CHAPITRE PREMIER
Organes génitaux.
La fonction génitale en général devant être considérée , d’après son essence^ comme une opération excrétoire , les organes génitaux , en leur qualité d’appareil excréteur , doivent se rapprocher à plusieurs égards des organes de sécrétiomdont-il a été parlé précédemment. Comme eux ,, par conséquent,, -ils font partie des organes qui, bien qu’englobés dans la sphère végétative,,, sont cependant opposés à la productivité propre du corps ; comme eux aussi, ils se rattachent principalement au canal intestinal , surtout à sa région inférieure j où l’activité sécrétoire est plus prononcée, ut ils ont des connexions intimes avec les organes de la respiration. Gonsidérés-en eux-mêmes, les organes génitaux, notamment ceux du. sexe masculin , ont tout-à-fait le caractère d’un pur .appareil de sécrétion, ce qui les rapproche des organes resjpiratoires , tandis que ceux du sexe féminin ont , par leur forme excavée et par l’énergie nutritive plus grande qu’ils |)0ssèdept,; une affinité plus prononcée avec les organes di-
ÔUGA.NES GÉNITÂÜX. 363
festifs . Enfin on r eneontre souvent des organes de sécrétions particulières qui se rattaclient à l’appareil génital , et parmi lesquels figurent surtout j dans les classes supérieures , les organes urinaires, dont il a déjà été parlé précédemment.
&r^ffUnes gémtatc^ Sans les Mnimaùæ 'êêffôwv'ih Se >moèïle ■ ' épinière' ét Se 'cérvéati.
i, Oozoaires.
.11 est dans la nature des clioses que des animaux dont la destination, est, de, continuer encore ù représenter Bidée de BpçuÉ doivent uaissance. aux modes inférieurs d’ engendrement,,, et-mpffrent qu’à un bien faible degré l’opposition et le contraste entre des organes sexuels différens. Quant aux diverses manières dont s’effectiie ici la production d’individus nouveaux,, j’en parlerai dans le cbapitre suivant -, ici je me bornerai à signaler les premiers vestiges d’organes sexuels proprement dits. ,
Plus d’une fois déjà j’ai eu occasion de signaler l’homogénéité de, rorgamsation des Oozoaires , chez lesquels un seul et même tissu sembleqjaï’ ÇO'ï^séquent pouvoir accomplir les fonctions les plus diversifiées. De >même qu originairement .chaque point de leur corps peut être nerf , muscle , organe sensoriel ou organe de nutrition; de même aussi chacun peut remplif 1 office d’organe générateur ,, et produira immédiatement un nouvel organisme, soit par sécrétion, soit par scission spontanée ou artificielle, Le nouvel organisme peut provenir tout aussi bien de la face externe ( organe respiratoire primaire ) que de la face interne ( organe digestif primaire) , .et c’est le premier indice d’organes génitaux jusqu’à un certain point plus particularisés, lorsqu’il existe soit à l’ intérieur des cavités spéciales , soit à l’extérieur des capsules , particulières , dans lesquelles la matière organique primaire et indifférente sécrétée par le corps acquiert la première de tontes les formes , celle d’une splière ou d’un œuf , qui tantôt
364 TRAITS d'ANAtOMIE COMPARÉE.
est rejeté comme tel au dehors , et tantôt continue à s’y développer pour produire un embryon. -
Les premières formes des organes génitaux apparaissent chez les Lithozoaires et les Phytozoaires. Cependant on ne les rencontre pas dans tous les animaux, et elles existent moins que partout ailleurs chez ceux , tels que les Nuliipores et les Eponges, où l’individualité animale n’est presque point encore développée.
Les Oozoaires du genre Veretillum ont des oviductes internes bien apparens. On aperçoit sur la paroi des tubes rétractiles dont leur estomac est entouré , huit canaux longs et grêles , aboutissant au fond de l’estomac , et dont l’extrémité postérieure contient des œufs qui semblent être rejeté s dans l’estomac lui-même ( pl. i,fig. vi,b ). Spix (l)a observé a même disposition dans VAlcy onium exos ( fig. vu, 2 j, où il n’y a cependant qu’un seul oviducte. Ici , par conséquent, l’estomac lui-même tient encore lieu de la matrice ou du vagin.
Cavolini a également aperçu, dans la Gorgonia xérrucosa, les huit oviductes , qui s’ouvraient à la circonférence de l’orifice oral , entre les tentacules.
Les organes propagateurs externes des Sertulaires sont surtout remarquables par leur grande analogie avec les capsules séminales des plantes. Ainsi, par exemple, dans la jS’ertul'aria pennaria , il se développe, en dedans de la couronne extérieure des tentacules , une capsule ovale, bleuâtre ou rougeâtre , qui , absolument comme chez les végétaux, renferme dans son intérieur une columelle , ici de couleur noire, autour de laquelle les œufs sont groupés à la manière de graines , et qui les laisse échapper au dehors en s’oüvrant.
L’ovaire qui , dans la Sertularia misenensis, sè développe
</« vol, X.in, pag. 438.
