‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 63 sur 71 · V b. Organes mâles · texte numérisé non relu

V b. Organes mâles

Les organes mâles des Mammifères diffèrent également de ceux des animaux compris danslesclassesprécédentes, én ce qu’ils sont davantage séparés du canal intestinal, l’urine et la semence ne s’écoulant plus , en général , par l’anus , mais par un canal particulier , que nous avons déjà rencontré d’ailleurs chez quelques uns des animaux placés aux degrés inférieurs de l’échelle. Du reste , il y a toujours un parallélisme bien manifeste entre ces organes et ceux de l’autre sexe. Ils se composent de testicules , de canaux déférens , de vésicules séminales et de verges , à quoi l’on doit encore ajouter un rudiment de matrice , ou unè prostate , et des rudimens de mamelles.

1“ Testicules. Les testicules des Mammifères diffèrent surtout de ceux des autres Céphalôzoaires par le Caractère plus manifestement fibreux de leur parénehyme , qui est formé de circonvolutions vasculaires , et que contribue à soutenir un repli interne de l’enveloppe ( corps d’Highmore), dont la trace s’aperçoit même déjà quelquefois à l’extérieur , principMement chez divers Rongeurs , sous la forme d’une ligne flexueuse de couleur plus foncée (pl. xx, fig. v, F'). Du reste , le volume et la situation de ces organes varient beaucoup plus que leur structure intime.

Chez les Mammifèses mférieurs , et surtout chez les Rongeurs , ils ont un volume considérable , qui rappelle la grosseur des testicules dans la classe des Poissons.

A l’égard de la situation , on ne peut pas non plus méconnaître , sous ce rapport , un certain rapprochement avec des formations inférieures. En effet , chez les Pinnipèdes , le Daman , l’Éléphant , l’Ornithorhynque ( pl. XX, fig. iX , p ) et l’Échidné , les testicules sont toujours , comme ceux de l’embryon humain , logés dans la cavité abdominale , auprès des reins. Quant aux autres Mammifères , leurs testicules sortent

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du ventre à une certaine époque de la vie ; mais tantôt ils y rentrent quand le besoin de l’accouplement se fait sentir et qu’eux-mêmes augmentent alors de volume, comme chez la plupart des Rongeurs, les Rats (pl.xx, %. v, f *), les Souris, les Écureuils , les Castors , etc. , et les animaux qui s’en rapprochent pour la forme et le genre de vie , tels que le^ Musaraignes , les Taupes , les Hérissons , les Chéiroptères ; tantôt ils restent toujours hors de la cavité abdominale , et alors ils sont logés soit seulement sous la peau de la région inguinale, comme dans la Loutre , suivant Cuvier (1) , ou du périnée , comme chez le Cochon , soit dans un sac particulier , appelé scrotum , et suspendu à la partie postérieure ou à la partie antérieure du bassin, ce qui est le cas du plus grand nombre des autres Mammifères.

Du reste , la sortie des testicules s’effectue de la même manière que dans le fœtus humain (2). L’organe , entouré par un repli péritonéal qui le retient (3), descend à travers une fente des muscles abdominaux ( anneau inguinal ) , dans une sorte de sac herniaire formé par le péritoine. Quelques faisceaux des fibres de ces musclés l’accompagnent dans sa descente , constituent son muscle releveur ( cremaster ) , et font prendre au sac péritonéal la forme d’un canal ( canalis tunicœ vaginalis propriæ testis ) , qui ne tarde pas à s’oblitérer chez l’homme , mais demeure perméable chez tous les Mammifères où on l’a examiné. Ce canal a un diamètre très-considérable , surtout chez les [Mammifères , tels que les Rongeurs , dont les

(l) La même chose a liea aussi, selon Cuvier, dans le Chameaa, on Emmert a cependant aperça un scrotnm bien marqué ( Salzburger mediziniscke Zeitung , 1817, n° 35).

(a) Voyez à ce sujet un beau travail de Seiler, De descensu tesüculo-' mm, 1817.

(3) Lorsque les testicules ont un volume proportionnel considérable , comme par exemple dans le Rat, la glande et le cordon spermatique sont maintenus, de même que la matrice delà femelle, par une sorte de mésentère.

