‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 56 sur 71 · TiiAiTÉ d’akatomie compAréê · texte numérisé non relu

TiiAiTÉ d’akatomie compAréê

ovales, dont la texture rappelle la substance tubuleuse des reins de l’homme, et une petite vésicule rougeâtre que Swammerdam a découverte entre ces corps.

Les Poulpes n’ont également qu’un seul ovaire composé d’œufs en grappe de raisin , et entouré d’une membrane ferme (pî. iv, fig. ix, a). De cette dernière naît un oviducte simple, large et court ( d) , qui se partage en deux canaux ( f ) , dont les parois se renflent beaucoup à une certaine distance et ont intérieurement une structure lamelleuse (g, h), en vertu de laquelle elles possèdent sans doute la faculté de sécréter le mucus dont les œufs sont enduits. Ges deux canaux s’ouvrent, à la surface du sac péritonéal, dans l’intérieur de l’entonnoir et au dessous des conduits excréteurs des grandes poches muqueuses , auxquelles aboutissent immédiatement les branches de la veine cave, et qu’on peut comparer à l’organe muqueux du Limaçon (§ S20). On voit pl. iv,fig. IV, en 1, le conduit excréteur droit, avec l’organe muqueux , et, en m , l’ouverture de l’oviducte droit.

Cette description est applicable aussi au Loligo sagittata; mais le Loligo 'Dulgaris n’a qu’un seul oviducte , comme la Seiche.

Le mâle de la Seiche a , suivant Cuvier, un gros testicule mou et glanduleux, au même endroit où se trouve l’ovaire de la femelle. De cet organe naît le canal séminal ou déférent, qui d’abord produit l’épididyme par ses nombreuses circonvolutions , et ensuite s’ouvre à l’extrémité supérieure d’une cavité spacieuse, que Swammerdam (d) a figurée comme étant le testicule proprement dit. Outre des mucosités un peu épaisses , cette cavité renferme une multitude de petits tubes

.qni manque aux animaux mférieni’s. Sons ce rapport, il est donc digne de remarque que, dans les animaux supérieurs et l’homme lui» même, nous retrouvions, chez l’individu mâle, un rudiment de matrice constituant une, glande sécrétoire, la prostate.-

<,l) Bibel d^r Natur , ,

OKGAMES génitaux. 3^ «J

vermifornies élastiques , dont on ne connaît point encore les usages , quoique beaucoup de naturalistes', Needham entre autres , les aient examinés , et que quelques uns les aient considérés comme des animalcules spermatiques. La bourse elle-même paraît être analogue aux organes glanduleux qui sécrètent la mucosité des œufs chez les femelles , et, sous ce point de vue , on pourrait la comparer à la prostate. L’extrémité du canal déférent, qui fait saillie au dessus du sac péritonéal et au dessous de l’entonnoir, sé trouve à gauche, près du rectum , et Cuvier lui donne le nom de verge , quoiqu’elle ne remplisse pas l’office d’un organe proprement dit de copulation.

Dans le Poulpe , les organes génitaux mâles sont 'également simples. Le testicule (pl. iv, fig. x, g) ressemble à l’ovaire , tant par sa structure tubuleuse , que parla membrane qui l’enveloppe (a). De l’ouverture de cette membrane (hl naît un conduit déférent flexueux (b) , qui dégénère en un long sac (c), appelé vésicule spermatique par Cuvier , à cause de sa texture plissée. Près de lui se voit l’organe (d) que l’on compare a la prostate. On trouve ensuite la cavité (e) qui renferme les petits tubes de Needham , jusqu’à ce qu’ enfin la verge , qui fait saillie le long de la branchie gauche , et dont on voit la cavité musculeuse ouverte en f , termine l’appareil génital en dehors.

Les mâles paraissent être également bien moins nombreux que les femelles dans l’ordre des Céphalopodes.

R. Ov?en a trouvé les organes génitauxduîfautileconformés comme ceux de la Seiche.

s. Animaux articulés.

Il est digne de remarque que , dans cette classe , eù , généralement parlant, la forme extérieure se développe beaucoup , non-seulement les sexes sont toujours de plus en plus distincts , et l’organisation se dessine de manière à permettre

3^8 traité d’anatomie comparée.

un accouplement parfaitement simple , mais encore le sexe lui-même imprinie un type particulier à la forme totale , de manière que, sous le rapport de la taille, de la couleur^ et même du développement des divers segmens du corps , on rencontre souvent , entre les mâles et les femelles , des différences considérables , auxquelles la zoologie a surtout égard dans la classe des Insectes , mais qui se prononcent déjà chez les Vers. Rien de semblable n’a été observé jusqu’à ce jour et n’existe probablement nulle part dans la classe des Mollusques , entre individus de sexe différent , mais qui appartiennent à une même espèce. Les Vers sont les Seuls animaux articulés qui se rapprochent souvent de la classe précédente par leur hermaphrodisme; quelques uns même, surtout parmi les Enthelminthes , ont de commun avec les Oozoaires d’être , suivant toutes les apparences , complètement privés de sexes , ou de se propager encore par scission.

a- Enthelminthes.

