GROS INTESTIN
Comparé à l'intestin grêle, il mérite véritablement son ‘nom. Le gros intestin est placé dans les régions iliaques, lés flancs , la partie inférieure de la région épigastrique, ét la région pelvienne ; il décrit uné courbe dont la convexité est tournée en haut, et la concavité en bas; il embrasse VPintestin grêle dans sa courbure. Sa surface extérieure ‘présente des prolongeménts praisseux , revêtus par la membrane séreuse, auxquels on donne le nom d’appendices épiploïques ; des -énfoncéments longitudinaux , des dépressions transversales, des saillies ou bosselures. À Vintérieur, le gros intestin offre des saillies et des enfoncements imtermédiaires à ces saillies, correspondant aux en- .foncements et saillies externes.
Structure. On remarque d’abord, en allant de dehors en dedans, la membrane séreuse, formant par son bord adhérent des replis qui ont reçu différents noms. Audessous, on rencontre la tunique celluleuse, puis la tunique musculaire, composée de fibres Hana et superficielles, et de fibrés circulaires. Les fibres longitudinales et superficiellés sônt disposées à l’origine én faisceaux formés de bandelettés au nombre de trois, l’une antérieure, l’autre externe, et la dernière placée vers le bord adhérent. Elles mesurent la Se ia du gros Intestin, dans l’état ordinaire; mais il n’en est plus de même, lorsqu'on le de parce que toutes les bosselures #effacent lorsqu'on à détruit les bandelettes. Les fibres cir- Culaires composent la couche la plus profonde de l’intestin ; elles sont placées immédiatement au-dessous des fibres loit-
* , s gs
458 ANATOMIE DE:CRIPTIVE.
gitudinales ; aucune d'elles ne fait exactement le tour.de l'organe, disposition semblable à celle de l'intestin grêle; | cn 1e tunique muqueuse, unie à la précédente par | le üussu fibro-cellulaire, termine cette superposition de | membranes : elle est plus blanchâtre que la muqueuse de R l'intestin grêle, et présente supérieurement ur grand nom- | bre de follicules. Les villosités y sont peu abondantes. 2 Le gros intestin se divise en trois parties principales , qui | sont le cæœcum, le colon (comprenant le colon droit ascendant, le colon transverse, le colon gauche descendant, l’s du colon ), et enfin le rectum. |
Du cæcum. (Voy. Prépar., pag. 100. ). '
On appelle ainsi la portion d’intestin interceptée entre le colon et la terminaison de l'intestin grêle. Le cæcum est” situé dans la fosse iliaque droite, où il est souvent fixé me | un repli péritonéal, nommé méso cœcum. Il est allongé triangulaire, long de trois à quatre travers de doigt, et nd k sente en arrière un prolongement appelé appendice Ver | forme ou cæcale. Sesrapports sont, en dedans, avec l'intestin grêle; en avant, avec les parois de l’abdomen ; en arrière, \ avec les muscles psoas et iliaque du côté droit.
À l’extérieur, le cæcum offre trois saillies et trois enfon- | cements; à l’intérieur, les-enfoncements.et les saillies cor- \ MA ER |
Le cæcum s’aboucheavec la fin del’intestin grêle par l’ouvertureiléo-colique.{ Cetteouverture a la forme d’une fente dirigée d'avant en arrière ,obliquement de hauten bas, etde gauche à droite; élleest garnie d’unevakule(iléo-cæcale, iléo-colique, valvule de Bauhin ), munie de deux lèvres, Pune supérieure, l’autre inférieure, et présentant deux faces, dont la première regarde plie grêle, et la seconde le gros jutestin. | Ces LE sont réunies par ie commissures d’où partent deux replis muqueux, appelés freins de la valvule iléo-cæ-, cale , ce qui explique pourquoi les lèvres ne peuvent se renverser du côté de l'intestin grêle. Du côté gauche du cæ: cum et de sa partie postérieure , se détache l’appendice-cær ‘cal. C’est la partie la plus étroite de tout le canal alimentaire. Sa forme estcylind ri ue; il est rempli queiquefois par des mas tières fécales ou des ascarides lombricoïdes, qui augmentent |
\. « " \ # ; % vw | 43 ë À 27 4 é ' d. nr F A , 4 2 } 6 1 ) SPLANCHNOLOGIE. — CHGUM. —— Le COLON. 459
beaucoup son volume. Ordinairement cet appendice : a trois pouces de long; sa largeur est d'à peu près deux lignes; ses parois sont garniés d’un nombre considérable de pe ht des mucipares yoiumineuses ,; et extrêmement serrées ; sil se termine par un sommet arrondi. Dans l’origine, cet appendice ne fait qu’un avec le cæcum; il ne db à en être distinct qu ’après les pr emières Do de la vie.
coLON. (Voy. Prépar., pag. 100.)
