‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 165 sur 351 · DES ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

DES ORGANES DES SENS

Examinés d’une manière physiologique, les sens ont nt une | action qui se rapporte à une modification du tact MAS C’est ainsi, par exemple, que les corps odorants viennen: frapper la membrane pituitaire, et déterminer sur elle un impression de tact : aussi pensons-nous, avec le ur d , Blainville, qu’on peut considérer rs organes . des s comme faisant plus ou moins par tie de l” eRYelQple générale du corps. PT

Les sens ont des caractères qui leur sont ce : ils sont tous situés dans la tête, et au moyen de nerfs gros et |

courts, ils ont des connexions intimes avec le cerveau ; tous sont Fe à l’extérieur du corps, et lui forment une enve-

avec les corps environnants; tous enfin, qu’ils soient pairs | ou impairs, offrent une dE on symétrique. É Buisson a divisé les organes des sens en trois classes : dans | la première, il range l’œil et l’oreille, qu ’il regarde comme ! appartenant exclusivement à la vie Ébale L’odorat et le soût se trouvent dans la seconde classe; ils dépendent bien | de la vie animale, mais ils font aussi partie du domaine de l’organique. os le, toucher forme à lui seul une classe à part. D’après la manière dont nous avons considéré les sens, nous allons commencer leur description par l’organe du ! toucher. 4 4}

DE LA PEAU. ORGANE DU TOUCHER. (Voy. Prépar., p.02.)

Le corps est enveloppé à à l'extérieur par une membrane générale nommée peau, qui se prolonge dans l’intérieur, où elle forme la membrane muqueuse, fait surtout apparent

SPLANCHNOLOGIE. — PEAU. 453

dans les derniers animaux de l'échelle. La démarcation de

Ja peau avec la membrane muqueuse est quelquefois sen- » sible; dans d’autres cas il est presque impossible de l’établir. La peau, dans sa continuité, présente un grand nombre d'ouvertures; les unes s’observent dans toutes les parties, ce sont les fo/licules cutanés ; les autres dans certains points, ce sont les poils; ces ouvertures ne doivent pas faire conclure qu’il y ait des solutions de continuité à la peau, mais seulement que ce tégument se replie sur lui-même. On observe encore à la peau des pores sudorifères, des plicatures aumiveau des articulations, pour permettre lesmouvements de flexion et d'extension, etdes rides d’uneautre nature chez

les individus maigres et avancés en âge; à la paume de la

ui sont disposées en lignes concentriques vers les doigts, et en spirale à la paume. Ces rides constituent les papilles. Al’extérieur, la peau est sèche et hérissée d’un certain nombre de poils dans divers endroits.

Si maintenant nous examinons la surface profonde de la peau, nous verrons qu’elle est fixée tantôt sur les 08, par un tissu cellulaire serré, tantôt par un tissu cellulaire lâche, se mouvant facilement. Chez les animaux, il ya beaucoup de muscles qui s’insèrent sur la faceprofonde, dela peau; chezl’homme, cettedisposition n'est pas aussi commune, mais elle existe encore dans plusieursendroits. La face profonde offreéncoreun grandnombre d’aréoles logeant des pelotons cellulaires et adipeux : ceux-ci, en se développant, distendent les aréoles qui, d’après leur texture, ne pouvant se prêter à une grande dilatation , les étranglent et les font tomber en gangrène. Les furoncles et les anthrax n’ont pas d’autre origine ; seulement dans l’anthrax il y à un grand nombre de pelotons enflammés, tandis que dans le furoncle il n’y en a qu’un ou deux. … La peau est formée par un certain nombre de couches superposées. La plupart des physiologistes en ontadmis trois, deux incolores , l’une superficielle, l’autre profonde, et une troisième intermédiaire colorée. Quelques-uns ont cependant mié l’existence de la couche moyenne; mais sa présence est de toute évidence chez le Nègre, et des faits pathologiques

la démontrent également chez Européen.

ain et à la plante des pieds, on aperçoit d’autres rides

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| corps muqueux ; On remarque sur cette face des séries d’émi-

tout remarquable chez les individus qui sont œdématiés: Ce

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La plus extérieure de ces couches porte le nom d’épidermez | la plus profonde, de-derme; et l'intermédiaire, de corps muqueuz» | RER,

La couche profonde, appelée derme, forme la base de la peau: elle en est pour ainsi dire le squelette, eten constitue les cinq sixièmes; elle présente deux faces : l’une, profonde, | adhérente au tissu cellulaire sous-cutané; l’autre, superfi- ". cielle, en rapport avec lépiderme dontelle est séparée par le

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nences, concentriques à l'extrémité des doigts ; eñ spirale à la paume de lamain , sans forme bien déterminée dans lesautres parties du corps. Ce.sont ces éminences qui constituent | les. papilles ; elles ont été-confondues à tort, par M. Gautier, | avec la couche intermédiaire au derme et à l’épiderme. il

Le derme est très résistant; c’est un tissu fibreux celiulaires\ dont les fibres ont une apparence nacrée, disposition sur=.

tissu présente un grand nombre d'ouvertures pour le pas-\| sage des vaisseaux et nerfs à l'extérieur; ces ouvertures | laissent aussi passer beaucoup de pelotons adipeux. Les fibres du derme s’écartant diagonalement, on conçoit qu’ils aient une résistance considérable.

