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4l8 TKÂITÈ d’anatomie COMPARÉEr
comme étant la source ou la matrice des reins et des parties génitales. Leur orifice est situé dans une paire de plis, sur les côtés de l’urètre (pl. xx, fig. xni, a); de là ils gagnent le col de la matrice , qu’ils traversent , pour aller se perdre supérieurement vers les cornes de cet organe et les ovaires (fig. xin , b) (1).
4° Organes externes de copulation. Chez les Oiseaux , dé même que chez quelques Reptiles et Poissons , la dernière dilatation du canal intestinal e cloaque) servait encore d’organe copulateur externe dans les femelles , tandis que , chez la plupart des Poissons , l’ouverture des organes urinaires et génitaux était déjà séparée de l’anus , mais située derrière lui. Dans les Mammifà*es , cette ouverture est également distincte de celle du rectum , mais elle est placée au devant. L’Ornithorhynque , l’Éehidné et le Castor font cependant exception sous ce rapport; car, chez eux, les orifices du vagin et du rectum sont de nouveau confondus ensemble. A cette conformation se rattache celle des Tardigrades , des Édentés (suivant Cuvier) et du Phoque ( selon Meckel ), chez lesquels non-seulement les ouvertures du vagin et du rectum sont très-rapprochées l’une de l’autre , mais encore l’urètre et le vagin se confondent ên un seul canal. Ce dernier état de choses a lieu aussi dans les Monotrèmes , les Fourmiliers et les Marsupiaux , où l’orifice urétral se trouve presque immédiatement auprès de celui de la matrice , et où par conséquent les voies génitales s’ouvrent dans les voies urinaires , tandis que l’inverse a lieu chez d’autres Mammifères , où l’urètre aboutit à l’issue du vagin , comme chez la femme. Je ne puis omettre de signaler l’analogie remarquable que la première de ces conformations établit avec ce qu’on observe chez
(r) Voyez à ce sujet une note dé BlaînvilJe sar les doubles canaux delà matrice des Mammifères parongulés, dans Nowif, Btûl, des Sc, de la Soc, pMlom., juillet , 1826.
ÔRèÀKÊS GÉNITAtli.
quelqtiës Poissons (§ 840), où roviducte s’insère dans Turetèrë de sdii côté. L’orifice ùrétràl de l’Ourse et dé laGenette ést situé encore très-haut dans le vagin (1) ; mais le canal de l’urètre perce le clitoris chez les Makis.
Le clitoris , rudiment de là vèrge , paraît ëiistèr chez toutes les femelles de Mammifères. On le retrouvé même dans les Cétacés et dans rOrnithorhyrique (2). Il à un vôhimé considéràhle Chez les feméllês voluptueuses des Singés. On rencontré un os dans son intérieur chez les Chattes et lés femelles dé quelques Rongeurs , de même que , d’après Cuvier , dans l’Ourse et la Loutre. Il est bifurqué dans les' Marsupiaux , cé qui le fait ressembler à la verge des mâles.
L’àbsenCe -des nymphes et de l’hymen établit Une différence importante entre lesi organes copulatéurs externes dès fémelles de Mammifères ét ceux de la femme. Dans quèlqüës espèces , telles qué le Mahati , l’Hyène , lé Daman , plüSieurs Singes , etc. , l’hymen ést remplacé , mais toujours d’uhë manière incomplète , par des rétrécissemens müsculéui GU par des replis cutanés.
5^ Organes noïtrrîciéirs éxtefnés. Ils comprennent léS mâmëllës et la poche qui les entoure dans lés Mârsüpiaüx. C’est pour la première fois que nous les rencontrons sous cette forme dans la série animale , quoique la nutrition des petits dans les cellules dorsales du Pipa et leur alimentation par un liquide sécrété dans le jabot des Pigeons soient déjà des phénomènes analogues à ceux qu’ils produisent , et qué la fonction dont ils sont chargés se rattache d’une manjère intime au passage des petits ou des œufs d’un organe nourricier interne dans uh autre extérieur , que nous avons déjà
(1) Voyez les Ëgares de Dàubenton, dans Bufpok, üUu nat. , vol. VIII , pl. 33, vol. IX, pl. 37. — Dn reste, le vagin des Mammifères n’offre ordinairement que des plis longitudinaux , et il est rare d’y trouver des plis transversaux.
(2) Ho*ie,-PAi7o5, ,1802, pag. 327.
4^0 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
observé fréquemment chez les animaux des classes inférieures. Les organes incubateurs des Oiseaux peuvent également être considérés comme le rudiment de ceux dont nous allons nous occuper.
Nous avons à considérer , dans les mamelles des Mammifères , les différences qu elles présentent sous le rapport de la structure , de la configuration et de la situation.
Leur structure est celle des glandes conglomérées, comme chez la femme. Seulement les sinus ou réservoirs du lait, c’est-à-dire les dilatations des conduits lactifères , sont beaucoup plus amples. Ainsi , par exemple , dans la Vache , huit à dix troncs galactophores principaux aboutissent au réservoir du lait (pl. XX, fig. XIX , a). Rapp (1) a trouvé aussi, dans le Dauphin , que le conduit excréteur suivait l’axe de la glande (2) , et qu’il était assez large à son extrémité pour permettre d’y introduire deux doigts. Les glandes mammaires de l’Ornithorhynque , dont on doit la découverte à Meckel ( pl. xx , fig. xvii) , ont une structure fort remarquable ; elles se composent d’environ cent cinquante espèces de cæcums aboutissant à une ouverture médiane (3) , et ne sont par conséquent pas plus que celles des Dauphins conformées de manière à permettre la succion. Je dois signaler encore un appareil musculaire particulier qui s’étend sur les mamelles de plusieurs Mammifères. Ainsi, dans les Dau-
(i) MeckÊl’s Alchiv , i83o, pag. SSg.
