‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 57 sur 71 · boissons · texte numérisé non relu

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Dans les animaux qui font le sujet du paragraphé précédent , il est de règle , à un très-petit nombrè d’exceptions près , que , semblables aux graines fournies chaque année par les végétaux, les œufs se développent à certaines épo-

(i) Entwîckelungsgeschîchte des Schmetterlings, Cassel et Marboarg^l8i5, jn-4, arec 82 planches.

394 TRAITÉ d’anatomie COMPIrÉE.

ques et en quantité considérable , dans des organes destinés d’une manière spéciale à cet office , pour être ensuite expulsés simultanément , et se reproduire de nouveau tous ensenible , lorsque l’animal est susceptible d’engendrer plusieurs fois , ce qui n’est point le cas, par exëmple, delà plupart des Insectes. Il est de règle, au contraire, dans les animaux des classes supérieures , ou que les œufs soient engendrés de prime abord, en certaine quantité, ou que , pendant le développement de l’animal , de nouveaux oeufs poussent sans cesse, comme des espèces de bourgeons, mais ne mûrissent et ne se détachent que peu à peu , de manière qu’on en trouve constamment, et de diverses grossèufs, dans l’ovaipè. Les Poissons se rapprochent beaucoup dès classes inférieures par la périodicité annuelle du développemens de leurs nombreux œufs , qui croissent et sont pondus tous à la fois. On a même prétendu que quelques üns d’entre eux sont hermaphrodites et susceptibles de se féconder euxmêmes. Tel serait particulièrement le cas, d’après C'avolihi, du Serran ou Perche de mer ét de la Hiaiula Sahiani',iet suivant Home (1) du Congre {Pefromyzon marinüs f, chei lesquels on trouverait en même temps des testicules et dés ovaires. Mais ces assertions né se sont point confirmées. Il paraît certain, au contraire, que le nombredesfemellésremporte de. beaucoup sur celui des mâles, comme che? certains animaux inférieurs , tels que les Poulpes et divers Enthelminthes ; ce phénomène a surtout lieu parmi les Cyelôstomes.

- Yoici quelle est la forme ordinaire des organes sexuels dans les Poissons osseux.

Les ovaires forment deux grands sacs , qni s’étendent des . deux côtés du canal intestinal , jusqu’au dessous du foie , et sont attachés à une sorte de mésentère. Les œufs , nourris et

(i) Philos, Trans, , i8i5.

orgAlTîes génitaux. 3g5

retenus en place par des vaisseaux sanguins déliés , tiennent à des replis ordinairement lamelleux de ces sacs. Ils sont si nombreux qu’à l’époque du frai , les ovaires remplissent presque entièrement la cavité abdominale , et q^u’on peut aisément compter plusieurs centaines de milliers d’oeufs dans un seul Poisson. Le sacs ovariens s’ouvrent immédiatement derrière l’anus ( pî. x , fîg. xiv ) , par deux conduits excréteurs très-courts , qui ne tardent point à se réunir en un seul, et qui communiquent avec les organes urinaires.

Les testicules représentent aussi deux sacs analogues ( pl. IX , fig. XVI , h ) , qui forment ce qu’on appelle la laiieinee. Aiu lieu d’cBufs , ils renferment une liqueur séminale blanchâtre , très-riche en phosphore d’après Fourçroy et ¥auquelin , què sécrètent des lamelles membraneuses extrêmement minces , saillantes dans leur intérieur. Cette liqueuj* est amenée au dehors par deux conduits, dont la marche correspond exactement à celle des oviductes, et qui, dans lé Hareng , ne tardent point à se réunir en un seul. Les testicules ont de commun avèc les ovaires qu’ils se gonflent beauôoùp à l’époque du frai , et de ce fait seul on pourrait conclure qu’il ny a pas d’accouplement proprementdit chez les Poissons , lors même que l’observation directe ne nous l’aurait point appris.

Hathke, dans un important travail sur les organes génitaux desPoissons (1), signale des variations relatives au nombre de ces parties, chezla Perche, la Blennie vivipare, Y Amm&dyf ës , \es;CoMtistœma etbarbatüta et \e Pétromyzon fluviafUis, où il n’a trouvé qu’un seul testicule et un seul ovaire. Ce dernier était situé tantôt à droite et tantôt à gauche 5 mais , dans la ieche et la Blennie , il occupait la ligne médiane , et dans PÂmmody te , *il était fendu en long à sa partie moyenne .

C’ est surtout dans le rapport des ovaires aux oviductes et

{ï) Beitrœgezur Geschichie dès Thierçyelt,^AXi\.^i^f ïSssi-iSa^, 10-4, fig. cgb. IXIjÇag. 117,

396 TRAITÉ-»’ AmATOMIE COMPARÉE.

des testicules aux çanau;K déférens, qu’on observe des variations. D’abord il y a dès Poissons chez lesquels il semble que l’oviducte ou le canal déférent se soit détaché de l’ovaire ou du testicule , et ait contracté des connexions plus intimes avec les voies urinaires. C’est ce qu’on remarque principalement chez l’Esturgeon, dont les conduits déférens, qui commencent en forme d’entonnoir au dessus des testicules, et qui s’ouvrent dans les uretères , ont été décrits par Baer (1) , tandis que nous devons à Brandt et Ratzeburg (2) la description de ses oviductes, qui se comportent absolument de la même manière à l’égard des ovaires. Viennent ensuite les Plagiostomes , dont les oviductes et les conduits déférens sont beaucoup plus longs, et chez lesquels les premiers de cescanaux s’ouvrent en haut , près du foie , vis-à-vis des ovaires , circonstance dont je reparlerai encore plus loin. Enfin l’oviducte finit par disparaître tout-à-fait , et la cavité abdominale reçoit les œufs tombant des ovaires lamelleux, pour les transmettre au dehors, à la faveur d’ouvertures particulières, qui du reste s’observent déjà dans l’Esturgeon , les Raies et les Squales, où elles semblent cependant être plutôt destinées à permettre l’entrée de l’eau dans la cavité abdominale, pour y servir à une sorte de respiration intestinale. J’ai le premier décrit cette dernière forme dans la Truite , et je la- retrouve aussi dans le Saumon. Les ovaires de la Truite , assez peu volumineux hors de l’époque du frai, sont situés très-haut, près du foie, et les œufs qu’ils contiennent, au lieu d’être tous au même degré de développemént, comme dans le Brochet, la Carpe, etc., sont de différentes grosseurs. Lorsqu’ils sont arrivés à maturité , c’est-à-dire que leur volume égale presque celui d’un pois , ils se détachent des lames transversales de l’ovaire en quelque sorte ouvert par devant , et tombent dans la cavité abdominale, qu’on trouve fréquemment

\t)Zweiter Bericht des anatomischen Anstalt zu Kcenigsberg,'ÿSi^-^o. .

Medicinische Zoologie ftàm.W ,'ÿag. So.

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