ORGAKES GÉNITAUX. 365
isolément du pédicule des polypes , ressemble à celui qui précède -, seulement il est plus gros. Mais ceux qui , d’après Cavoliiii, naissent du tronc rampant, loin des polypes , sont plus volumineux encore. Ge qui annonce que toutes les parties de ce polypier sont unies en un tout d’une manière parfaitement analogue à celle qui a lieu dans les plantes , et qu’ici règne une opposition générale entre la vie génitale et la vie générale , c’est que les polypes contenant les ouvertures orales meurent chaque fois que se développent ces ovaires situés à la racine.
Parmi les Protozoaires , les uns n’offrent aucun vestige d’organes génitaux , comme les Hydres , et se multiplient par gemmes , les autres ont des oviductes , comme les Laciniaires (1).
D’après les observations d’Ehrenberg , un grand nombre d’infusoires inférieurs, par exemple ceux du genre Paramœcium , se multiplient très-rapidement par scission transversale , et ne présentent aucune trace d’organes générateurs spéciaux , tandis que ces organes sont très-prononcés dans les Rotifères, chez lesquels on trouve non-seulement des oviductes particuliers , renfermant souvent des petits en plein développement , mais même des organes mâles bien distincts (2). Ces oviductes se divisent dichotomiquement en dedans , et souvent ils contiennent plusieurs œufs assez gros (pl. I , fig, IX, f ; fig. X, c ).Les organes mâles sont des corps analogues à des testicules, longs etflexueux(fig. ix, g) , qui s’abouchent avec une vésicule. Celle-ci manqué dans le Potifer et la Philodina. TOUS ces Organes s’ouvrent à l’extrémité du rectum.
On ne reconnaît, dans les Âcalèphes, que le mode de production primaire (ovaires), et quelquefois aussi une sorte d’or-
(l) Voyez mes Tabulce illustrantes , cab. lit ,'pl. i.
[p.) Organisation der lnf usionsthiércken, x^Zo, So.
366 tuaîtè d’anatotviie comparée.
gane éducateur. Tel est le cas, par exemple , des Acalèphes diseoplîopes , où les excavations situées au dessous des sacs stomacaux , et que j’ai décrites comme cavités respiratoires , offrent à léur base dés bourrelets germinatoires qui, en se renflant , renversent- souvent sur lui-même le fond de ces excavations. Mais on trouve aussi des germes analogues dans les- plis dès bras , et les observations de Gæde (1) établissent d-une manière assez probable qu’à certaines époqués lès germes passent du dedans au dehors, pour s’y développer jusqu’au point de leur parfaite maturité (2).
8iS-.
Parmi les Radiaires , les Actinies se rapprochent beaucoup dès Phytozoaires par là conformation âe leurs ovidücres; car on ne trouve pas d’autres organes générateurs chez ce? animaux. Suivant Spix(3), leur cavité stomacale èst entourée de plusieurs corps semblables à des grappes de raisin, qui sont des ovaires dont les conduits s’anastomosent peu à peu ensemble , et s’ouvrent enfin dans l’estomac par plusieurs orifices. D’après cela , lès- Actinies rendent par la bouche lèm^ œufs , ou plutôt, comme le pense Rapp (4^ , leurs petits vivans, ainsi qu’elles vomissent les alimens qu elles n’ont pu digérer.
Dans les Holothuries , les ovaires sont extrêmement nombreux ( pi. , fig. XVI , n ) , et leurs ramifications se réunissent en un canal excréteur (e), auquel aboutissent encore ( eno ) de petits corps semblables à des cæcums , qu’on devrait ,
i) Bèitreege zur Anatomie und Physiologie der Medusen, Berlin, 181.6, îh'-8 , pag. 19. '
(2-) Ge transfert (In nouvel êtred’nn organe interne (icilesacalimentairelbintême) à nn organe externe ( snr la surface de la peau ) est un fait- physiologique fort remarquable, et se représente très-souvent dans les classes -supérieures , même chez l’homme, où la nulritipn du fœtus cornmence dans la matrice et se termine ans mamelles. U prouve que la fonction génitale est en connexion f.ant avec la digestion qu’avec la respiraUon.
(3) Annales du. Musé’cm,, tom. XIII, pag. 447‘
üeher Polypeii lind Aktinien,'^eïm^v, , in-4; pag. 4S1
OUGANES GÉHlTAüS.
d’après Delle Cliiaje, considérer comme dés organes mâles , en sorte que ces animaux seraient hermaphrodites à T instar des Rotifères.
Ce qu’il y a de remarquable , c’est qu ici, pour la première fois , on aperçoit extérieurement une ouverture génitale , bien distincte , à la nuque de r animai ( P ) .
Les Oursins ont , autour de l’anus, cinq^rappes ovariennes ( pl. I , fig. sviii , t) , dort chacune aboutit au bord externe de cette ouverture , par un conduit excréteur particulier.
Les ovaires des Astéries ressemblent à ceux des Oursins.
Il y en a deux dans chaque i ayon et les deux plus voisins l’un de l’antre s’ ouwent auprès de la bouché , daps l’angle compris entre chaque paire de rayons. Suivant MeCkel , le nombre des orifices d’oviductes s’élève à vingt dans les Ophiures , attendu que chaque ovaire est muni de deux oui vertures.