Parmi les Enthelminthes , les Cystiformes sont ceux chez lesquels on n’aperçoit aucun vestige de parties génitales (î) , et qui par conséquent semblent ne se reproduire que par génération spontanée.

Dans les Cestoides , on découvre , au milieu de chacun des anneaux du corps , à l’exception des antérieurs , qui sont plus étroits , de petits enfoncemens pourvus d’une ouverture extérieure , que l’on regarde positivement comme des ovaires , attendu qu’il y a été trouvé , par Rudolphi , non-seulement des œufs , mais même âe jeunes Tænias. En outre , on aperçoit des canaux et des saillies en forme de verge , qui paraissent jouer le rôle de parties génitales mâles , de sorte qu’il 'est présumable que les Vers cestoides sont hermaphro-

( RüioHPHî , Mst. entoisoorum , t«wi. ï, pag. 3o§.

ORGA.WES GÉmiTAfx;. 3^^

dites et susceptibles de se féconder ou euK-mêmes un mu tuellement (1).

Les Trématodes paraissent être également bermapbrodi tes.

Mais , dans les Âcantbocéphales , les sexes sont répartis sur des in dividus différons . Ainsi , par exemple , cbez les Échinorhynques (pi. v, fîg. lu), le corps presque entier de la femelle semble être un ovaire plein d’œufs , qui se vide par la trompe , tandis que le mâle offre , à l’extrémité la plus inférieure de son corps , une vésicule qui est son organe génital. Du reste, les modes les plus singuliers de rapprochement se présentent chez ces animaux , comme on peut en juger dans le LeucoGhloridium , qui naît du foie du Limaçon, et dont le corps n’est qu’un sac rempli d' oeufs contenant néanmoins eux-mêmes des Distomés bien développés. De même aussi , d’après les observations de Bojanus et de Baer , il arrive quelquefois que les Distomes sont seulement des réservoirs ou des ovaires de Cercaires.

Enfin , les organes génitaux sont positivement développés dans les Vers nématoïdes. Ici , les femelles sont plus grosses èt plus fortes que les mâles, qu’en général d’ailleurs on rencontre bien plus rarement quelles. L’ouverture génitale femelle est placée au voisinage de l’extrémité, céphalique ; il en pârt un court vagin [pi. v, fig. iv, a) , qui se termine en dedx tubes (b), longs quelquefois de six pieds et au-dplà , trés-entortilles (c) et réunis â leur extrémité, qui contiennent une immense quantité de petits œufs ponctiformes. çhez lés mâles , on aperçoit une petite verge filiforme [3) , qui sort du corps ^ à rextrémité caudale , et no tarde pas à se dilater intérieurement en un canal long de deux pouces [vésicule séminale j , auquel aboutit enfin un vaisseau filiforme [testicule),

(i) üoc. cit.,pag. Sï'ÿ. — te Tænîa orAinalre est snsceptibte anssi Æe se -reproduire par scission , du moins âu dire de Caîiisie.

(r*3 é* Mémoire h ce sujet, dans les Act. Léopold. , tom. XVII,

(3) D’après Brahut, Medecinische Zoologie , tom, 11, pag. 252,

38o TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE,

long- d’environ deux pieds , qui se contourne autour d’un canal intestinal. La verge est fendue dans V Ascaris spiculigera, d’après Rudoiphi. Elle l’est aussi dans le Cucullanus (pl. v, fig. VIII), où l’ouverture génitale femelle se trouve plus rapprochée de la partie moyenne du corps, et où les ovaires, plus larges que le canal intestinal , sont ordinairement remplis de petits vivans , et occupent le corps presque entier

(fig. V).

h. jinnélides.

Il est un grand nombre d’Annélides dont on ne connaît point suffisamment les parties génitales. Quelques uns, tels que les Nais , ont encore la faculté de se reproduire par scission ( pl. V, fig. XXVI). Cependant , il paraît qu’outre la génération spontanée , on rencontre fréquemment aussi , dans cette classe , l’hermaphroditisme , avec la condition toutefois d’un double accouplement, comme chez les Limaçons.