OUeÀKES GÉNITAUX.

testicules sont sujets à rentrer périodiquement dans le ventre (1). Lorsque l’organe remonte, en efîet , son muscle élévateur se retourne sur lui-même , ainsi que le sac péritonéal , à peu près comme la corne d’un Limaçon , et ce muscle constitue alors ce qu’on appelle le ligament dirigeant ( gnt&erwacwlum, Hunteri)-, on n’ aperçoit plus ensuite , à l’extérieur^ qu’un enfoncement ovale et infundibuliforme , aux bords duquel aboutissent les fibres du muscle retourné , dont les contractions ramènent plus tard le testicule au dehors (pl. xx ,

2^ Canaux déférens. Chez les Mammifères , comme chez l’homme , les vaisseaux excréteurs de chaque testicule ne tardent point à se réunir en un canal commun, qui, situé le long de cet organe et très-replié sur lui-même , porte le nom d’épididyme.'Le volume de l’épididyme est ordinairement

(l) C’estjin phénomène ti-ès-reniarqnahle sous le point de vue physiologique , et qui me paraît être surtout e's.pliqné par une analogie avec ce qu’on observe dans le corps de la femelle. En effet , le testicule peut être considéré comme l’œuf élevé à une plus haute puissance d'organisation, et déjà précédemment j’ai signalé l’analogie qui existe entre ces deux parties , notamment chez l’Oiseau. Or, comme l’œuf passe souvent d’nn organe intérieur dan^ un organe extérieur, mais qu’il est destiné à être constamment expulsé dn corps , la même chose a lieu aussi pour le testicule, et c’est seulement lorsque l’activité productive vient à être vivement excitée, que nous le voyons, chez quelques animaux, se rapprocher des organes centraux de la reproduction. L’endroit où s’opère la sortie du testicule n’est point non plus sans importance , car l’anneau inguinal peut être comparé à la fente inguinale des Raies et autres l'oissons , dont nous avons vu que la destination se rattachait également à l’émission des œufs , et le gouvernail de Hunier pourrait être alors considéré comme le bord de cette ouverture prolongé , renversé en dedans , et attaché plus à l’épididyme qu’au testicule lui-même. Du reste, cette circonstance, que l’épididyme (conduit séminal contourné) est embrassé par le gouvernail , comme une partie de Vovlducle (c’est-à-dire la pointe extrême de la matrice) l’est par le liganient rond, fournit une nouvelle preuve en faveur de l’analogie que j’ai déjà indiquée entre ces deùjt derniers organes.

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proportionné à celui du testicule lui-même. C’est pourquoi, dans les Rongeurs , par exemple ( pl. xx, fig. V, g, 1 ), il est très-gros , et forme inférieurement une petite tête. D’ailleurs il adhère moins au testicule que chez l’homme , particularité que Cuvier signale également dans les Marsupiaux, et Home dans rOrnithorhynque. Meckel a trouvé le canal deTépididyme tellement contourné, chez ce dernier animal, qu’après avoir été développé , il pouvait avoir environ trois pieds de long.

Les canaux déférens eux-mêmes se comportent presque entièrement comme ceux de l’homme , quant à leur marche et à leur insertion dans le col de la vessie , qui rappelle d’ailleurs que nous avons vu , chez l’Ornithorhynque , la matrice s’ouvrir des deux côtés de la vessie. Seulement ils sont plus contournés (1), et à parois plus minces , lorsque les testicules demeurent cachés dans la cavité abdominale. On doit encore avoir égard aux dilatations qu’ils présentent quelquefois avant de s’insérer au col delà vessie. Ces dilatations existent surtout dans les Solipèdes , dans les Ruminans, et, selon Cuvier, dans l’Éléphant. Elles ressemblent parfaitement à celles que nous avons déjà considérées , dans les classes précédentes et notamment chez quelques Poissons, comme les représentans des vésicules séminales. Elles n’ont pas uniquement pour effet d’accroître la capacité du conduit ; car, à l’endroit où elles existent , les parois de ce dernier sont fort épaisses et glanduleuses , et sa face interne est partagée en cellules.

3° Vésicules séminales oX. Prostate. Nous avons déjà trouvé, dans les femelles de Mammifères , qu’en se réunissant et se renflant entre la vessie et le rectum , les oviductes donnent naissance à la matrice , réservoir et en même temps orgàife

(l) Par là ils se rapprochent Leancoap (par exemple dansl’Ornithorhynqae, pl. XX , fig.ix, e) des conduits déférens des Oiseaux, dont les flexuosités sont très'serrées les unes contre les autres, et qui descendentle long des uretères.

