Nerfs cérébraux et rachidiens
Il a déjà été question de l’origine de plusieurs d’entre ces nerfs, comme aussi de l’entre-croisement des nerfs optiques. Leur distribution est la même que chez l’homme , quant aux points essentiels , et les remarques qui ont fait l’objet du § 86 attestent assez que déjà les Poissons sont soumis à cç type , même en ce qui concerne la disposition respective et la succession des paires nerveuses. Il suffira donc ici de signaler avec soin les différences les plus remarquables.
Parmi les nerfs cérébraux , l’accessoire , le facial et le glosso-pharyngien manquent; l’absence de ce dernier coïncide avec le défaut de développement de la langue , comme organe gustatif. Cependant Weber (1) a démontré l’existence du nerf hypoglosse.
Les nerfs optiques sont d’autant plus forts , que les masses optiques et les yeux ont acquis plus de développement ; aussi sont-ils larges et forts dans la Carpe , faibles dans l’Anguille. Ils se font remarquer par leur structure intérieure plissée , d’où il résulte qu’ après les avoir dépouillés de leur enveloppe, on peut les déployer comme la feuille d’un éventail fermé.
Les nerfs olfactifs forment fréquemment un tubercule avant de se terminer ; ils ont beaucoup de volume chez les Raies et les Squales , et sont creux chez ces derniers ( fig . xii , 1 ) . Plus loin , en traitant du sens de l’odorat , nous examinerons la question de savoir s’ils sont réellement ici destinés ou non à l’exercice d’une véritable olfaction.
Le nerf acoustique n’est point assez développé pour qu’on puisse le séparer avec facilité des nerfs intervertébraux proprement dits de la tôle qui l’avoisinent : aussi Scarpa
(i) t)e aure eiaudilu. Leipzick, 1 820, pag. 37.
74 traité d’anatomie comparée.
et Cuvier ne le considèrent-ils encore que comme une branche de la cinquième paire. Mais Treviranus et Weber l’ont reconnu pour un nerf indépendant , quoiqu’ils ne puissent nier ses connexions intimes avec le trijumeau.
La cinquième paire et la paire vaque portent bien manifestement le caractère de nerfs intervertébraux, car elles sortent, la première entre les vertèbres crâniennes antérieure et moyenne, l’autre entre la moyenne et la postérieure. Le nerf branchial (paire vaque) est en qénéral très-fort dans les Poissons, et ses branches se portent principalement dans trois directions. Les antérieures , qui sont les plus qrosses, qaqnent les orqanes respiratoires situés sous la tête , c’està-dire les feuillets branchiaux , dont chacun reçoit un rameau nerveux divisé en deux filets. Les moyennes sont destinées surtout aux muscles voisins. La postérieure enfin se diriqe tout-à-fait en dehors, pour marcher immédiatement sous la peau , le lonq de la paroi latérale du corps , au dessous d'une liqne visible à l'extérieur (pl. x, fiq. xxi, -.}<) , disposition qui semble se répéter dans le mode de distribution du nerf accessoire chez l'homme. Dans la Torpille, ce sont principalement les très-qros nerfs branchiaux qui fournissent les branches nerveuses destinées à l’orqane électrique dont les naqeoires pectorales sont couvertes de chaque
Cüté(l).
Les nerfs rachidiens proprement dits, ou intervertébraux, en raison du défaut de membres véritables , se distriliuent d’une manière très-simple entre les côtes et les lonques apophyses épineuses . En les voyant décrire de haut en bas , le lonq des parois du ventre, des arcs qui tendent à se rapprocher sur la liqne médiane, on se rappelle vivement la manière dont se comportent , chez les Corpozoaires , les paires nerveuses
(i) Voyez mes Tahulæ anatomiam camparadvam illustrantes^ Leipzick, 1828 , in-fol., pl. Il , Cg. X.
SYSTÈME HEUVEUX.
qui, nées des ganglions de la ciiaîne ganglionnaire, embrassent de bas entant la cavité du corps. Nous devons donc , comme dans éeltes-ci, reconnarire aussi dans les nerfs intervertébraux des Poissons une répétition , imparfaite sans doute , mais reproduite à chaque segment du corps , d:e Panneau nerveux primaire qui existe peut-être déjà dans certains Infusoires , mais qu’on rencontre à coup sûr dans îes Radiaires. d’ai trouvé les nerfs rachidiens d’une ténuité telle, dans les 'Làmproiés , que , même siir des sujets longs dé deux pieds, j’avais de la peine à les suivre hors du canal vertébral (i). Cette ténuité semble se rattacher à l’absence des côtes et dès nageoires , cotohre aussi , d’un àtitrè côté , quand les nageoires Sont fort développées , les pairès nerveûses qui y correspondent ont plus de volume (§ 89 ). On én a surtout une preuve frajpante dans les Raies , où les os de l’épaule et du bassin , îes nagèoires pectorales ét ventrales , ont acquis un développement considérable. Tandis que , chez lés Poissons Osseux, iln’y à d’ordinaire que les deux premiers nerfs 'rachidiens qui se portent énëèmlAe aux nageoires pectorales, dans
Raie, les vingt-quatre premières paîres'se réunissent, au milieu d’un canal carfilaginenx , én un cordon ou une sOrte de ■plèxùs brachial , pour fournir des ramifications nerveuses à la nageoire pectorale , et quelque dhosé d analogue a lieu ânssi pôurdav^èOire snntralé , qui né reçoit cepèndmit'qüè'neuf pàîrés.ï)ànsles Poissons Osseux , tés nerfs des nàgeOirés vehdraieshè sôntque des branches appartenantàti's; tteiTs voisins.