Ce dernier cas a lieu d’abord dans la Sangsue , où l’on aperçoit , à la moitié antérieure de la surface ventrale , deux ouvertures génitales , l’une extérieure mâle , et l’autre postérieure femelle (pl. v, fig. xvii, a , b). La première mène à un organe creux et conique (fig. xx , a) , au fond duquel se remarque un renflement pyriforme , entouré d’une masse grenue , analogue à la prostate (2) , du sommet duquel naît une verge filiforme (a), longue souvent d’environ deux pouces. En meme temps , le fond de ce cône reçoit des deux côtés les conduits déférons ( c ) , qui partent de deux grosses vésicules séminales (b) , dont les vaisseaiix afférens sont fournis par une série de neuf paires de testicules arrondis ( fig. XIX , d ). L’ouverture femelle conduit , par un court vagin, au grand organe creux et pyriforme qu’on peut comparer à une matrice ( fig. xx, e), et qui communique , par deux

ORGAKES GiNaTATIX.= 38i

oviductes (h) , avec les ovaires (gv g )■ Treviranus (i) con sidère les testicules comme ovaires , à cause des petits corpuscules arrondis qu’on trouve dans leur intérieur ; les vésicules séminales sont pour lui testicules , et la verge une une sorte de pondoir. Cependant , depuis que Brandt a démontré les véritables germes des œufs dans les ovaires proprement dits , il n’existe plus aucun motif d’admettre cette explication un peu forcée.

Les organes sexuels sont très-difficiles à étudier dans le Ver de terre. On aperçoit distinctement, à la région antérieure du corps , là où se trouvent les cercles vasculaires dilatés en forme de coeur, et de cliaque côté, trois paires de corpuscules oblongs (pl. v, fig. xii, d) , qu’on ne peut prendre pour autre chose que pour des ovaires , et qui ont cela de remarquable, que, sous le rapport de la forme et de la situation, il existe entre eux et les vésicules respiratoires situées des deux côtés de l’intestin, dans le reste du corps , une ressemblance assez grande pour permettre de croire qu’ils résultent en quelque sorte d’une métamorphose de ces dernières. Treviranus a démontré (2) que ces ovaires se réunissent de chaque côté en un canal , qui s’ouvre à droite et à gauche sur le seizième anneau du corps. On trouve, en outre , soit sur eux , soit à leur côté , des cellules dans lesquelles se sécrète un liquide particulier , qui pourrait bien être du sperme. L’accouplement, qui a lieubien certainement chez les animaux , indique au moips qu’ils sont hermaphrodites. Quant aux petits Ters qu’on rencontre fréquemment le long de leur canal intestinal , ce ne sont point de jeunes Vers de terre , mais bien des Entozoaires.

Dans l’Aphrodite , où la cavité abdominale est fréquemment toute pleine d’œufs , Treviranus regarde comme

(1) Erscheiiiungen und Geseize des organischen Lehens,- Bremen, i832 , In-S, tom. II , P. II, pag. 38.

(2) Loc.cû. , pag, 39. '

382 TfeAlTÉ D’AKATOMite COMPAbÉE.

ovaires de petits organes terminés en pointe , qui se voient des deux côtés de la chaîne ganglionnaire, au fondée la cavité abdominale (pl. v , fig. xxiv, m). On ne connaît poiat d’organes mâles chez les Annélides , qui semblent d’apres cela se perpétuer par voie de génération primaire.

c. Neusticopoi.'es et Décapodes.

Ici les sexes sont presque toujours (1) compiètement séparés , et, par une sorte de répétition de ce quia lieu dans l’ordre précédent , où l’on trouve encore deux sortes d’arganes dans chaque individu , les parties de chaque se^ sont doubles , de sorte que chaque individu offre ordinairement deux ouvertures génitales, soit mâles, soit femelles. Du reste;, il n’y a pas partout nécessité d’une nouvelle fécondation à chaque fois que l’animal engendre , et , comme on robsme déjà dans les Mollusques, où, le fait est constaté par exemple en ce qui concerne la Paludina invipara , plusieurs générâr tions peuvent se propager aussi par voie de simple reproduetion primaire (2).

Parmi les Neusticopodes , les petites espèces parasites mégie ont des sexes bien distincts, et leurs parties génitales femelles présentent une disposition remarquable. Ainsi ,, d’après Kordmann (3), la femelle de Y Achiheres percarum offre à droite et à gauche un sac ovarien un peu contourné , qui s’ouvre à l’avant-dernier anneau du corps (pl. vi , fig. i, a).