OH&iNES GÉNITAUX. 4?7

(Je sécrétion pour le fœtus. Dans les mâles , nous apercevons au inême endroit des réservoirs du sperme et des organes sécrétoires , et , en voyant les uns et les autres tendre à reproduire la forme de la matrice, nous sommes obligés de les considérer eux-mêmes comme des rudimens de cet organe femelle. Du reste , çes organes varient beaucoup pour la forme , quoique , en général , Us aient de commun avec la matrice d’être partagés en çprnes latérales, et les anatomistes lie s’accordent pas tous ensemble à l’égard des noms qu’Uà leur imposent. Les vues que je viens d’émettre me paraissent très-propres à faire disparaître les contradictions qui régnent sur leur compte.

Des vésicules séminales communiquant immédiatement avec les canaux déférens , comme celles de l’homme, se trouvent , sans aucun ordre apparent (1) , chez les Mammifères , notamment les Singes, les Chéiroptères , les Rougeurs , les Taupes , les Hérissons , les Pachydermes et les Solipèdes.

Il n’y en a point chez les Pinnipèdes ( le Manati excepté), qui sont trop voisins dee Reptiles et des Poissons , non plus que dans les Mpnotrèmes, la plupart des Ruminans , iesMarsupiaux , et enfin les Carnivores , dont le système musculaire très développé rappelle si bien les Oiseaux. Elles sont surtout très-volumineuses chez les Rongeurs. Celles du Cochon d’Inde 5 par exemple , représentent deux longues cprnes , recourbées en dehors, et fixées par un mésentère particulier, qui rappellent manifestement la forme de la matrice des femelles. Celles du Rat, au contraire, ressemblent davantage Ù une crête ( pL xx , fig, v, k ). Elles ont également un volume considérable d.ans le Hérisson, où elles se composent de huit à dix faisceaux , qu’on est obligé d’écarter les uns des autres pour apercevoir la vessie urinaire, beaucoup

(i) Haller (Elem. phys. vol. "VU, pag. 455) çroit tju’elles sont particulières surtout quàdrupedibus non ttalde ferocihus, neque a carne eerte sala viventîbiis ; mais les causes de leur présence ou de leur ahsençe sopt certainement plus profondes.

4a8 TRAITÉ d’awàtomie comparée.

plus petite , qui se trouve parmi eux. Dans d’autres Mamraii|ères , le Cochon , par exemple , elles ressemblent extérieu' rement à des glandes, ce qui semble confirmer l’opinion de Hunter , qui les considérait moins comme des réservoirs que comme des organes sécrétoires.

L’analogie spéciale de la prostate avec la matrice s’annonce surtout par l’existence de cette glande chez tous les Mammifères mâles ( fig. v, m ), car Meckel a démontré que , dans ceux à qui Cuvier la refuse , on devait considérer comme telle les organes auxquels il donne le nom de vésicules séminales accessoires. Du reste , sa forme et son volume varient beaucoup. Elle est très-grosse dans le Hérisson , où elle se partage en quatre lobes , et daus les Ruminans , où elle a été considérée quelquefois comme vésicule séminale. Elle se termine par deux cornes dans les Écureuils et les Carnivores. Les Phoques et la Loutre l’ont très-peu développée , d’après Cuvier.

4° Ferge. Les animaux des classes précédentes manquaient fréquemment d’organe copulateur mâle. Tous les Mammifères en sont pourvus , mais les formes qu’il affecte chez eux reproduisent souvent d’une manière frappante celles qu’il offre chez les animaux inférieurs. Parmi ces formes transitoires je citerai d’abord la verge de l’Ornithorhynque et de l’Échidné, qui rappelle celle des Oiseaux et des Tortues, parce qu’elle est située dans le cloaque, et qu’au lieu de loger dans son intérieur l’urètre , qui s’ouvre à sa base, dans le cloaque lui-même , elle ne renferme que le canal excréteur de la semence (1). Ce canal , qui n’a qu’un très-petit calibre, estd’a-

