‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 90 sur 95 · III. Organes de la vue · texte numérisé non relu

III. Organes de la vue

Donner de la lumière , éclairer , n’ est , à proprement parlef , qu’établir une polarité, faire naître un rapport polaire de tension dans la substance essentiellement éthérée dès choses. Pour que la tension polaire soit Sentie comme lumière , il faut qu’une papille nerveuse ( rudiment de tous les organes sensoriels) se développe de manière à ce que son nerf soit susceptible de se polariser lui-même par l’effet de cette tension étrangère , ce qui exige que la moelle nerveuse ne soit couverte que d’une enveloppe transparente. Cette condition étant donnée , il s’y rattache , comme action de là polarisation

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de la lumière sur la substance animale , un certain degré de carbonisation de la matière animale qui entoure l’expansion nerveuse, et de là résultent trois parties esséntielles , sans lesquelles il n’est pas plus possible de concevoir l’organe visuel, ou l’œil, qu’il ne l’est de concevoir l’organe auditif, ou l’oreille , sans la substance nerveuse ou animale primaire sentant les ébranlemens. Ce sont; 1“ les parties transparentes de l’œil , qui propagent presque sans changement la polarisation de l’éther ; 2° l’expansion nerveuse qui reçoit en elle cette polarisation; 3“ la matière animale carbonée , ou le pigment , qui entoure l’expansion nerveuse. Plus ces parties fondamentales se développent , et plus il s’y joint d’appareils accessoires diversifiés , plus aussi l’idée de l’œil devient parfaite. Du reste , la vue étant plus que tout autre sens encore sous la dépendance immédiate des nerfs , le développement de son appareil suit davantage pas à pas celui du système nerveux. C’est pourquoi il n’y a point d’organe sensoriel qu’on trouve plus répandu parmi les différentes classes du règne animal ; mais il n’en est aucun non plus qui offre moins de fixité sous le rapport de la symétrie , du nombre et de la situation.

i, Oozoaires.

. Nous avons déjà dit précédemment ( § 33 ) que les Oozoaîres pouvaient être très-sensibles à la lumière , sans cependant avoir d’yeux (1) , de même que , sans oreilles , ils pouvaient avoir une sensibilité exquise pour les vibrations les plus délicates du son. Cependant , quelques faits recueillis par d’anciens observateurs, notamment O.-F. Muller, et par

' (i) Même dans le Volvox globatnr, tini appartient anx Proto-organismes ( § 39 ), et qu’on ne peut consîdéi-er comme un animal proprement dit, j’ai reconnu que quand on approchait de la fenêtre une capsule contenant nn grand nombre de ceseorps, presque tous se réunissaient duepté le plus papproché de le lumière, ,

oh&akes des sens. 47^'

Nitzsch, permettaient déjà de soupçonner qu’ils possèdent des organes spéciaux pour apprécier la lumière , lorsque les belles recherches d’Ehrenberg sont venues changer cette conjecture en certitude, dans un grand nombre d’espèces. Avec le secours d’un bon microscope , on ne peut douter de l’existence des yeux , particulièrement dans les Rotifères et les Euglènes , surtout lorsqu’on compare ces organes à ceux des Entomostracés , comme l’a fait Ehrenberg , ou , mieux encore , suivant moi , à ceux des embryons de Gastéropodes , par exemple aux points oculaires des embryons Succinea, amphibia encore renfermés dans l’œuf. On reconnaît ces points à l’accumulation d’un pigment de couleur très-foncée , le plus souvent rouge. Ehrenberg a même décrit des filets nerveux qui s’y rendent (1) , et il a été plus loin encore , car , dans un mémoire détaillé sur les yeux des Infusoires (2) , il a démontré l’existence de Ces organes jusque dans des Monades {Mieroglena et Lagenula) et plusieurs autres genres. Un fait fort remarquable , c’est que déjà ici leur nombre varie beaucoup ; on en trouve un , à la région de la nuque , dans YEuglena et le Notommata; deux, tantôt plus rapprochés de la trompe , tantôt plus voisins de la nuque , dans les genres Rôti fer , Hydatina , Philodina ; trois dans les JEosphora et Norops; quatre dans \e& Sguamella ; plusieurs, et jusqu’à douze , dans les Cyclogena et Theorus. Une autre particularité non moins digne de remarque , c’est qu’il y a des Infusoires , comme ISiMelicerfa ringens et la Megalotrocha alba, qui ont des yeux à l’état d’embryon , dans l’œuf , et lorsqu’ils sont encore jeunes , mais qui les perdent en devenant adultes.

Quoique les animaux contenus dans les autres ordres de

(1) Organisation, S) stemati^ , etc., der Infusionstkierchen ,T>erl\a, i83o, in-fol.,pag. 52.

(2) Zur Erhenntniss àer Organisation in der Richtung des kltinsien Raumes, ferlin, i832 j 12,

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la classe des Oozoaires aient une bien plus grande taillé ^ on

ne trouve aucune trace d’yeux chez eux.

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