(i) Peùt-être les Cyprîs sont-ils les seuls chez lesquels on trouve encore à la fois des organes génitaux mâles et des organes femelles, ce qui a lien; chez ces animaux d’après Ramdohr et Treviranns ( V. les Vermischte de ce dernier, tom. Il, pag. 58,.

(a) Ainsi , dans la Daphnia pulèx , il ne naît en été qne des femelles," qui se propagent sans accouplement , jusqu’à ce qu’en automne on voie paraître aussi des mâles, après quoi les œufs fécondés passent l’hiver sans se développer. '

(3) Micrograpkische Beîtrcege, Berlin, iSSa, in-4, fig. eoh, tom, II,p.. 76,

ORGANES GÉNITAüX. 3 §3

Mais^, à chaque nouvelle saison des amours, il se forme , dans ces deux ouvertures dés oviductes , une membrane qui les bouche , et qui , au moment où les œufs doivent sortir du corps de la mère , se gonfle en une vésicule , dans laquelle ces derniers sont reçus (ôg, i , b ). La même chose a Heu dans d’autres animaux semblables , par exemple dans le Cyclopé çalygus. Quand les oeufs sont à maturité, ces réservoirs extérieurs se déchirent , s’oblitèrent, et leur germe se reproduit de nouveau. Ramdohr avait assez bien comparé déjà leur boursouflement à celui d’une bulle de savon. Kordmann n’a pu découvrir d’autres organes sexuels mâles, àam Y Ach~ theres , que quatre corps de couleur foncée , occupant le basventre. Ici la taille du mâle égale à peine lu cinquième de celle de la femelle.

Quant aux Décapodes , rÊerèvisse femelle présenté d’abord un assez gros ovaire trilobé , situé derrière le foie et sur le canal intestinal (pl. vi , fig. xvi , à ). Dé cet ovairè partent deux larges oviductes (c) , qui embrassent le canal intestinal et les mùsèles de la queue , et se terminent des deux côtés à la base de lâtroisièmé patte (d). Quand les œufs viennent à sôrtir du cbrps , ils s’attachent auxlamelles pinniformés du dessous delà queue (fig. ivii) , Ce qui est d’autant plus remarquable que nous voyons par là l’œüf passer d’ùh organé interne sur un autre organe extérieur , et que cès 'lamélleX elles-mêmes ne sont autre chose qu’une répétition dés lamés" branchiales dés Squilles. - < ; . . ^ ^

On trouve^ pour organe mâle, un testicule trilobé (fig; Xy, a), occupant la même placé que rovaire dans la femelle. Ce testicule donne naissance à deux conduits dëférens grêlés , longs et blancs (b) , q\ii décrivent un grand nombre de tours sur eux-mêmes, et qui rappellent celui de l’ Ascaride lombricbïde; peu àpeu ils augmentent de grosseur, puis tout à coup ils s’amincissent , et enfin ils Se renflent bientôt de nouveau en Une verge longue d’im demi-pouce et logée dans le corps , qui ,

384 traité ii’AiîÀTOMIE COMPARÉE,

suivant toutes les apparences , sort pendant l’accouplement d’une papille située à la base de la dernière paire de pattes , en se renversant ou se retournant sur elle- même, comme il arrive à. celle du Limaçon. Au voisinage de cette papille , et à la face inférieure delà queue , on aperçoit deux appendices osseux, canaliculés et mobiles, que Cuvier a regardés comme les verges proprement dites , quoique Cavolini (1) et plusieurs autres naturalistes n’eussent vu en eux que de simples organes d’excitation , attendu qu’ils sont trop éloignés de l’ouverture du canal déférent pour que leur usage puisse être de porter la semence à l’orifice des oviductes.

d. Isopodes et Acarides,

Je prendrai pour exemples , parmi les Isopodes , une espèce aquatique et une espèce terrestre , et la seule réflexion générale que je me permettrai sur le compte de cesunimaux, c’est qu’ils ont déjà des organes génitaux plus compliqués que ceux des ordres précédens.

Ainsi Rathke a trouvé , dans la femelle de VIdotèa ento~ mon^ de chaque côté du corps, un ovaire divisé entrois portions , qui aboutissent à un oviducte un peu contourné. Celui-ci finissait par se réunir avec celui du côté opposé , et allait s’puvrir au dessous de deux lamelles , en avant de l’appareil branchial., A la première moitié de cet oviducte était annexé un organe terminé en cul-de sac, et tantôt plus, tantôt moins volumineux , ayant peut-être pour usage de fournir un enduit aux œufs. Les organes mâles consistaient , de chaque côté , en un testicule épais et allongé , et en un canal déférent, auquel une assez grosse vésicule séminale s’insérait par un conduit court , après quoi les canaux déférons des deux côtés se réunissaient en un seul, qui allait s’ouvrir de la même manière que les oviductes.