H forme la seconde partie du gros intestin , et décrit un cercle autour de l’abdomen ; on remarque , dans toute son étendue, des bosselures insérode ti par trois bandelettes longitudinales , et des appendices graisseux en grand nombre. À l’intérieur , le colon ne diffère point du cæcum. Suivant la situation qu’il occupe, onde divise en quatre portions.
Colon droit ascendant. XL monte vers le rein droit, fixé par un repli péritonéal appelé m650 colon droit , s'étend jusqu’à la partie antérieure de la face inférieure du grand lobe, en formant sous la vésicule biliaire un angle droit qui se continue avec le colon transverse. Ses rapports sont, en dedans, avecle feuillet inférieur du méso colon transverseet le feuillet droit du mésentère ; en dehors, avec les parois abdominales; en arrière , avec le PAM carré des lombes ct le rein droit; en tar , avec le péritoine et l’intestin grêle,
Colon transverse , où arc du colon. H s'étend d’un hvypochondre à l’autre, maintenu à la paroi postérieure du basventre par un grand repli péritonéal, nommé 717650 colon éransverse. Le colon transverse est situé à la partie inféxieure et antérieure de l’épigastre , au-dessous de l'estomac, auquel il est uni par le grand épiploon , au-dessus de l’imtestin grêle, au-devant du méso colon transverse. On lui distingue une face supérieure en rapport avec le foie , le bord antérieur de l’estomac et la rate; une face inférieure: appliquée sur l'intestin grêle ; un bord antérieur donnant attache au grand épiploon ; un bord postérieur embrassé par leméso colon transverse. Le colon tranverse se continue avec le colon gauche, en décrivant un arc plus ou moins aigu.
Colon gauche descendant. Ses rapports et sa configuration étant pres qu ‘entièrement semblables au colon du côté droit, nous n’en ferons point la description. |
ÉCton iliaque. Cette quatrième et dernière portion du,
ie Fe
l NE AER sacro rtébre le: el Rsctee un $s ER ce qui lui a valu son nom. Un repli assez considérable du | péritoine ; ‘appelé méso colon iliaque, la fixe à la paroi postérieure de l’abdomen. Les rapports du colon iliaqué sont, en arrière , avec les muscles psoas et iliaque, les vaisseaux sper: matiques êt l’uretère; en devant, avec l'intestin grêle.
RECTUM. (Voy. Prépar., pag. 109.)
Le rectum est la dernière partie du tube intestinal, il com: mence au côté gauche de l'articulation sacro-vertébrale, et se termine àl’anus; ilsédirige de haut en bas, en suivant la courbure de la concavité du sacrum.et du coccyx, auxquels il'est joint par un tissu céllulaire lâche. Le péritoine lui forme su-, périeurement un repli nommé méso rectum ; il ne se continue »
presque jamais avec lui inférieurement. Le rectum a environ six à sept pouces de longueur. Sa direction estoblique de haut
en bas, et de gauche à droite. Lorsqu'il est arrivé sur la ligne médiane du sacrum , Béclard dit qu’il se porte alors un peu sur les parties latérales droites, disposition qui fait connaître pourquoi l’on pratique la taille latérale de préférence à gauche. Cet intestin a généralément la forme cylindrique. Près du lieu de sa ternïinaison , il présente une dilatation qu’on appelle cul-de-sac du rectunt, et dans laquelle on remarque les orifices des follicules. | (
Supérieurément, le. rectum se continue avec l’s du colon ÿ sans démarcation tranchée ; il est plus dilaté chez la femme que chez l’homme ; son pourtour est garni de poils chez ce dernier, tandis qu’on n’en rencontre pas chez la femme: Sur son bord inférieur ,'on remarque des plicatures, formées par le froncement de la membrane muqueuse ; dans le fond de ces plicatures viennent s’ouvrir les orifices de follicules sécrétant une liqueur abondante, très remarquable dans certains animaux , et particulièrement dans la civette ; où elle constitue le musc. |
L'intérieur du rectum n'offre rien de particulier; à Ÿ extérieur, il a avec les parties voisines, des rapports ik im portants. Sa face antérieure est tapissée supérieuremert par Île péritoine, qui forme chez l’homme, entre fui et la vessie,
| Œ Ar |
$ SPLANCHNO 461 et chez la femme, Re: ii et le cul-de-sac, dans lequel s'engagent quelqu fois de L intestinales. Inferieurement, le rectum de la femme m'est plus en rapport avec le péritoine, mais il est uni au vagin par du tissu cellulaire, qui forme la cloison recto-vaginale. Dans homme, le péritoine manque également à la partie inférieure, et on trouve de même un tissu cellulaire, qui donne naissance à la cloison recto-vésicale. Enfin!, tout-à-fait inférieurement, le rectum s'éloigne de la face inférieure du vagin , et linteivalle qui les sépare représente un triangle dont la base correspond au périnée; c’est ce triangle qui se déchire dans Îes accouchements laborieux ; la même disposition a lieu chez
