traité d’anatomie comparée
nasal du nez et la cloison cartilagineuse produisent plusieurs lames , les unes cartilagineuses , les autres membraneuses , dont iu. foOTe varie beaucoup, mais représente quelquefois imparfaitement celle d’un fer à cheval.^Ces lames sont couvertes par. les tégumens communs , et non plus par la membrane pituitaire. Tout porte à croire que , comme celles de la trompe du Condylure ( § 422 ) , elles servent plus au sens du toucher qu’à celui de l’odorat.
Il nous reste encore à dire quelques mots des fossettes extérieures qu’on remarque à la région maxillaire supérieure chez certains Mammifères , car on ne peut méconnaître en elle une répétition extrêmement remarquable des fosses nasales des Poissons, déjà reproduites chez divers Reptiles (§414). ■■
Ici se rangent d’abord les larmiers des Cerfs , des Antilopes et des Brebis , que Home (1) compare aux fausses narines des Serpens. Ces larmiers sont situés entre l’œil et le nez , dans un enfoncement de la mâchoire supérieure , et s’ouvrent au dehors par une fente longitudinale. Ceux des Cerfs et des Antilopes sécrètent une substance odorante.
On doit rapporter à la même catégorie les grosses glandes intérieurement celluleuses qui existent dans les joues des Chauve-souris (2), et qui versent également une matière grasse et odorante par une petite ouverture ronde.
Enfin , il faut encore y ranger les glandes temporales des Éléphans , qui , bien qu’un peu plus éloignées du nez , paraissent cependant jouer un rôle analogue à celui des organes précédens , puisqu’elles émettent de même un liquide onctueux par une ouverture extérieure.
Un fait intéressant , au reste , c’est que ces sécrétions , du
(i) Philos. Trans. i8o4> pag. 78.
(2} Tiedemann lésa décrites le premier dans Meckel’s Archlv, tom. I; pag. Il 3.
organes des sens. 4/Ji
moins chez l’Éléphant, où elles deviennent surtout abondantes à l’époque du rut , se rattachent d’une manière bien positive à la fonction de la génération , et que par conséquent la transformation d’un organe primordialement olfactif en une dépendance de l’appareil reproducteur, ajoute encore aux rapports qu’à tant d’autres égards déjà on ne pouvait point méconnaître entre le sens génital et celui de l’odorat (1). Je pourrais même encore reproduire ici les questions que j’ai précédemment posées à l’égard de la signification du sens de l’ouïe , et demander si cette connexion entre l’odorat et la fonction génitale , bien prononcée surtout à l’époque du rut, par l’emploi que les deux sexes font du premier pour se chercher mutuellement, ne donnerait pas la clef de la liaison jusqu’ici inexplicable qui existe entre la crue des bois et le gonflement des testicules , puisque ces excroissances se développent sur la table externe des sinus frontaux, entre lesquels et le siège du sens olfactif il y a des liens si intimes.
Maintenant , que le sens de l’odorat soit moins développé chez l’homme qu’il ne l’est dans beaucoup , dans la plupart même des animaux exàminés jusqu’ici , c’est ce qui ressort aisément et des détails dans lesquels nous sommes entrés et de la comparaison entre la finesse de ce sens chez l’homme et chez les animaux. Une des causes essentielles de cette différence tient peut-être à ce que c’est dans l’homme que les hémisphères se sont le plus complètement affranchis du rôle de ganglions nerveux olfactifs , sans doute parce que c’était celui-là qu’ils avaient commencé d’abord àjouer. Ilestmême intéressant sous ce rapport de rappeler qu’à peine y a-t-il un sens qui égale celui de l’odorat chez l’enfant nouveau né , dont , comme on sait , les nerfs olfactifs sont épais , creux , et par conséquent ressemblent beaucoup aux tubercules ol-
(i) On sait que, chez l’homme lui-même, il existe un certain eonsensus entre la fonction génitale et les glandes sébacées du nez.
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f actifs des Mammifères. L’enfant qui vient de naître perçoit à peine les sons éclatans , et, quant à la lumière , il n’est sensible qu’à son plus ou moins d’éclat; mais les odeurs l’affectent à un point surprenant , et il refuse même le sein maternel lorsque quelque médicament employé à l’intérieur lui a communiqué Une certaine odeur (1). L’odorat paraît donc être un sens qui agit sür le bervëau avëc trop d’énergie pbür qu’il puisse exister chez l’hommë à un haut degré de perfection. Du reste , j’ai déjà dit précédemment que l’Organe extérieur de ce sëns , le nez , distingue l’homme , et surtout l’idéal de la formé humaine , de tous les animaux , en ce qü’il se porte de haut en bas, suivant uiie direction perpendiculah*e , c’est-à-dire parallèle à cëllë du rachis.