Ces divers organes sont encore plus divisés dans la Scolo-

(i) U a trouvé deux paires de ces appendices dans le Crabe.

organes génitaux. 385

pendre. Suivant Treviranus (1) , la femelle a un ovaire simple et allongé (pl. vi , fig. xxx , o) , dont l’organe excréteur (b) se dilate en bas , en dessus du rectum (1) , en une sorte de matrice (k). A droite et à gauche se voient les grandes vésicules (a), et inférieurement l’oviducte reçoit encore les conduits excréteurs déliés (n) des quatre masses adipeuses (PP). Par analogie avec ce qui a lieu dans la femelle , on trouve , chez le mâle , un vaisseau séminal ou testicule médian (fig. xxiv^ «) et deux latéraux ( p); tous trois se réunissent inférieurement , et de leur réunion partent deux conduits déférons (p) , aboutissant à une vésicule (d) , qui s’ouvre ensuite dans la courte verge (z) , pendant que deux masses adipeuses (E) versent également ici leur sécrétion dans cette vésicule par deux conduits (r , m).

A l’égard des Acarides , Treviranus (2) a trouvé que l’appareil génital des Trombidium ressemblait assez à celui des Décapodes , c’est-à-dire qu’il y avait un gros ovaire divisé , et pourvu de deux longs oviductes aboutissant à une ouverture génitale , et que le mâle offrait un assez gros testicule , avec deux conduits déférons , qui se réunissaient aussi en un seul. Il n’a pü découvrir dans le Nigua ( Acarus americanus) que deux canaux blancs ( fig. xx , c ), qui sont probablement les oviductes d’un ovaire encore inaperçu.

b. Arachnides. ' / '

Les Araignées se rapprochent, jusqu’à un certain point , des Décapodes, en ce que , dans les deux sexes (3) , les parties génitales externes sont placées à la région antérieure de la surface ventrale, entre les branchies , que les ovaires sac-

(1) remîicAre , tom. Il, pag. js5.

(2) lom. I, pag. 49.

(3) AvantTreviranns, on croyait les organes tuâîes des Araignées logés

dans les palpes , dont les masses spongieuses ne sont <jne des organes ;ès.Gitateurs, ainsi qu’il l’a démontré {Veher den Bau der Arachniden ^ 37)*

386 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE ^

ciformes et très-simples de la femelle ( d d ) ont deux ouvertures (pl. VII , fig. XI , a , a) , et que les testicules, également en forme de boyau , du mâle (c) sont munis de conduits déférons ,(b) , qui aboutissent é^jalement à deux ouvertures (fig. X, a). Du reste, si, chez les Cloportes encore , les œufs sortis des ovaires s’engagent, pour s’y développer (1) , entre quelques valvules situées à la face ventrale du corps , qui ont beaucoup d’analogie avec celles dont les branchies sont couvertes (§636), et qui avoisinent aussi de très-près lés organes respiratoires , ce développement des peufs dans un organe extérieur se reproduit jusqu’à un certain point chez les Araignées, puisque, aussitôt après avoir pondu, la feiïielle entoure ses œufs d’une toile en forme de sac , que plusieurs espèces , les Araignées-loups , trament même partout avec elles , attachée à leur corps.

TreviranuS (^) a trouvé les organes génitaux externes des deux séxes seinblablés dans les Scorpions , où le mâle ne se distingue de la femelle que par deux petites saillies en formé de verge ; chez l’un et l’autre , c’est une petite ouverture garnie des deux côtés dé lainelles pectinées. Les organes génitaux internes de la femelle se composent de trois tubes liés par dés vaissêàux transversaux ( pl. vu, fig. xiv),qüise réunissent inférieurement en un vagin (a) , et qui sont pourvus d’une série d’appendices cœcaux , dans lesquels naissent les œufs et se développent les embryons , comme nous l’ont appris surtout les belles recherches de J. Muller (3). Redi avait déjàtrouvé depuis vingt-six jusqu’à quarante petits dans les ovaires du Scorpion. Suivant Muller , les mâles ont, aü lieu de testicule , un vaisseau séminal dont l’entortillement est remarquable à cause de l’analogie qu’il établit entre lui et les oviductes de la femelle. Après un court

(i) Fermîschte Sehriften , tom. I, pag. 6o.

{^)lM.\i^h.Tsn!SyïJebér dén Bdudèr Araehnîden, Nuremberg, 1812, in-4,pag.ii.