Superficiellement la peau est formée par une couche à:laquelle on a donné lenom d’épiderme ou de cuticule; entrant pour un sixième dansla composition de cet organe, cette cou- | che est plus épaisse dansles endroits où il se faitdes pressions, | à la paume de la main, à la plante des pi eds; sa face profonde correspond à la face externe du corps muqueux. L’épiderme est traversé dans certains points par les poils, et, suivant plusieurs anatomistes , il offre des solutions de continuité pour le passage des follicules cutanés. Les ouvertures n’existent pas dans les premiers temps de la vie, elles'sont même difficiles à apercevoir chez l'adulte, parce que l’épiderme revient sur lui-même. Au reste, cette couche est formée dun certain nombre d’écailles qui se recouvrent réciproques ment, et qui sont sécrétées à l’extérieur de la peau. La ma: tière constituante de l’épiderme est inorganique et semblable à celle des poils, mais moins consistante; elle est essentiel lement hygrométrique, comme toutes les parties dans lesquelles entre le mucus.

: SPLANCRNOLOGIE. — PEAU. 355 Entre l’épiderme et le derme, on trouve ‘une troisième

couche, que Malpighi a nommée corps muqueuz . Bichat la

considérait comme une couche cellulo-fibreuse; M: Gall la compare à la substance grise.

Quoique le corps muqueux, lui-même, ne soit pas facile aapercevoir, M. Duüutrocheta démontré que, danslesanimaux,

il était formé de plusieurs couches; M. Gautier, auquel on

doit le meïlleur travail que nous ayons sur le corps mu-

queux ; le regarde comme le résultat de la superposition de quatre couches. Il donne:à celle qui estila plus profondément située, le nom de Papillaire, où de couché des bourgeons sanguins ; elle est essentiellement formée par les

vaisseaux de la peau ; au-dessus se trouve une couche inco-

lore, qu’il appelle a/bide profonde, etque M. Dutrochet con- sidèrecomme l’épiderme des ‘papilles. Une troisième couche, plus supérieurement placée , constitue les gemmules de M. Gautier, petits bourgeons coniques, contenant la matière colorante de la peau. Enfin, la dernière couche ; tout- à-fait superficielle, forme la couche albide superficielle de

cet anatomiste, et la couche cornée de M. Dutrochet. Cette :

dernière dénomination lui convient beaucoup mieux, parce qu’elle est véritablement la matrice des cornes, des sabots, des écailles, des poils. us |

* La peau , en rentrant surelle-même, forme, dans plusieurs

endroits, des espèces de godets qui portent le nom de folli

licules ; ceux-ci sont tantôt uniques, tantôt en masse : dans ce cas, ils sont appelés follicules agglomérés. On les ren: contre au pourtour des ouvertures naturelles, à la base des poils. Le follicule présente une extrémité inférieure, élargie, qui à reçu le nom de fond, terminée par un petit prolongement, nommé pedicule. L’extrémité supérieure, rétrécie, est appelée goulot. L'intérieur du follicule sécrète une matière grasse, très apparente aux ailes du nez. Le follicule se compose de toutes les couches de la peau, ce qu’il'est assez facile de démontrer dans la formation des loupes qui proviennent de l’oblitération du goulot, tandis que la matière: grasse continue d’être sécrétée à l’intérieur. La présence du corps Mmuqueux, et spécialement celle de la couche - superficielle de la cornée, y a été prouvée par plusieurs faits pa- thologiques, et entre autres par l’histoire d’un homme ob- Servé par mon ami, le docteur Blandin, il yaplusieurs années,

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à Bioûtre; cet individu portait sur le nez une Corne qui naissait du fond d’un follicule, et qui repoussait à mesure

qu'on la coupait *.

Dans certains points du corps, on rencontre des prolongements de matière cornée : ce sont les poils. Lorsqu'ils sont très peu développés, fins et délicats, on les appelle

duvet; ls portent le nom de poils proprement dits, lorsqu'ils sont forts et prononcés. Suivant les différentes parties où

on les observe, ils ont reçu différents noms. Les mous- | taches sont des poils très développés: 4

Le poil présente deux parties, le prolongement corné.et læ partie vivante. On peut aussi lui distinguer une extrémité libre, une extrémité adhérente et un centre. L’extrémité libre n’offre rien de remarquable ; elle est le plus ordinai- À rement simple, quelquefois bifide, d’autres fois trifide. L’ex-1 | trémité adhérente est implantée dans la peau, par l’inter- | médiaire d’un petit sac qu’on nomme bulbe, faisant tantôt | saillie sous la peau , tantôt assez profondément situé. Cette partie implantée a beaucoup d’analogie avec la plume; on y trouve une cavité infundibuliforme, disposée demanière que la pointe correspond à la partie supérieure du poil, tandis que la base est en rapport avec la face profonde de la peau ; le contraire a lieu dans la plume. Cette cavité renferme une partie vivante qui doit être considérée comme une véritable papille.

Le bulbevu d’une manière générale a la plus grande ressemblance avec le follicule cutané : c’est un repli de la peau, d’où naît un prolongement de matière cornée ; chaque bulbe a son goulotet son cul-de-sac muni d’un pédicule, forniépar des vaisseauxetdes nerfs.A lapartieinférieuredubulbe;existeun petit corps conique, c’est la papillequi sécrète la matière cornée.Le bulbe, à l'extérieur, est recouvert par une membrane fibreuse, continuation du derme;à l’intérieur on trouve une seconde membrane, qui n’est autre chose que l’épiderme réfléchi}, et qu’on nomme membrane capsulaire du poil. Selon M. Gautier, ilexiste entre ces deux membranes des vaisseaux et nerfs qui vont se rendre à la papille; Béclard dit, au contraire,

r Home a consigné un fait entiérement semblable dans les Transacæ |

tions plulosophiques. ch à 2

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