H.eptiles
Sens cutané , èt, en particulier , toucher, ■ — Chez.îes Reptiles , surtout quand il ne se développe pas de dermàtosquelette solide , comme dans ceux qui respirent habiluelîenient par des branchies et dans les Batraciens , la surface entière du corps peut bien servir à percevoir les attouchemens et la chaleur. On peut même , quand tout le corps est mobile à un haut dugré , comme chez les Serpens , comparer , jusqu’à un certain point , l’animal entier à une main qui palpe. Mais la portion essentielle de l’organe tactile , une peau fine rece-
(i) Archiv, 1827 , P“g' ^og.
OPlGANES des SEHS. ^il
yant beaucoup de nerfs et pourvue de papilles nerveuses , ne reçoit jamais aucun développement. Il est vrai que les pattes de plusieurs Batraciens offrent des bourrelets cutanés jnous, qu’au premier aperçu qn pourrait être tenté de regâfr der comme des organes de toucher ; tels sont les renfleinens qui terminent les doigts' des Rainettes. Mais si l’on examine ces parties de plus près , et si l’on observe l’usage que l’aniinal en fait, on ne tarde pas à se convaincre qu'elles sont plutôt des organes pour s’accrocher que des organes pour palper.
L’observation nous apprend également que la région buccale est employée comme organe de toucher par les Reptiles, de même que par les Poissons, et Hellmann a rendu probable (1) que la langue protractile et très-mobile des Serpens participe aussi à cette fonction. Si donc la bouche était souvent garnie d’organes tactiles dans les classes précédentes , on pourrait dire qu’ici la langue est un palpe qu un barbillon renfermé dans la bouche , sans même peut-être faire d’exception à cet égard pour le Caméléon , quoique la langue de cet animal soit plutôt un organe de préhension.
Sens mtestinql QU — La langue des Reptiles est généralement peu couverte d’une enveloppe dure qui la rende impropre à percevoir l’impression des saveurs; mais son peu de mobilité et sa fixation presque absolue chez quelques uns de ces animaux (Salamanct es , Crocodiles , Tortues) , sa mobilité par trop grande chez d’autres (Serpens et Caméléon) , qui la fait paraître plutôt un organe de toucher ou de préhension, l’épais et gluant mucus qui l’enduit chez plusieurs ( Caméléon , Grenouilles , Crapauds ) , mais surtout lé peu de nerfs qu’elle reçoit, et l’habitude qu^ônt les Reptiles d’avaler leur proie entière, sans la mâcher réellement , toutes ces circonstances réunies prouvent assez qu’il ne saurait ,,à propre-
(x) Ueber den Tastsinn der Sçklangen. Gœttingne , 1817.
4i2 traité d’anatomie comparée.
ment parler, être question ici d’un organe gustatif. Du reste, nous aurons occasion plus tard de revenir sur la longueur extraordinaire de la langue des Serpens véritables , qui est proportionnée à leur long et filiforme hyoïde , et qu’un appareil musculaire particulier peut ramener dans sa gaine , ou en faire sortir, comme aussi sur la langue du Caméléon, que la turgescence de ses vaisseaux , jointe à l’action de certains muscles, allonge à un point surprenant hors de la bouche , enfin sur celle des Grenouilles , qui , fixée en devant et dirigée vers l’œsophage , sert d’organe de préhension. Suivant Treviranus (1) , on trouve dans le Chamœleo carinatus, comme chez quelques Poissons , une lèvre en forme de bourrelet , située des deux côtés de la mâchoire inférieure , au côté interne des dents , qui est parsemée de papilles , et qu’on devrait peut-être considérer comme un organe gustatif.
Au reste , il est digne de remarque que la langue a une couleur noire chez les Serpens.
On rencontre aussi une multitude de différences relativement à la structure papilleuse de cet organe. Ainsi , d’après Blainville , les Geckos , les Agames et les Iguanes ont une langue molle et villeuse , tandis que celle des Lézards pros prement dits est couverte d’une pellicule cornée et dépourvue de papilles.