(3) Meckel’s Archiv , 1828, pag. 54.

OB.GANES GÉNITAUX.

trajet , au côté interne de là gaine cornée de ronverture génitale externe , le canal se bifurque , puis se réunit , se partage de nouveau , se réùnitune seconde fois , et, après avoir décrit une troisième circonvolution, se termine en un filament simple; inférieurement il t^eçoit encore le court canal en culde-sac d’une glande aecessetire ou d’une vésicule séminale.

f: Hëxdpodes.

ta conformation dés organes génitâùx dé certains Vers, par exémplé dé l’Ascaride lombricoïdè , peut être considérée comme offrant rimàge de cellé dés Insectes tant aptères qu ailés. Ici , de même que là , éh effet , nous trouvons les tèsticules et lés ovaires sous la forme de longs canaux souvent très-repliés , dé sorte que c’est improprement qu’on admet de véritables testicules et ovaires, et qu’au fond il n’y a guère, pour ainsi dire, qué des conduits déférons et des ovidüctes , auxquels s’adjoignent la plupart du temps plusieurs organes chargés d’accomplir des sécrétions diverses.

A l’égard des Aptères, Tréviranus (î] a trouvé l’appareil génital des Lepisma très-simple encore. On remarque à l’extérieur un vagin simple ^ prolongé en un membre génital, c’est-à-dire en un pondoir composé de deux lames , organe qui se rencontré fréquemment chez les Insectes. Deux vésicules sécrétoires aboùtissent à ce vagin, comme déjà chez beaucoup de Mollusques 'et autres animaux articulés ; après quoi il se partage èn deux ovaires ramifiiés comme le bois d’un Cerf. Le mâle a également un membre génital simple (verge) , suivi de deux larges vésicules , puis de deux longs conduits séminaux qui, d’abord renflés, rie tardent point à sé ramifier , comme les ovidüctes.

Âwammerdam figure de m^e les ovaires du Pou , qui , plus semblables à ceux des Insectes ailés, se composent d’un vagin recevant r orifice de deux vésicules et partagé supé-

(l) Vermischte Schriflen , tom. II , pag. i5, ,

388 TRAITÉ d’aBTATOMIE COMPARÉE,

rieurement en deux branches , dont chacune se divise en cinq oviductes. Il est digne de remarque que , sur quarante individus qu’a disséqués Swammerdam (1) , il n’a jamais trouvé que des ovaires, ce qui le porte à douter que l’espèce du Pou renferme des mâles. Cette circonstance prouve au moins que le nombre des femelles l’emporte de beaucoup sur celui des individus de l’autre sexe.

Parmi les Orthoptères, la Sauterelle a deux grands ovaires en forme de houppes , qui se composent d’une multitude de vaisseaux ovariens appliqués les uns contre les autres et parsemés d’un nombre considérable de trachées d’un trèsgrand calibre. Ces deux ovaires aboutissent à un oviducte commun, qui se réunit avec celui du côté opposé pour produire un court vagin ^ dans lequel s’ouvre une petite vésicule pourvue d’un vaisseau sécrétoire particulier, qui est flexueux et terminé en cul-de-sac. Du vagin les œufs passent dans un pondoir fort long , qu’on retrouve aussi dans plusieurs autres ordres d’insectes^ par exemple dans celui des Hyménoptères , chez les Ichneumons et les Sirex , et qui rappelle l’émission des œufs par les tubes ou siphons du manteau, chez les Mollusques (§ 797 , 803), mais qui se compose ici de deux lames longues, étroites, terminées en pointe , et emboîtées l’une dans l’autre par les côtés.

Les organes mâles consistent en deux testicules jaunâtres, formés de conduits séminaux et parsemés également de nombreuses trachées , dont le canal excréteur produit un épididyme par ses circonvolutions , reçoit ensuite deux faisceaux houppiformes de cæcums, et enfin s’ouvre dans la verge avec celui du côté opposé. Cette verge représente un corps en forme de langue, qu’entoure un rebord cutané armé de deux petits crochets.

(i) B'ihel der Natiir, pag^ 361.

organes GÉNlTAtlS. 3gq

L’organisation de l’appareil sexuel est très-singulière et variée dans lés Hémiptères.

Dans les dernières familles de cet ordre, celles des Pucerons et des Gallinsectes , les femelles sont privées d’ailes et n’ont pas toujours besoin de fécondation. Ainsi , par exemple , les Pucerons ne produisent en été que des femelles , qui peuvent donner jusqu’à neuf générations successives j sans qu’une nouvelle fécondation devienne nécessaire.

