contre aussi plusieurs plexus veineux singuliers. Tels sont celui qui entoure le pied du Cheval , et cèlui qui s’observe à la matrice de plusieurs femelles, de la Vache par exemple , pendant la gestation.

La distribution des veines du corps , en général, n’offre qu’une seule circonstance à signalèr, c’est que , comme chez l’homme , ces vaisseaux se partagent en superficiels et profonds. Chaque artère est accompagnée de deux veines profondes, dont la plus grosse se trouve toujours à sa droite. Du reste , les gros troncs veineux ont , comme ceux dés artères , une tendance prononcée à se porter vers le côté droit du corps. Enfin on observe , entre les deux veines caves de l’Ornithoéhynque , une connexion de laquelle résulte une sorte de cercle veineux au dessus du cœur (1).

Le système de la veine porte n’offre rien de particulier, sinon qu’il est plus isolé du système général des vaisseaux du corps (2),

c. Vaisseaux lympho-liques .

C’est à la zootomie que l’anatomie humaine doit la découverte du système lymphatique (3) , comme aussi la connaissance de beaucoup d’autres phénomènes intéressans. En ef-

(i) MEÇKTîr. , De ornithorhyncho , pj. Vii,fig, i, 7,

. (2) Voyez à ce sujet HoETfLEiif , Descript. anat. syst. 'ven. portdmm in homîne et quihttsdarn brûlis. 'PTancîçyTt, j&oS, iii-îo\.,^^,

(3) Erasistrate et Galien l’avaient déjà va dans le. mésentère da Bouc.

SYSTÈME VÀSCOLÂIRE. 35-;

fet , les vaisseaux, qui le constituent sont bien moins faciles à observer chez l’homme que chez les Mammifères , où la couleur du chyle , qu’absorbent si puissamment ceux du mésentère , permet de les apercevoir avec plus de facilité.

Du reste , le volume considérable de leurs troncs est un des principaux caractères qui les distinguent de ceux de l’homme ; car : jusqu’à présent on n’a pas reconnu qu’ils s’écartassent sensiblement du type humain , sous le rapport de leur distribution.

Mais ce système s’éloigne beaucoup de celui des classes précédentes. 'Meckel lui assigne pour caractères essentiels :

1® un plus grand développement des valvules ; 2® la distinction des vaisseaux en deux couches , l’une superficielle et l’autre profonde ; 3® un nombre considérable de ganglions ;

4® un nombre plus limité de communications avec le système sanguin; ordinairement il n’y a qu’un seul tronc , qui se jette dans la veine sous-clavière gauche , et un autre accessoire (i), qui aboutit à la veine sous-clavière droite.

Lorsqu’on rencontre des différences bien prononcées entre le type de ce système et celui qu’il affecte chez l’homme , elles le rapprochent ordinairement de l’état de choses existant dans les classes inférieures. Celle que l’on doit placer au premier rang est le nombre des glandes lymphatiques en général , et de celles du mésentère en particulier , qui , chez la plupart des Mammifères , est proportionnellement plus petit que chez l’homme. Sous ce rapport, Cuvier a reconnu que les glandes mésentériques des Herbivores à long canàl intestinal sont plus écartées les unes des autres , tandis que celles des Carnivores sont plus serrées et réunies en une masse principale, qu’on désigne sous le nom de pancréas d’Asèlli.

Abernelhy (2) signale , dans les glandes mésentériques de

(1) Noavelle preuve de la prédominance de l’assimilation dans le côté gauche du corps.

(2) Philos, Trans.f 1776, pag. 27.

358 traité d’anatomie comparée.

la Baleine , une structure qui réclame vivement de nouvelles observations. Il semble résulter , en efièt, des injections faîtes par cet anatomiste , qu’au lieu de glandes proprement dites, le mésentère des Baleines offre uniquement des cawtés dans desquelles s’ouvrent non seulement les vaisseaux lymphâti* ques du canal intestinal , mais encore des artères et des veines; ee qui permet que le chyle se mêle à des exhalations provenant des artères, et qu’il passe immédiatement daris les veines.

Des communications entre les vaisseaux lymphatiques et les veines, particulièrement dans l’intérieur des -glandes lymphatiques , ont aussi été trouvées depuis par Fohmann(i),-chez plusieurs Carnivores et Buminans, et parYrolik chez le Phoque.

Meckel a reconnu que les Dauphins ont les plus grosses glandes mésentériques, et les Rongeurs les plus petites , et que les Singes sont , de tous les Mammifères , ceux chez desquels on les trouve le plus séparées des unes des autres, de qui rapproche ces animaux de l’homme (2).

Gn a pu juger, d’après les détails dans lesquèls je suis entré , que le système vasculaire , centre de la vie végétative , n’offre rien de particulier qui puisse être considéré comme appartenant exclusivement à Idiomme , de sorte que, sous ce rapport , je puis renvoyer aux réflexions déjà faites précédemment (§'723).

(i ) Anatomische ü ntevsuchimgen :veber die Verbîndung der Savgadérn

ij^y Systc/n der 'vergleichenden Anatomie, stora. 'V,, 'pag. SSb. mit den Venen. Heidelberg, i8ai , in-1,3, — Saugarder System der Wir- -heîthiere , cah. I. Heidelberg, 1827 , in-fol., avec 9 pi. — Mémoire sur tés communications des ■vaisseaux lymphatiques avec les 'veines , et sur les 'vaisseaux absorbans du placenta et du cordon ombilical , Liège , iSSa , Sxi-'^. — WémoiTes sur les 'vaisseaux Iprtphatiqtres du système ciit'àné èt des laembnanes séreuses et muqueuses , Liège , iSoS, in-4 , avecTo plancbes.