(a) Il est probable qne, comme l’a déjà dit Aristote , le lait des Cétacés sort de Ini-même da condnit lactifère principal , que la pression exercée par nn muscle particulier, dont je parlerai tout à l’heure, est la seule circonstance qui contribue à son émission, et que le petit, qui nage à la suite de sa mère, l’attire avec l’eau dans sa bouche. Ce phénomène pourrait rappeler la fécondation des œufs de Poissons, qui s’opère dans l’eau, frayez à ce sujet, Geoffroy SAiNX-HruAiRE . 'Mémoires sur la structure et les usages des glandes monotrémiqnes , et en particulier sur ces glandes chez les Cétacés. Paris , i834 ,in-8.
(3) Ornithorhynchi anatome f pag. 5^.
onGÀHES GÉNITÀtJX.
phins , Rapp a trouvé ces organes couverts extérieurement d’une expansion musculeuse très-forte , évidemment propre à les comprimer et à en exprimer le lait. Les glandes mammaires des Marsupiaux sont conformées de la même manière , du moins dans le Kanguroo , suivant Geoffroy Saint-Hilaire (1). Enfin, Meckel dit aussi que celles de rOrnithorhynque sont placées entre le pannicule charnu et le muscle oblique du bas-ventre. Mais la conformation du petit , dans ces trois familles , les Cétacés , les Monotrèmes et les Marsupiaux , prouve que l’excrétion du lait doit résulter d’une action exercée par le corps de la mère elle-même.
Envisagées sous le rapport des diversités qu’elles présentent dans leur configuration, les mamelles permettent qu" on établisse une cértaine analogie entre elles, la membrane externe de l’œuf et le placenta. Nous verrons plus loin que le placenta manque chez quelques Mammifères, mais qu’il existe chez la majorité de ces animaux , et que , dans les espèces supérieures , il finit par ne plus constituer qu’une seule masse. De même, les glandes mammaires sont d’abord aplaties et largement étalées à la surface abdonàinale, sans former de mamelles proprement dites, comme dans les Cétacés et les Monotrèmes; puis, comme dans les Marsupiaux , il se développe périodiquement , sur cette surface, des mamelles en nombre correspondant à celui des petits , ayant la forme de longs appendices vermiformes pénétrant jusque dans la gorge de ceux-ci, qui s’y trouvent suspendus , de même qu’à une sorte dé cordon ombilical , dans la poche produite par un plissement particulier des tégumens du ventre. Souvent aussi , entre autres dans les E.uminans , il arrive que , comme l’embryon est pourvu de plusieurs cotylédons ou placentas , de même le petit peut
{x) Annales des Sc. nat., tom. IX, 1826, pag. iSy. Voyez aassi ses Etudes progressives d’un naturaliste. Paris, i835, in-4 , pl. 2 , poar les organes mamellaires des Cétacés, et pl, 6 poar''eeDX de la Marmose.
4^2 traité d’anatomie comparée.
disposer de plusieurs mamelles , dont on compte , par exeniple, quatre, et souvent encore deux autres plus petites, dans la Vache. Enfin , dans les Singes et les Chéiroptères, on ne trouve plus qu’une seule mamelle de chaque côté de la poitrine , et alors le corps de la glande mammaire fait une saillie arrondie à l’extérieur.
A l’égard de la situation des mamelles , ce qu’il y a de plus remarquable , c’est qu’elles se portent peu à peu et graduellement des parties génitales externes au thorax, circonstance bien propre à rappeler la connexion intime que taint d’autres phénomènes annoncent exister entre l’appareil de la respiration et celui dé jà génération. Suivant Hunter (1) et Rapp (2) , les mamelles des Mammifères pisciformes sout situées dans deux replis sur les côtés des grandes lèvres {pl. XX, fig- XI). On trouve ces organes à la région inguinale dans les Marsupiaux , où ils sont entourés d’une sorte de matriôe extérieure , c’est-à-dire d’un sac soutenu par des os particuliers , pourvu de plusieurs muscles et muni d’une ouverture longitudinale, qui, à l’époque de la parturition, se rapproche de l’orifice du vagin , pour recevoir les foetus non à maturité qu’expulse la matrice. La situation des mamelles est la même dans les Ruminans et les Solipèdes. On en peut dire autant, du moins en partie, des Rongeurs, parmi les mamelles plus nombreuses desquels il y en a toujours quelques unes qui occupent la région inguinale. Celles des Phoques et des Pachydermes sont placées au ventre, excepté dans l’Éléphant, qui a des naamelles pectorales, ainsi que le Lamantin. Les Carnivores, munis de plusieurs paires de mamelles , en ont aussi quelques unes à la poitrine. Enfin, les Ohéiroptères et les Singes sont dans le Blême cas que rhomrae , c’est-à-dire qu’ils ont une paire de mamelles pectorales.
{i) PhUos. Trans,, 1787, pag. 445;
(ü) £oc. de.
ORGANES GÉNITATJX.