Swammerdam (1) a décrit , chez les femelles des Nèpes , deux ovaires formés de cinq canaux , dont les oeufs se font remarquer par une couronne de soies à leur extrémité supérieure ; chez les mâles , deux vésicules accessoires , deux conduits séminaux entortillés , à chacun desquels aboutissent cinq vésicules séminales , dont chacune reçoit dans son fond un vaisseau séminal grêle contourné sur lui-même en manière de testicule.

Léon Dufour (2) indique une multitude d’autres conformations , parmi lesquelles je signalerai seulement celle des Cicadaires , dont les ovaires se partagent en un très-grand nombre de branches terminées chacune par une petite houppe , et celle des Psyllides , dont chacun des deux ovaires représente une rosette très-composée. Chez les Aphidiens , qui ont aussi des vaisseaux ovariens nombreux , on aperçoit déjà les embryons dans les œufs inférieurs. Immédiatement au devant des ovaires naissent les tubes en ferme de trompe , qui laissent échapper l’humeur sucrée ; ces tubes pourraient être comparés aux mamelles des Mammifères, quant à leur situation, et ils en remplissent presque lés fonctions à l’égard des Fourmis.

Quant aux Névroptères , Rathke (3) a signalé la situation

{%) Bibel der Nalur,-ÿ3i^.

(a) Rech. anat. et pkysiolog. sur les Hémiptères, Pai-is, i833, in-4, avec 19 planches, pag. 274.

Pe lihellularum partibus genitalibiis . Koenigsherg , i 832.

Sgo TUAITÉ d’anatomie comparée.

singulière des organes mâles externes des Libellules, qui se Yoient à la partie antérieure , c’est-à-dire ànx trois premières protovertèbres de la longue et étroite surface ventrale , tandis que rorifice proprement dit des organes génitaux internes est placé, comme dans les femelles, à l’extrémité postérieure de l’abdomen. Ges Insectes ont en outre cela de remarquable que leurs deux testicules sont simples et glam duliformes , et qu’ils se déchargent par des conduits déférens simples, assez amples et peu contournés. Les parties génir taies internes des femelles se distinguent aussi en ce qu’elles sont composées d’un tube en forme d’ Y, aux branches duquel aboutissent une multitude de conduits ovariens courts et serrés les uns coutre les autres.

Les ovaires de la Sçmblis hicaudaia (1) sont longs et com formés en manière d’épi de blé ; l’oviducte est long aussi et Renflé à sa partie inférieure.

Les Psoques ont leur oviducte commun garni d’une vésb cule accei^oire, qui renferme plusieurs petites vésicules portées sur de longs pétioles (2).

Parmi les Hyménoptères , les reines de l’Abeille domestique avaient déjà offert à Swammerdam deux gros ovaires composés de nombreux sacs contenant dix à douze mille oeufs , d’après un calcul approximatif. Les deux ovaires ont un conduit excréteur commun, qui aboutit au vagin , et auquel s’unit une vésicule munie de deux vaisseaux sécrétoires. Ges derniers organes sont regardés , tant ici que chez d’autres Insectes , comme ayant pour usage de séfcréter l’enduit visqueux des œufs. Quant aux organes mâles de l’Abeille, ils consistent en deux testicules de structure tubuleuse , deux conduits séminaux qui se dilatent inférieurement ,

(i) D’après HEGETscnwEitEa , Diss, de insectorum genitaîibus, Zaricb, i820,m-4, fig. •

(a) V. Nitzsch, Ûeber die Eingeweide der Buecherlaus {F socus pulsar fçidns) ,pl. Il , fig, 3, f.

011GA.HES GÉMIT AUX. 3g 1

deux grosses vésicules séminales, et une verge qui fait saillie au dehors, en se renversa^ut sur elle-même ou se retournant , comme dans le Limaçon. Mais ce qui mérite surtout d’être remarqué , et ce qu’on rencontre aussi, tant chez -les Fourmis parmi les Hyménoptères , que chez les Termites parmi les Hévroptères , c’est qu’il existé des individus normalement privés de sexe , et qui diffèrent même déjà des autres sous le rapport des formes extérieures (1)^ Ainsi, par exemple , les Fourmis et Termites neutres n’acquièrent jamais d’ailes. Cependant, ces individus neutres ne sont point absolument dépourvus de sexes; car on rencontre chez eux des Organes génitaux femelles oblitérés ; sujet à l’égard duquel Ratzeburg (2) a fait dé belles observations sur les Abeilles.

