Oiseaux
Sens cutané , et , en particulier , toucher. — Les plumes qui couvrent la surface du corps , la transformation des membres antérieurs en ailes , l’enveloppe écailleuse des pieds , qui sont d’ailleurs changés en espèces de rames chez la plupart des Palmipèdes , et les forts ongles qui arment les orteils empêchent aussi le sens du toucher de se développer
(i) Ersckeinungen imd Gesetze des organischen Lebens , tom, II, P. pag. *77*
ORGANES DES SEKS. i!jl3
chez les Oiseaux , à tel point même qu’il ue lui reste plus d’autre partie où il puisse s’établir que le bec et la langue. Or , le bec est revêtu d’une membrane qui reçoit beaucoup de nerfs chez certains Palmipèdes , et la langue est très-protractile chez divers Oiseaux , tels que les Pics , ou munie d’épines ( Pics ) ou de filamens ( Philedon ) qui la rendent propre à servir de sonde. Les orteils , même lorsqu’ils sont très-mobiles , comme par exemple chez les Perroquets , ne remplissent jamais que le rôle d’organes de préhension. Il est digne de remarque aussi que c’est presque toujours à l’aide du bec seul que les Oiseaux dressés accomplissent leurs diverses fonctions , attirent à eux les alimens , prononcent certaines lettres , etc.
Quant aux diverses excroissances charnues qui se voient autour du bec de plusieurs Oiseaux , par exemple du Dindon , elles paraissent être , du moins si l’on en juge d’après le lieu qu’elles occupent , la répétition des tentacules qui existent dans les classes précédentes , quoique ici elles contribuent peu ou point au toucher.
Du reste , la membrane des ailes peut toujours être considérée comme un organe de toucher pour les courans d’air.
Sens intestinal OU goût. Les Oiseaux non plus ne mâchent pas réellement leur nourriture , et presque toujours ils l’avalent à la hâte. Aussi , n’est-il guère possible d’admettre chez eux un sens du goût qui ressemble à celui de l’homme , d’autant plus que leur langue ne reçoit point encore le nerf gustatif proprement dit , c’est-à-dire le rameau lingual de la cinquième paire , et que les seuls nerfs qui s’y rendent sont l’hypoglosse et le glosso-pharyngien. La langue charnue , molle et papilleuse des Perroquets paraît être la plus propre à servir de siège au sens du goût , de même que la langue molle des Chouettes et des Canards. Dans la Loxia pyrrhula, suivant Treviranus , la langue paraît dépourvue de papilles gustatives tant que l’épithéliou la recouvre , mais on la trouve
4i4 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
côiivertë de petites papilles lierveuses dès qü’ôn enlève eettè membrarie.
Dans là plupart des autèes genres, la langue manque entiërérnènt de la mollesse , de là structure sjDongieüsé et du tëgiidient mince qui sont des conditions indispensables pour faire d’elle un organe de goût. Il lui arrive même quélqûefoîs , jpàftibülièfenient chez les Palmipèdes , d’être garnie sur !ës côtés de dents dures et même osseusès. Il est bon de rappeler ici que , comme nous l’avons déjà dit en traitant du squelette , la langue des Oiseaux est encore soutenue par un os hyoïde souvent considérable , ce qui ne s’accorde pas non plus avec un haut développement de la sensibilité en elle.
Il serait difficile d’ attribuer à d’autres parties de là cavité orale ime participation quelconque à l’exercice du sens du goût.