‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 37 sur 95 · IM · texte numérisé non relu

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Les Crépidopodes et les Cirripèdes se font remarquer par une plus grande division du dermato squelette.

Chez les premiers ( Chiton ) , on. trouve un bouclier tergal , à peu près semblable à celui des Patelles , mais partagé, dans le sens de sa longueur , en huit plaques calcaires transversales, arquées, couvertes d’un épiderme corné , et entourées d’une multitude de petites écailles calcaires. A l'intérieur existe un splanclmosquelette cartilagineux , indiqué par les dents remarquables dont la langue est garnie,, et dont Poli a déjà donné une si belle figure (1).

Parmi les Cirripèdes, les Lepas ont plus d’un trait de ressemblance- avec les Pélécypodes, sous le point de vue de leui* dermatosquelette ; car la Lepas anatîfera porte une petite valve étroite le long du dos, et deux paires d’autres valves plus grandes sur les côtés , tandis que ces dernières sont béaucoup plus petites dans les Balanes , dent le corps se trouve entouré, en arrière, par une grande pièce composée de six valves à peu près triangulaires , qui , lorsque l’animal avance en âge , se ferme aussi à sa base, de manière à produire ime cavité sphérique , à l'orifice de laquelle il ne reste plus de mobiles que les quatre petites valves indiquées plus haut. Ce qu’il y a de plus remarquable cependant, c’est qu’ici,,par une coïncidence frappante avec le rapport qui existe entre le système nerveux et celui des Hexapodes ailés , oh trouve six paires de vrais pieds, recouverts d’un dermatosquelette corné et articulé , tandis que les dents dont les trois paires de mâchoires des Balanes sont armées , indiquent le passage au splanclmosquelette (2).

(1) Testacea utriusque Siçiliee , tome !, pl. iti , Çg, g.

(2) pl. IV, fig. i3 , i4>

lao TPiAlXÉ d’anatomie comparée.

Le dermatosquelette calcaire des Brachiopodes est remarquable parce que la division transversale en bouclier tergal et bouclier ventral , qui caractérise les ^Gastéropodes , sans jamais arriver chez eux à la symétrie , se manifeste complètement ici parla présence de deux valves, l’une supérieure, et l’autre inférieure , qui ne sont pas très-inégales. Dans la Lingule, ces deux valves sont à peu près pareilles et ont une forme oblongue. Dans la Térébratule , elles sont inégales -, la supérieure est percée, et l’inférieure offre ime saillie particulière, vertébriforme, de minces lamelles osseuses, qui rappelle la charnière latérale des Bivalves , mais sur une bien plus grande échelle et disposée d’une autre manière. -

Quant aux Céphalopodes , dont le système nerveux a pris un si grand développement , comparé à celui des autres Mollusques , on doit conclure de cela seul que le développement du squelette a fait aussi de grands progrès chez eux. En effet, ces animaux, chez lesquels le dermatosquelette s’est beaucoup effacé, sont les premiers qui offrent des traces sensibles d’un névrosquelette.

Ce qui reste encore chez eux du dermatosquelette se présente sous deux formes essentielles différentes, sous celle de coquille calcaire , ou sous celle d’armes cutanées , cartilagineuses ou cornées.

La coquille de l’Argonaute ressemble à celle de la Ptérotrachée pour l’enroulement , et nous présumons que les coquilles chambrées des Nautiles , ainsi que celles des Ammonites, des Orthocératites et d’une cinquantaine d’autres geni res, provenant d’une période antérieure de la Terre, dontnous devons la description à Dessalines d’Orbigny , appartiennent ou ont appartenu également à des Mollusques Céphalopodes.

Quant aux armes cutanées , nous en avons des exemples dans les pointes cornées des bras de Y Onychoteuthis , et dans les dentelures cornées des suçoirs.

squelette.

Le névrosquelette doit naturellement être le plus complet, pour correspondre à la formation nerveuse essentielle , le collier œsophagien avec son ganglion cérébral (§65). Il apparaît sous la forme d’un anneau , c’est-à-dire d’une protovertèbre , renfermant le collier nerveux , et sa substance est celle au sein de laquelle le sy tème osseux se développe toujours dans les animaux supérieurs, c’est-à-dire quelle est de nature cartilagineuse. Cette vertèbre céphalique des Céphalopodes est faible dans les Poulpes , forte dans les Seiches et les Calmars. Le ganglion cérébral des Céphalopodes correspondant au ganglion optique ou aux tubercules quadrijumeaux des animaux supérieurs , il s’ensuit que l’enveloppe cartilagineuse qui le protège correspond aussi aux os pariétaux.

Des deux côtés de cette vertèbre céphalique on aperçoit des prolongemens aliformes , sur lesquels reposent les yeux , tandis que son arc antérieur, qui embrasse l’œsophage , renferme les cavités auditives.

En considérant cette partie du corps des Céphalopodes comme le rudiment d’un squelette crânien , une lame cartilagineuse arquée, que Meckel a décrite le premier , et qui se voit à la base des bras , devrait être regardée comme le rudiment d’un squelette facial.

Il se développe aussi des parties cartilagineuses squelettiques dans le tronc des Céphalopodes, notamment au côté tergal. La plus constante, qui semble en même temps répéter la forme du rudiment de coquille des Aplysies et des Limaces, est le cartilage tergal ensiforme des Calmars et des Poulpes , ou le bouclier tergal calcaire des Seiches , qui est plus large, considérablement épaissi sur la ligne médiane, et formé d’ailleurs de carbonate calcaire cristallisé en couches superposées. Entre ce bouclier calcaire et la vertèbre céphalique se trouvent encore, également du côté tergal , deux plaques cartilagineuses , dont nous devons la première description à Mec-

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kel , de sorte qu’on peut déraontrer aussi dans le tronc de ces animaux l’existence d’une sorte de colonne vertébrale , consistant en trois rudimens de vertèbres d’un squelette cartilagineux, qiii ne se sont , à la vérité , développées qu’en forme de lames arquées.

On doit considérer comme le seul vestige marqué d’un splafnchnôsqueletts .chez les Céphalopodes, les dents ou mâchoires cornées situées derrière la peau des lèvres, à l’entrée de la cavité orale. Ces dents se partagent en deux pièces , l’une supérieure , l’autre inférieure, et leur forme ressenible/ à celle d’un bec de perroquet , mais elles sont encore parfaitement libres dans les parties molles , et ne tiennent point au névFOsqûelétte de la tête.

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