(i) Home a déjà décrit (Philos. Trans., 1802) la verge dél’Échidné et de l’Ornithorhynqne comme étant perforée pour livrer passage au moins à la semence. Cuvier a prétendu que celte observation était inet^acte 5 mais Meckel en a constaté la justesse (Ornithorhynchi anatome, pag. 5i). II résulterait même des recherches plus récentes de Duvernoy que chaque moitié du glatid est percée de quatre petits conduits,

ORGAiSES GÉNITAUX.

bord simple, et il se divise seulement à son extrémité en deux branches aboutissant aux deux papilles de la verge ( pl. XX , fig. X , P ). On peut rapprocher de cette forme celle de la verge du Castor ( 1) , également située au bord du cloaque , qui verse l’urine dans cette poche , mais qui d’ailleurs est perforée dans toute sa longueur. Cependant comme une telle verge est toujours entourée d’un prépuce , qui l’enveloppe de toutes parts , elle représente l’analogue parfait d’un col utérin faisant saillie dans l’intérieur d’un vagin. Il faut encore ranger parmi les verges rapprochées de celles des animaux compris dans les classes précédentes , celles qui se terminent par une bifurcation, dont chacune des deux- branches offre un demi-canal à sa face interne , et à la base de laquelle s’ouvre l’urètre. Cette conformation s’observe dans la Sari-^ gue , ainsi que dans quelques autres animaux à bourse , et , de même que les deux papilles qui garnissent la verge des Monotrèmes , elle rappelle la double verge de plusieurs Reptiles. Enfin les épines squamiformes dirigées en arrière qui garnissent le gland d,e quelques Mammifères , ceux du genre Chat , par exemple , et qui sont surtout très-fortes dans le Cochon d’Inde , peuvent être regardées comme des répétitions de conformations analogues qu’on observe principalement dans les organes copulateurs des Insectes.

Si la verge , envisagée d’une manière générale et sous le point de vue de ses parties essentielles , ressemble , chez la plupart des Mammifères , à ce qu’elle est chez l’homme, elle s’en écarte sous plusieurs rapports , lorsqu’on descend aux détails. Ainsi , par exemple ^ chez tous les Mammifères , comme chez l’homme , les deux corps caverneux sont indi- ' qués par la double racine de la verge; mais la cloison qui.les sépare l’un de l’autre manque quelquefois , par exemple dans

(i) Voyez Bonn, Anatome castoris, Leyde , 1806, pag. 4i. — On trouve nne figure très-complète des parties génitales mâles du Castor dans Brandt etRATZEBORG, Medicinhche Zoologie, tom. I, pl. iv. — Il est donc impos* sible dé juger à rextéricnr du sexe de cet animal.

4^0 traité d’anatomie comparée.

les Pinnipèdes , les Solipèdes , les Ruminans , la Sarigue , ete. Quant à la structure de cés corps , il est plus facile , chez les grands animaux que chez l’homme , de reconnaître qu’ils sont composés de plexus veineux (1) , et non de cellules. Cuvier s’en est assuré dans l’Éléphant , et Tiedemann dans lé Cheval (2). '

L’urètre est souvent soutenu par un os particulier , dont j’ai déjà parlé en traitant du splanchnosquelette , et le long duquel il lui arrive même quelquefois , par exemple chez lé Chien, d’être loge commedansunegouttière(pl.xx,%.xir). Cet os est très^volumineux dans les Cétacés et quelques Carnivores , plus petit dans les Singes , les Chats et les Rongeurs. On n’en trouve aucune trace , d’après Cuvier , dans les Ongulés , le Dauphin et l’Hyène. Son extrémité est souvent garnie d’une épiphyse cartilagineuse , qui presque toujours forme une grande partie du gland.

Quant au gland , outre les épines et écailles dont j’ai déjà fait mention , il olfre fréquemment des renflemens on dés saillies particulières à son extrémité , qui se termine pour la plus grande partie en manière de cône. C’est ce qu’on voit dans le Rhinocéros et le Cheval.

La verge est ordinairement couverte par un prépuce. Cé dernier lui-même est si intimement uni aux tégumens coüimuns , chez un grand nombre de Mammifères , qu’il constitue un véritable fourreau adhérent au périnée ou à la face ventrale. Tel est le cas , par exemple , des Rongeurs , dont l’ouverture du prépuce se trouve au voisinage de l’anus , et dont la verge , dans l’état de flaccidité , se dirige vers la partie postérieure du corps , soit en lignç droitp , soit en décrivant une double courbure , comme une S , quoiqu’elle së tbürne en avant pendant l’érection. Quelque chose d’analoguë

(i) Ces plexus veineux rappellent , d’une manière remarquable, les plexus veineux de la matrice.

