Snthelmîntbes
J’ai déjà dit plus d’une fois que les animaux articulés des espèces inférieures se confondent avec les Oozoaires d’une manière aussi parfaite que le font les Mollusques apodes. ^ Souvent , en effet , l’occasion s’est présentées de considérer les Enthelminthes comme de véritables Oozoaires, et les organes de la nutrition nous en fournissent une nouvelle.
En ce qui concerne l’ingestion des substances alimentaires, elle a lieu généralement par des suçoirs , dont il nous arrive même quelquefois de retrouver plusieurs , comme chez les Rhizostomjês. Tel est le cas, par exemple, des Vers cystiques. qu’on rencontre fréquemment dans le cerveau des Bre- (i) Mtmoir on ihi pearly Nautilus, Loiidies, iSSa , m-4.
20 TRAÏTÉ d’anatomie comparée.
bis ( Cœnurm), dont la vésicule pleine d’eau porte plusieurs corps ou cols articulés, susceptibles de rentrer en eux-mêmes comme les cornes du Limaçon ( pl. v, fig. ii ) , et dont 1ê( tête est pourvue de quatre suçoirs entourés d’une couronne de crochets. Ces animaux n’ayant point non plus d’intestin proprement dit, on peut considérer leur organisation comme une répétition de celle des Rhizostomes , ou voir dans les divers cols ou corps de la vessie autant d’animaux à part, dont la nutrition s’opérerait alors en commun , comme celle des Polypes qui habitent les Pennatules (§ 489).
Mais le rapprochement le plus intime avec les derniers Oozoaires consiste en ce que , chez la plupart des Enthelminthes, la surface entière du corps remplit les fonctions d’un organe d’absorption extrêmement actif (1).
Une chose remarquable , au reste, c’est que ces Vers cystiques , qui n’ont point d’intestin proprement dit , et qui ne possèdent encore qu’un estomac muni de plusieurs œsophages , passent peu à peu à une organisation d’un ordre plus élevé. En effet , d’abord la vésicule ( estomac ) devient plus petite , et elle n’a plus qu’un seul suçoir pourvu de quatre orifices. C’est ce qn’on observe , par exemple , dans le Cysticercuspisiformis, dont j’ai souvent trouvé d’immenses quantités renfermées dans des sacs membraneux, entre le rectum et la matrice du Lièvre. Dans d’autres espèces , le col devient plus long, plissé en travers et articulé , et il n’ offre plus de vésicule qu’à son extrémité postérieure, comme chez le Cystioercus fasciolaris , qu’on rencontre surtout dans le foie des Souris , c’est-à-dire dans une vésicule appartenant à l’organe qu’il habite (2). Mais l’anus continue toujours à manquer, comme dans les vers précédons et chez un si grand nombre de Zoophytes.
Vient ensuite l’organisation des Vers cestoïdes, qui ont une
(t) KtrüoiPHt , E^tozoorum kist. nat. , vol. I, p. 2 7 5. (
(2) Okek’s Zoo/üj/e, tom, I , pag. i44« ' ^
ORGlNES DE DA DIGESTION.
tête , suivie d’un corps articulé dont la longueur est souvent très-considérable. Leur tête est encore garnie de deux à quatre petits suçoirs , et , de plus , elle est pourvue d’une trompe armée de crochets. Des suçoirs partent de petits conduits , plutôt des vaisseaux que des intestins , qui sont unis ensemble par d’autres transversaux , et qui souvent se confondent en un seul conduit traversant le corps. On ne sait point au juste si ces Vers intestinaux ont un anus ; mais, ce qu’il y a de certain , c’est que l’intestin n’est pas le seul organe au moyen duquel la nutrition s’exerce chez eux, et qu’elle a lieu aussi à l’aide d’une absorption opérée par toute la surface du corps.
La plupart des Limacpïdes , par exemple les Echinorhynques, sont dans le même cas. Cependant, chez d’autres , tels que les Distomes , les vaisseaux qui partent du suçoir supérieur prennent déjà la forme d’un canal intestinal divisé et terminé en cul-de-sac ( pl. V, fig. I ).
Les organes digestifs sont plus parfaits dans les Nématoïdes, par exemple les Ascarides et plusieurs genres voisins. Ici on trouve un orifice céphalique simple , quelquefois entouré de plusieurs petits tubercules , mais néanmoins représentant encore un véritable suçoir. Le canal intestinal est assez uniforme et fort large ; il parcourt le corps entier , à l’extrémité postérieure duquel il se termine par un anus (pl. v, fig. iv ). Cette organisation fait manifestement le passage aux Vers libres ou Annélides, chez la plupart desquels on en rencontre une analogue.
Au reste , il y a des espèces dont les organes digestifs sont plus perfectionnés encore. Ainsi , d’après Rudolphi, on trouve , dans Y Ascaris gulosa , un pharynx , un oesophage et deux estomacs à la suite l’un de l’autre.