SYSTÈME rÆPEODTJCTEüE.

SECTÎOM lï.

histoire des organes destines a la reproduction DE l’espèce et au DEVimOPPEMENT DES OE.GANISAIÈS INDIVIDUELS EUX-MÈAIES.

Dans le règne végétal, la nature emploie deux moyens pour arriver à son granâ^lmt, la -conservation des espèces. Tantôt la plante-;mère produit immédiatement des bourgeons ayant la forme de tubercules ou d’ognons ,-d’où sortent des rejetons qui peu à peu se détaclient d’elle , et , continuant à vivre seuls , deviennent de nouveaux 'individus. Tantôt deux tendances polaires différentes , qui sont inhérentes à la plante , se réalisent dans des organes opposés , rétaïUîne Çpôle ani- -mal positif) et le pistil (pôle négatif , purèment végétal ) , qui , par leur action réunie, communiquent au germe (gTaine) caché dans rintérieur du pistil (organe végétatif ) la faculté de produire la plante entière.'Kieser {4)marôhanlsur les traces de Goethe , à qui l’on doit d’avoir -dévoilé le mystère de Ta métamorphose des plantes, a démontré l’analogie existante entre les bourgeons , les bulbes et les gTaines. Il dit, en parlant de ces dernières elles-mêmes : « TTne graine n’est 5> qu’un bourgeon refoulé davantage sur lui même , plus in- » dividualisé , etpar conséqnentdouê4’unevieindépendante. «Toute la plante est contenue en-miniature dans Ta graine ,

» de même que dans le tubercule , le bourgeon ou Tognon ;

5) mais elle s’y trouve d’une manière tellement idéale ou vir- » tuelle , que souvent c’est à peine si on T’ aperçoit matérielle- » ment sons les caractères d’embryon. » -

Tous ces phénomènes se reproduisent de la manière la plus complète dans l’organisme animal. Nous trouvons des animauxoù la propagation n’a lieu que par Te détachement de

(i) Grundzuege der Anatomie der Pfianzen. lena, i8i5, in-Si fig.p*

36o TKAITÉ d’anatomie COMPARÉE,

rejetons dans lesquels une portion du corps de la mère apparaît de suite comme embryon matériel, où même elle s’accomplit par une véritable scission du corps de la mère en plusieurs lambeaux. Chez d’autres , il se forme d’abord des organes différons , d’ordinaire dévolus à des individus divers, qui appartiennent plus spécialement , les uns à la vie végétative (organes femelles) , les autres à la vie animale (organes mâles), et dont l’action réunie communiqué à une masse de matière organique primaire, préalablement émanée de l’organe végétatif , la feculté de régénérer en elle l’organisme animal tout entier, c’est-à-dire lui imprime le caractère d’un œuf dans lequel , comme dans la graine , et plus même encore qü’en elle, l’embryonn’exisle qu’en idée ( virtuellement), attendu qu’il faut un concours de certaines circonstances extérieures pour qu’il arrive à l’existence matérielle.

De même que , dans les plantes , la graine n’est pas toujours le produit du concours des étamines et du pistil , puisqu’il lui arrive fréquemment (par exemple dans les Champignon , les Lichens , etc. ) d’être engendrée par un organisme végétal où cette opposition ne s’est point encore réalisée ; de même aussi, chez les animaux, la formation des œufs est très-souvent le produit d’un corps dans lequel on n’aperçoit point encore de séparation matérielle entre les organes mâles et femelles , et qui par conséquent ne se montre animé que d’une faculté productive primaire.

Enfin les organismes , tant animaux que végétaux , ne doivent pas toujours naissance à d’autres organismes de même espèce qu’eux , et ils peuvent aussi être produits de toutes pièces par la matière organique primaire ou secondaire , par l’extinction de la vie dans d’autres organismes , et par la décomposition de ces derniers.

D’après toutes ces considérations réunies, nous pouvons donc présenter les divers modes d’origine des animaux sous la forme du tableau suivant.

ENGETSDKEMETST

SYSTÎ3ME REPRODUCTEUB,. 301

Mais si les divers modes de développement des plantes, par tubercules , bourgeons et graines , se réduisent, en dernière analyse , à un seul , il en est de même aussi pour ceux des animaux. On n’aura pas de peine à s’en convaincre si l’on réfléchit que la génération sexuelle nous ramène à la génération asexuelle , le germe qui a besoin d’être fécondé appartenant davantage à l’organe femelle ou végétatif, que l’œuf se développe dans l’organe femelle coramé un rejeton de cet organe , qu’ainsi la génération asexuelle conduit à la reproduction par gemmation , et cette dernière à celle par scission, les gemmes ou bourgeons faisant primitivement partie intégrante du corps maternel , enfin que tous ces modes d’engendrement ne peuvent avoir d’autre source que la matière organique primaire reproduite , laquelle se rattache en dernière analyse à la matière primaire elle-même. Cependant ces distinctions vont nous être utiles dans les cônsfdéra-

36a trAîté d’anatomie com-pAuée; »

tions auxquelles nous allons nous livrer , et nous remarquerons que le mode le plus simple d’engendrement appartient aux classes inférieures , tandis que la génération sexuelle surtout se rencontre dans les classes supérieures , avec des modifications très-diversifiées.

Du reste, cette section sera partagée en deux chapitres. Dans le premier j’examinerai les organes destinés à la production d’organismes nouveaux , et auxquels se rattache une modification particulière du toucher, qu’on pourrait désigner sous le nom de sens génital , à peu près comme une autre modification de ce sens constitue celui du goût, qui est lié aux organes digestifs. Dans le second chapitre, je traiterai du développement des nouveaux organismes eux-mêmes.

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