(a) Meckel’s A'rchiv, tom. II. — Panizza s’en est convaincu aussi chez le Chien ( Osservaüoni antropo-zooiomîco-fisiologiche, Pavie , i83o, in f’).

ÔRGiHÈS GÉNITÂTJît. 4^1

a lieu dans les Chats et lé Chameau. Mais, chez ta plttpartdes autres Mammifères , le fourreau de la verge tient a la peau du ventre , et se dirige du côté de l’ombilic. Il n’y a d’exceptions que pour lés Quadrumanes et les Chéiroptères , dont la verge pend au devant du pubis , comme chez l’homme. Toutes èés dispositions sont tantôt motivées , tantôt modifiées par des musclés particuliers appartenant soit à la verge , soit au prépuce.

' c. Sécrétions qui ont rapport à la fonction sexuelle.

J’ai déjà êu l’occasion de dire que la fonction génitale est en elle-même excrétoire , ce qui explique comment elle se rattache d’une manière intime à celle de la respiration , comment les organes respiratoires se répètent , sous la forme d’appareil urinaire , dans le cercle des organes génitaux ^ comment enfin ces derniers eux-mêmes , ceux surtout du sexe masculin , ne représentent en réalité que de simples organes sécrétoires , dirigés , il est vrai , par une modification particulière du toucher. Et si déjà les classes inférieures ont offert des organes propres à verser dans leur appareil génital des sécrétions autres que celles qui s’y produisent à l’ordinaire , la même chose a lieu aussi chez les Mammifères , et particulièrement chez les mâles. Mais ces sécrétions semblent répéter surtout celles que nous avons observées déjà à l’ extrémité inférieure du canal intestinal. Aussi trouvons-nous , ici comme là, non-seulement des glandes globuleuses , appelées glandes de Covsrper , qui s’ouvrent dans l’urètre , mais encore de grands sacs glanduleux ( § 584) , dont les orifices aboutissent la plupart du temps au prépuce.

Les glandes de Cowper n’existent pointdans lesPinnipèdes, la Loutre , les Solipèdes , quelques Ruminans , et un petit nombre de Carnivores , tels que l’Ours et le Raton , d’après Cuvier. Chez la plupart des autres Mammifères , ceux surtout qui ont des glandes anales fort développées , elles sont fré-

43^1 traité d’anatomie comparée.

quemment plus grosses que dans l’homme. Tel est principalement le cas des Chats , de l’JIyène et de plusieurs Rongeurs. Les Marsupiaux en ont même de six à quatre , selon Cuvier. Le Castor en a une. considérable etpyriforme , de chaque côté de l’urètre , au dessus des poches du castoreura.

On peut ranger parmi les glandes préputiales les poches qui sécrètent le castoreum et l’huile dans le Castor , quoique ces organes , les derniers surtout , appartiennent autant au cloaque qu’au prépuce , et fassent bien sensiblement le passage aux poches anales, telles qu’on les trouve dans l’Hyène. Mais ces organes existent aussi bien chez les femelles que chez les mâles. Inférieurement , des deux côtés du cloaque , sont les poches à huile , dont chacune a deux lignes4e long, sur une ligne et demie de large , et dont les parois sont plutôt membraneuses que glanduleuses. Plus haut , près du canal préputial , se voientles poches du castoreum , qui sont un peu plus grosses et également pyriformes ; leur surface interne présente de larges plis , et leurs parois sont plus glanduleuses que celles des précédentes. Comme celles-ci, elles s’ouvrent en dedans par de larges orifices. On aperçoit ces deux organes aussitôt après avoir enlevé la peau comprise entre la queue et l’arcade pubienne , et elles sont couvertes par une forte couche d’expansions musculaires particulières (1).