Nous avons vu précédemment que la segmentation exté^ rieure du corps des Coléoptères est soumise à des proportions numériques fort régulières, de 1 ; 3 -. 6 , ce qui permet de considérer ces Insectes comme les plus réguliers de tous. Leurs organes génitaux internes sont égalenaent segmentés d’une manière rigoureuse d’après ces nombres , chezTes représentans de l’ordre.

Ainsi, le Scarabée nasicorne a, de chaque cêté, suivant Sv^ammerdam (3), six tubes ovariens qui ne renferment qu’un petit nombre d’œufs ; le vagin reçoit à son tour plusieurs organes sécrétoires. Dans l’individu ihMe , les deux corps testiculaires sont divisés en six petites massés aplaties, de chacune desquelles émane un canal grêle qui , par sa réunion avec les autres , produit le canal déférent de chaque côté, lequel est dilaté à sa partie inférieure. Du reste, à

(1) Comparéz les figures d’ Abeilles et de Fourmis, pourvues et privées de sexes , dans Buandt et Ratzeburg , Meâicinîsche Zoolo,gie , tom. II , pl. 22 et 24-

(2) Nov. act. acad. Leop.j, tom. XVI, pag. 6i3,

(3) £oc, «t. , pl. XXX rfifTs.'

302 TllAlXÉ d’abtAtomie compAhéb.

l’endroit où les deux canaux déférens se réunissent pour produire le canal de la verge, on trouve encore deux vésicules séminales , au fond desquelles aboutit un vaisseau grêle et entortillé , qui a près de vingt pouces de long.

Les parties génitales internes des Coléoptères imparfaits , tels que Meloe et Lytta , s’écartent beaucoup de ce type.

Dans les Meloe , les deux longues branches des oviductes, qui sont, comme de coutume, bifurquées à leur partie supérieure , représentent , d’après Ratzeburg , des vésicules oblongues et très-volumineuses , dont toute la surface est couverte de tubes ovariens courts et imitant presque des poils , dans chacun desquels se développe un œuf. Les testicules forment aussi deux petits pelotons avec un long conduit déférent dilaté en dedans , qui se réunit en manière de V avec celui du côté opposé, et qui reçoit, à l’endroit de la jonction , trois paires de longues poches séminales , dont les plus internes se recourbent l’une vers l’autre en dessus. Le conduit excréteim de la semence est simple , et n’olfre rien de particulier, non plus que la verge.

Les parties génitales des Lytta ressemblent beaucoup à celles des Meloe. Seulement les vésicules des oviductes, couvertes de tubes ovariens , sont ici plus ovalaires, et les conduits déférens ont une structure annelée.

Enfin les parties génitales de la Lampyris spïendidula sont construites d’après un autre type , qui se rapproche davantage de celui des Coléoptères réguliers. L’oviducte est assez épais et en forme d’Y : au sommet de chaque branche se trouve une houppe de tubes ovariens courts, qui renferment des œufs assez gros et presque globuleux. Deux vésicules s’abouchent aussi dans la portion simple de l’oviducte. Les testicules sont oblongs; il en sort également des conduits déférens disposés en V , et auxquels s’insèrent deux larges et oblongues vésicules séminales.

Je choisirai pour exemple , parmi les Lépidoptères , le

organes GÉNITAüX. 3g3

Papilio hr.assicæ , dontHerold a si bien décrit les parties génitales (1).

Les organes femelles consistent , de chaque côté , en quatre oviductes longs, roulés en spirale , et contenant un très-grand nombre d’œufs (pl. vu, fig. xx, Â, a, a). Ces deux conduits se réunissent en un vagin court , qui reçoit non-seulement une petite vésicule simple , bicorne et pourvue de vaisseaux sécrétoires (c , e) , mais encore une poche plus volumineuse (b) , que Herold considère comme le réservoir de la semence.

Les organes mâles sont un corps testiculaire sphérique, rouge et formé de deux moitiés (fig. xviii, a) , et deux conduits déférens longs et grêles (b, b), à chacun desquels, avant qu’Us se réunissent en un canal commun (d) ,,se joint un long vaisseau séminal contourné ( c ),

Du reste , le développement de ces organes est remarquable j en ce qu’ils sont beaucoup moins distincts dans la Chenille très-jeune , où ils ressemblent à de petits bourgeons (fig. XXI , a, dans la femelle; fig. xix, a, dans le mâle); dans la Chenille adulte, ils se rapprochent déjà davantage de la forme qu’ils doivent avoir plus tard (fig. xxi , b) ; et dans les chrysalides (fig. xix , b) , ils se développent complètement.

II, Organes génitaux dans les animaux pourvus de moelle épinière et de cerveau.

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