l’homme, à part la différence d’organes. La face postérieure
du rectum est en rapport avec le sacrum et le coccyx ; ses
parties latérales sont un peu recouvertes par le péritoine,
Inférieurement , ilest entouré d’une grande quantité detissu cellulaire , et en contact avec le muscle releveur de anus. Structure. Le rectum est formé de quatre couches superposées; sa tunique séreuse n'existe que dans la partie su périeure de l'intestin, elle est véritabiement accessoire. Au-dessous, on rencontre l’enveloppe musculaire, composée de déux espèces de fibres , les unes, longitudinales et superficielles, uniformément répandues sur lintestin, ef cessant à trois ou quatre lignes de l’anus;les autres, profondes, circulaires, existent presque seules vers la fin de l'intestin, Ces fibres deviennent nombreuses et rouges dans cet endroit, coloration qui leur est commune avec l’extrémité inférieure des fibres longitudinales. Les fibres circulaires constituent deux muscles désignés sous les noms de sphincter interne et de sphincter externe ; le sphincter interne résulte de l’arrangement des fibres circulaires disposées en anneau aplati qui dépasse les fibres longitudinales, Cetanneau,immédiateme:t situé sous la peau, a trois ouquatre lignes de haut, sur deux lignes à peu près d'épaisseur. | Au-dessous de la couche que nous venons d'étudier, on trouve la membrane muqueuse, qui lui est contiguëé par un Missu fibro-cellulaire ; cette membrane, semblable à ceile des autres parties du tube digestif, et formant les rides, et les replis que présente la face interne de l'intestin , offre une disposition curieuse à sa partie inférieure. Dilatée en cet epdroit en une sorte de cul-de-sac, elle laisse aperce-
162 | anatomie DESCRIPTIVE :
voir les orifices ee, follicules muqueux, qui sont oblôngs et très abondants : : cé sont ces follicules qui, par leur dilatation accidentelle/produite paï la présence de quelque corps étranger , s’ulcèrent x leur partie inférieure j "Et donnent naissance à quelques fistules. 1 La
Développement. Dans les premières périodes ; le gros in: testin ne présente ni bossselüres ni enfoncements: El a toutà-fait la forme de l'intestin grêle. À trois mois, et surtout à l’époque de là naissance, om aperçoit les faisceaux: de
fibres longitudinales et les bôsselures : l'intestin continuant
de prendre de l’accroissement , tandis que les bandeiettes longitudinales restent les mêmes, il en résulte qu’il est obligé
SAUCE. DÉCRET Me TE PSE di TS CRUE RE
de se plisser. Les bosselures ui sont Peffet de cette dispo- | P » 4 P
sition, doivent être considérées comme une véritable hernie des couches profondes du gros intestin entre les faisceaux de ja couche charnue. |
L’appendice cæcal semble d’abord ne pas exister ; maïiss en regardant avec attention , on voit qu’ilest confondu avec
le cæcum , dont la longueur est alors très grande; bientôt, l'intestin se fronçant et se rétrécissant en arrière , l’appendice cæcal se forme. Le cæcum ne se place pas imniédiate-
ment dans la fosse iliaque droite; son trajet est assez curieux:
il est d’abord situé dans le flanc gauche , arrive au niveau
de l’ombihe, puis se porte dans le flanc droit ; et enfin dans :
la région iliaque droite, de teile manière que le gros, intes-
tin se trouve successivement descendant , transverse et: des-"
cendant, puis, comme nous l’avoris vu chez l'adulte ; ascen: dant, transverse et descendant.
Le rectum est grêle dans les premiers temps. Son. cul-desac n'existe pas alors, il ne s’établit que iong-temps après ka la naissance ; il est développé en raison de l’âge: et de la éousthpation: ; circonstance qu’il faut avoir présente à l'esprit dans l’opération de la taille. il
Les follicules sont peu apparents chez les. A
jeunés. Leur développement a lieu avec les progrès de. l'age:
Lé rectum présente des vices de conformation qu’il est important de noter: Quelquefois cet intestin s’ouvre: dans le vagin, la vessie ou l’urèthre,de sorte qu’il yaun véritable cloa: que. Tantôt la cavité du rectum n’est bouchée que par unesimple mémbräne;tantôt cet intestin manqueen.entier. Le
développemiént du périnée se faisant par deux parties laté
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ol d K : Au:
SPLANCHNOLOGIE. — REINS: 463
râles, d’abord bien distinctes, il est facile de concevo: f, par un
atrêt dedéveloppement, Les vices deconformation caractérisés
par la réunion du rectum avec la vessie, chez l’homme , et dn même intestin avec le vagin, chez la femme.