A la même classe d’organes se rapportent les poches qui sécrètent le musc dans le Moschus moschiferus. Ces sacs , situés au voisinage de l’ombilic , vident également leur contenu dans le prépuce. Suivant Pallas , \ Antilope gutturosa pourvue d’une poché: analogue. Les recherches exactes de Brandt et Ratzeburg (2) nous ont appris que la verge ànMoschus , située le long du ventre , où elle décrit plusieurs courbures , est entourée d’un prépuce lâche , à l’extrémité du-

(i) On trouve une description et une figure exactes de ces organes dans Euahdt et Ratzeburg, Mediciniscke Zoologie, tom. I, pag. ao et i36,

pl. IV.

(a) toc, cit,, pag. 45, p], vMi,

organes génitaux. 2^33

quel derrière l’ombilic, pend la bourse du musc , qui a près de deux pouces et demi de long , sur vingt- et-une lignes de largeur et de profondeur , et qui ne s’ouvre au bord dn prépuce que par un petit orifice situé a l’ extrémité d’un canal. ■

On- trouve des poches glanduleuses analogues chez les Rongeurs ( le Rat , par exemple , pl. xx , fig. v , n ) , des deux côtés du prépuce, dans la Civette (1), et même , quoique plus petites, dans la plupart des Mammifères, sans excepter l’homme.

Les glandes inguinales des Lièvres doivent également être rapportées ici.

Ces glandes, tantôt n’existent pas chez les femelles , comme, par exemple , les bourses odorantes du Moschus , tantôt y sont plus petites.

Si nous jetons un coup d’œil général sur le développement du système génital dans la série des animaux , nous voyons que, de toutes les branches de la sphère végétative c’èst celle-là dans laquelle on observe le plus manifestement des degrés divers de perfection chez un même individu. Là raison en est , d’un côté , que ce système est le siège d’une modification spéciale du toucher, dont l’analogie avec le sens du goût ressort non-seulement des considérations p’hysiologiques qui s’y rattachent , mais encore de la forme semblable à celle d’une langue qu’affectent les véritables organes côpülateurs ; d’un autre côté , que, la fonction génitale ayant une grande importance , puisque la reproduction du corps animal entier repose sur elle, c’est aussi à des organes très-pàrfaits qu’elle doit être confiée. Ainsi donc , si le premier .de ces deux motifs a déjà rendu les organes gustatifs plus développés et plus parfaits chez l’homme que chez les amniaux , les deux causes réunies font aussi que les organes sexuels ont

(i) £oc. C(V,, loin, I, pl. II.

434 TRAITÉ d'anatomie comparée.

acquis un plus haut degré de développement dans l’espèce humaine.

Nous en trouvons la preuve matérielle , 1“ dans la situation des organes sexuels qui , par la forme des parties molles et par celle de la cavité génitale osseuse , c’est-à-dire par l’inclinaison moins grande du bassin, permet un mode d’accouplement rare chez les animaux , où , lorsqu’il se rencontre , il tient toujours à une imperfection du reste de l’organisation (1)^ 2? dans la sensibilité exquise dont Jouit le tissu papillaire de la peau du gland , dans la présence des petites lèvres et des plis transversaux du vagin , dont le plus antérieur est en même temps un signe de virginité^ 3" dans la conformation des ovaires , qui contiennent plutôt virtuellement que matériellement les principes destinés à produire le nouvel être , puisque l’œuf ne s’y développe pas jusqu’au point d’arriver àune vie indépendante; 4° enfin, dans celle de la matrice, dont la forme simple et globuleuse rappelle le type spécial des organes de la sensibilité , en même temps quelle semble être la cause de la noble sphéricité des seins (2).

Quant àla preuve idéale de la supériorité de l’homme, sous le rapport de l’organisation du système génital , elle nous est fournie par ce fait important que l’excitation des désirs ne se rattache plus uniquement à l’organe , mais tient à la beauté de la forme générale du corps , et surtout par cette autre circonstance que le grossier appétit vénérien de l’animal s’énnoblit en prenant le caractère de l’amour.

(i) Ainsi, par exemple, il est probable qne les Castors et les Baleines s’accouplent par devant; mais tous deux le font à cause du grand développement de leur colonne vertébrale caudale, et les premiers parce qu’ils ont un cloaque.

(a) Comparez à cd sujet ce que j’ai dit précédc:nmenÇ(§ SSg ) du sens qu'on doit attacber à la situation des mamelles sur la poitrine,

DÈVELOFPEMEÎIT de l’oEGAHISME IKDIVIDüEL. 435

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