+ On rencontre, dans certain cas, lé cæcum placé dans Phy-
pochondre gauche. Le gros intestin peut aussi présciiter des
Oblitérations partielles. Le vice de conformation te plus:
remarquable est celui qui consiste dans uni cæcum très lon, sans appendice cæcal. Le cæcum est quelquefois oblitéré dans sa partié supérieure, et alors l'intestin grêle $e continue avec le coton.
Usages: Le gros intestin est doué d’une contraction termiculaireé qui s'accroît au moment de la mort; ses usages sort d'absorber la petite quantité de substance nutritive que renferment éncore les nratières arrivées dansé son intérieur, et de les chasser ensuite vers le rectum. Ce!ai-ci 'ést particulièremenñt destiné à servir de séjour aux matières fécales $ jusqu’au mcxient de leur expulsion ; qui à Heu avec où sans le concours de la voloiité. Lorsque ces matières sont difficiles à évacuer, on se penche én avant, pour que té diaphragme, en se contractant, puisse presser directement sur le fond du bassin. |
APPAREIL SÉCRÉTEUR ËT EXCRÉTEUR DE L'URINE.
Cet appareil comprend les reins, les capsulés surrénales, les uretères et la vessie:
REINS. (Voy: Prépar., bag. 112.)
Les reins sont la partie la plus esséntielle de l’appareïi
urinaire. Hs sont placés dans là cavité abdominale, derrière
le péritoine, das la partie profonde des régions lombaïtes, sur les côtés de la colonne vertébrale , au niveau des deux dernières vertèbres dorsales ét des deux premières lombaires, Dans l’état normal , il y en a deux , un de chaque côté; ürr tissu cellulaire très lâche es unit aux parties voisines.
Leur couleur est d’un rouge obscur tirant sur le brun : ur forme-est celle d’un grain de haricot : généralement parktnt, les deux reins sont égaux en volume. Les reihs ne Sont pas exactement placés vis-à-vis l’un de l’autre; dans le plus grand nombre de cas, le gauche est plus élevé que le
Eve d
ne eu à
droit. Lorsqu'il n’y a qu’un seul rein, ce qui arrive que quefois, il est situé sur le milieu de la colonne vertébr
et offre souvent, dans ce cas, ehEREQUE! de ressemblance. avec le pancréas,
Hp
On divise les reins en deux faces, deux bords. et âeux extrémités. Face antérieure. Elle est convexe, en rapport, à droite, avecleduodénum et lecolon ascendant; à gauche, avec le color descendant et larate. Face postérieure. Elle est également convexe et lisse, separée du diaphragme et de l’aponévrose du muscle tranverse par une couche épaisse de tissu adipeux. Ces deux faces présentent quelquefois des bosselures, qui existent constamment chez le fœtus. Bord interne. On Y remarque une échancrure profonde appelée scissure. du rein; c’est le lieu par où pénètrent les vaisseaux et nerfs, et par où sort le conduit excréteur. Bord externe. Il est épais, arrondi et tourné en arrière. Extrémité inférieure. Elle est mince, allongée, et descend quelquefois jusque dans la fosse que: Extrémité supérieure. Elle est épaisse et arrondie, et embrassée par la capsule surrénale.
Les reins sont recouverts par une enveloppe fibreuse, c’est la membrane capsulaire des reins; arrivée dans la scissure, elle s’y enfonce, se porte sur les vaisseaux etnerfs,se réfléchit sur eux, et particulièrement sur la surface libre du bassinet.
Considérés à l’intérieur, les reins sont composés de deux substances qui diffèrent beaucoup l’une de l’autre : ce sont la substance corticale ou granulée, et la substauce médutlaire ou tubuleuse.
La substance cortic:ile entoure la médullaire dans tous les sens, et lui envoie des prolongements; sa couleur est jaunâtre; son épaisseur varie de deux à trois lignes; elle est formée de granulations que composent les extrémités capillaires des artères et des veines. Des différents points de ia substance corticale partent des filaments qui se portent dans : l’intérieur en convergeant, se réunissent et donnent naissance à un mamelon qui vient se rendre dans le conduit excréteur. Ces espèces de cônes constituent la substanc médullaire où tubuleuse ; ils sont au nombre de to vingt, enveloppés par la substance corticale, avec laquelle ils se continuent manifestement par leur base; Libres par leur sommet, qui regrésente un mamelon, ce qui a fait